‹ Pompeia decrite et dessineeChapitre 43 sur 61 · PO M PEU · texte numérisé non relu

PO M PEU

Romains, était chargé de débiter le vin et l’hnilc que le propriétaire récoltait dans ses domaines, l/cspècc d’orrière-boutique 14 dut servir de demeure au dispensator de Pansa.

Les boutiques 15, 16, 17 et 18 sont entièrement indépendantes les unes des autres; dendère la boutique 17 est une arrière-boutique '20. Une pièce plus grande It), éclairée par une fenêtre sur la rue de la Fiillnnka et contenant un puits et un grand four, accompagne la bouti(|ue 18. Siu' la même me se trouvent trois- appartements, 21, '2k et-25, composés chacun de plusieurs pièces sans communication avec l’intérieur; 'ces appartements étaient sans doute loués à quelques familles de ces citoyens qui, n'élant point propriétaires, habitaient des appartements ù loyer et étaient désignés sous le nom d'Inquiliiii*; Pesclave chargé de la perception des loyers-se nommait Insulaire. Dans l'appartement 25, on a trouvé quatre s(|uelettes de femmes, avec des boucles d’oreilles en or, des onneau.x avec leurs piciTes gravées, trente-deux pièces d'argent, et beaucoup d’autres objeU.

Revenons maintenant à la rue des Thermes, et présentons-nous à la

l*vf4« d« U

porte de la demeure de Pan.sa. L’entrée principale 22, ainsi (|u’on peut

* IdS Romaitis nrgariLiieut tomnie udc de ue p.is pos^ililer aue babitation eu propre, etd'etie inquilini, locataires. Prtiir éviter cott« huniiliatiou, les deim-hrbes se réuuissai**iit trois uu qiiatnt rnscuible pour blUr oii acheter \ frais coiumnns une maisou dont rau possédait le rezHl€-<‘baiisst''e. 1 [outre le preoiicr étaf|X',^u autre le so6)nd,ou~ua£ jiartiedc ces étages, etc. (Ucits d’Uauc. X., 31.)

. • ■ • ' MAISONS KT -BOUTIQUES. - • . l'JS

le voir- par notre plan, et par la vue que nous en donnons ici, était ^ cénime toute.s celles de Poinpci, fort étroite, très-haute et simplementdécorée de deux pilastre.s avec des chapiteaux de fantaisie. Sur le. pilastre de gaucl\e, on a trouvé l’in.scripfion suivante peinte en lettres rouges :

HARATVS BüG.

C’est d’après cette in.scription que rédifice qui nous occupe a été dési-' gné sous le nom de maison de Pansa; peut-être était-ce aussi bien la maison de Paratus; peut-être même son propriétaire ne portait-il ni l’un ni r<nitre de ces noms. Toutefois, l’inscription étafit une de ces invocations adulatrices dont on retrouve tant d’exemples sur les murs de Pompéi, il paraît a.ssez vraisemblable qu’elle put être tracée sur la d<Mneure même de l’édile Pan.sa auquel elle s’adre.ssait. Quoi (ju’il en .soit, la porte de l’habitation que nous continuerons de nommer la maison de Pansa, n’existe plus aujourd’hui, ayant été, comme toutes les autres portes de Pompéi, détruite par le feu du Vésuve; on .sait seulement, par les'portes feintes qui ont été trouvées peintes sur plu.sieurs murailles, et surtout par la porte de marbre de l’un des tombeaux que nous avons décrits, que les portes étaient ordinairement en bois de chêne ,'ù. deux battants, It panneaux, et ornées de bullos, gros clous à têtes dorées, et que, comme les noires, elles portaient souvent un marteau; elles étaient ordinairement stinnonlécs d’une imposte éclairant le vestibule, ce qui explique leur hauteur si peu en rapport avec leur hu'geur. D’après un règlement do police, elles ne pouvaient s’ouvrir qu’en dedans; Denys d’Halicarnas.se. et Plutar(|uc nous apprennent (jii’au seid Valerius Publicoln, en récom-

pense des services qu’il avait rendus à la République, il fut permis do faire ouvrir en dehors les portes de la maison qu’il po.s.-^édait au pied du Palatin. Los portes lournaieiil sur des pivots, et se fermaient par des verrous perpendiculaires qui entraient dans des œillets creusés dans le seuil. Les linteaux ont tous disparu, maison a pu reconnaître qu’ils n’élaient ordinairement composés que d’une planche épaisse supportant une architrave en moellons. - - . • . - •

Clicz les Romains, l’entrée de la maison était placée sous la garde de

quatre divinités : Janus qui présidait îi l’ensemble de la 4)orte, janua; Forculus qui avait sous sa protection les battants, fores; Limeniinus qui

POMl’ElA.

veillait uu linteau et au seuil, limen; ciilin la déesse Carilca (|ti’on invoquait pour la conservation des gonds, rardines.

Après avoir franchi le seuil, on se trouve dans un corridor de 2", 80 de largeur; c’est \<î prothynim ou adilus, que les Grecs appelaient aussi din- Ihyrum et où se tenait le portier, Vosliaritis, accompagné ordinairement d’un chien qui n’était quelquefois qu’une peinture sur la muraille ou une mosaî((ue incrustée dans le sol, comme nous on verrons un curieux exemple.

Quel(|uefois des portes percées dans les murailles du prothyrum donnaient accès à la loge du portier, cella ostiarii, et à des sidles servant d’antichambre. Ces pièces n’existent pas dans la maison de Pansa.

Au fond du prothyrurtLon voyait dans le sol comme un second seuil en mosaïque sur lequel on lit le mot salve', souhait de bienvenue pour les visiteurs. l'ranchissant ce seuil et une seconde porte ciui n’existe plus, on entre dans l’o/i iam ou cavædium \ K K petite coni’ rectangulaire de 1 /i“,40 sur 9”',/i0, entourée de portiques et partie es-sentielle des habitations romaines à laquelle correspondent le cortile de l’Italie moderne et le patio des EsiiagnolS,

Il existait chez las anciens cin(| e.spèces d’ninïon; le plus simple, et celui de Pansa est du nombre-, était l'atrium toscan, tiiscaiiicum, le seul qui fût en usage dans les premiers temps et que Pline désigne comme ayant été construit cjé more vetenim, à la manière des anciens. l>e portique n’était point soutenu par des colonnes, mais simiilcmenl par (pialre poutres dont les extrémités étaient scellées dans les murailles de la mai.son, et sur lesquelles venaient s’appuyer les quatre toit.s en appentis (|ui versaient dans un bassin ou ampluviinn B, qui occupait le centre de la partie découverte, les eaux de pluie qui de là s’écoulaient ordinairement dans une citerne. L'atrium tétrastyle ne dilférait de l'atrium lo.scan que par ce que les quatre angles du portique étaient soutenus par autant de colonnes, ce qui permettait de donner un peu plus d'étendue à la partie découverte.

L'atrium corinthien était le plus beau, le plus vaste et le plus complet de tous. .Scs portiques, .soutenus par des colonnes, entouraient une cour pavée de marbre dont le centre était occupé par le bassin,

L’ensemble de la cour se nomme atrium ou camedium, mais, h proprtv

* (ititte uiobaùiue ei;l ao inuseï* de Naples, dans la pri'inièri; salle des petits hroiizf^. Nmis cti veiroiis une ré}>étition eua>re en place à la maison des Vestales.

* Nous ne croyons pas arec .M . boniiucci qu’il ait été découvert.

MAISONS ET BOUTIQUES

mont parler, on appelait cavædium les portiques, cl impluvium la partie découverte, qui se divisait elle-même en deux partie.s di-stincles : le compluvium ou bassin, et l'nrea, l’aire (]ui l’entourait.

Les deux autres espèces d'atrium sont l)eaucoup ])lus rares; l’un, l’n/niim (lisplin iiilum, ne diiVérait des autres qu’en ce que les toits des portiques inclinés en sens inverse, au lieu de verser l’eau dans l’impluvium, la rejetaient dans des chéneaux contre les murailles de la maison; l’autre, l'atrium testudinatiim, qu’on ne connaît que par la description fort obscure qui en est donnée par Vitruve, parait avoir eu son impluj.'ium couvert d’un toit semblable h une carapace de tortue, testudo, élevé sur des poteaux qui permettaient à l’air et à la lumière de pénétrer dans l'atrium, tout en le mettant à l’abri de la pluie cl de l’ardeur du soleil. Quelquefois les autres atrium étaient couverts dalis le même but d’un voile teint en pourpre nommé cortina.

C’était dans cette espèce de vestibule qu’on recevait les clients et les étrangers. .Souvent entre les colonnes de l'atrium était un puteal ou embouchure de citerne; auprès se trouvait un grand vase de plomb en forme do .seau où on laissait l'eau exposée h Vair pour la purifier’. Ces vases sont en grand nombre au musée de Naples. En avant du compluvium de la maison de Pansa est l’ouverlure carrée d’une de ces citernes. Sous les porticpies, dont les murailles étaient enrichies d’arabesques entièrement détruites, sont plusieurs petites chambres, celUv, C, qui n’étaicnl éclairées (jue par la porte, et composaient l'cryastuliim ou logement des esclaves. I.a chambre la plus voisine de la porte, adossée à l’arrièrc-boutique 20, fut probablement la demeure du portier, cella ostiarii.

Au fond de l'atrium est le tablinum, D (5” sur 5"',;i()) , pavé en mosaïque blanche avec filets noirs; il sépare fn/num des appartements intérieurs; le fond était fermé par de larges portes pliantes appelées valvat(P, volubites ou versatiles; quekjuefois ces portes étaient remplacées par un grand rideau, aukvum. En été le tablinum servait quelquefois de salle è manger; c’est là aussi que l’on déposait les archives de la famille et que l’on conservait dans des armoires lesê portraits des ancêtres, les imagines majorum, figures en cire coloriée, dont on avait soin de rappeler les titres et les belles actions par de pompemses inscriptions *.

> Kxprfui cerâ ruffui $ipguiit dispon*bantur armarüs. (Plisf, xxxv, i.)

POMPEIA

Dans les maisons plus consiclérablcs que celle de Pansa, les deux pièces E F, contiguës au tnblinumy avaient une destination a^nalogue et lui servaient en quelque sorte de complériient. Ici, la grande salle E,' pavëe en inosaüjue,- paraît avoir été une bibliothèque, à en juger par les manuscrits presque entièrement détruits qui y ont été trouvés; la pièce F dut être une chambre à coucher, cuhiciilum, car on voit dans la paroi un renfoncement qui avait clé creusé pour y faire entrer le dossier du lit, disposition que nous retrouverons souvent à Pompéi et qu’explique l’cxiguîlé des chambres, généralement très-petites; quehjuefois on y ménageait . une alcôve ; les lits étaient de bronze, et souvent de matières bien plus prévcieuscs ; mais dans les habitations modestes, ils étaient de bois, parfois même ils étaient remplacés par un massif de maçonnerie élevé de quelques centimètres au-dessus du sol, et sur lequel on étendait des peaux ou des matelas.

Entre ja chambre F et le tablinum est un passage, fauves, G, permettant d’arriver aux appartements intimes sans traverser le tablinum. En avant de celui-ci étaient les ailes, o/rt', H 11, galeries garnies de sièges, , dans lesquelles le patron donnait audience aux clients, et que rappellent enc»n’o aujourd’hui les salles entourées de divans des habitations de l’Orient. Le pavé de ces salles est orné de grec(|ues ^ et de losanges formés de petits cub(?s de marbre blanc incrustés dans de Vopus sifjninum.

Montant deux degrés au fond du lublinum, on entre dans, la.parlie privée où le vulgaire n’était point admis. « Les conversations de WUrium n’arrivent pas jusqu’au péristyle, » a dit Térence.

D’abord se pirsente en effet le péristyle 1111, cour entourée d’un por-' tique soutenu par seize colonnes, et présentant beaucoup d’analogie avec Valrium, mais toujours plus étendu et plus richement décoré. Celui-ci a 20"*, 15 sur 15 "’, 10 . J.es colonnes, hautes de 4"’, 70 , étaient primitivement . d’ordre ionique, et, quoiqu’elles fussent de simple pierre volcanique, elles étaient cannelées; on l<;s recouvrit j)lus tard d’une couche de stuc, et on ajouta des feuilles au chapiteau, (|ui devint ionique composite. Le tiers infé- ' rieur du fut est peint en jaune ; le reste est recouvert de stuc blanc. Entre les deux premières colonnes de cha(jue côté étaieiTt deux margelles ou puleal dont une seule est encore en place et qui permettaient de puiser l’eau dans ‘ la citerne qui régnait sous le péi-istyle. Dans beaucoup de maisons, en «vant

* Q I oriiiMJient ainsi apin-lé jiar 1ns moilpriics poiUit chnz 1ns Romains le nom de Lacunar, nt

rhnz Ins Ornes failli dn d>aTvwu.*, de ^^aTvr, , alvtWdn. ' . .•

MAISONS ET BOUTIQUES. 499

de chaque colonne, s’élevait un piédestal portant une statue; souvent aus.si l’entre-colonnement du péristyle était rempli par un petit mur à hauteur

d’appui appelé pluteus, sur lequel on po.sait des vases de fleurs, ou qui niième était en marbre évidé pour recevoir de la terre et des arbustes.

Au centre du péristyle est uji bassin, piscina, de 2"‘,r)5 de largeur sur 6™,^|() de longueur et environ 2“ de profondeur, dont les parois otTraient des peintures 'représentant des roseaux et des poissons. Dans quelques .habitations, le ba.ssin du péristyle était remplacé par une corbeille de verdure accompagnée ordinairement d’une fontaine. On donnait h ce jardin en miniature le nom de ocysie, comme à celui un peu plus étendu dont nous |)arlerons bientôt. K et M étaient deux chambres h coucher, cubicnla ou cpllœ faniiliarkæf richement "décorées de peintures. La chambre M' était précédée d’une espèce d’antichambre ou procælon ^ L, pavée en mosaïque et avait une petite fenêtre sur la cour 2.

Dans l’angle S.-E. du péristyle se présente un corridor 23 condui.sant à la rue de la Fullonica où l’on descendait par quatre degrés; ces portes déî’obécs, (jui se rencontrent fré((ueminent dans les habitations romaines, servaient à échapper ù l’importunité des clients qui encombraient la partie publique de l’habitation; c’était ce qu’on appelait postico fallere clienlem: ’

Au fond du péristyle e.st la pièce principale (7"’,û0 sur 10'", 35), rceca.? ou exèdre N 2 , qui répondait à notre salon et qui en meuie temps servait parfois de salle h manger. Il y avait des œcus de plusieurs sortes;. les corinthiens étaient environnés de colonnes et voûtés; quelques-uns, partagés par des colonnes, avaient la forme et la magnilicence d’une basili([ue ; les œcus létrastyles ou égyptiens avaient deux ordres et un balcon ; enfin les cysic'enes avaient ordinairement des fenêtres et des portes

* On donnait également le nom de proemton aux vestibules qui se trouvaient au pietl des escaliers.

* b'motOEcu* (JiM.;, m.aison) signifie la pai-tiepar excellence de riiabilation. Exèdre veut dire siège pour plusieurs personnes, et par extension la pièce où se tnmvaient les siége.s de cette esi>ècc. On donnait aussi quclquerois le nom d’oerux à l’apparteiuent où les feninics sc tenaient habituellement pour travailler, et celui d'exèdre à une grande galerie garnie de sièges où on recevait les philosophes, les rhéteurs, le.s grammairiens et les pofites.

POMPEI A.

ion

ouvcilcs au nord sur un jardin, laissant pi'auHrcr la fraîcheur et jouir du coup d’u'il des fleurs et de la verdure. L’œn/s de la maison de Pansa a en elVct nu nord une large baie donnant sur le jardin.

I.e Iricliniiim ou salle h manger paraît avoir été la pièce O, qu’accompagnait un cabinet Q, une espèce d'office qui dut servir à renfermer les vases et autres objets nécessaires aux re|>as. Nous avons déjà dit cpie le Irirliniimi devait .son nom au triple lit qui se trouvait dans celte salle, le quatrième côté re.stant libre pour le .service , et la table étant placée au milieu. Il y avait aussi quelquefois dans les maisons moins riches des salles à manger ne contenant (|uc deux lits, et nommées biclinia. Dans les grandes habitations, il y avait plu.sieurs Irirlinia dans des expositions différenle.s, afin d’avoir la fraîcheur pendant l’été et la chaleur pendant riiivcr. (Juciquefois, le triclinium était placé sous une treille dans le jardin.

Les lits sur le.s<picls on s’étendait pour manger se nommaient lecii Iricliiiiarcs, pour les distinguer de ceux qui .se trouvaient dans les chambres à coucher, et qu’on appelait Iccii cubicuinres. Les Romains, dans les premiers temps, s’asseyaient à table, et l’usage de manger couché ne fut importé de Carthage à Rome qu’à l’époque des guerres puniques-, les femmes ne l’ado|)tèrent iiue longtemps après les homme.s. Les lits, d’abord fort sini|)les cl souvent formés de massifs en maçonnerie comme ceux du triclinium funèbre (page 78) et (piclqucs autres ((u’on a trouvés à Ihmipéi, devinrent d’une magnificence telle sous les empereurs, qu’il y en eut en or massif, et (|u’on les revêtit de couvertures babyloniennes qui coûtaient des sommes exorbitantes; il y en eut qui furent payées par Néron jusqu’à quatre millions de sesterces * (8àü,ül)0 fr. )

L'usage vouhiit <pic l’on fût à table en nombre égal à celui des Cràces ou des Muscs ; les places sur les lits n’étaient pas indifférentes, et chacune d’elles était plus ou moins honorable. Voici dans quel ordre les convives étaient placés :

1, le maître de la mai.<on; 2. .sa femme; .“î, un convive; à. place con-

' Pm\f, I. Ytii. ch. «8.

MAISONS KT BOUTIQUES. îOt

sulaire OU d'honneur; les autres places 5, (i, 7, 8, 9, étaient occupées par des personnes d’un rang moins élevé ou par ces convives nommés ombres qui étaient amenés par les invités.

A gagclic de l’œci/i do la maison de Pan.sa est ta cuisine R, jointe à une office T et ii une salle S destinée aux esclaves, ayant sur la rue de Fortunata une seconde sortie dérolxk; ou poslicum. (Juehpiefois cette sortie se trouvait placée dans l’axe de Valriiim et du péristyle, et dans la partie oi)po.sée h l’entrée ou prolhynim; elle portait alors le nom de psewlolhynim. I.a cuisine renfermait un grand nombre d’ustensiles en poterie et en bronze; les fourneaux, élevés au-dessus du sol, contenaient encore de la cendre. .Sur les murs sont peints deux .serpents énormes protégeant l’autel consacré à Fornax, la divinité des fourneaux * ; et il côté les attributs du lieu, un jambon, un lièvre, un verrat, des poissons, de la viande et une hure de sanglier. Dans l’office T est un petit banc pour poser les jarres d’huile, et une table pour faire le pain ipie souvent on pétrissait à la maison.

La cuisine est séparée de I’obcks ]iar un corridor, fonces, V, (pii conduisait au jardin. De l’autre C(“)té est le labutarium ü ofi l’on con.servait les papiers importants et les objets tes plus précieux; parfois aussi on y renfermait les dieux Pénates; mais nous trouverons dans quelques maisons une autre sorte d’édicule consacrée h ces div inités domestiques.

Derrière le labtilarium est un petit cabinet X, con.«acré à l’élude ou au repos, donnant .sur le jardin et où le maître pouvait se retirer pour jouir de la fraîcheur et de la vue des fleurs qui garnissaient ses parterres. Dans toute la largeur de la maison régnait une vaste galerie couverte fi deux étag(.‘s Y, nommée prryola, sous laquelle on trouvait un abri contre le soleil et la pluie. On a découvert dans cette galerie divers objets précieux et entre autres le plus beau candélabre de bronze (pii soit au musée de Naph;s.

F.nfin le jardin, le xysie ou fin'darium, /, était dispo.sé par plate.sbandes que l’on a encore retrouvées indiquées sous les cendres. On y a découvert également des conduits en plomb ipii distribuaient les eaux nécessaires à l’iiTigalion et deux grandes chaudif'res de bronze aujourd’hui au musée. Dans l’une d’elles était le joli grotqic de llocrhtis cl Ampelus^, enveloppé dans un morceau de toile qui, dans plusieurs

* Voy. U lettre tin ch. Il, jvige 3î. (Ovinr. F.ist. i5, v. 545.)

• He*c. et Powi*. VI, pl, <2

l'OMPEIA..

endroits, est resW adhérent au métal. Ce groupe pose sur une base de même métal dans laquelle est inci-ustée une guirlande d’argent. 11 est probable que, dans le désordre de la catastrophe, il avait été ainsi envelop[>é pour rem|X)rter, mais qu’on n'en eut pas le temps. Parmi les peintures qui décoraient cette habitation, les plus remarquables étaient une Si/mphe et une Damé assises '.

Nous ne pouvons rien dire de bien positif et nous sommes réduits aux conjectures sur la disti’ibution et la destination des pièces de l’étage suptjrieur, aujourd’hui entièrement détruites, et dont les principales doivent avoir été alfectées au gynécée ou habitation des femmes. Les objets qui y ont été trouvés confirment cette supposition; ils consistent en bracelets, boucles d’oreilles, colliers, chaine.s, épingles d’or ou d’argent, petits pots de cosinéti{|ues, cure-dents, ciseaux, étuis, en un mol en ces mille bagatelles qui compo-saient chez les anciens la toilette d’une femme, le tnundus muliebris, et que renfermait ordinairement une boîte nommée pyxis.

Telle était la demeure d’un riche Pompéien; quel(|uefois on trouvait, outre les pièces que nous avons décrites, un alœalorium, salle consacrée aux jeux de hasard, un sphæristeriurn ou jeu de paume, une pinacotlirca, galerie de tableaux, et plus souvent encore des bains, ordinairement situés dans la partie la plus reculée de la maison cl parfois dans des souterrains. Nous verrons aussi (|ue des cuves étaient ordinairement destinées à la conservation du vin, de l’huile et des autres denrées.

Maintenant que nous connaissons la disposition générale commune é presque toutes les habitations de Pompéi, nous allons pa.sser plus rapidement en revue toutes celles qui nous offrent à signaler quelque particularité remarquable, soit par leur décoration, soit par leur distribution, soit enfin par la destination des boutiques qui en font partie.

Tavkbne de l'oUTiiNATA. (Pt.. 12). Eti quittant la mai.son de Pansa, on trouve un carrefour formé par la rencontre des rues des Thermes et Domilienne et de celle à laquelle j’ai assigné le nom de rue de Fortunata Lit se trouve une fontaine surmontée d’un bas-relief représentant un aigle tenant un lièvre dans .ses serres. Derrière cette fontaine s’ouvre la taverne à laquelle une inscription a fait donner le nom de l'ortunata.

' IIEUC. ptPoïr. III, tJ. lITcHîi.

• Plaiichp I.

• - . . ‘ MAISONS ET BOUTIQUES. 203

Les tavernes, chez* les Homains au.ssi bien que chez n'ou.s, axTiient reçu des dénominations différentes, wîlon la classe de pratiques qui les fréquentaient. Les popinœ représentaient les gargotlcs modernes; c’était là que se préparait la nourriture du peuple, et elles devaient leur nom à la manière dont elles s’approvisionnaient ordinairement en achetant aux popes ou • sacrificateurs leur part .des victimes. I.es ænopoles ou tabernæ vinanæ’ . étaient nos cabarets; enfin les ihermopoles répondaient à nos cafés; on y débitait des bois.sons chaudes, du vin cuit, du vin doux et de l’hydromêl.

C’est à cette dernière classe qu’appartenait la taverne de l’ortunata ; *'• elle présente, comme toutes celles que nous rencontrerons, un comptoir en maçonnerie recouvert d’une tablette de marbre où l’on voit encore l’empreinte des tasses. Les licpiides qu’elles contenaient renfermaient quelqiH! principe acide qui a attaqué le poli du marbre. Dons le fond, un • massif plus élevé dut j)orter le brasier destiné à entretenir la chaleur des divcr.scs boissons. '

‘ PuARM.vciE. (Pl. 13.) Luc boutique, fouillée en 1809 et qui, faisant face à la rue Domitienne, occupe l’un des angles d’une île triangulaire, était celle d’un pharmacien. l’extérieur était peint un serpent dévorant une pomme de pin; on sait que cet animal était l’attribut d’Ilygie et d’Esculape, mais comme Ce symbole c.st souvent répété à Pompéi dans des endroits différents et dans une tout autre intention, il n’eût pu suffire à faire connaître la destination de la boutique; mais les tablettes, les pilulçs, les vases pleins de médicaments qu’on a recueillis dans celle-ci, ne peuvent laisser aucun doute. Un des objets les |)lus curieux est une boîte en bronze à compartiments contenant des drogues; en des.sous est . ménagée une couli.sse pour glisser un’e spatule et une mince lame de por- • phyrc qui servait à étaler les emplâtres. Cette boîte e.st au musée, ainsi qu’un beau candélabre de bronze trouvé dans la même boutique. , '

Tout le coté gauche de la rue Domitienne jusqu’à l’auberge d’Albinus, voi.“iine de la porte d’IIercularium, est occupé par de nombreuses habitations tellement ruinées, qu’aucune ne mérite d'être décrite. La .seule qui • •eût encore quelque importance a été défigurée pour la transformer en habitation pour des gardiens; c’est celle qui était conuue sous le nom de , maison de Polybc; sur l’une des bouti(|ucs qui la précèdent est cette . in.scriplion : • - ' . ■ ‘

F. F. II. via. I, D. AF.gV.VNVS. .

;oi

POMI’EIA.

"Maison de Polabe. Celle maison {Pi,. Ift) (Hait construite, comme celles qui en sont voisines, sur remplacement des anciens remparts, et avait plusieurs étages en terrasse descendant vers la mer; elle paraissait avoir été d'une grande étendue, mais malgré les fouilles faites en 1808 et 1817, elle n’a jamais été entièrement découverte. Du reste, plusieurs de ses parties éUuenl dans le plus grand état de dégradation. Fille doit le nom sous lequel elle est connue à une in.scription qu’on y lisait sur un pilier en face de l’ Acudémicde Musique :

c. 1 V I, I V M P O I, Y n 1 V M Il VIH, MVI. lOSF.S R O G,

« l-fS mult'Ücrs impior»^at C. Julius Polyln», dunm>ir. •*

Cette maison pré.sentait plusieurs particularités remarquables; elle avait, et ceci est sans exemple à Poinpéi, deux portes sur la même rue ouvrant directement et sans prolUyrum sur deux salles plus vastes (pic li’s ve.stibules ordinaire.s.

Le grand otriiim corinthien n’avait pas moins de 28'“, 90 de largeur; son porliciue était formé par des arcades et des piliers aux(|uels étaient adoss<,‘es des demi-colonnes. Ces arcades étaient closes par des clul.s.sis vitrés, car on distinguait encore parfaitement les trous carrés ménagés dans la tablette de marbre du pliiletix pour recevoir les montants des cliAssis *.

Le portiipie de Valriiim était, ainsi que plusieurs chambres, pavé en mo.saüpie blanche et noire -. line fontaine qui décorait l’urea n’était point placée dans l’axe de l’aln'um, mais un jieu de côté, afin de faire face h la porte du principal vestibule. Dans l’une, des pièces qui entourent Vntriiiin était une autre petite fontaine. .Sous cette maison règne la plus belle cave (pii ait été trouvi'e à l’ompéi.

Au côté droit de la rue Domilicnnc est la

* Boi.TiQi E Di l'oRGEHON. (I’l. 1.5.) Elle n’olfro plus ricii dc remarquable, mais on y a trouvé divers objets curieux, Uds qu’un levier terminé par un pied de porc, beaucoup de cercles dc fer, des (jssieux, des tenailles, des

* OsporUt]iies vitrés dp sont pas sans antre exemple ilaos rantitpiilé; on en a vu roprésenlés «Uns des peintures anliipii's, «:l d’aillfurs leur usage est attesté par et* jvis.sage «le Pline le jeune décrivant sa maison de Laureutum : « On trouve d’abord unf gal«*rie S4-ini*circnlaire ijüi enfenuo une petite c»mr assez riante, et qui offre une agréai»!»? ndraiu* rAtnlrc b* mauvais temps ; rar«*lle »*s protégée par tles \ilri‘S, et eur«*r«' plus par b* but qui la rouvre. » ( L. II. »*pisl. 17. )

* Hf.rc. et Poiip. T. V. niosalqui's. pl. IS.

MAISONS ET BOUTIQUES

marteaux et autres uutils. On y voit encore un petit laraire et les restes d’un four. La forge n’occupait que la premii’'re pièce d’une grande habitation dans laquelle, parmi des chambres destinées à divers usages, on voit les vestiges d’un bain et d’un cellier, cella vinana, qui contenait des amphores.

Ln mur mitoyen sépare cette mai.son de 1’

* Acadkiiie de Mi siQiB. ( Pl. En face de la maison de Polybe est une maison qui doit ce nom aux nombreux instniments de musique peints (f«i décoraient plusieurs pièces de Valritim. A gauche de la porte est une boutique communiquant avec le prothyruvi. L’alrium toscan avait au milieu un coinplui'iiim de pierre bien profilé. A droite se présentent d’aliord deux chambres, puis, au lieu d’n/a, une .salle de bain tout ouverte, ayant au fond un atvetis ou baplislerium dans lequel on descendait par deux degré.s, ainsi que nous l’avons vu aux Thermes, mais qui ici est en pierre et pavé en briques.' A gauclie est un grand Iricliniiim (|ui avait une sortie sur le péristyle. Le tablinum, placé entre deux faiices, e.st entièrement ouvert devant et derrière. Le péristyle, n’ayant de portique que d’un côté, était soutenu à l’angle par un pilier de briques. Dans les fatires ou corridor de droite est l’entrée de lu cuisine. A droite du péristyle est l’œciis, qui conserve encore quel(|ues peintures, bidon apprenunl le départ iCF.née, et une scène religieu.se presipie effacée; sur le pavé de cette salle étaient des fragments de llùle et de cadran solaire. On voit au fond du iXM'istyle un petit auU?l surmonté (lu synilwle ordinaire des .deux serpents et du prêtre faisant la libation; è côté, un fMsticum ouvre sur la rue de l'ortunala. On trouva dans cette hubilation plusieurs ustensiles Irè.s-élégants d(> bronze et de verre, un vase d’albâtre d’une forme gracieu.se, une petite table de poi|>liyre, el une statuette de jeune homme appuyé sur un terme.

Boi:i.\\oEiiie. (l’i.. 17.) Nous avons déjà trouvé une lioulangerie dans

la maison de l’an.sa; en voici une plus con.sidérable diicouverte en IKOU, qui occupe à elle seule un bâtiment spécial d’une assez grande étcmlue.

L’n nuir mitoyen la sépare de l’académie de musi(]uc, et son entrée 1 est également sur la rue Domitienne. A droite et h gauche de cette entrée sont deux boutiques 2 avec leurs dcpejidances-^, et des escaliers ayant conduit à un logemeiit qui existait au-dessus. Ces boutiques n’ont point dii servir au débit du pain, (|ui se confectionnait dans la boulangerie avec laquelle elles n’ont aucune communication. Une peinture trouvée à Pompéi nous a appris que souvent le pain se débitait sur des tables dans les places publiques; souvent aussi les partieufiers, ainsi que cchk.se pratique encore à NapUîs, apportaient leurs grains à la boulangerie, pour y être converti en pain. Pn ne doit donc pas être étonné de i]e rencontrer, ici aucune bouti(iuc destinée h la vente des produits de l’usine. .

Après avoir franchi le prolhyrum, on trouve un atrium tétrastyle A, -qui était soutenu par quatre piliers carrést, portant, au lieu de toit, une terrasse à laquelle on montait par l’escalier placé immédiatement à droite de l’entrée. Les deux premières marches seules étaient en pierre. Au pied de l’un des piliers est une petite citerne. Autour de Vatrium sont (juatre chambres A , 5, 6 et 7. Dans la dernière on voit encore les restes des

lut/ricur du rUtrIuuin.

jambages de maçonnerfo qui portaient une table, sans doute de bois, car elle a disparu. Au fond de V atrium ^ et h sa place ordinaire, est le petit tahlimim (\\\\ donnait accès, non à un péristyle, mais au pistrinum î),. salle de 4Ü"'j70 de profondeur sur 7"‘,H0 de largeur, ayant une sortie.

MAISONS ET BOUTIQUES. 1 , »07

un posticiim sur la rue de Fortimain , et contenant (|iinlre moulins setnblable.« à ceux que nous avon.s vus dans In Iwulangoric de la maison de Pansa. Le fragment de bas-fcliof que nous reproduisons ici, et que nous empruntons à un grand .sarcophage du mustie du Vatican, fait connaître la disposition de i’armatui'o en boi.« qui servait h mettre ces moulins en mouvement.

Movlln, It—' rglfaf 4q VqiitiVi.

Ko entrant dans le pislrlnum , on trouve fi droite rembourhure d’une citerne entre deux massifs carrés ptirtnnt des va.ses de terre pour recevoir l’eau. Au-dessus, sur la muraille, était une peinture olïrant dans sa partie inférieure deu.x serpents, emblèmes des génies domestiques, rampant vers un autel chargé de fruit.s, et au-dessus le sacrifice à la divinité protectrice' des fourneaux.

Entre la citerne et le foui-, dont la voûte est de la plus parfaite cou- .struction, est l’entrée d’une asscr. grande pièce sans fenêtres 1 1, pavée en inosaï(|ue, communiquant également avec le tablinum.

Sous le four 10 est ménagt'’ un réduit pour la brais<’; en avant, une cavité recouverte d’une dalle rece\ait les cendres; enfin ii gauche était un vase dans lequel on mettait la farine dont on saupoudre la pelle pour que le pain ne .s’y attache pas. Une grande table ndossiie ii la muraille était s<'parée du four par l’entrée d’une pièce 12, où étaient les pieds en pierre d’une autre grande table sur Incpiellc on déposait .sans doute les pains avant ou après la cuisson.

Dans l’angh^ du pisirinmn est une autre pièce l.'l où l’ou trouve encore deux bassins de maçonnerie, qui durent .servir h la inanipulalion de la pôU;, et mi escalier enndiiisant ii des chambres d'esclave qui cxi.staicnt au-dessus do l’écurie 14. Celle-ci, dont la principale entrée est sur In rue de Fortunatn, avait une petite porte donnant .sur le pisfnmou , afin qu’ou

POMPI’IA.

20tt

pût y amener les ûties ou plutôt les chevaux (|ui tournaient les moulins ' ; il est eu eirel probable qu’ici on dut employer à ce service des chevaux et non desûnes, h en ju{;er pur la hauteur de lu maii(;eoire en maçonnerie ()ui rôsne le long de la muraille, ù une élévation de 0"’,9(). L’abreuvoir était placé dans réjKiisscur de la cloison séparant l’écurie de la salle IS, ce qui permettait de le remplir sans entrer dans l’écurie.

On a trouvé dans celte boulangerie de grandes amphores pleines de grains et de farine, et plusieurs pains. .Sur l’un de ceux-ci, d’environ 0“,20 de diamètre, on avait écrit à l’aide de caractères mobiles les mots siliyo ÿrtwiii, farine de froment, et sur les autres, i- cirera, farine de pois rhiches. Ces manpies étaieiil ordonnées par lu police, afin (jue les acheleui's ne pussent étie trompés sur la (pialilé d(' la farine employée.

Maisox de .SvM.ii.HTK, OU d’.^ctkox. Ccttc maisoi) (Pu. 18) doit le premier de ses noms à une iascription qu’on lisait sur son mur extérieur ;

et le second à une des fro.s<|ues qui la décorent. Elle fut découverte de 180S il 1800. Quoique moins vasie que celle de Pansa et (pie plusieiu's autres qui nous rcsieni h visiter, elle n’est pas moins intéres-santc par ses peintures, par son alrliwi, un dos micu.x coitscrvés, par son triclinium d’été, et surtout par la présence d’un rrnereum ou appartement secret. L’espace qu’elle occupe est un quadrilatère irrégulier, mais l’architccle a su il rinléricm- dis.simuler celte irrégularité avec une rare adres.se.

Plâude l4 Mai*»'» d« }>aUu>tc.

La façade présente plusieurs boiitique^i. A gauche est une boulangerie com|)osée de trois pièces, 1, 2 et 3. La première est un fournil où se trou-

' S'uvcnlc'i't.'iipjii tics esclavci qni rcnijilis.'viicnlceft jviiilUps f<»DPlious, cl il est tligue <1 p lyiiianjac au»' k’I fut rpiii|>l^i de.8 üeux coiniquc5 l'ilius. Piaule et Téreiicc, {ttiidaol Icur^

MAISONS ET BOüTiyUliS. ,2,09

vont trois moulins semblabU’s à ceux que nous avons déjà vus. Un escalier dont les quatre premières marches sont on pierre, et dont les autres étaietit en bois, conduisait aux logements situés au-dessus de la boulangerie, et nommés hibernacula. Au fond est le lourde forme ovale et absolunK'nt semblable aux nôtres. A côté une pièce *2 éclairée par deux petites fenêtres donnant sur le xyste, dut servir de magasin soit pour la farine, soit pour les pains cuits. Dans la salle 3 on pétrissait la pâte et on faisait la cuisine. Les vases pour l’eau et les amphores contenant la farine étaient encore en place. Dans l’un des angles était une pierre d’évier, et dans l’autre une latrine, dont 1a pré.sence en pareil lieu ne doit pas étonner puisque cet usage s’est conservé encore dans la plupart des maisons de Naples et de Rome.

La boutique 4, communiquant avec \'afrhm et le prothyrum par des baies aussi larges que celle donnant sur la rue, était garnie d’un comptoir en maçonnerie dans lequel étaient scellés six vases de terre cuite destinés h contenir l’huile et les olives, que faisait vendre par son dispennator le propriétaire de la mai.son. Au fond de lu boutique est un petit cabinet. La boutique .5 entièrement isolée paraît, d’après les objets qu’on y a trouvés, avoir été occu[)ée par un marbrier ; elle avait un puits mitoyen avec la boutique 0, qui ayant un comptoir semblable à celui de la boutique 4 et le fourneau ordinaire dut avoir une destination analogue ; il est môme assez singulier que le propriétaire de la maison ait loué une des boutiques qui en dépendaient à un marchand qui pouvait lui faire une fâcheuse concurrence. Cette boutique c.st accompagnée de deux nrrière-boutitpies 7 et 8, (|ui durent ne .servir que de magasins; In première a une sortie sur la ruelle de Mercure. Ces l)outi<|ues, comme toutes celles de l’ompéi, se fermaient sur la rue au moyen de volets glissant dans des rainures et retenus par des barres.

Au centre de 1a façade est la porte d’entrée que llantiuaient suivant l'usage deux pila.stres surmontés de chapiteaux de fantaisie sculptés dans une pierre de lave tendre et grise ; l’iin d’eux n’existe plus, mais sur l’autre

aooécs de captivité. Phutt* u’avaU garde do roubücf, aussi CaiUil souvent allusion à l'usage d’onvoyor les esclaves au moulin lorsuu’on voulait les punir de quelques méfaits. C’est ainsi que dans la comédie tVEpidicus, Stratip{)odés dit à sou escUve : « Prorure-toi comme tu pouiTas les to minus que je te demande; maU si tu nu reviens pas avec la somme avant lu coueber du sfticil, nVutrrt {OS h la maison; va dr«)it au moulin. » Act. I. sc. 3.

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