‹ Pompeia decrite et dessineeChapitre 48 sur 61 · C. GAVINIVM · texte numérisé non relu

C. GAVINIVM

Cette inscription, qui devait être une invocation .semblable il celle que nous avons vue è la même place ù la porte de Pansa, était malheureusement incomplète et ne nous apprend rien sur le propriétaire de cette belle habitation. La porte A deux vantaax tournait sur pivots dans deux ombilics de bronze fixés dans le marbre. Le seuil en mosaïque représentait un chien enchaîné avec ces mots : cave cwem, prenez garde an chien *, pré-

tMvll «M U M«Umi 4« PoM*.

caution moins fAcheuse. pour les vi.siteurs que la présence de l’énorme molosse ipii souvent accompagnait le portier. Cette mos;nquc forme

< « A Riucbe de IVatr^ pr^s de U loge du ttortier était peint sur le mur un énorme dogne enchaîné, et niHlc55ns on aTait érrit : gare, gare le chien ! car», eat'» eancmt »

(PrTRoNR. Satyricon, XXIX).

2ii

POMPEIA

aujourd’hui le seuil de la salle des objets précieux au musée de Naples.

Après avoir franchi le protinjnun 3, on trouve un atrium toscan A pavé en mosaïcjue, et qu’ornaient de nombreuses peintures dont presque tous les sujets sont tirés des poésies d'Homère; on y voyait \c» Adieux dWctdUc et de Briséis une des plus jolies peintures anticjues qu’on connaisse; Chryséis rendue à non père^ que quelques antiquaires croient être Hélène réunie à Ménélas; la chute d'Icare ; Oreste, Pylade et Électre, Junon cherchant à détacher Jupiter de la cause des Troyens enfin une Vénus nue avec des cercles d’or aux jambes, que Oeil ne craint pas de comparer ù la Vénus de Mcdicis pour la pose, è la Vénus du Titien pour le coloris; à ses pieds est une colombe tenant dans son bec une branche de myrte. De toutes ces ptuntures, la plupart au musée, il ne reste en place (ju’un petit yénie ailé bien conservé, et le fragment inférieur d’un tableau avec un Triton qui devait conduire un char, et nn Amour tenant un trident

Au centre de Vatrium est le. compluvium avec un joli puteal de marbre. A droite çn entrant on trouve la loge du portier 9, puis une chambre 8, qui ne conserve plus des pfu'nlures qui la décoraient que des panneaux jaunes avec un soubassement rouge et quelques arabesques. La première chambre à gauche 6 avait une porte et une fenêtre, disposition assez rare, et un renfoncement creusé dans le mur pour le dossier du lit; sa décoration était simple et du môme genre que celle de la chambre précédente. La chambre 5 était beaucou|) plus riche; pavée en mosaïque, elle prés(înte sur scs parois des panneaux alternativement jaunes et rouges, séparés par des architectures; au centre des panneaux rouges étaient de petits Amours; dans les jaunes, trois sujets : au fond Phryxus et Hcllé, à gauche VEnlèvement d'Europe, h droite Apollon et Daphné, sujet obscène .souvent r('|)roduit è Pompéi •**. Au-dessns règne une frise sur fond blanc repré.'icnlant des Amazones debout sur des chars combattant des ennemis à pied'^. Dans les panneaux également jaunes et rouges de la chambre h sont peints des oLseaux. En face de celte pièce, de l’autre côté de Vatn'um,

' v. Plandu! VIII.

* llKBC. fit PoMP., II, pl. 72.

3 II>i(l. Il, pl. 70

^ IMil. Il, pl. 01.

s C. Cahiiifil Sficrpt, pl. V.t.

< Hpkc. fit Pimp., I, pi. 50 fit 57

MAISONS ET BOUTIQUES

est im« <ila 7 pavrc en mosaïque noire et liliinclie; ses jinrois n'iivuient que de simples ornements en nrchileclure peinte, au-dessus d'un soubassement présentant des plantes .sur fond noir.

Au fond de l'atrium est le labliiiumÀ^ où se trouvait à droite une peinture médiocre, mais l’une des plus intéressantes par le sujet; elle est aujourd’hui au musée. On y voit un poète assis en costume d’c.sclavc, et dans lequel on croit reconnaître Térencc lisant ses vers devant .six personnages, parmi les<|uels Apollon et Minerve qui semblent l’applaudir*. Le pavé de cette salle est en mosaïque; au centre était une composition qui a été enlevée et portée au musée; elle est placée à juste titre au nombre des plus curieuses découvertes faites à Pompéi; c’est une répétition théâtrale, c'est l'intérieur des coulisses, le chorafiiiim d'un théâtre antique. On y voit le choragus, le régisseur, entouré de mas(|U 08 scéniques et de ces objeLs divers que les modernes nomment accessoires, fai.sant répéder leurs rôles à dt'ux acteurs costumés en satyres; un troisième, aidé d'un habilleur, s'elïorcc de pa.sser une tunique qui parait être trop étroite *.

A gauche du tablinum c.st une petite salle carrée 1fi, un tabularium qui dut servir <â contenir les archives; sa décoration est simple; scs panneaux oITrent seulement nu centre des oiseaux, une panthère et des masques ■scéniquas sur fond blanc. La salle G dut être une bibliothèque. Après avoir franchi le corridor I), on se trouve dans le péristyle E, décoré de grands panneaux rouges et entouré de portiques de trois côtés .seulement; sur le quatrième se trouve dans l’angle, et adossé à la muraille, un laraire 10, petite niche très-élégante, où l'on a trouvé une statuette de Eaune. Dans le petit jardin qu'enferment les portiques, on a recueilli la carapace d'une tortue, et plusieurs gouttières de terre cuite on forme de crapauds. A gauche du péristyle sont deux chambres â coucher, ctibicula, 11 cl 1 2 ; dans la première on voit Vénus et l' Amour péchant à ta ligne *, Ariane abandonnée^ et Narcisse se mirant dans la fontaine. Ce dernier sujet est presque oITacé. La seconde tliambre n'oiTre que trois petits paysages, deux cerfs et deux panthères.

< Hmg. M Poïf. Il, pl. 7.

’ I«l. V. Mosalqarü, pi. 8J.

* llr.ir. et Pinn* III, j»l. Hl.

M'I III. pl. tni:

iU

POMPEIA

A côlé (le ces chiimbres se trouve une sortie dérob('e, uii jioslicum 13. A droite du p(’ristyle sont deux salles; la plus petite F fut la cuisine; on y voit encore le fourneau, et dans l’angle ù droite les latrines; In plus grande (î dut l'Ire le IricUuitim. Cette pû'ce, longue do 5'", 95 sur 5"’,(i0 et richement di'corée, olfrait plusieurs peintures trf's-remarqunbles ; on y voit au milieu d’(51(;gantes arabesques quatre cbarmnntes danseuses, quatre héros, Léda présentant à Ti/ndare Castor, Pollux et llél'ene dans un iiid^, l’Amour se plaignant à sa m'ere du mépris de Diane et Thésée abandonnant Ariane. Les mosaïques du pavé blanc et noir représentent de.s poissons, des cygnes et d'élégantes arabcs(|ues. Enfin .sous le péristyle, auprès de la porte du triclinium, se trouvait une peinture bien préciemse, si, comme tout semble l’annoncer, elle est une copie du fameux Sacrifice d'Iphigénie de Timantbc, ce tableau .si vanté par Pline* et par Cicéron. Cette belle composition, très-bien conservée et d’a.s.sez grande pro[)ortion, a été |)ortée au mu-sée.

Cette habitation avait un second étage; on distingua dans les premières fouilles, parmi les fragments du pavé en mo.saîque qui étaient tomin's au rez-de-cliaus.sée, une tète de Bacebus et quekiues autres figures. .Sur le mur occidental de cette maison, h l’entrtïe de la rue de la Fullonica, on voit encore quelques restes de cette inscription en langue osque Nuieri pok- MATA ACCIPIES, lu recevras les poèmes de Sumerius.

En face de cette liaJsilation sont les Thermes, Pi.. T., p. 1 AO.

A la .suite de 1a maison du poète, on trouve plusieurs boutiques dont un magasin d’huile et un grand tbcrmopolc avec leurs dépendances, et on arrive à 1’

Aiic DK TRIOMPHE, Pi„ .38, p. 111, placé au carrefour fonné par la rencontre des rues des Thermes, de Mercure, do la Fortune cl du Forum.

Tournant A gauche dans la rue de Mercure, on trouve la

• Bot TiQi E IM iivRRiER, U" Ai. ( Pi.. 39. ) Elle est très-petite, n’ayant que 3"', 30 de profondeur .sur 2"', 18 de largeur. A droite en entrant est un

' Herc. et PtiMP. I, pl. ios et 111, pl. 140.

• L'Iphigénie de Timantho a été célébrée jKirles éli'ges des orateurs (Cicero:i. deOratore). L’ayant rcpréscnttic delK>ut prés de l'autel où elle va ]K*rir, l’Artiste |KMgnit la tristesse sur le visage de tons les assistants et surtout de Ménélas, puis ayant épuisé tous les caractères de la douleur, il voila le visage du père, ne iMUvant pins |Mvssildc de lui donner l’expression ronvennlde.

(PtWE. L. XXXV. C. 3fi).

IUrc. Pt Pour. Ml, pl 9ï.

MAISONS ET BOUTIQUES

US

banc, cl au-dessus se trouvent deux niches en forme de laraire, mais qui |)eul-èlre n’ont servi qu’à dtîposer des vases de toilette. Au centre de la boutique est une .sorte de tabouret en maçonnerie où s’asseyait le client; enfin, dans la petite arrière-boutique, est le fourneau pour chauffer l’eau.

Fii.lomca, n';i8. (l’i- AO.) L’édifice désigné sous le nom de la f’u//onica, la foulerie, est le plus intéressant exemple d’un établis-semeiil industriel qui soit .sorti des fouilles de l’ompéi Découvert en 1827, il ouvre à lu fois sur la rue de Mercure et sur celle à laquelle il a donné .son nom. .Sur la pre-

mière de ces rues sont plusieurs boutiques 1, 2, 3, dont la première a une grande arrière-boutique A. A la suite est la porte principale donnant accès à un prolhyrum 5 plus grand qu’à l’ordinaire, ayant à gauche une loge de portier (>et la fenêtre d’un réduit de 1" en carré dont il e.st difficile d’expliquer la destination, car il n’avait pas de portos ; on a cependant (K'ine à croire qu’il n’ait eu d’autre emploi que celui de dessiner l’alcôve de la chambre 7 qui se trouve sous le portique à gauche en entrant dans falrium A. Celui-ci, long de 23" sur IG", GO, avait son portique soutenu par douze piliers carrés. Quelques fûts qu’on a trouvés renversés pourraient faire supposer qu’au-dessusdes piliers s’élevait un ordre de colonnes portant un toit qui aurait protégé l’orca contre le soleil cl la pluie, sans empêcher la circulation de l’air. Dans cette hypothèse, l’n/num eût été de ceux qu’on nommait le.v/iirfinflln -. Ainsique nous l’avons dit, la première pièce qui SC présente .«ous le porti(|ue c.sl la chambre h coucher 7 ; cette pièce était assez élégamment décorée; on y voit encore deux chars tirés l’un par

■ Nom OTOm en décrivant l'édifice d'Eiimachia en occasion île dire quelle iinportanee avait à Pompci la corporation on collège des Foulons.

* Voy. page 197.

îlf.

POMPEIA

doux biches, l’nutrc par doux paons; elle oUiil pavi‘c en mosaupio et ouvrait à la fois sur le prolhyrum par une jiotile fenêtre, sur Valritim par une large baie, et par une porte sur la salle 8. Celle-ci, ouverte dans toute sa largeur sur V atrium, me paraît avoir été une sorte de salon destiné à recevoir les clients de rétabliss<!inent; elle était ornée de peintures médiocres parmi lesquelles on reconnaît encore Vénus et Adonis et Thésée vainqueur du Minotaure. Devant celle salle, entre les colonnes du portique.

Airium Ar U Vutl>ir>kra.

était une charmante fontaine 9 composée d’une vasque de marbre blanc posée sur un pied cannelé. .Siu" le pilier h droite de cette fontaine, se trouvaient de très-curieuses peintures qui ont été emportées au Musée de Naples avec le pilier lui-même ; elles peuvent donner une idée des dilTérenlcs opérations d(? l’art du foulon cher, les anciens ; on y voit un ouvrier occupé à frotter avec une espèce de carde un manteau blanc bordé d’une bande de pourpre ; un autre ouvrier apporte une grande cage d’osier sur laquelle on étendait les étolTes pour les exposer à lu vapeur du soufre brûlant sur un fourneau ; l’ouvrier est couronné d’olivier, et sur la cage est perché l'oiseau de Minerve, divinité protectrice de ceux qui travaillaient les tissus. Sur le premier plan est une femme assise et richement vêtue recevant une étoffe des mains d’une jeune ouvrière. Dans un autre compartiment on voit des ouvriers qui, placés dans des espècesde niclics semblables h celles qui existent dans une pièce de l’édifice, foulent de leurs pieds nus ou lavent avec les mains des étoffes renfermées dans dos cuves'. Sur un

' llmr,. Poiip. H!, pt. Jî7

MAISONS ET BOUTIQUES

autre côté du pilier est une pres.se sou.s laquelle on niellait les drap.s, et lin groupe représentant la directrice de rétablissement donnant des ordres à des c.sclaves prés de.s<|uels sont des étolTcs étendues sur une perche. .Sur le pilier à gauche de la fontaine, on voit encore en place les deux serpents symboliques et un Fleuve appuyé sur son urne.

A côté de la Sidie que nous avons décrite, e.st une chambre à coucher 10, puis, sous le côté méridional du portique, se présente d'abord un grand triclinium H , ou peut-être un magasin, pavé en mosaïque blanche et noire, et dont le seuil est orné de rinceaux de diverses couleurs. Suit une chambre à coucher 13 à laquelle on montait par trois degrés cl que précédait un procœïon 12. f)i' cette chambre, on descendait par trois autres degrés dans la chambre Ifi, qui avait au.ssi son promion 15. Uansle corridor IG SC trouve rentrée d'une pièce 17 contenant un petit moulin, deux pieds do table, un fourneau et un four autrefois surmonté d'une image du même genre que celle ([ui existait au même lieu dans lu boulangerie de la maison de Pansa; dans l’avant-four .sont trois' tuyaux de terre cuite pour l’évaporation de la fumée. A côté du fournil est une chambre d'e.sclave 18 près de la porte de laquelle, sous le portique, se trouve un grand vase do terre rouge, un dolium, qui avait été raccommodé avec de fortes agrafes de métal. Enfin, à l’extrémité du porti(|uc, .«e trouvent deux petites pièces 19 et 20 dont la première contint probablement une pre.sse, tandis que la seconde était lu loge du portier préposé à lu garde de la seconde entrée de la maison, du imlicuin 21. I.a partie ouest de lu cour adossile à la rue des Foulons, est occupée presque entièrement par quatre grands bas.sins carrés 22 con.struits en maçonnerie, plaa's il des niveaux différents afin que l’eau pûlpa.sscr successivement de l’un dans l’autre; leur profondeur varie de l”, 15 à ü"',50. On montait au bas-sin le plus élevé par un escalier au pied du([uel est un cinquième bassin carré 23 enfoncé dans le .sol. Au devant des bassins 22 règne une large et longue banquette de pierre, à l’extrémité gauche de laquelle est un petit bas.sin ovale en marlire, tandis qu’ii l’autre bout existent un vase de terre encastré dans la maçonnerie, et s<‘pl ba.ssins plus petits, ou plutôt des espèces de cases 2/i dont le fond est légèrement creusé et dans lesf|uelles les étoffes étaient probablement empilées pour être foulées aux pieds comme nous l’avons vu dans la peinture du pilier voisin de la fontaine; peul-ctrc aussi ces cases .servaient-elles de dépôt pour les différentes matières néce.s.sâires îi la Ic'iii-

POMPKIA.

tiire. Les anciens semblent avoir teint et nettoyé leurs étolTes avec un grand soin, et s'être servis de soufre et autres ingrédients tels que la terre grasse dite à foulnii, et la chaux dont on a trouvé ici une jarre pleine. Sous le portique septentrional est une pièce voûtée 25 oii existent encore les restes d’une baignoire ou d’une cuve, puis une chambre à coucher 20 pavée en mo.saïque et précédée d’un procœlon 27.

A côté de celui-ci, et près d’un petit réduit 28 qui dut servir de re.sserre ou de bureau pour un caissier, est l’entrée d’une petite maison qui semble avoir servi d'appendice à l'habitation du propriétaire de l’établissement. Celle-ci qui a une entrée particulière 29 .sur la rue de Mercure, se compose de deux pièces .80 et SI dont la seconde contient un escalier, d’un (ilriiim a I) c tl soutenu jiar six colonnes avec un compluvium présentant à l’une de ses extrémités un puteal de terre cuite, et ?i l’autre une base carrée de marbre blanc.

ühisox DK LA f.nAXDK FONTAIXE DK MOSAÎQI H, X" 36. ( I’L. 41.) CcttC

mai.son, contiguë à celle (|ue nous venons de décrire, a été découverte en 1820. .Son atrium to.scan n’a pas moins de 1G‘",25 sur 13”‘,10. Au fond, entre les.deux ailes, est le Uihlinum qui était orné de gracieuses peintures représentant des cerfs qui tirent un char, des Amours qui combattent des animaux ou qui Iraient une chèvre. Le pavé, en mo.saïque blanche encadrée d’une belle grecque noire, est bien conservé. Dans l’exèdre, à coté du tablinum, est une peinture représentant une Répétition théâtrale, et dont la composition a beaucoup d’analogie avec celle de la fameuse mosaï(|ue de la mai.son du poêle; M. Bonnucci croit y reconnaître une scène du Miles de Plaute ; cette peinture est presque entièrement cITacée.

Derrière le tablinum règne une galerie qui ouvre sur un xystc dont la muraille est divi.sée en iianneaux décorés de peintures représentant des bosquets, ainsi que nous l'avons vu à la maison de .Sallustc. Au centre de cette muraille et faisant face au tablinum est la fontaine qui a donné le nom à la maison; c’est une grande niche surmontée d’un fronton cl ornée de mosaïques en émaux de diverses couleurs parmi lesquelles le bleu domine. J.es grandes divisions et les bordures sont formées de coquillages que le temps ni l’éruption n’oiBt pu détruire ou calciner. Aux pieds-di'oils sont adossés deux grands masques creux en marbre blanc, derrière lesquels on plaçait des lampes dont la lumière, passant au travers des yeux et de la bouche, devait produire un effet bizarre. L’un de ces

MAISONS ET BOUTIQUES

masque.s avait les cheveux et la barbe teints en rouge. \u fond de la niche, au-de.ssousd’une tète do Fleuve en nio.saïque, est une ouverture rectangugulaire en bronze, large de ()"',i0 et haute de 0'",0ft, d’où l’euu s’écoulait par six i)otits degrés dans un grand bassin également de marbre,' au milieu diKjuel est une petite colonne creu.se d’où s’élançait un jet d’eau.. •

PunUin» do

En sortant de cette maison, on voit peinte sur sa façade, en grandes lettres rouges, une inscription ((ui paraît se rapporter au magistrat dont la statue décorait le théAtre :

.M. ItOLCONI PRISeVM II V I R. I. D.

VM

rOMARI H EL VIO V

VNIVERSI ESTAtr. ROCANT.

tt Tons les marchands de fniils vi Helvius Vcslalis invoqnonl M. Holconins Priscus, duum vir chargô de rendre la justice. »

Maiso.n de la petite FONTAINE DE MOSAÏQI E , V 3o. (Pl. l\'2). Sa découverte date de 1827. Outre .son entrée principale, elle avait également sur la rue de Mercure une seconde porte par laquelle on pouvait arriver à la partie reculée de l’habitation en passant par un petit n/rn/m, où se trouve l’entrée de deux petites chambres d’hôtes trés-.simplement décorée.s, placées au.x côtés du prolhyrum, un laraire qui n’est qu’une petite niche creusée dans le mur, et la porte d’une assez grande pièce que ses peintures représentant des poissons, des Innyonsles, des poulets, un snnylior et autres

POMPE IA

comc.stiblos, semblent désigner comme ayant été un triclinium. A côté de cette pièce sont une porte donnant dans \'ala de Vatrium principal, une petite chambre d’esclave, le corridor conduisant aux communs, enfin un |)(‘tit lablinum dans lequel on reconnaît encore des masques scéniques ^ (|uatrc petits Amours, et les têtes de deux bacchantes.

\u milieu du grand atrium de l’habitation principale et sur le bord du compluvium se trouvent les embouchures de deux citernes, et on voit encore les tuyaux par le.'^quels l’une d’elles recevait le trop-plein de la fontaine. Au fond de Vatrium e.st un petit tablinum pavé en mo.sfiïque, ayant h droite une seconde ala séparée de la première par une chambre è coucher Cette seconde ala e.st décorée de peintures présentant plusieurs figures de femmes et des Amours sur fond blanc. A gauche du tablinum est le corridor conduisant au jardin.

C’e.«^t au fond de ce xyste que se trouve une fontaine en forme de niche, ornée de mosaïques et de coquillages; elle est plus petite que celle que nous avons trouvée dans la maison voisine, mais elle était décorée de deux chefs-d'œuvre inestimables (jui .sont aujourd’hui au nombre des ornements les plus précieux du musée de Nnple.s. Ce sont deux petites statues de bronze appartenant h l’art grec et représentant, l’une un génie ailé tenant une oie qui jetait l’eau par son bec, l’autre un pêcheur assis sur un 'rocher^ contre lequel était appuyé un ma.sque tragique dont rien ne paraît avoir motivé la présence, si ce n’est le besoin de lui faire aussi jeter de l’eau dans le bassin de la fontaine. Le génie ailé était placé sur une petite colonne au milieu du bassin, et le pécheur sur le bord; le premier a été remplacé h Pompéi par une copie. La muraille contre laquelle est appuyée la foiitainc est ornée de grands paysages dont le plus curieux est la vue d’un port placé à l’embouchure d’une rivière Un grand nombre d’objets intércs.sants ont été recueillis dans cette habitation ; les principaux sont diverses monnaies impériales en or, deux grands bracelets de même métal, un superbe candélabre nîpré.sentant un arbre contre lequel s’appuie un Silène ivre tenant .sous le bras son outre à moitié vidée \ un autre candé-

* On rfiiuaiquPM qu’ici, i>ar iinft ilis|io.<iition tr<‘S-8ingulK?re, lc.s doux alœ, au linu de se faire face, SC trouvent du même côté de Valrium : il est vrai que la première n’est guère qu’une sorte de

■ pas-^age réunissant les deux atrium.

* Herc. et Püup. VI, pl. 8i».

=» 1.1. III, pi. 28.

* Id. VU. pl. 28. . ' , • ■ ‘ •

MAISONS ET BOUTIQUES. 251

labre surmonté (rim sphinx, une baignoire dans laquelle on trouva une éponge, un strigille, des bouteilles, des ta.SvScs en verre, un petit chaudron avec son fourneau, etc.

C’est au coin de cette maison qu’existe la fontaine (Pl. (i^) dont le i ■ cippe porte une tète de Mercure qui a donné le nom la rue.

De l’autre côté de la ruelle de Mercure se trouve la

* Boutique DU darfumkur, n“32. (Pu. h(\.) Sur les piliers qui décoraient l’entrée de cette boutique étaient deux trés-curieuses peintures qui malheureusement n’existent plus. L’une représentait un sacrificaleHr condiiisanl un taureau à l' autel; l’autre, quatre hommes portant une caisse énorme autour de laquelle étaient pendus quelques vases. Au-des.sus, plusieurs per- . sonnages étaient occupés à parfumer un cadavre qui ajlait être brûlé. Ces

deux enseignes indiquaient, selon toute apparence, un mycopolium., une boutique où se vendaient les aromates employés dans les sacrifices et dans les funérailles.

■ A coté de cette boutique est une maison h l’entrée de laquelle on voit

peint à gauche sur lui pilier Mercure avec tous ses attributs; à ses pieds est un globe autour duquel se rcplie un serpent. .Sur le pilier de droite est représentée une' corne d'abondance. D’autres peintures ornaient cette I maison, mais elles ont disparu.

Maison d’Ado.ms nuEssii [Adone ferito)., V 2ri. (Pu. 45.) Cette maison, découverte en doit son nom à une belle peinture qui décore la

muraille de son xyste, et qui représente Adonis expirant dans les bras de Vénus. Plusieurs Amours assistent 5 cette scène de douleur : l’un essuie scs larmes avec sa main; un autre tient un flambeau renversé; un troisième soutient le bras du blessé, dont un autre Amour bande la bles.sure, tandis qu’un dernier exprime dans un bassin d’or une éponge qui a servi h la laver. Cette peinture, de proportion colossale, est une des plus importantes qui soient sorties des ruines de Pompéi. Aux côtés de cette compo.sition , en avant de deux colonnes feintes, sont des groupes égahîment peints, Marsyns et Olympe et Achille et Chiron^. Dans un grand panneau h droite est représenté un enfant endormi sur lé bord d’un bassin dans un bocage peuplé d’innombrables oiseaux. A gauche du péristyle c.st

^ ' Crs (It’iiJC snjct.s, plans *'>mlfiinont on i*cnilants, ont «tô tmnvf's «laiis les foniIl(*s «le Hesina en

Mkhc. et l’nvi*.. II, Sel V

l’OMPEIA.

un tablinnm, dans lequel se trouve une magnifique peinture représentant la loilelte d' Hermaphrodite , à laquelle assiste un homme barbu que sa longue robe semble di’vsigncr comme un philosophe dont la présence est assez diflit'ile à expliquer. Une autre figure nue fort effacée, peinte au fond de la im'mie pièce, .<a;mble représenter aussi un Hermaphrodite. Knfm , dans une petite pièce voisine de celle-ci, on voit un Faune et une Symphe.

Sur le mur (]ui sépare cette maison de l'habitation voisine sont plusieurs inscriptions; deux seulement peuvent être déchiffrées, et encore la première est-elle incomplète :

CASELLIVM AEI)

et N***.., . mi'oqtif C'LSfllius éilüe. «

SAMELI.IVM AED.

FAÏUVS ROOAT fl F.iltiiis invoque SfimeUtus »

'.Maisox iflxtciirs kt Io, x" - 2t. (l’i.. /|0.) Découverle en 1S29, elle doit son nom à fune des |)eintures qui y ont été trouvées. Un tête de son cnmpluvinm e.st une belle table de marbre blanc dont les pieds se terminent par des grilliîs. Le péristyle était .soutenu par des colonnes de tuf d’un style très-sévère. •

Maison OKi.i/AncENrEniA , N" 23. (l’i.. /|7. ) Cette maison doit son nom h un riche dépôt de vases d’argent qui y fut découvert. Elle avait deux entrées ouvrant chacune sur un atrium différent; le plus petit de ceux-ci était préciidé d’un prolhyrum très-large, dont le fronti,spice à l’intérieur était porté par deux colonnes corinthiennes. Quatre colonnes semblables soutenaient le portique de Valrium. Celui-ci donnait entrée à une petite pièce voûtée contenant un puits et un amas assez considérable de chaux réduite en poudre très-fine, ainsi qu’à un corridor voûté conduisant au péristyle et à un e.scalier montant au premier étage. Deux portes réuni.s.saient cet atrium à ïatrium principal; celui-ci était toscan; son portique était garni de chéneaux en terre cuite ornés de têtes de lion se détachant sur un fond jaune avec des Amours et des volutes en blanc; plusieurs fragments ont été retrouvés. Dans le tablinum, dont le pavé en mo.saîquc est défoncé, sont peintes deux femmes ailées tenant, rime un préféricule et un plateau, et l'autre une cas.sette. Le péristyle est vaste et élevé; il entoure de trois côtés un xyste au fond duquel est un grand laraire, et dont le centre est occupé par un grand ba.ssin de Ir de long sur

MAISONS KT BOUTIQUKS.

ÎSJ

1”,20 dp largo. Dans doux piopos ouvrant sur lo péristyle so trouvent encore qucl([ups peintures, un cerf poursuii'i par un lion, et quatre médaillons contenant deiLX tètes d'hommes et deux tètes de femmes.

Maison d’Ai’OU.on , n” 20. (Pi,. f| 8 .) Cette maison doit son nom aux nombreuses peintures iju’on y a trouvées rciirésentant Apollon , et surtout à une charmante .statuette de bronze d’Apollon Hermaphrodite jouant d’une lyre ijui conserve encore quehiue.s-uncs de .ses cordes d’argent *. On entre d’abord dans un atrium to.scan n’ayant point de chambres .A g, •niche; c’est sur la muraille de ce côté qu’existe encore une ligure d'Apollon, la tète radiée, et tenant dans la main droite un fouet, dans la gauche la boule du monde. Au côté droit de ['atrium sont deux pièces exhâu.s.sées de deux degrés, où se trouvent quelques restes de peintures. I.’entrée du lahlinum .e.st flanquée de deux piédestaux qui portaient des bustes; cette pièce était ornée de charmantes peintures, dont l’une représente Vénus, et l’autre Adonis. Sur les auti'Ps pannea®’<piatre médaillons offrent des tètes de femmes accompagnées chacune d’un Amour. Franchissant le tablinum, dont le fond est entièrement ouvert , on se trouve dans mie cour qui ne parait pas avoir eu de portiques et dans laquelle est une singulière fontaine de marbre blanc : c’est une espèce de petite pyraniide du centre de laipielle partait un jet d’eau qui retombait sur quatre petites cascades de marbre, et do là dans plusieurs bassins contenus les uns dans les autres, et de la forme la plus bizarre et la plus inexplicable. La muraille à laquelle est adossée la fontaine est entièrement peinte ; au mrlieu d’un cadre de festons bachiques est une figure de Diane debout sur un piéde.slal ail milieu d'un bassin où nagent des canards; le bassin est dans un bocage peuplé de nombreux oiseaux ; on y reconnaît des paons, des grues, un ibis, des poules, des perdrix, des cailles, des chouettes, etc. Dans cette cour .«e trouve à droite une sorte d'ala communiquant avec le xyste, et sur laquelle ouvrent (piatre petites chambres dont une était |iavée de beaux marbres, un vestibule contenant un escalier, et une cuisine qui a son fourneau, 11011 éviiT, un petit laraire avec fa peinture ordinaire des serpents et du prêtre faisant la libation , et en avant le petit autel de pierre consacré à Fornax. Fnfm , au fond de la cour e.st un exèdre avec un seuil d’albAtre oriental, d’une blancheur et il’ une transparence merveilleuse , et un pavé formé!-

* IIrbc. fl Pour. VI, (il. 3-i.

l’OMPEl A.

i.’il

d'un asscnil)lage dos niarbros los plus procioiix. Au contre est une petite table de marbre blanc portée ])ar un pied cannelé; les peintures sont toutes détruites. Traversant l'n/n dont nous avons parlé, on trouve un xyste entouré de trois côtés d’une terrasse de 1”,20 de hauteur. Sur cette terrasse ouvre h gauche un cabinet dont le pavé est composé do superbes rosaces de porphyre et de seqientin se détachant sur un fond de jaune antique. Les murailles de la terrasse étaient couvertes de peintures peu soignées représentant des arbustes, des oiseaux, et plusieurs figures qui semblent être des esclaves apportant des plats. Au fond du xyste, ù l’angle droit, était un portique soutenu par deux piliers carrés; à l’angle opposé est une belle chambre à coucher à deux alcôves, exemple presque unique à Pompéi. .Sur sa muraille extérieure, une peinture grossière repré- .sentc une, Bacrimiialc , et en retour est une assez belle mosaïque, Achille à Sftjrox reconnu par Ulysse y Déidamie, qui assiste à la scène, paraît effrayée. Parmi los armes oITertes par Ulysse est un bouclier sur lequel est retracée Véiluralion d' Achille. L'intérieur, très-richement décoré, présente au milieu d’élégantes architectures plusieurs esclaves et de charmantes figures do divinités parmi Icscpielles on reconnaît encore Apidlon jouant de la lyre. Au-dessus des peintures e.st une sorte de frise sans ornements que recouvrait une draperie dont les re.stos étaient carbonisi's et que surmontait une corniche de .stuc. Les murs de la chambre étaient doubles, pour mieux préserver de l’humidité.

On descend par trois degrés dans la partie inférieure du xyste; au centre est un Iwssin rond de marbre inscrit dans une petite enceinte carrée qui était entourée d’un garde-fou soutenu par quatre piliers de marbre, encastrés dans quatre dés qui existent encore. Enfin, au fond du xyste était un grand Iricliniurn d’été pavé en mosaïque , dont le toit à deux ver.sants était soutenu par six colonnes ayant leur premier tiers revêtu de marbre, et la partie supérieure de mosaupies en émaux colorés accompagnés de coquillages. Trois niches, également revêtues de mosaï([ues, occupent le fond et continrent sans doute des .statues. Parmi les objets trouvés dans cette maison, citons une biche de bronze avec son faon , la statuette de marbre d’un enfant endormi tenant un panier qu’une souris vient mettre h contribution un tableau représentant

’ IIkh»:. et Powt-. IIÎ. pl. 95. Otle nmsaïqne y est par erreur dérrite comme nne pi*inliire.

’ M, \ III. pl. atî-

MAISONS KT BOÜTIüL'ES.

la Paix, suspendu à un clou, et qui avait éli^ détadié d’une autre muraille, peut-être après le tremblement de terre de 0;i, k>s fragments d’un biselUum de bronze avec des méandres d’argent, enliii une cassette de bronze avec des instruments de ebirurgie et des médicaments.

Au coin de la rue de Mercure et près des remparts est la

*M usoN i)L Dic d’Acmu.e, N' 10. (Pi.. AD.) Ainsi nomnute parce qu’elle fut fouillée en présence de ce prince en 18ft3. Elle occupe une grande ■surface, mais parait avoir été peu décorée; elle n’oITre. de remarquable qu’un bloc de pierre placé dans rii/niiin et creusi'' pour recevoir un pressoir.

Maison mi MÉLÉAnnE, n” l'i. (Pc. 50. ) Cette maison , découverte en 1829, est remarquable par la dispo.sition cxceplioimcllc do son péristyle qui , au lieu de se trouver derrière le (abliiitim et dans l’axe de Valriiim , c.sl placé A la gauche de celui-ci avec lequel il communique par une large baie que fermaient des jiortes quadrivalves. Le firoihijnim, large de 1“,70 et iirofond de 5'", 25, pré.sente au milieu d’arabesques sur fond rouge (|uatrc <lanseases, et deux tableaux médiocres dont l’im représentant Mélcagrr cl AtaianJe nuprh de la ilàjwuitle du sanglier de Calijdoii * a donné le nom à la mai.son; l’autre. Mercure donnnni une bourse à la Fortune-, est une ingénieuse allégorie du commerce source de la richesse. L’atrium est toscan; sur ses murailles étaient deux belles peintures, aujourd’hui au Musi'e, repré.senlant la Toilette de Paris et d’Hélène, et Thétis recevant de Yuleain les armes d'Achille. Au centre est un .superbe compluvium de marbre blanc en tête duquel se trouvent un piédestal de cipollino, d’où l’eau jaillissait d’un masque de bronze dont les restaurations ont fait disparaître la trace, et une magninque table de marbre blanc soutenue par des grilîons, entre lescpiels sont sailptécs A l’extérieur des cmrnes d’abondance, et A l’intérieur de petites têtes d’ Amours. .Sous cette table est une espèce de petite cave de marbre de de profondeur,

0"',47 de largeur et 0'",(«5 de longueur, séparée en deux par une dalle verticale, et que recouvrait une autre dalle aujourd’hui détruite; elle était .«ans doute destinée A mettre rafraîchir les bois.«on.s. A lu droite du prothgrum sc trouve une grande salle éclairée par deux fenêtres et peu ornée, dans laquelle est le commencement d’un escalier.

> He«c. Pi Vo*p. IM, pt. 10Î.

* M. III, pt. ri'llt* (tointnrp Meymrppt CifMe.

srjo

Page 1