‹ Pompeia decrite et dessineeChapitre 49 sur 61 · PO M PRIA · texte numérisé non relu

PO M PRIA

J,i' c(M<; droit do ro/ri/nn présente trois chambres à couelier où se trouvent encore quelques restes de peintures; les sujets les mieux conservés ont été portés au must'e : ce sont le Sacripce d'un satyre et d'une bacchante à Vriape; Mercure présentant à Apollon la lyre qu'il vient d'inventer, et le Itcpas des deux amants. Au fond de l’atrium est le tablinuin qui n'a que h'" sur A", 05 ; il est pavé en opus siyninum ; des' peintures qui le décoraient, il ne reste que des Divinités marines sur des dauphins ou des hippocampes, et une pyure ailée tenant un plateau; deux grandes compositions d'un très-beau style et d’une parfaite conservation. Mars et l'énus et Inachus et lo ont été enlevées pour le musée. Au fond du tablinum est un renfoncement qni dut contenir une armoire, et h la droite une bibliotbéque de 1“.. 55 sur 4'“, 35 simplement décorée et pavée en opus siyninum ; enfin A gauche du tahlinmn est l’entrée d’un long corridor sous lequel on trouve à droite la porte d’une chambre basse voûtée, ornée de stucs, et qu’une alcôve désigne comme ayant été une chambre A coucher d’été, cubiculum æstivum. Kn face de la porte de cette chambre est une entrée sur le péristyle. Kn continuant de parcourir le corridor, on trouve A droite un escalier et ou fond des communs trés étendus. Enfin il existe encore dans rrdn'nm, à gauche du prothyrum, une jolie chambre pavée en mosaïque noire encadrée de filets blancs, ouvrant sur le péristyle par une porto et une fenêtre. Les murailles oITraient sur fond bleu des génies, et deux tableaux aujourd’hui nu inust''e. Le péristyle est le plus magnifique qui soit .sorti des fouilles de Pompéi, tant par son étendue que par la richesse de son architecture ; il n’a pas moins de S'i"', 80 .sur 1 8", 70. Le portique qui l’entoure large de 3", 80 était soutenu par 24 Colonnes .surmontées de chapiteaux de fantaisie, et nu pied des([uelles régnait un large et profond caniveau dont les eaux se réuni.ssaicnt dans une citerne où l’on puisait par plusieurs ouvertures; un seul putenl en tuf gro.s.sier est encore en place. Les murailles étaient oniées de nombreuses peintures; 1a plus importante et la mieux conservée, aujourd'hui ou nuisiV, pré.sentc trois figures de femmes dans lesquelles on croit voir les trois parties du monde connues des nnriens*. Parmi celles qui sont restées en place, on reronnaît Apollon, Narcisse, Venus et l'.Unour et une Symphe couchée. Au centre de Varea e.4 un très-grand bassin d’une forme analogue A celui du jardin de la

' Hun. ol III, |il. I»4.

J . MAISONS^ET BOÜTIQÜES. ÎBT

villa (la Diomwlo; se^ parois en stuc étaient pointes eu bleu; sa profondeur est de 1“,20; ou centre est une eolonne creuse qui dut porter nue vasque et qji jet d’eau; enfin, du côté qui fait face fl J’exèdre est une petite cascade de marbre blanc composée de sejit gradins, en haut desrjuels on voit encore le Itiyau de bronxe (jui y amenait l’eau. Dans l’angle de l’nrca est déposée une 'énorme jarre de terre cuite (|ui contenait encore de la chaux. Au fond du péri.style est un rare oxomple d’un œvus corinthien, c'est-à-dire entouré de trois côtés de colonnes isolées. Celles-ci, nu nombre de douze, .sont peintes en jaune, tandis que celles du péristyle sont rouges et blanches. L'œam, pavé en mo.saïquo blanche et large de 5",85 sur 6", 40, avait ses murailles ornées de peintures en camaïeu jaune représentant plusieurs rf<m.\ci(.«cx, Vénus et Ailonis, et un jrune homme offrant - à une baerluinle e/fraifce un serpent entortillé autour d’un bâton recourbé, d’un sujet encore inexpliqué et qui est emprunté à quoique trait

mythologique resté inconnu aux modernes

' 1a! soubassement en camaïeu rouge offre dos petites figures de Faunes, : des i>uj/sa(/es et des animuuT fanlasliriues. A droite de l’cccitf est une petite pièce .sans ornements ; à gauche en est une plus vaste dont au contraire la , décoration était d’une grande richcs.?e. Le pavé est une jolie mosaïque blanche et noire ; le soubassement des murailles présente sur fond noir plusieurs (/lï’inifé.v marines couchées sur des monstres; au-dc.ssus sur fond bleu .sont plusieims figures isolées, dont un hermaphrodite. Le sujet principal qui occupait le fond'de la pièce est presque entièrement détruit.

A gauche de celte pièce est un vaste triclinium dë 10'”, 80 sur .5'“,20. Ixs soubassement offre sur fond noir de charmantes figures assises au milieu d'iris. Au fond de la salle, une peinture assez médiocre représentant le Jugement de Paris est placée au-dc.s.sus d’une grande Chimère qui semble ' jouer avec un cor de chasse. Dans une autre peinture nous voyons Achille retiré dans sa tefdejioUicilé par les chefs grecs. '

Enfin, à côté du triclinium était une assi'z jolie chambre à coucher décorée d’arabeseptes sur fond rougo. On a trouvé dans cette habitation quatorze vases d’argent dont iilusieurs d’un poids considérable.

Quatre de ces va.ses, en forme de calices à dcu,x anses, enrichis de basreliefs et de dorures, paraissent avoir eu une destination sacrée; les autres

' Htuc. et Poo. lU, p/. IM. -,

Î5» l’OMI’K^V.

sont dos roupos. di; polils vases cannelés, une passoire, un petit s<!üu a anse, etc.

La maison contigiii; est mmiiiHie la

Maisox ne ckmaciik, a" li. (l’i.. 51.) L’habitation dt'SÎKnée sons ce nom fut découverte en 1S2!MS50; elle .se compose de deux maisons distinctes, mais réunies entre elles. Après avoir franchi le prntlii/nim de la plus petite, on trouve un atrium to.scan, dans le mur duquel étaient b droite deux portos de communicaüon avec la maiîon voisine; Tune d'elles avait été murée dès l’antifiuité. A droite du prollii/nim est une chambre à coucher ornée de deux corniclies en stuc, séparées par des refends |>eints è l’imitation de marbre; le pavé e.st un opiis siyiiiiiiim, incrusté de petits cubes de marbre blanc régulièrement dispo.s(>s. L’alçéve, ])avéc de la même nvanière, est exhau.ssée de (V",'20. A côté est un petit cabinet voûté qui fut .sans doute une garde-robe. Près de 1è était un colTrc-fort oi’i on trouva treize cuillers d’argent, six petites et sept plus grandes, dont plusieurs avaient pour manche un pied de chèvre. De l’autre côté du prolhxjnwi est une grande chambre également ornée de stucs, (|ui présente sur st's panneaux, alternativement rouges et jaunes, des wiimaii.r fantaxlifiups, des a/fpifs, UH rhur trahir par lirs liounrs et uiir frmmr nur ilrbout sur un piriirsial. Ces deux chambres avaient de petites fenêtres sur la me. Le côté gauche de Vnlriiim est occu|M! par de petites chambres dans l’une de.squelles est l'estrade pour le lit. Au fond, è la gauche du lablinum, est une grande pièce très-.sim])lenient décorée, qu'un renfoncement carré qui dut servir d’armoire désigne comme un arrliiviuni, et à dn»itc est le corridor qui, ainsi que le lablinum, communiquait nu péristyle. Celui-ci avait un portique très-étroit .soutenu par huit colonnes, réunies par un pluirus ou mur d’appui creusi' pour recevoir des Heurs. A gauche est une petite chambre à coucher, puis dans une espèce d’a/n un escalier et rentrée des communs qui avaient une .sortie .sur la rue du l'aune. Au fond du |K>rislyle est rceca.ï, où des restes de peinture re|)résentent une frmmr roiffrr rriin diadrmr aupr'rs ilr laiptrilr un jrune hnmmr rsl introduit jmr un rsriarr qui, par son f/rsir, parait lui rrrommandrr la disrnHion.

Le prolhyrum de la dmixième maison avait à sa gauche une .salle d’attente ouvrant aussi sur la rue, autrefois ornée de peintures dont il ne reste (pi’une riyoynr sr promrnnnl au miliru drs rosrau.r. L'alrium S(>niblerait philôt devoir l'-tre ap|>elé un second péristyle, car les pièces ipii

MAISONS ET BOüTIOÜES. " ?;,<»

rentourenl paraissent avoir été toutes consacrées à Phahitation des maîtres; il est soutenu par seize colonnes dont les chapiteaux étaient coloriés. A sa droite est un petit jardin entouré de portiques de deux cotés, et dans Pangle duquel est une citerne. De ce jardin part un petit corridor voûté qui descendait aux pièces souterraines. Du meme côté de Valrium est une enceinte de l’",50 sur 2“’, 00, dont le devant est fermé par un mur d’appui de 0’",00, sur lequel on voit encore les traces d’une grille de fer. Il serait bien ditTicile de lui assigner une destination certaine; était-ce un bain, un lieu pour mettre des fleurs ou quelque animal? C’est ce que je n’oserais décider. 11 existe dans Pompéi quelques autres exemples de cette disposition. L’exèdre placée au fond du péristyle était pavée en mosaïque noire, dans laquelle sont incrustés des morceaux de marbres variés de forme et de couleurs. Scs murailles présentaient de très-belles peintures aujourd’hui au musée J Déjanire sur un char se tournant vers Alcide et lui présentant son fils Ilus^ pendant (pie Sessus à genoux lui offre de la porter de l’autre côté du fleuve Évène et Méléagre et Atalante avec te sanglier de Calydon étendu mort à leurs pieds. Au-dessus est une frise où l’on reconnaît encore des danses bachiques.' Au fond de l’cxèdrc est une large baie avec un appui de marbre ouvrant sur le xyslc, et accompagnée de deux niches carrées dont l’intérieur était peint en bleu.

A la gauche de l’exèdre est un triclinium dont le pavé, maintenant enfoncé, offrait au milieu une superbe mosaïque de forme circulaire, de 2"', 30 de diamètre, représentant un lion enchaîné par des Amours^. Cette mosiuque, portée au musée, fut découverte en 1829, en présence du roi et de la reine de .Sardaigne. Le sol du xyste au milieu duquel était une table de marbre et une petite statue d’Apollon servant de fontaine, reposait sur les voûtes écroulées de salles souterraines entièrement ruinées aujourd’hui, et qui servaient de caves ou d’habitations d’esclaves.

On a trouvé dans cette maison un buste' de Tibère jeune en bronze, deux petites boîtes contenant des pilules, un bas-relief ayant servi d’ornement è un meuble et représentant un triton et une .siVèac, un beau trépied, une romaine ayant pour poids un Mercure, de superbes candélabres, deux Hermès de Bacchus barbu dont un de rouge anli(jue, une statuette d’Herculc coilVée du bonnet phrygien, tenant un petit chien dans .ses

> Herc. f‘l PoMP. Il, pt. 73, * M. V. pl. 3» inns,iïrpi«*s.

POMPEIA

bras, un aiuioausur lequel est' grave le mol avk, eiilin plusieurs vases de verre et de terre cuite.

Maison de Castou et Pou.iix, (Pr,. 52.) Cette belle habitation (rue de Mercure, ii“ lO et il) fut découverte de 1828 à 1829; elle se compose de deux maisons distinctes, séparées par un péristyle qui paraît avoir été commun. La façade sur la rue de Mercure est décorée de refends rouges et blancs séparés par de jolies moulures en stuc; on y trouva sur un des piliers un Mercure tenant une bourse, dont la présence, jointe h celle du coffre-fort dont nous parlerons plus tard, fit substituer le nom de Maison du Questeur à ceux des Dioscures ou de Castor et Pollux, qui avaient d’abord été adoptés; c’est le dernier qui a prévalu. On lisait aussi sur la façade quelques inscriptions aujourd’hui effacées, mais dont ]>lusieurs ont été publiées ; en voici quelques-unes :

AVLVJI VETTIVM Ein.MVM AEBILEM V I H V .M .

BONVM OKAT VT FAVEAT FELIX C V P 1 T.

« Féiix désire et prie que Aulus Vettius Firmus, homme verlueur ^ le favorise. »

MARGVM HOLGONIVM PRISCVU AEDILEM DIGNVM REÏPVULLCAE KVSCVS orat.

« Fuscus supplie Marcus Holconius Priscus édile digne de Us république. »

' ■- CAESEI.I.IVM ERASTVS CVPIT AED.

a Erasle délire que CasellUts soit édile. »

La première habitation (n° 10) est la plus modeste ; on y entre par un pro-

thyrum 1 large de 1'",75 et profond de .8*. 75. Après l’avoir franchi, on se

MAISONS ET BODTIQEES. 261

trouve dans un atrium toscan A A A A de 10“ sur 8", 20, ayant au centre un rompliivitm de pierre B. A la droite du prolhijrum et ouvrant sur Y atrium est une cuisine 2 munie de son fourneau, au-dessus duquel se trouve dans l’angle la peinture ordinaire des deux serpents protégeant f autel de Foniax.

La cuisine est éclairée sur la rue par une petite fenêtre, ainsi qu’une espèce . d’oITicc 3 à la suite, dans lequel venaient s’écouler les eaux potagères, et où SC trouvait un escalier conduisant à une chambre placée au-dessus, , éclairée par trois espèces de meurtrières, et communiquant avec une autre pièce qui s’étendait au-dessus de la cuisine. A droite de Valrium sont trois chambres à coucher ft, G. La première stnile avait une petite fenêtre donnant sur la ruelle de Mercure ; elle était décorée de peintures fort simples avec une corniche en stuc. On y trouva un assez grand nombre d’objets, dont plusieurs grands vases de bronze avec des bas-reliefs incrustés d’argent, un vase à encens, acerra, trois patères, un candélabre à trois pieds, un strigilo, une balance, une petite hache en fer, etc. Les deux autres chambres étaient un peu plus élégantes. A gauche du prolhtjrum est une jolie petite chambre 7 destinée aux hôtes. Le côté gauche de rntrium ne présente qu’un mur percé d’une porte 8 ouvrant sur le péristyle. Au fond de Vatrium e.«t un petit tablinum G de 3'", 20 sur 3”, 10, pavé en opus signinum, et dont la décoration e.st presque entièrement détruite. A sa gauche est une petite pièce 0 que l’entaille pratiquée dans le mur pour le dossier du lit fait reconnaître pour une chambre h coucher.

A droite du tablimun, un large passage 10 donne accès b une grande pièce D qui fut évidemment un triclinium ouvrant sous un portique E E E qui entourait un petit jardin F de deux côtés seulement. A la gauche du porli(|ue se trouvent un cabinet 11 et trois petites chambres 12, 13 et 14.

■ Un passage 15 conduisait dans mi grand espace O qui, ouvrant par une ' large baie sur la rue du Faune, doit avoir été une cour servant de remise et contenant sans doute aus.si une écurie. Dans toute cette partie de l’habitation il n'existe aucune peinture ayant quelque importance, soit par son sujet, soit par sa conservation. Franchissant lu porte 8, on se trouve - '■ dans la partie qui était commune aux deux habitations. D’abord se pré- - " sente un grand péristyle 11 IJ K de 21” de long sur 12”, 50 de large. Le jwrtique est soutenu aux quatre angles par autant de piliers en équerre, h chacun desquels sont appliipiées deux demi-colonnes, et en outre des deux grands côtés II J et I K, [wr quatre colonnes dont les cannelures, remplies „

POMPEIA

et peintes en rouge jusqu'mi tiers de la hauteur, sont blanches dans les deux autres tiers, et surmontées do chapiteaux de fantaisie. Le portique a des trois côtés H J, J K, et Kl, une largeur de 2”, CO; du quatrième côté, devant l’cxèdre, cette largeur est de /j'". Le pavé est en mosaïque; les murs étaient décorés de riches peintures dont plusieurs sont encore con-

MéiniilTir <l« la Maison «tr Cattor H Pollna.

servées. I.a première qui se présente à droite en entrant par la porte 8 est un Aéros armé du bouclipr et de la lance,- un petit tableau représentant un perro(/uel, des ;)ïÿcons morts, des œufs et des fruits, le sépare d’une autre figure de Jiérns debout auprès d'un cheval, dans laquelle il est facile de reconnaître un des Dioscures qui avaient donné à la maison son premier nom •*.

Presque en face, sur le pilier qui soutient le portique au S.-E, est une jolie caricature bien conservée représentant un nain qui fait danser un sinyc *. Au côté gauche du tablinum, sous le portique, est un médaillon qui paraît repré-senter un pacte lisant des vers à une jeune femme. Au côté de la porte 22 qui communi(|ue avec 1a troisième partie de l’édifice, on trouve une î’énus céleste, vêtue d’une longue robe bleue couverte d’étoiles d’or, portant une couronne sur la tête et s’appuyant sur un sceptre et un gouvernail, près duquel un Amour .se tient debout sur iin piédestal *. De l’autre côté de la porte est une bacchante ‘, puis un petit tableau représentant dans le bas un pir/eon de grandeur naturelle tirant un épi d'une corbeille, et au-dessus deux petites antilopes couchées d’une pai'faite con- •servation. l'n Méléae/re partant pour la chasse est suivi d’un petit cadre con-

* Herc. et Poxp. III, pl. lis,

* la. V, pl. 36.

> W. IV, pl. M.

‘ M. IV, pl. 20i.

MAISONS ET BOUTIQUES

tt’iiaiit (Ifu.'t f, ouïes d'i iiu, et une /lerdrix rtmye morte « rêlé d'un panier de fiijiies. Sous le porlique J K, il ne reste parmi les sujets de figures qu’une femme porinni le doiyl ù la bouelie pour recommander le silence, mais on y voit encore plusieui's petites compositions repré.sentanl un cyyne, et au-dessus une corbeille de fruits el de cluimpigiwns, un pigeon et des vases à boire, et un porc blanc mort, qu'on est assez (‘tonné de voir repré.senlé dans ce pays, où ces animaux sont tous noirs'. En retournant veivi la porte 8 on trouve, après deux sarcelles vivantes pendues par les polies, le lieu oii existait le second Dioscure aujourd'imi au musée.

Dans l’areo, autour de lu(|uelle ivgne un caniveau de cimeni dont les eaux venaient se réunir dans le bassin dont je parlerai tout îi l’heure, sont un petit compluvium I. sans décoration aucune, cl en avant du lablinuin, le grand bassin M de '2'" de profondeur sur h“',t\0 de large et 3”', 50 de longueur, au centre duquel s’élève une colonne d’où sortait un jet d’eau du milieu d’un groupe de plantes aquatiques, de grcnouilU’s et de lézards, le tout S(’ulpté en marbre blanc. A 0"',75 de la surface existe un (;coulement pour le tro|>-plein. A l’angle N. -O. du péristyle est une petite pièce '23 pavée en mosaïque, voûtée, sans fenêtres et orrn'e d’arabcstpies sur fond noir el de jolies moulures en stuc blanc. Au fond de ce même |)éri.slyie est l’exèdre N, grande pièce de 10" sur 7", 30; cette salle ne conserve plus aucune trace des riches ornements qui durent la décorer, mais tout annonce (pie le .soubasst'mcnt était revêtu de plaques de marbre maintenues par des crampons de bronze dont quelques-uns ont encore été trouves en place. A la droite de l’exf'dre sont deux pièces IG et 17 qui durent être de.stinées à renfermer des archives cl une bibliothèque. Derrière l’exèdre, avec laquelle il communi(jue par deux portes, se trouve un corridor O I* dans lequel est une porte dérobée, un poslicum 18 ouvrant .sur la rue du l’aune; sur son seuil on trouva le .squelette d'une femme portant dans un .sac de toile cinq bagues en or, cinq pierres gi-a\é(!s, plusieurs monnaies en argent et en bronze, un petit llacon de cristal et doux pendants d’oreilles en forme de balances.

A l’extriimité du corridor O P exi.stent deu.x petites chambres l!)et 20 communiquant par un pas.sage '21 et ayant dû servir d'habitalinn b des e.sclaves.

> Oi) tronx'p il«‘S (RiirTi ru Cnliil'r*'

HOMPEIA.

Par la porte 22, oii entre dans Valritim Q R S T de la seconde habitation ; 011 y arrivait ('‘gaiement de la nie par un prothynim 24, long de S", 60 et large de 2"', décoré de peintures dont il ne reste qu’un Amour sur fond jaune et quelques plantes au-dessus desquelles voltige un oiseau. Sous le prothynim ouvre lalogc du portier 25. l'atrium a 11”, 15 sur 11",40; son portique large de 2“,80 dans tout son pourtour, excepté dans le reiifonceiiient rectangulaire en avant de la porte 22 où il ii’en a pas moins de cinq, était soutenu pur 12 colonnes dont la moitié inférieure pleine est peinte en rouge et qui entourent un compluvium U à gauche duquel se trouve un petit puteal 26 cannelé et en pierre calcaire. Les murailles de l'atrium étaient oniées de peintures dont il ne reste en place qu’un Héros et une Victoire dont le bouclier porte les lettres .S C. Plusieurs autres peintures ont été portées au musée. A la droite de l'atrium se trouvent deux cabinets 27 et 28 dont la décoration excessivement simple semble indiquer des chambres d’esclaves. A gauche du prothynim, une jolie chambre 29 élégamment ornée de peintures, prési-nte au milieu d’arabesques une ilansevse, un génie tenant une torche, et deux personnages, l’un appuyé sur un arc-, l’autre passantsoii carquois à ses épaules. La moitié de la surface de cette salle est occupée parmi massif élevé de 0"',11 sur lequel reposait le lit; une petite porte murée dès l’antiquité avait communiqué avec le cabinet 30 qui parait avoir été une latrinc. A côté de ce cabinet et h gauche de l’atrium est une grande chambre à coucher 31 qui n'a conservé de ses riches- peintures que quelques arabesques et les vestiges d’un tableau représentant ?iarcisse se mirant dans la fontaine. A la suite, se présentent deux chambres plus petites 32 et 33 dont la première n’a de remarquable que les deux entailles faites dans le mur pour placer les dossiers du lit ; la seconde a un pavé de mosaïque blanche très-bien conservé entouré d’une charmante grecque noire, verte, rouge, jaune et blanche; au soubassement étaient des plantes peintes sur fond noir. On tCouva dans cette chambre le squelette d’une femme. A la suite se présente l’o/a 34, è l’entrée de laquelle sont deux massifs de maçonnerie sur lesquels posaient deux coffres-forts de bois, doublés de cuivre, cerclés de fer et gm nis do leurs serrures et de nombreux ornements en bronze. Dans. une de ces caisses on trouva 45 monnaies d’or et 5 d’argent, et dans l’autre un petit buste de la l'ortune cl un bas-relief en bronze représentant un chien couché.

MAISONS ET BOUTIQUES. , Î65

Au fond de Valrium est un beau labliniim V de 5"', 30 sur /('“.SO entièrement ouvert 'et ayant dù être fermé par des rideaux, corlinœ; il est pavé en mosaïque blanche encadrée d’un filet noir. De scs nombreuses peintures, il ne reste que deux groupes de liarclianlns et de Faunes, et trois Muses, Thalie, Eulerpe et Melpomene *, quatre génies ailés, et Ganymhle enleré par l'aigle de Jupiter. Les peintures principales ont été portées au musée ; elles représentent \n Colère d’ÀehUle, Aehille reronnu par Ulysse, Ulysse mendiant secouru par Fumée, enfin deux groupes de Raechantes qu'l faisaient pendants aux premiers. A la droite du tablinum estime pièce qui ouvrait par une large fenêtre .sur le portique du xyste, et qui dut tenir, lieu de l’exèdrc qui n'existe pas ici h sa place ordinaire ; cette salle est pavée en mosaïque ; ses peintures ont malheureusement beaucoup souffert; on y reconnaît cependant encore de petits médaillons contenant des Amours dansant et jouant de divers instruments, Tliélis portant les armes d'Achille, et deux grandes compositions : Tune représmite Thétis plongeant Achille dans les eaux du Styx^, l’autre un personnage armé d’un sceptre, assis sur un trône et paraissant repousser des présents,

A gauche du tablinum est un corridor 35 oii se trouve un escalier .30 conduisant à l’étage supérieur, et la porte d'une jolie pièce 37 ornée de peintures et de stucs, et qui, ouvrant sur le xyste par une fenêtre à appui de martire, dut être un cabinet de repos et d’étude. Scs principales peintures étaient ?iarcisse qu’un Amour s’efforce de détourner de sa passion insensée et un Faune donnant une grappe de raisin d un enfant. Ces deux pi-'intures ont beaucoup souffert, mais il n’en c.st pas de même de celle qui fait face à la fenêtre; celle-ci a été conservée par les volets dont on l’a recouverte à cause de l'obscénité du sujet. Derrière le tablinum régnait une large galerie Ou pergula Y Z W .soutenue par sept colonnes d’ordre doriquctlans la partie inférieure desquelles on voit encore jusqu'à 1”,13 du sol les entailles qui reçurent une grille à hauteur d’appui dont exi.stcnt encore quelques restes; celle galerie entoure de deux côtés un xyste a fermé des deux autres par un mur partagé en panneaux par des colonnes engagées. Sous le portique, en face du corridor 35, se trouvent un puteal d et à côté une belle table de marbre e portée ])ar des consoles terminées par

* Heuc. et Poup, IV, pl. 114.

•Id. UI.pl. m.

PO M pi: IA.

des grifles; la t<ibletlc est ornée de deux petites tètes de lion. Sur le mur méridional se voient encore deux peintures : Tune fort grande représente une prétresse tenant d'une rnain une torche^ et de l'autre une patère; debout .‘«ur les marches d’un temple, elle paraît s’apprêter à faire des libations sur un autel (ju’un Hermès voisin désigne comme consacré au dieu de Lampsaque; sur le second plan est un homme tenant un panier et péchant ù la ligne L’autre peinture, plus petite et d’un meilleur style, représente Phèdre et llippohjte ou Jasan et lii/psijnjle Sur le mur du fond du xyste on trouve entre les demi-colonnes des peintures analogues ti celles que nous avons vues dans le jardin de Salluste, et un charmant petit laraip'. c. Enfin sur la muraille septentrionale, qui ne paraît pas avoir eu de peintures, on lit en lettres rouges de de hauteur le mot I*RO-

SALVE. A la même extrémité de la galerie Y Z est le triclinium 6, pièce de 8"', 70 sur 3"’, 00, (jui dut être éclairée par le haut; on y voit encore les restes de peintures représentant Hector reprochant à Paris sa mollesse, et Vénus auprès d' Adonis; le pavé était un opus siyninum dans lequel étaient encastrés des morceaux de marbre de différentes tonnes. Près de la porte du trielininm e.st l’entrée d’un petit vestibule 38 où se trouvent è droite un puits, -et au fond une chambre 39 a.ssez vaste, éclairée par une fenêtre donnant sur le xyste, et que précède un renfoncement AO qui dut contenir une armoire; dans le vestibule, en face du puits, est l’entrée d’une cuisine Al où existent encore une pierre d’évier, un fourneau, un escalier conduisant h l’étage supérieur, et dans l’angle les restes d’un petit laraire; enfin, à la suite de la cuisine est une pièce A2 pavée en bri- • (}ues do champ et sous lacpielle s’étend une cave. Parmi les objets trouvés dans cette maison, un des plus précieux est un suptu’be ex-voto de bronzer en forme de croissant, présentant au milieu l’aigle de Jupiter tenant la foudre, et aux extrémités les têtes de Minerve et de Junon.

Citons encore parmi les peintures qui décoraient cette belle habitation une Médée s'apprêtant à tuer ses enfants ^ , une Cerès ^ et quatre charmaiits Amours sur des chars traînés par des chèvres ou des biches

' Mkbc. ot PoMP. vin, ]il. 24.

* IJ. ni, 1)1. 100.

’ IJ. Il, pl. 103,

‘ Ibid. IV, ]) 1 . 50 .

' .Xkiis avons iPi)niJni( l’iiii pps jolis eroupos, pago 2i.

MAISONS ET BOUTIQUES. if.7

Suivant la ruelle de Mercure on trouve au coin de la rue du Faune la Maison di: LAByiUMiiB. {l’i.. 53). Cette maison, comme la plupart des grandes habitations de Pompai, avait un double atrium, rmi fort .«impie babillé par les esclaves , frt'upienli^, par les clients de second ordre et conduisant aux communs ; l’autre très-riebe ré.serv^ pour le maître et les personnes considérables. Tous deux avaient leur entrée sur la ruelle de Mercure, bien peu digne de cette splendide habitation. On entre dans la partie principale de la mai.son par un prolht/nim 1 aux C(Més duquel sont

ù droite une loge de portier 2, ù gauche une petite chambre 3. L'n/ni/m est tétrastylc et d'ordre corinthien. Au fond du romiiliii'iiiin est une table de marbre derrière laquelle est une citerne. La première pièce à droite 4 n’avait qu’une décoration très-simple; son pavage en opiix signimim et l’embouchure d'un évier qui s’y trouve semblerait indiquer une buanderie qui eût été ici placée assez singulièrement. A la suite vient une |)ctitc chambre à coucher 5 avec son estrade surélevée. En avant de cette chambre et sous le péristyle est encore un colfre-fort 6 rempli de lapillo, mais dont le bois et le fer sont assez bien conservés. Vient ensuite une ala 7 qui est répétée en face 8. En avant de cette seconde ala est la porte d’uin; grande pièce 9 ouverte dans toute sa largeur et à hauteur d'appui sur le péristyle, lin corridor 10 communiqin; avec le second atrium, • il en est de même de la chambre 1 1 qui quoique servant de passage fut une chambre à coucher ainsi que l’indique l'entaille qui e\i.«le dans In muraille |)our le dossier

POMPEIA

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du lit; dans cette chambre est une peinture médiocre, Paris, Uélhie et l'Aimmr. La chambre 12 n’oITre rien de remarquable. Au fond dcValrium est le labliiium lA ouvert par une large baie sur le péristyle et décoré de refends en stuc; il est pavé en mosaïque blanche avec une large grecque de couleur au seuil, et un carré du même genre au centre. A la droite du lablimim est le corridor H dont la partie .su[)éricure présente une petite fenêtre fermée par une plaque de terre cuite percée de six petites arcades ouvrant .sur le péristyle et ressemblant absolument .*i l’entrée d'un colombier.

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LiKarM* e«t

On a trouvé A Ponipéi une u.s.sez grande quantité de lucarnes de ce genre. A droite du corridor est ime chambre 1.5 qui put être une bibliothè((ue.

Le péristyle a b cd, large de 23°', 20, long de 26'”, 50, était entouré d'un porticpie de h" de largeur soutenu par trente colonnes dori((ues de briques revêtues de stuc. Ses murailles latérales a b cl c d sont ornées de pilastres fort sim[)les entre lesquels il ne reste plus aucune trace de peinture. Au fond du péristyle, on trouve à droite une belle chambre à coucher 16 avec son alcôve décorée de petites têtes de femmes etd’Amours, et de nains monstrueux peints dans de petits panneaux carrés alternativement jaunes, verts et rouges ; le pavé e.st une mosaïque A damier. A côté est un œcus corinthien 17 pavé en mosaïque et en marbres rapportés, et décoré de six colonnes cannelées; sa profondeur est de 6"', 70, et sa largeur de 6'"80. Il reste peu de choses des peintures qui le décoraient; on y distingue cependant encore un lemple vwiioplère au centre duquel est suspendu un lustre de bronze porté par un cygne, jvuis quehjues vases, et des perdrix et des pigeons pendus par les pieds. Au fond de rterns .se trouve l’entrée de deux cabinets 18 et 19 dont la décoration n’oITre rien de remarquable. C’est dans le pavé du joli cabinet d’étude 20, au centre d’un labyrinthe, que SC trouve une mosauiue très-fme de 0'”,A0 en carré, représentant Thésée combattant le ilinolaure. Viennent ensuite deux trc.s-grandes pièces 21 et 22 <lont l'une dut servir de triclinium ; il est probable que ce fut la première dont le pavé eai mo.saï((ue de couleur est beaucoup plus riche ;

MAISONS ET BOUTIQUES. ' S69

derrière est une petite chambre d’esclave 23 qui ouvrait par une petite fenêtre .sur la pièce 22. Enfin, au côté b c du p6ri.style on voit un ptilfal 2Ù et dans l’angle b la pièce 2.5 ouverte de tous côtés, et dont il serait difficile de préciser la destination.

Revenons maintenant <’i la partie la plus simple de l’habitation : on entre par un prolhyrum 20 dans un atrium to.scan h la droite duquel est une pièce 27 dans laquelle est un escalier, et où l’on a trouvé un as.sez grand nombre d’amphores de formes variées qui ont été laissées en place. A côté de la porte de cette salle sous le portique est un massif de pierre 28 qui porta un coffre-fort dont il reste encore quelques parties adhérentes ù la muraille. A la gauche de. l'atrium , un prncæton 29 précède une grande chambre à coucher .30. La chambre 31 conserve encore eu partie les jolies peintures dont elle était décorée ; l’ime représente \' Eulbrrmeut d'Europe, et l’nutre Ariane abandonnée. .Suit une nia 32 pavée eh mosaïque blanche et noire. I.a pièce 33 a pu servir de. logement ft un esclave dont le dessous d’escalier formait l'alcôve. Par la porte 34 à la gauche de laquelle se trouve cet escalier, on entre dans une sorte de ve.stibule 35 .sur lequel '

ouvrent trois pièces 36, 37, .38 ayant servi à la cuisine cl à scs dépendances, une petite chambre 39, et un grand cori’idor 40 conduisant à la boulangerie et aux bains. La boulangerie 41 contient trois moulins, quatre cuves de terre cuite, une pierre d’évier au-dessus de laquelle sont représentés un fleuve, le serpent synibiditpie et r/untre divinités parmi lescpielles on reconnaît Vénus Céleste. Enfin le four, den'ière lequel sont plusieurs pièces 42, 43, 44 ayant dû servir de maga.sins de bois et de farine , offre à sa gauche une salle 45 contenant un puits et une table qui dut servir 4 la manutention du pain. Dans l’angle de la boulangerie e.st l’entrée d’un petit bain complet, tnc petite pièce 46 accompagnée d’un cabinet et ayant servi d'apodyterium est suivie de deux pièces 47 et 48 qui recevaient la vapeur chaude amenée par des conduits de terre cuite. La première, cpii conserve encore de jolies décorations en .stuc, était le tepidarium ; la seconde enfin était le caltlarium, qui, ainsi que nous l’avons vu aux bains publics, se termine par une niche dont le cul-de-four en coquille est percé d’un oeil de beeuf qui se fennait par une soupape. Au côté opfwsé est un renfoncement carré <pii dut conicnir Valveus pour les bains chauds.

Revenant au canvfour formé par la rue et la ruelle de Mercure , on trouve ,4 l’angle de gauche, en face de la fontaine, le

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, Lu’AAAk, (Pl. 5/|.) D’ü bord se présente une taverne avec «on comptoir en maçonnerie revêtu de marbres précieux de diverses espèces, parmi les(iuels on remarque sur le devant une belle plaque de porphyre ' vert. Dans ce comptoir sont encastrées trois urnes de terre cuite, et non pas de plomb, comme l’ont répété toutes les descriptions de Pompéi; è son extrémité est un petit gradin de marbre qui servait à exposer les , comestibles, et sans doute aussi les vases de verre et les tasses. Dans l’angle à droite est le fourneau où l’on préparait les aliments et les boissons. La peinture ordinaire des deux serpents ornait la paroi; mais elle n’existe plus. Au fond de la boutique sont deux portes : l’une à droite conduit dans un premier cabinet, une espèce d’antichambre sur les. murailles de laquelle sont peints deux chars è. quatre roues chargés de ‘ vin; l’un est traîne par une pain* de bmufs, en tète desquels se tient le bouvier armé de son aiguillon ; on est occupé à décharger l’autre. Audessus était représentée une fenêtre prescpie entièrement effacée aujourd’hui, et de laquelle sort un panier suspendu au bout d’un béton L 'Dans cette antichambre se trouvaient deux portes, l’une ouvrant sur la maison voisine , dite des Cinq-Squelettes, l’autre donnant accès à une petite salle résenée aux buveurs. La présence de cette communication existant entre un lieu semblable et une maison qui paraît avoir appartenu à un personnage aisé, ne peut s’expliquer que par la supposition que ce propriétaire peu scrupuleux faisait vendre ses denrées dans la tavenie, et, afin d’en tirer un plus grand profit, fermait les yeux sur les honteux moyens employés pour y attirer les chalands. Peut-être aussi était-il lui-même le Lc/;o, le chef de rétablissement. Le petit saloii dont nous avons parlé est orné de peintures médiocres représentant des Amours et deux sujets, Poiijplû-mr ol Gahühéo. et Yntus pêchant à la lifine. Au-dessous de ces compositions sont deux frises représentant d’un côté une chasse, de l’autre un ours attaché à un poteau et cherchant à s’élancer sur un c(U'f (ju’un chien semble vouloir défendre.

La porte à gauche de la taverne donne accès A une pièce de A"', 80 sur 2"‘,30 ayant une porte dérobée sur la nielle de Mercure. Les peintures grossières qui décoraient ce lieu indiquent évidemment (ju’il était destiné

* C’est Piicore aujourd'hui le pi’orêdê emiilnyê par les ménaci-res de Naples pour recevoir les provisions sans desrendrr* les escaliei's. . .

MAISONS ET BOUTiyUKS.

aux plus honteuses d/'haurhes ; elles étaient nu nombre de treize, ayant chacune 0'",/i0 on carré ; les plus obscènes ayant été cITacées, il n’en reste (|iie cinq représentant des hommes remplissant des amphores à une grande outre placée sur un char dont on vient de dételer des mulets’, un valet versant h boire ii un soldat, au-dessus duquel est gravée il In pointe cette inscription :

DA FRIGIDVM PVSILLVM « I)nnup un peu d’eau fmide. »

des joueurs de dés, des buveurs, et eiilin deux hommes attablés avec deux femmes coiffées du ea|Huhon, du riirullus- dont se senaienl les débauchés dans leurs expéditions nocturnes’. Au-dessus de leurs têtes, à un grand roseau suspendu au plancher, .sont attachés divers comestibles, parmi lesquels on reconnait des saucissons et divers fruits.

Ainsi que je l’ai dit, le. lupauor paraît avoir dépendu de la maison voLsinc avec laqiR-lle il communique; celle-ci est désignée sous le nom de ’Maison des CixQ-.Sqi Ki.iîTTES, n“ H. (l’i,. 5.5.) Daiis ccttc potitc habitation on trouva en effet les n'stes de cinq malheureux, avec des bracelets, des anneaux d’or et des monnaies de divers métaux qu’ils avaient cherché à emporter dans leur fuite. Dans une chambre à gauche est une peinture médiocre représentant Hrrior écoulant les prédictions de Cussandre assise dans un temple au-dessous d’un trépied où repose Apollon lui-même.

*I\Iaison DE l’oMPOMts, V t. ( l’i.. .56.) Dans son atrium .sont les débris d’un petit moulin à huile Semblable à celui que nous avons vu dans l’une des chambres du quartier des soldats; par un escalier, elle avait une sortie sur la rue du l'aune. A côté est la

Mai.son de i.’A.xcrk, n° .3. (l’],. 57.) Celte maison doit son nom à une ancre représentée sur son seuil en mosaupie blanche et noire. Oueltpies auteurs lui donnent celui de maison dé Arnymone et Septune, emprunté ù une peinture as.si‘/. médiocre ’ (|tii exi.ste dans 1a pièce à droite du pro- Ikyrum. Deux autrt's coinpo.sitions décoraient la même sidic, mai.s elles

* Heiu:. fl 1*011?. III, pl. lie.

t iti. lii, pl. liti.

* L'ii Priai>e eu biouxo, trouvé AblM-vlUt* et «pie j’.ii triiMié il.vis moîi I.sthoiii a i.'Histoirr PE Kramcr, 1*1. 31,fst vétn tlf rn niêiiif curjille.

* Hmr i f bon?. Il, pl fis.

POMPEIA

sont presque eiilièreinuiit l'IIacées; on y rccomiait eepeiidant encore un Sahjre t/c'roiivrant une Ni/mphe endormie, sujet si souvent reproduit b Ponip('M. J.e cfibinct de l’autre coté du prolhyruin cons(.'rve aussi quelques peintures. L'alritim est toscan et paviS en mosaïque; on y volt encore scellé dans un massif do pierre, le fond d’un coffre-fort. A la droite du lablinum est un escalier desrx'ndant dans un vaste péristyle de niveau avec la rue du Faune. Ce péristyle, découvert en février 1830, est entoure de piliers entre lesquels sont des niches ou plutôt des arcades fermées contenant des piédestaux qui durent porter des bustes. A .son extrémité méridionale e.st un beau laraire orné di^ deux colonnes et placé entre deux Rramles niches de rocailles, qui sans doute servaient de fontaines. Les arcades étant fermées ainsi que je l’ai dit, le portique du péristyle était du nombre de ceux qu'on appelait cn/plo-portiques; il était surmonté d’un ■second portique de niveau avec l’habitation, et .soutenu alternativement par des colonnes et des piliers sur trois côtés, et par des colonnes seulement au-tlessus du laraire. A l’extrémité opposée, sous la galerie supé- .. riourc, .se trouve l’entcéc de trois sîdics voûtées dont l’une fut une écurie et conserve encore la mangeoire. Une large porto praticable pour un char ouvre .sur la rue du Faune. Du côté de l’ouest, plusieurs jjièccs souterraines avaient leur entrée sous le crypto-portique.

Continuant de nous diriger vers le F’orum par la rue de Mercure, nous trouvons, prés de l’arc de triomphe (l’i.. .38) que nous avons déjà vu et au coin de la nie de la F'ortune, la '

Maison du Navire (def ?iai'igtio), N” fit. (Pc. 58.) Celle maison, ainsi nommée à cause d'une trirème ou galère qui est peinte sur le pilier d’angle, près d’une bouticpic où, selon toute apparence, on vendait des objets à l’usage de la marine , est aussi désignée sous les noms de maison des liarrhuntes, de Zéphire et Flore, et de Cérès, empnmtés aux peintures i|ui y ont été trouvées.

L’entrée principale e.st .sur la rue de la l'orfune, mais deux portes dérobées ouvrent en retour sur la rue de Mercure. Cette mai.son, découverte de 1825 à 1827, pré.sentc, après un prolhyruin ou vestibule orné de jolis groupes de va.scs et d’oiseaux peints sur ses parois, un atrium a.ssez bien conservé pour qu’on puis.se reconnaître que la mai.son avait deux étages; les murailles sont en effet au nombre des plus élevées de Pompéi. Celte habilalion élail enrichie d’un grand nombre de peintures dont les

MAISONS ET BOUTIQUES

plus nunurquablos étaient les figure.s assises de Jupiter, de Bairhus, de Cyb'cle, de Cérès et de Mercure, une Apothéose figurée par un Génie emportant une jeune femme sur ses ailes, deux jeunes héros qui peuvent être les Dioscures, Zéphire et Flore qu’on appelle aussi Zéphire H Clitoris, „ enfin de beaux groupes de Faunes et de Bacchantes Parmi ces peintures, les principales sont au musée, d’autres n’existent plus, et il ne reste en place que le Jupiter fort effacé et les deux Dioscures.

En tête du compkwium est un puits qui était grossièrement incrusté de mosaïques représentant des griffons, dos masques et autres objets; il est couvert d'une dalle de marbre africain qui fut trouvée brisée.

Dans le xysto est un petit triclinium d’été qui dut être, suivant l’usage, abrité d’une treille. Le triclinium d’hiver était une grande pièce pavée en mosaïque et décorée de riches pcinture.s. On y reconnaît encore les restes d’un tableau offrant une femme présentant un enfant coiffé d’un bonnet phrygien à un personnage assis dont on ne voit plus que les jambes, mais qu’une nia.ssue et un carcpiois font reconnaître pour Hercule*. Aucune des explications données jusrju’à ce jour ne nous parai.ssant adinLssible, qu’il nous soit permi.s d’émettre une nouvelle conjecture : peut-être l’artLste a-t-il voulu représenter V Apothéose d'Hcrcule reyii au ciel par Iris et Ganymède.

Dans une chambre fi droite de V atrium, on a trouvé quatre cercles de fer ([ul avaient entouré des roues dont le bois était entièrement décomposé.

A l’angle formé de l’autre côté de la rue de la Fortune par la rencontre de la nie du Forum , est le

Temple de la FonTi .xR (Pl. l.pagefiS).

.Suivant la rue du Forum, on trouve A gauche, en face de l’une des entrées des Thcrme.s, la

* Maison de Bacciiis (Pl. 59), qui doit son nom à une grande peintui-e ([ui la décorait-', l'ne autre compo.sition non moins remarquable représentait Mars et IViiiis ou plutôt Vénus et Adonis Cctio maison, convertie en bureaux pour la direction des fouilles, n’offre plus rien de remarquable.

■ HKnc. H Pi>«p. Il, |il. 75; IV, pl. 53. 53. 51, 55, SB, 57, 58, 59, 60 et lilll.

* Hkhc. Pt Pump. II, i(0.

* Hfjc, i>t PoMP, II, pl. 09.

* Hkhc. Pt Piinp. III, p\. 139.

POM 1‘EIA

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Cüiitinuaiil d(; parcourir la rue du Forum, on trouve au pied du grand arc de triomphe et au coin de la rue des August.ds, lu

lioLTiQLK DU .UAucii vND DK VINS ( Pi.. (>0). Cctte büutiquc cst recoijnaissable à un bas-relief de terre cuite qui existe sur un de ses piliers et qui représente deux hommes portant une amphore suspimdue à un bûton ^ Revenant au carrefour et tournant à droite dans la rue de la Fortune, on trouve, immédiatement derrière le temj)le de cette divinité, la

* Maison dks moi lks de tekue clith {délie forme di creta)^ N" 2. (Pl. ül.) On y a en elfet trouvé plusieurs moules de ce genre, aujourd’hui au musée, ôii y voit encore quelques peintures médiocres, VEnlèvemenl d'Europe, Narcisse, des Amours, etc.

Maison de laMiuailu: Noihk {délia parele nera), V -4. (Pl.G;2.) Cette maison, découverte de à 183.'^, doit son nom aux charmantes peintures sur fond noir (pii décorent l’cxèdre. Les principales de ces compositions sont des sacrifres à Vriape, à Minerve et à Junon , et un petit Amour cherchant à s'emparer d'un panier que porte une jeune fille ailée. Dans le triclinium, à gauche de l’exiîdre, on voit Apollon jouant de la lyre en (jardant les troupeaux d' Ad met e ; an pAtre paraît l’écouter avec admiration. Le tablinum et la pièce vitisine ont leurs pavés de mosaüiue presque intacts; on doit regretter (pi’il n’en soit pas de même de leurs peintures.

Maison des Cuapjtkalx a Figlees {capitelli fiyurali), (Pl. 03.) Elle a pris cette dénomination des belles tètes de Faunes et de Bacchantes sculptées sur les chapiteaux des pilastres de la porte d’entrée. Près du compluvium est une large ouverture qui dut être fermée par une dalle, et qui permet de se rendre compte de la disposition de la citerne dans hujuclle on puisait par un puteal de marbi e. Le pavé du tablinum présente au centre une superbe rosace de mosaïque blanche et noire, et sur le seuil une guirlande de pampres. Contre le pilier qui sépare le tablinum du corridor communi(|uant au péristyle est le massif en ma(;onnerie sur lequel reposait le cotlVe-foi t. Le péristyle est très-beau , et entouré de trois cotés de portiques soutenus par quatorze colonnes ioniques; le quatrième côté est fermé j)ar une muraille avec des demi-colonnes en saillie portant encore une partie de l’entablement de stuc, l’n laraire est adossé A cette muraille.

• Vr»y. la Ifttro oii tèli' ilii rlia))itr<'.

MAISONS KT BOfïlQUI'S. i7r,

Oerricrc cette maison, dont elle d(''penduit, est, sur la rue des Augustals, lu demeure d'uii pAlissicr. On y a trouvé quelques peintures et plusieurs de ces petits moulins qu’on nommait ftislrillæ cl qu’un seul homme suffisait pour mettre en mouvement. Le four qu’on y voit encore est d’une forme particulière; c’est un véritable four à réverbère composé

Four k rércrtn^rr

de deux cavités superposties ; le feu se mettait dans lu cavité inférieure, et la chaleur se répandait par une ouverture dans la cavité siqvéricure où l’on déposait les gâteaux, üeux de ceux-ci ont été trouvés et portés au musée de Naples : l’un est une sorte de couronne, et l’autre a presque la forme d’une brioche.

En face, de l’autre côté de la rue de la Fortune, est la

Maiso.n dl’ Faune , 53. ( Pu. 64. ) Cette maison , découv(!rte en

1830 en présence du fils de Gadhe, fut entièrement déblayée dans l’espace de deux années; elle est une des plus vastes, et, surtout pour les mo.saïques , la plus richement décorée de toutes celles de Pompéi. De même que la maison de Pansa, elle occuix; une f/e entière, formant presque un rectangle régulier de 8Ü'“ de long sur ;15"' de large. La quantité considérable d’amphores qu’on y a trouvées, les emblèmes bachiques (|ui s’y pi'éscntcnt de toutes parts, semblent indi([uer que son propriétaire faisait un important conitnerce de vin.s, auquel il devait sans doute .son opulence. Les amphores |)ortuient des incriptions grecques ou latines.

Cette habitation présente sur la rue de la Fortune deux prolliyrum 1 et 2, ouvrant sur deux atrium distincts A BCU et FO 11 1, et quatre boutiques 3, 4, 5 et G. La première avait une arrière-boutique 7 et communiquait avec V atrium ABCÜ par deux portes aujourd’hui murées, dont l’une donnait directement dans Vutriuin et l’autre dans l’arrière-boutique. La boutique 4, dans laquelle e.st l’embouchure d’une citerne ouvrait aussi sur Vatrium. La bouli(|iie .3 est i.solée et contient un e.scalier qui conduisait à une

i76 PO Ml* K IA.

chiiinbre placée au-(lessti.« ; enfin la boutique 0 ouvrait sur le prolhynirn '2 ~ par un petit escalier dont le palier était formé pas un massif d'amphores noyées dans la maçonnerie, genre de construction dont on rencontre de nombreux exemples à l’ompéi. Mazois pense (|u'il est possible que quelqu’une des boutiques .‘i, h et 0 ait pu servir d’antichambre, tandis que les autres étaient destinées nu commerce de vins dn propriétaire. Dans le trottoir de la rue, en avant du prnthjnim 1, e.st incrusté dans de l’o/)».v signinum le mot hâve, écrit en grandes lettres de mosaï(]ue, composées de carrés longs de marbres rouge, jaune, blanc et vert. La |)orte e.st, comme

PUn «le U «lu Faune.

ît l’ordinaire, accompagnée de deux pilastres; .sa largeur e.st de 2"', 90. Le prothynim, profond de était divisé en deux parties inégales

par une seconde porte ; la plus petite comprise entre h’s deux portes et voisine de la rue était sans ornements et restait probablement ouverte dans la journée. On entrait dans la seconde partie du prolhyruin en gravissant deux degrés, dans le.sijuels on voit encore entaillée la place dos gonds et des verrous. Le pavé est un plan incliné montant vers’la cour; il est formé d’un assemblage de petits triangles de marbres blanc, noir, rouge, jaune et vert. Les murailles, comme toutes celles de l’habitation , présentent des refends en stuc gro.ssiérement peints h l’imitation de marbres' ; ici ils s’élèvent ju.squ’à la hauteur de 2'",f|() et .sont surmontés d’une |)ctite moulure en stuc, iu-de.ssus, de chaque côté, est une corniche saillant de 0“,fi0, autrefois portée par des consoles en forme de sphinx et de lions; elles portent chacune un petit péristyle de temple, formé de quatre colonnettes cannelées et d’autant de pilastres placés aux côtés d’une porte

' Il ost assoz singulier tpwï, (tins t-etlc b:il*iLitioo si riche en mosahînes, en marbres el en bromes, les iM*iiiliires aient été pins négligées <juc dans la moindre des maisons fie PomjH>i. Les stucs, composés de poudres de marbre blanc, sont de grtandes tables appliquées apri'S coup sur la immiiile comme on l'eùt fait d'un rçvéteineirt de niJirbi-e . el fl.xéi's p-tr des ertimpons.

MAISONS ET BOUnOLES.

fpinl«; le tout en stuc. Apri's avoir franchi le prothyrum, on se trouve dans Vatrium toscan AliCI), large de 10"', 70 et profond de 11", 05. Les murailles pré.senlent utic particularité fort remarquable : pour les préserver de l’humidité, on avait placé sons le stuc des lames de plomb attachées par des clous de fer semés avec une telle profusion, qu’on en compte près de deux cents dans un mètre carré ; leurs tètes saillantes servaient en même temps à retenir le stuc. Celte précaution se l'elrouve dans diverses auti'es parties de l’édifice, et notamment dans le grand triclinium 3A. Au milieu de l'atrium est un beau compluvium E de .3'", 80 sur '2"', 75, dont le fond est fonné de losanges des marbres les plus précieux, assemblés avec un art merveilleux. Au centre est un ptUit piédestal creux, qui portait le charmant l’aune de bronze, haut de 0"’,78, l’un des plus précieux ornements du musée de Naples L La chambre 8, lu première qui se présente à la droite de l'atrium, est pavée en mosaïque; elle offre .sur deux côtés et en équerre une espèce d’e.strade ayant pu porter deux lits, élevée de 0",0C, pavée de cubes.de marbres de diverses couleurs, et de 0"',03 de diamètre. La pièce suivante 9 communiquait avec l'atrium par une grande

porte à la gauche de laquelle est percée une espèce de meurtrière encore fermée en [Ku tie par un verre à vitre très-épais. La pièce voisine 10 appartient au second atrium, bien qu’ayant une porte sur celui où nous nous trouvons. 11 et 12 sont les alœ; la première est pavée en morceaux irréguliers de marbre imitant la brèche; au centre était une mo.saïque excessivement fine, aujourd’hui au musée, offrant dans le haut un chat dévorant une caille, et au-de.ssous deux canards, plusieurs petits oiseaux morts, des poissons et des coquiltayes. Cette ala prenait jour sur l'atrium voLsin par une large baie. Valu 12, pavée de la même manière, a conservé au centre une jolie mosaïque de 0"‘,60 en carré, présentant sur fond noir trois piyeons blancs tirant des perles d'une cassette entrouverte. Les deux chambres à coucher 13 et IA n'offrent rien de remarquable. Au fond de l'atrium est le tahlinum 15 ouvert prc.sque de toutes parts; il était orné à l’entrée de deux grands pilastres cannelés; .sa profondeur est de 5"*, AO sur 5”, 80; son pavé, élevé de 0“,15 au-dessus du niveau de celui de l'atrium, présentait à l’entrée une sorte de seuil en mosaïque d’une grande finesse, représentant des masques trayiques entremêlés de yuirlandes de fleurs. 1j’ milieu du pavé est compostï de lo.sanges de marbres noir, vert et bl;mc,

’ Hfpc. ot pMWp. Vî. pi. 69,

l’OMPEtA

oncadrés d(; filfis jaunes, noirs et verts, enfin d’une frise de mosaïque blanclie. A la droite du lahlinum est un beau Irictiniiim 16 ouvert dans toute sa largeur sur le pdristsic; c’est au milieu de son pavé qu’a été trouvée une des plus belles mosaïques du musée de Naples, Arratm ou le yéiiie de liacrhus à rlieral sur une paiit/ii-re *. A gauche du lablinum est une chambre 17 ouvrant de même par une large baie et par nue porte sur le péristyle. Au milieu de son pavé était une autre belle mosaïque représentant des poissons et des crustacés sur un rocher.

Revenons maintenant au prolhijnim 2; nous y trouvons ii gauche l’entrée d’une chambre 18 que l’absence de toute décoration désigne comme ayant été la loge du portier, cella ostiarii. L’atrium l’GHI est tetrastyle, c’est-à-dire soutenu par quatre colonnes; la hauteur considérable de celles-ci indique que Votriiwi était du nombre de ceux qu’on nommait displiiciatum dont les toits rejetaient l’eau dans un chéneau qui régnait le long de la muraille au lieu de la verser dans l’orcn. C’est dans l’angle de V atrium , à droite en entrant , que furent trouvés deux armillæ, grands bracelets d’or plats, en spirale et en forme de seiqjonts, deux autres bracelets aussi en forme de serpents, mais ronds et plus légers, ainsi que plusieurs bagues, pierres gravées et scarabées conservés au cabinet des objets précieux. Prés de là est une chambre 19 destinée à un hôte, puis une chambre à coucher 21 précédée de son procœtnn 20. Ces deux pièces contenaient des pieds de lit en ivoire et plusieurs vases en bronze, parmi lesciuels un charmant petit brûle-parfums. Les pièces 10 et 22 sont les aUe; au milieu du pavé de la dernière est une jolie petite mo.saïque d’ornement blanche et noire; nous avons dit que la première communiquait avec \' atrium voisin. Aux angles 28 et 2ft de X’alrium sont deux blocs de pierre dont l’un, placé à gauche, porta sans doute un coffre-fort, tandis qu’on croit que sur l’autre existait un pressoir qui avait son écoulement dans la pièce voisine 2.5 par un trou qui exLste encore dans la muraille. Celte pièce, dénuée de tout ornement, peut bien en effet avoir eu une destination de ce genre.

Toute la partie droite de l'habitation était occupée par les communs, lai pièce 26 est une espèce d’antichambre où se trouvent deux e.scaliers, l’entrée d’une petite chambre d’esclave 27 et celle d’un long corridor 28

• HB8C. Pt l’oMP. V, pj. *9.

* Vov. ICIJÎP 197 .

MAISONS ET BOUTIQUES

par lequel on arrivait au jardin sans passer par le péristyle. La chambre 21) est encore une chambre d’esclave; la salle 30 paraît avoir été une buanderie, à en juger par le large égout qui s’y trouve, aux côtés duquel existent deux piliers en maçonnerie qui durent porter une cuve. Viennent ensuite une petite chambre 32 précédée d’une antichambre 31, puis une grande cuisine 33 avec un fourneau, un puits, et dans le haut de la muraille un petit laraire; elle est éclairée par deux fenêtres. Prè.s de la porte de cette cuisine, dans le corridor, est un escalier, et plus loin l’entrée d’une grande salle 34 ouverte dans toute sa largeur sur le jardin, et dans laquelle on doit reconnaître un (nclinium de 5"', 05 sur 9"', 30. De toute sa décoration, cette .salle ne conserve qu’une partie de son pavé en mosaïque; sur sa muraille on voit encore, ainsi que je l’ai dit, quelques restes du revêtement de plomb. De Vatrium FGHl, un corridor ou /anccs 35, h la droite duquel se trouve une chambn? 30, donne accès au péristyle.

U»» U l|AΫKin «lu

Celui-ci J K LM, large de 24'" et profond de 19'",20, avait un portique de 3"‘,80 de largeur, soutenu par vingt-huit colonnes cannelées d’ordre ionique en tuf recouvert de stuc. Dans l’arca et. un peu vers la gauche .se trouve, au milieu d’un petit bassin carré, un monopoâium 37 de marbre blanc qui portait une vasque avec un jet d’eau. Au fond du péristyle est l’exèdre 38, dont le frontispice était soutenu par deux colonnes corinthiennes et deux pilastres peints en rouge.’ Cotte exènire ouvrait [)ar une baie do. toute largeur .«uir le xysle.

C’est dans cefte pièce que fut trouvée, le tîfi octobre 18iM, la célèbre masaïque représentant un CofnbiU enlre les Grecs et les Perses , et dans laquelle l’opinion la plus générale est qu’on doit voir la fiataille d'ArljelUs ou celle iC Issus entre Alexandre et Darius. Cette mosaïque, le plus précieux monument en ce genre qui nous soit resté de l’antiquité, est large ■de o"',liO et haute de 2"’, 80, sans la frise blanche qui l’entoure. On y • compte 26 guerriers et 15 chevaux Au-dessous du sujet principal est une frise en trois morceaux représentant un fleuve, probablement le Aï/, car au milieu de plantes acjuatiques, parmi lesquelles figure le lotus, on reconnaît plusieurs animaux propres à l’Égypte, tels que des oies, des canards, des ibis, un hippopotame, un crocodile, enfin un" ubœus, ou serpent à lunettes attaejué par un animal qui paraît être richneumon Cette mosaïque est maintenant aïi musée de Naples dans la salle des Marbres. Dans l’angle du péristyle se trouve un corridor 39 conduisant au jardin N qu’entourait un superbe portique O P Q R de 32"' sur 35™, 30. Sa largeur est de h mètres; il est soutenu par 56 colonnes doriques au pied desquelles règne un caniveau en pierre conduisant les eaux dans une citerne où l’on puisait par deux puleal ü3 et 46.

Le second est fort simple et de tuf ; le premier, qui est de marbre et cannelé, se fermait par un couvercle dont on voit encore les scellements. C’est à coté de ce puteal qu’a été trouvé un superbe Irapézophore ou pied de table en marbre blanc, précieux monument de sculpture grecque représentant un sphinx accroupi, aujourd’hui au musée

Dans chaque colonne du portique et près du chapiteau était implanté ' extérieurement un clou è crochet sur lequel reposiiicnt des tringles portant des rideaux que retenaient dès anneaux également scellés dans la colonne à 0™,80 du sol. Ces rideaux défendaient ainsi de l’ardeur du soleil les promeneurs des portiques. Au-dessus de ceux-ci paraît en avoir régné un second d’ordre ionique dont un assez grand nombre de fûts, l)ases et chapiteaux ont été retrouvés et sont déposés le long du mur oriental du ‘ portique. Contre le mur oppo.sé, on a laissé encore engagées dans la cendre une grande quantité d’aniphores. . , ..

A la gauche du corridor. 39 est un œcus 40 dont le pavé en mosaïque

' HerC. el PoMP. y, pl. 22, 23, 24, 2?, *7‘. • ■ .

^ IMd. V, pl. 2«.

* /6M. VII. pl. 88.

MAISONS ET BODTIOÜES. idi

blaiiclie avec des filets et des méandres noirs, offre au centre une superbe mosaïque de 1 ",Ü5 en tous sens, présentant dans un riche encadrement en forme de grecque un admirable lion vu de face, malheureusement fort endommagé et qui, pour cette raison, n’a pu être porté au musée *. De l’autre côté du corridor est une petite pièce ôl dont la muraille est d’une construction remarquable ; sons le stuc, au lieu de lames de plomb, se trouvent do grandes plaques de ten'e cuite de 0"‘,(>0 sur 0",50 et 0'“,Ü3 d’épaisseur, fixées par des clous en fer. Cette pièce ouvre dans toute sa largeur sur le jardin, et elle a en outre deux jictites portes donnant l’ûnc dans le triclinium 34 et fautre sur le corridor 28. Dans l’angle .8.-0. du péristyle existe une salle 42 aujourd’hui convertie en magasin, et fermée. Enfin, au fond du jardin se trouvent deux chambres d’esclaves 45 et 46, un po.sticum ou fiortc dérobée 47 ouvrant sur la ruelle de Mercure, un escalier 48 conduisant aux portiques supérieurs, un grand sanctuaire 4!) flanqué de deux cabinets 50 et 51, et dans lc<|ucl on a déposé un grand nombre d’antéfixes en terre cuite à tètes de lion provenant de la gouttière du portique; puis enfin , à l’extrémité de celui-ci, deux petits laraires en' forme do niches carrées avec chacun deux pilastres et un fronton en stuc.

• Aux nombreux objets que nous avons indiqués comme ayant été trouvés dans cette maison, j’ajouterai un curieux porte-lampe, en forme de corbeille, composé do fils de bronze, dans lesi|uels sont enfilés des grains de cristal de roche; il est suspendu à une chaîne, et on voit au milieu de la corbeille remplacement de la lampe dont la lumière faisait scintiller les cristaux ; celte espèce de lustre est un monument unique dans son genre.

M VISON DU CHVM) DLC DK ToscvxE, 11 “ 7, l’i.. 65. Cette maison, fouillée en 1832 en présence de Léopold II, est très-petite, mais remar- (piable par une jolie fontaine en mosaïque en forme de niche dans laquelle on voyait une statue de Faune avec un piédestal élevé sur quatre gradins.^ Au-dessous est un petit tableau en mo-saïque représentant un Hippopotame guettant deux bateliers. En avant de la fontaine sont trois vasf|ucs dansla plus grande desquelles était un jet d’eau sortant du milieu d’une fleur de marbre blanc. Lu vase de fer très-oxydé est resté auprès de la fontaine dans le petit [wristyle, ainsi qu'une énorme jarre de terre cuite bri.sée qui lï’a pus moins de 1”,25 de (liamètre, et une autre intacte, de forme diffé-

‘ Pt PoMP. V. |)l. 3i. * ^ .

POMPEIA

rente qui se fermait par un couvercle dont on voit encore les attaches de métal. A la droite du tablinum dont le pavé présentait au centre un joli assemblage de marbres africain, violet et cipollin, est une de ces espèces de grandes caisses è fleurs que nous avons déjji signalées dans Vatrium de la maison du Centaure. Dans ce tablimnn était une belle peinture, Antiope ordonnant à ses fils de délivrer Dircé, sujet fjui a été également reconnu h Herculanum, et qui était déjà célèbre par la découverte faite à Rome, dans les ^thermes de Caracalla, du fameux groupe connu sous le nom du Taureau Farnése, placé aujourd’hui au musée de Naples.

Enfin dans Valrium h gauche du profliyrum, et dans le haut de la muraille, sont deux laraires, l’un carré, l’autre arrondi ;ce sont les plus petits qui aient été trouvés à Pompéi ; ils n’ont pas plus de 0"',30 sur 0"’,12.

De l’autre coté de la rue est la

* Maison or grocpe de v\ses de veurk, n“ 49. (Pl. GO.) Le fond de cette habitation n’est pas entièrement déblayé. Le tablinum pavé en mosaïque a ses murailles décorées de six cartels sur fond rouge représentant des corfs, des poules, un plateau elian/é de fruits, et un beau groupe de rases de verre de formes variées. Les autres pièces étaient également ornées mais peu de peintures s’y sont conservées. *

Presqu’en face est la

Maison d’Aiuank, n“ il. (Pl. GG.) Cette maison est digne à plusieurs titres d’attirer l’attention , mais elle est surtout remarquable pur une disposition tout exceptionnelle. Occupant tout l’espace compris entre les' rues de la Fortune et des Augustals, elle a une entrée et un atrium sur chacune d’elles, et entre ces deux atrium est le péristyle , de sorte que de (fuehjuc cGlé que l’on entre dans la maison, on a toujours devant soi, et dans l’axe du prothyrum, un atrium , un tablinum et un péristyle comme dans les maisons les plus régulières.

Après avoir franchi le prothyrum ouvert sur la rue de la Fortune, on trouve un vaste et magnifique atrium corinthien * soutenu par vingt colonnes d’ordre toscan , dont deux portent encore un fragment d’entablement surmonté de ses chéneaux de terre cuite. Cet atrium n’a pas moins de 25"’ . de long sur 43"' de largo. Ses entrc-colonnements pouvaient, ainsi que nous

' Ni^us avons dit «irÿà quo le nom iVatrium corinthien est indépendant île l’onlre de,s rolnnnes du |ioiij(|iie.

MAISONS ET BOUTIQUES

l’avons vu à la maison du Faune, être fermés par des rideaux maintenus par des crochets scellés au haut et au bas des colonnes. Dans l’aren, outre un petit compluvium, on remarque dans un coin de singulières plate.vbandes des,sinées avec des briques mi.ses de champ , formant (piatre demi-cercles concentriques inscrits dans trois rectangles. Contre le mur à gauche est

déposé un bqau bloc de marbre dans lequel sont creusés un canal circulaire et un déversoir; il est évident qu’il appartint ù un prtîssoir. Les pièces qui entourent Vulrium sont petites et sans ornement.s ; il faut cependant en excepter l’unique ala, qui est vaste et pavée en mosaïque, et dont le linleau était porté par deux colonnes; dans s('s angles sont déposés deux iillie, grands vases de terre cuite. Kntre les colonnes du portique, en avant de'l’a/a, est un puleat de marbre cannelé avec les sillons crcus»;s par la eorde. La seconde pièce à droite était un ré.servoir divisé en deux bassins, ràvanl-tlernière du même coté n’a pas plus de 1"',20 de large; c’était un snccUum au fond duquel e.st un laraire (|u’on avait peu respecté, car on avait agrandi la pièce voisine aux dépens de cette chapelle, et la muraille nouvelle recouvrait une partie du fronton et du pilastre du laraire.

Le péri.style était soutenu par seize colonnes ioniques dont le tiers inférieur est jaune et non cannelé. I.es chapiteaux étaient peints des plus vives couleurs, aussi quelques auteurs donnent-ils à cette habitation le nom de maison des chapiteaux coloriés. .\u centre de l’area est un grand bas.sin carré de 5“ de long sur 1”,80 de large et 1" de profondeur, an milieu duijuel est une colonne creuse d’où s’élancait un jet d’eau. iVu fond du péristyle entre les colonnes étaient deux puloal. Les pièces qui entourent le péristyle conservent |)ros<jue toutes tpielques peintures, bien que les |)rincipales nient été portées au mii.sée.

Kn entrant par le Inhlinum , In seconde pièce qui se pré.scnte à droite e.st une grande chambre à coucher ornée de cartels où s<int repré.sentés les rnmhnit (les l'ip/mées et des Crues, Du mémo côlé, dans une sorte â’nlu.

POMPEIA

on voit.lVnus el Adonis et un Marchand cT Amours, qui rappelle la célÈbre coniposilion connue sous le nom de la Marchande d' Amours. Au milieu du pavé est une mosaïque très-fine reprcseulant des poissons. Au fond du (léri.slylo se trouve, non point l’exèdrc ordinaire, mais un second lablinum formant le complément du second atrium que nou.s décrirons tout à l'heure. A gauche de cette pièce est une .salle dont l’entrée e.xiste dans le corridor condui.sanl à \'alriuin ; les peintures en sont bien conservées; elles représentent Gan^m'ede donnant à manyer à l’aiyle de Jupiter, le triomphe de Galatée, les deux Dioscures et Persée montrant à Andromède la UHe de Méduse, enfin dans le haut plusieurs figures de femmes. Continuant le tour du péristyle, nous trouvons dans une chambre une peinture détruite en partie où se voit encore Apollon assis. Au milieu, du côté gauche du péristyle, est une grande pièce qui dut tenir lieu de l’exédre qui, comme nous l’av onsdit, n’existait pas à sa place ordinaire. l,e fond de celte pièce est un hémicycle, avec une niche; parmi h;s pointures qui la décoraient on voit encore les restes d’un sacrifiée, Jupiter el Léda, une prètres.se recevant une offrande, et .ipollon jouant de la lyre devant nue femme et un jeune homme armé d’une épée. Enfin, dans la pièce qui se trouve ù gauche du [iremier tahlinum est la peinture d’Ariane abandonnée qui a donné le nom à la maison ; elle est très-cfTacée.

Franchis.sont le second lablinum, on se trouve dans le second atrium' qui est toscan et très-ruiné. Dans .son ala sont un laraire et une peinture Irè.s-bien conservée d'. ipollon el Daphné. Le prothyrum est flanqué sur la rue des Augusials de deux boutiques dont l’ulie fait l’angle du l’fco storto. Devant celle-ci se trouve une fontaine qui par la forme de son bassin arrondi difl'ère de toutes celles trouvées jusiju’è ce jour dans les rues de Pompéi. Les dallc.s qui le composent sont réunies par des crampons de fer.

Revenant è la rue de ta l'ortune. on trouve presi|un en face de la

MAISONS ET BOUTIQUES. m

Mai.son d’Ariane, an coin d’iine ruelle, une fontaine surmontée d’une tête" de bœuf, et 1a

* Maison bu foirneau de fer, n“ ♦«. (Pl. (58.) Son atrium était orné do jolis médaillons mnllieureuscinent fort elfacés, contenant les têtes de Diane, de Vénus, de Bacchus, do Ban, etc. On y voit encore, dans une chambre à droite, Véiuis et Adonis, et un joli Amour portant une cassette; dans la pièce voisine du tablinum une corbeille de fruits, et dans le ]>éri.style à gauche le.s débris d’un fourneau de fer. Une peinture du tablinum a été portée au musée.

De l’autre côté de la rue est une boutique, n" Ut, sur le.s parois de laquelle existe une peinture très-bien conservée représcuitant un poisson et une sècAe; elle fait partie de la

Maison t>e i.a chasse, n" IA. (Pi.. (59.) Cette maison, découverte en 1832, occupe le coin du vico storto. Son atrium est toscan; au fond du compluvium était une trè.s-belle mo.saï(|ue présentant au centre un petit masque scénique. Sur la muraille h droite sont peintes deu.x bacchantes. Dans la première chambre du même côté, on voit Léda, Vénus pêchant, les tètes d'Apollon, de .Mercure, de Jupiter et de Diane, enfin deux petits tjénies. Une autre peinture a été enlevée et portée au musée. L’a/a unique,, placée à droite de ro/n'ion, présente au milieu do belles architectures un guerrier et un .Mercure. Dans la chambre à droite du tablinum étaient un Faune et une bacchante dansants, mais celte piunture a bi^aucoup .soufl'ert. Doux compositions ont été enlevées des jiaruis du tablinum; l’une, à droite, représente .Ariane remettant le peloton à Thésée; à gauche étaient Dédale et Pasiphaé. On voit encore en place plusieurs génies et six petites scènes de clia.sse; le pavé est en mosaïque blanche et noire.

Le péristyle n’a de portique que de doux côtés soutenus par six colonnes doriques, dont lu partie inférieure est [jointe en rouge, et qui sont réunies à leur ba.se par un pluteus. On voit h gauche, au-des.sus de leur entablement, un tronçon do colonne encore debout, qui indique qu’il exLstait un .second ordre. Au milieu de l'arca est un grand bassin rond eu stuc de 2"',(>0 de diamètre et 1“,3.'> de profondeur. Sur la muraille du fond est la grande peinture qui a donné le nom à la raai.son ; elle représente une de ces chasses ([ui avaient lieu dans ramphithéôlre. On y voit à droite un bestiaire perçant un sanglier avec un épieu; à gauche un lion jjoursuivant un' talireaü aux flancs duquel nu tigre est déjà cramponné; .

l’OMPElA.

sur le second pluii un autre chasseur vient de tuer un ours et se prépare It en attaquer un second; enfin, au dernier plan, des biches s'enfuient elTrayées. Sur le mur à droite sont des paysages très-effacés. Au-dessus est une belle corniche bien conservée de stuc richeinént colorié. Dans une pièce à gauche du péristyle on voit deux peintures médiocres, Apollon chez Admète et Vena.v Aimdyumène. Lne troisième composition a été enlevée à cause de l’obscénité du sujet. Cotte salle préstuite une particularité fort curieuse; elle avait été fouillée par les Pompéiens, et on voit dans le mur à droite le trou par lequel ils s’étaient introduits; ii côté on a conservé un massif de cendre contenant la petite galerie qu’ils avaient creusée, et qui conduisait à une autre ouverture percée dans le rauiopposé. On a trouvé dans cette mai.son divers comestibles, et surtout une grande quantité d’œufs, un poids de marbre, des va.ses de terre cuite, et plusieurs objets de bronze tels ([u’ornements de porW, ferrures de cai.-wes, etc., (jui ont fait désigner par (|uel(|ues auteurs cette habitation sous le nom de Maison des bronzes.

Tournant A gauche dans 1a ruelle en partie déblayée qui fait suite au vicoslorlo, on trouve de suite à droite le

Gha.xd i.ti’AX.VB, (Pl. 70 bis.) Voici la première fois que cette maison, découverte en 18/t5 devant les savants du vu' congrès italien, reçoit cette dénomiEiation infamante; je crois cependant qu’elle peut lui être justement appliquée. Sans parler de son voisinage du vico storto, que tout annonce avoir été, au moins on partie, consacré à la débauche, les nombreuses inscriptions gravées à la pointe sur toutes ses murailles me paraissent ne laisser aucun doute. (Jui eût o.sé en tracer de s<!mblables sur les parois d’une habitation re.spectable’f II suffira de citer quelques exemples des plus décentes parnii celles qui nous ont été con.si.-rvées par ceux qui ont pu les déchiffrer lors de leur découverte, car aujourd’hui presque toutes ces iihscriptions .sont illisibles. On peut ceiKuidant distinguer encore sur le pilier qui sépare deux clniinbrcs à gauche de l'atrium les premiers mots de celle-ci :

CANÜIDA ME liocvrr NIGRAS ODISSE l’VELl.AS.

Au-dessous était écrite celte réponse maligne :

OOFKIS SEI) ITERAS NON ISVITVS AMABO

MAISONS ET’ BüUTlOUES.

(jiii paraît devoir être lue

• Oderis sed itéras; ego non imntus amabo.

SClUPSIT VENVS PUYSICA POMPEIASA.

NOLANIS FELICITER .STABIANAS PVELLAS.

Dans Valriunt toscan de cette maison est un roinpluvium de marbre

blanc en tète duquel est une petite niche en marbre et en mosaïque grossière d’où l’eau tombait dans le bassin par un tuyau de bronze qui existe encore; derrière est une table de marbre blanc portée par ({uatre pieds de broratelle ^ terminés par des grilîes.

Le péristyle n’est entouré que d’un cùté et demi par des [lortiques soutenus par quatre colonnes ioniques réunies à leur base par un pluleus qu'iitterronqKiiit un puits et son auge. Au fond se trouve une charmante fontaine do mosaïque et de coquillages d’une parfaite conservation; elle a la forme d’une niche contenant un petit piédestal qui portait une figure jetant de l’eau.

Sous le portique à gauche est un petit laraire, niche carrée au fond de

laquelle est peint un serpent (tévnranl une offrande.

Plusieurs peintures de cette maison sont aujourd’hui détruites; quelques autres ont été portées au musée; elles représentaient Ariane abandonnée, Dédale et Pasiphaé, et une composition dans laquelle on croit reconnaître y Apothéose d'ilomh e.

Au delù de cette maison, et du même côté de 1a ruelle, est la * Maison de l’impératuice de Russie (Pl. 71). Cette habitation fut découverte le 20 mars 1840 en présence de la princesse dont elle porte le nom; on y trouva une grande quantité de statues, d’ustensiles, de mon-

Revenant ù la rue de la Fortune et nous dirigeant vers la porte de Nola, Dous trouvons à gauche, au coin de la rue de l’Odéon, au carrefour nomqné quadrivia délia Forluna, une fontaine sur laquelle est représenté SiléM appuyé sur son outre. Derrière cette fontaine est un autel ^ des Lares

* lUîamnarbre rose.*?^‘- •

* Vrty..p3)îf‘ i/!

POMPEIA

IRH

compilalrs (Pl. 7“i.) il est surmonté d'une jwiiiture grossière représentant un sacrifice et au-dessous un serpent.

Auprès de cet autel, ainsi qu’en plusieurs mitres points de la rue de rOdéon, s’élève un trè.s-haut pilier carré dans lequel sont creusitcs deux rainures d’environ ()“,20 en carré. Cette bizarre construction si'inble inexplicable au premier coup d’ieil, mais en remarquant que c’est toujours dans le voisinage d’une fontaine qu’elle s’élève, on est mis sur la trace de

Cftrrrfaur l«

sa destination. Beaucoup de fontaines de l’oui|M'i paraissent avoir été ali- , ■ montées par une .source qui exi.stait .sur le flanc du Vésuve et que les éruptions ont anéantie. Ces eaux amenées par un conduit souterrain, étaient, par un effet de siplion, élevées au sommet de ces piliers dans un tuyau do plomb, et rede.scendant de l’auli'o célé, acquéraient ain.si une plus grande force d’impiil.sion. , ’ ' .

Le P. Carriicci a |)ropn.sé une autre cxplicatiotf ; .selon lui, les eaux sc précipitant avec rapidité cbarriaient une cextainn masse d’air qui com- . primée eût pu faire crever les tuyntix, si de loin en loin on n’eût ménagé des évents. Or pour que l’eairne jaillit pas par ces évents, il fallait élever leur orifice à un niveau suptVieur h celui de la jiri.se d’eau ; telle aurait été la destination de ces piliei's dans le.squels on pourrait reconnaître les. fiilinnimria de Vilruve. Cette .siqqio.sition e.st fort ingénieuse, mais elle

MUSONS ET BOUTIQUES.

îsn

nous semble inadmissible , ear pour obtenir le résultat demandé un .seul conduit eût été nécessaire, et nous avons vu que chaque pilier porte deuxcanaux parallèles.

On a retrouvé en plusieurs endroits le tuyau sous les trottoirs de Ii rue de rOdéon , et plus loin nous en indiquerons un frnjçmcnt qui existe encore dans un pilier dn genre de celui que nous décrivons. Les tuyaux ayant probablement crevé en quelques endroits, on voit dans les rainures qui les contenaient des incru.stations calcaires qui attestent le long pa.ssage de l’eaik

Continuant la rue de la Fortune qui à [Kirtir du carrefour prend le nom de rûe de Nola , on trouve à gauche deux boutiques fouillées en 184(1 où existent plusieurs fourneaux ronds ayant contenu de grands vases de plomb.

lin peu plus loin est la

M VISON Di: TAUBE VU DF. linoNZK. (4’i.. 78.) Cette mai.son fouillée en 18.87 doit son nom à un petit taureau de, hronse découvert au milieu de son compluvium. L’entrée est accompagnée de deux pilastres ; sur le chapitenu de droite est représentée Èrigone couronnée de pnmpre.’t. La disposition de cette entrée est jusqu’à ce jour sans exemple à Pompéi dans les habitations particulières, mais nous l’avons déjà indiquée au temple grec (page 38). La porte 1 étant en arrière des piliers “i, un passage 3, 4 pratiqué dans la muraille à droite permettait d'entrer dans la maison par

Kiitror df U M*m>n <la Tauretu de brmiae

une pelite porte sans ouvrir la porte (irincipale. Cet étroit passage, était fermé du côté de la rue pai- une porte dont on voit encore quelques ferrements.

Le compluvium de marbre blanc est un des plus beaux et des plus grands de l’ompi'û. Les parois de \'alrium étaient ornées de guirlandes de fleurs et de fruits dont plusieurs, |)lacécs .sous verre, sont d’un charmant travail et d'une parfaite conservation. D'autres guirlandes au-dessus desquelles est une [.eda décorent l’n/o detlroitc. V droite du prothgrum ç.st un sacellum

jSO

POMPEIA

avec un autel et la peinture symbolique dos serpents. Enfin dans une pièce .'i droite sont tie belles peintures d’architecture surmontées d’une comiclie de stuc au-dessus de laquelle étaient des tentures suspendues à des clous qui existent encore. I.a partie antérieure de cette habitation est seule découverte ; elle occupe le coin d’une ruelle de l’autre côté de laquelle sont peints les serpents symboliques, et au-dessus plusieurs inscriptions parmi le.s(|uelles celle-ci est seule lisible :

M. c E n K I N I V M .VED. CAPITO HOGAT VT FAVEAT

M Capilou prie l’édile M. CeiTinios de lui être favuratde. »

l'armi les boutiques et les maisons non encore découvertes entièrement qui bordent la rue de Nola , il en est une à droite où l’on a trouvé une piîiuturc représentant un sujet nouveau h Pompéi, Danaé el Pem-e enfant, et un peu plus loin à gauche une autre sur la façade de laquelle est sculptée une triple image phallique.

.4 l’extrémité de la rue est la

Porte de Nolv (page iS3).

Après avoir examiné cette porte au sortir de laquelle on trouve à droite un grand pan de muraille romaine en blocage, nous suivrons les remparts en nous dirigeant vers le .sud; ceux-ci, construits en grand appareil, sont en partie découverts; leurs pierres portent jilusieurs inscriptions en caractères romains telles que celles-ci:

l'oev' l'ROTVS CALAIS

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