MAISON DES PAPYRUS
On Ins avait pris d’aliord pour de.s lutteurs, mais on parait s’accorder aujourd'hui à y reconnaître deu.v uageurs prêts h s’élancer dons l’eau.
Au centre du pêiistyle était un autre bassin ou buplislrrium ayant |)u servir de bain froid ; aux angles de celui-ci s’élevaient quatre fi'ils surinontés d’autant di^ bustes de bronze de travail grec sur l’un desquels on lisait le nom de son auteur, Aimllonius plx d'Àrrhias, Athénien. En 'avant de chacun de ces piédestaux était une petite fontaine oniée de coujies dt; marbre. Dans le même péristyle furent trouvés un cinquième buste et une statue de bronze. Dans un cabinet pavé en mosaïque et n’ayant pas plus de 2"',t0 en tous .sens, à une profondeur de 27“' au-<lessousdu niveau moderne, on découvrit du -27 novembre nu 16 décembre une fontaint! .selon Pademi ' , deux fontaines si l'on en croit les académiciens d’IIerculanum, ornées d’une grande (|uantité de figures de bronze; on y voyait .Silène assis sur un rocher, la main appuyée sur un tigre qui lançait l’eau par la gueule: deux jeunes Satyres avec les cornes et les oralles de chèvre et des yeux d’argent, tenant dans la main un rhyton * et portant chacun .sur l’épaule une outre jetant de l’eau ; deux enfants debout près de piliers surmontés de inas((ues coraniues; deux autres enfants également debout près de deux petites colonncttes portant chacune un vase; doux autres enfants de plus petite proportion avec les yeux d’argent, ayant un vase sur l’épaule; deux enfants tenant des dauphins sous le bras; enfin un vieux Silène couronné de lierre, lu barbe longue, le corps vt>hi, les pieds chau.s.s(’îs de sandales; il e.«t à cheval sur une cfütre de peau de bouc dont il tient les deux pattes dans scs mains ; de la large ouverture du col l’eau s’élancait en abondance
Outre les nombreuses sculptures ipie nous avoirs déjii mentionnées, on trouva encore dan-r cette habitation un admirable Mercure au repos en bronze*, deux daims, un porc et un corbeau également en bronze, et, parmi les marbres, un Homère, une Jlinerve étru.sque dont VVinckelmann faisait le jilus grand cas, un buste de Ptoléméc Soter, deux Bacchus indiens, une statue attribuée h .Syila, le groupe trop fameux du .Satyre et
* Gibeun. Transaclionsoflhf roj/nl Soetrt y of London.
* Vase d boire en forme dt> cornp. •-
* Hebc. et Pour. VI. pi. 64, 98, 99, lOO; VIII, pl. 88 ^
* Ibid. Vr. pi. S6, 37. 38pl39.
On- ■;
MKHCUI.ANUM.
J.ll
de la chèvre* : cnliii le, merveilleux chef-d’œuvre cuiimi «jus le iiuin d’Aristide, mais que bejiucoup d’archéologues croient être une statue d’Kschinc l.es peintures pour avoir été en plus petit nombre n’en étaient pas moins dignes de cette splendide dctneurc. En 174fi on y trouva (piatre précieux monodi ruines sur marbre qui aijrès avoir orné à Portici le salon partioulierde la reine sont passés au musée de Naples. Les trois premiers représentent Si/enc, une scène de Iragniie compo-siie de trois ligures *, et Thésée délivrant Hippodaniie des mains du centaure Eurylhus Le (|uatrième camaïeu, le plus admirable de tous, et peut-être la plus pure de toutes les peintures anticpies parvenues jusipi’à nous, olfrc deux jeunes femmes jouant auxofselels, en présence de trois.de leurs compagnes Aude.ssus d’elles .sont écrits leurs noms: .xi'A.Mii, .\HTii, Monti, a>OiBii, et lAKAlPA , et plus haut encore, celui de l’arlLsIc Alexandre d’Athènes, AAKEAN’APOIL AeiINAIOE KrPA<PEN.
Parmi les nombreux et riches ustensiles recueillis dans celte habitation nous devons mentionner deux candélabres ornés de griffons dévorant un taureau et un daim, deux autres richement ci.selés, un trépied, des crotales un grand vase de bronze, un autre ii trois pieds en forme de coquille avec un manche se terminant en griffe , un petit cadran solaire plaipié d’argent de la forme d’un jamljon, uu lit et un bisell juin de bronze décorés d’animaux en bas-relief et d’incrustations d’argent, enfin une grande quantité d’objets de verre, et de grains.
A’oilà certes bien des trésors inappréciables recueillis dans une .seule fouille, et pourtant 1a villa Hcrculmiienne nous réservait une découverte plus inlércs.saiite encore; je veux parler de celle qui la fait désigner sous le nom de maison des Papyrus.
Le 3 novembre IT.'i.’i, dans une pièce de peu d’étendue, et dans qucl(|ues autres endroits de l’habitation ou trouva dans une bibliothèque, mille sept cent cinquante-six volumes^, ([iii, (juoiqu’en apparence réduits
• Ubbc. et P<mp. pl. 56. C. Fami>s, rab. fsec. pi. I.
> nn«i. VI, pl. 7J.
» llml. II, pl. b6.
‘ IM.i, pi. 18.
Mbifl. Il,pl. 17.
* .Sorle (“TinlKiles.
^ 0*8 voliiincs mêrilent Waiirnup mienx re iioip <|ik! Ips livre» d»*h ro sriiit en effel «le
vj^ritiildes ntuleaiix, volumina, furni<Vs de longues Uimlp» de |Mpynis, divi»w*>s en i».i>rps énite» à iiNtâ les uups «les .'iiiires et «rnii seul r!\tè.
MAISON UES PAPyHüS.
il l’état de cliarlwn, peuvent cependant encore être déroulés et lus‘. Dans la salle spécialement consacrée à leur conservation, les manuscrits étaient déposés dans des armoires à hauteur d'homme appliquées contre les murailles, et dans un meuble placé au milieu de la salle. Le bois des armoires était carbonisé, et Winckelmann rapporte que dés qu’on y portait la main, il tombait en pou.<sière.
(aiK( cents manuscrits environ ont été déroulés jusqu'il ce jour ; malheureusement aucun n’est d’une bieji grande importance littéraire; la bibliothèque paraît avoir été composée presque exclusivement d’ouvrages philosophiques, la plu|)art écrits en grec. Los volumes connus et publiés sont le traité d’Épicurc sur la nature, ceux de l’hilostrate sur l’orgueil, et de ^iétrodore sur les sensations, neuf traités du philosophe l’hilodème sur la musique, les vices et les vertus, les vices, la rhétori(|ue, la vie et les mo-urs (abrégé du livre de Zéiion sur la liberU: du raisonnement), sur les philosophes, enliii sur ce qui est utile au peuple suivant Homère. Le seul ouvrage latin est un poème sur la guerre de César et d’Antoine attribué à Habirius.
On trouva dans la bibliothèque quatre jictits bustes de. bronze portant gravés les noms üémoslhène, Zénon, llermarque et Kpicure
Après tant de découvertes artistiques ou littéraires, qu’il me soit encore permis de jnentionner une trouvaille (|ui a prouvé une fois de plus combien de procédés que les modernes croient avoir inventés étaient déjà connus de l’antiquité. Dans un puits de. la mai.^in des Papyrus étaient plusieurs petits vases de bronze de la forme d’une coquille d'œuf cassée par le gros bout. A chacun était adhérent un morceau de fer en forme de crochet, et il a été reconnu par un examen attentif que ces vases fixés à une chaîne, une corde ou une courroie sans lin s’enroulant sur inie roue, avaient dû servir à monter l’eau pour l’arrosement ainsi que cela se pratique' encore
' Des papyrus ont aussi éiii trouYôs :i Pouipi'i ; mais rpux-oi, pntièrenu.‘ut pai 1rs
ardenlos qui recouvriront la ville, ue peuvent i^tre déroulés, et Inrs m^mc «pi’on y réussirait, smient ahsohftjient illisibles. Il itVn est pas de même des manuscrits dlferculaiium qui, ayant été eufermé.s dans des cendres brûlantes mais mélang»^ d'ean, n’ont ét«^ endommagés qu’à leur surface, li's deux ftii trois premiers tours du roule«*iu sont ortlinaircmenl en mauvais état et indéchilTrables, mais bicntM le papyrus, quoique encore friable, recouvre quelque consistance K prest|ue sa couleur natur»'Ue, sor laquelle r«-criture se détache assez iiettement A force de patience et à Paitlc d’une machine aiussi simple qn*ingénleu8<‘ inventée par le P. Antonio Piapgi, on parvient à les dérouler en les rollaut an for et à mesure sur une pean de haudrnebe.
» Htnt:. et Po«p. VIT. pl. 6 et 7
llKMr.Ul.ANUM.
aujourd’hui avec des vases de bois beaucoup plus grand.s, et A l’aide d'un maiK^ge, dans lesjardins maratchers qui avoisinent Naples, surtout du c6t<i mi>ine de l’om|«'‘i, depuis le pont de la .Madeleine jusiju’ft Portici.
NorvKM.KS FOiii.LKS. Api^-s cetle indispensable revue rAtrospective. nous arrivons enfin à la de.scri|)tion d’i!‘difice.s bien plus inléres-sants pour nous, pui.sque nous pouvons les visiter comme nous avons parcouru ceu.x de Pompéi. Ils forment deux groupes peu éloignés l’un de l'autre; d’un côté le théfltre .souterrain exploré lo-premier de tous, et dont l’entrée .se trouve à droite do la principale rue de Résina; de l'autre une réunion de maisons réceminciit découvertes et à ciel ouvert, situées, à environ 200 pas QU Si -O. du- théâtre, dans une ruelle, le lïco di marr, se dirigeant vers la mer.
C’est en 1S28 que ces fouilles furent commencées par ordre du roi François l!’; elles furent continuées jus<|u’en 1837, et dans le cours de ces neuf années, .sous près de 11” de cendres et de lave on découvrit une rue droite, large de 5", 20, qui condui.sait du Théâtre et de lu Ba.silique au port. Cette rue est, comme celles de Pompéi, pavée en polygones de lave, et bordée de trottoirs et de maisons ; mais comme elle n’était point une des principales, nous n’y trouvons pas de boutiques, et les habitations n’y présentent géniiralemeut (|uc leur pni<licum-mi .sortie de derrière.
F.n de.scendant dans les fouilles, on voit d’abord h gauche sur.le trottoir un piili’iil tout usé par le frottement de la corde ; puis ù droite une maison ()ui n’e.st découverte qu’en partie et à laquelle on n’a pas donné de nom. .8on entrée, qui n’était (jii’un pnxlictim, était précédée d’un porche soutenu par deux colonnes. Après avoir franchi le seuil de marbre, on trouve dans le psnidulhynim à droite, un petit réduit et la loge du portier; à gauche une petite chambre où l’on a découvert et lais,sé en place des am|)hores, plusieurs mortiers, une moitié de moulin, une petih; table de marbre carrée udo.s.séc il la muraille; enfin un plat ipii était raccommiKlé par des attaches de fer 5. Le péristyle, large de I8‘", n'est découvert qu’en partie; au.ssi ne peut-on s,avoir si le quatrième côté était muni d’un portique; des trois côtés que nous voyons, celui du S. adossé A la rue, et celui de l’O.
* Nons avons liU qa’un nonmiatt ainsi nii v<>stibnlo qni sp trouvait flans de U maison, t't diamiHralcuit'iil opposé un profAyrwm, pageîcil.
* Nous avons di*jà signalé la FuUonira im grand va«» de U»m‘, nn dubum. ainsi raccotnnifMié p;ir
les anciens, p-ig#» ^
NOUVEI.I.ES KOUII-LES.
■in
présentent seuls des porti(|ues formés de colonnes emmêlées et rev êtues tie stuc. Du côté, oriental, le portique était remplacé par un grand wcim ouvert, soutenu à son entrée par trois piliers et pavé en mosaïque grossière. Les murs étaient ornés de peintures architecturales et de quelques petits sujets tels que des boucs, des nias(]ues do théâtre, un petit paysage sur fond noir, etc.
Au-dessus des murs de cette salle on voit encore dans la lave les restes des poutres qui portaient le toit de l’étage supérieur, aujourd’hui détruit. Les parois du péristyle étaient également peintes. Au milieu de l’arcn est un ba.s.sin qui, comme le péristyle lui-méme, n’est découvert qu’à moitié, ('.'était un baplislerium où l’on pouvait prendre des bains froids, car il était assez profond, et en tète, au milieu d’un hémicycle, étaient des marches pour y descendre.
Enfin, dans l’ongle .S. -O. est une petite chambre qui était ornée de peintures et adossée à la rue.
En face de celte habitation, de l’autre côté de la rue, est la
M VISON DU SQi Ei.KTTii. Elle e.st ainsi nommée parce qu’à .son étage supérieur on trouva des restes humains auprès d’un vase de bronze, l.e prolhymm, accompagné de la loge du portier, conduit à Valrium toscan. A gauche sont deux petites sidlcs dont la première est pavée en mosaïque; la seconde, qui n’est pas entièrement dégagée, pourrait bien avoir fait partie d’un bain. Au fond de Valrium est l’entrée du tablinum qui n’e.st pas fouillé ; enfin à droite un corridor conduit à plusieurs chambres et cabinets dont les murs n’ont conservé (pie peu d’élévation. Dans la dernière pièce, au bout de ce corridor, .sont deux piles en maçonnerie qui durent porter un fourneau ; j’hésite d’autant moins à reconnaître dans cette, pièce une cuisine, que les murailles ne portent aucunes traces de peintures ou d’omiv ments.
A lu première niai.son que nous avons décrite succède la plus importante de celles mi.scss à découvert par les fouilles modi'rnes, la
Maison d’Arcls. Cette belle habitation n’est malheureu.scment pas entièrement déhlayéie; la partie visible e.st celle que nous indiquons sur notre jilan |iar une teinte plus foncée ; le reste e.st ruiné ou encore recouvert par la lave, mais nous croyons que la restauration que nous en donnons no doit pas être trè.s-éloignée de la vérité.
La façade opposée à la rue par laquelle nous entrons aujourd’hui dut être formée de |)liisieurs boutiipies 1 entre le.s()uelles s’ouvrait un jirnlby-
Il EHCÜt ANUM.
nim foiuluijiaiil à un ulrium Inscaii A qui préseiituil à droile et à RUiiclie piusieurs chninbrcs h coucher 3, i, 5, (>, 7 et 8.
Le pavfi de la pieinièrc de ces cliambres est fonm; de triangles et de carrés de niarbre incrustés dans de Vopiis styttiiiwii; scs murailles étaient
décorées d’assez jolies p<-inlures. ].e pavé des chambres 4 et 3 est simplement en opiîs siyiiiniim. f«i dernière pourrait bien avoir remplacé ï'ala, qui n’existait pas ici, et servi de salle d’attente aux clients que le maiire recevait dans le cabinet 28 (]ui communiquait avec la partie privée de l’habitation.
Au fond de Vatriiim est le trihliinim 9, auquel étaient adjacentes deux salles 10 éclairées par des fenêtres, et (pii durent être, l’une un labiilariiim, cl l’autre une bibliothéijue.
Après avoir franchi le Inhliinim, on se trouvait dans un [>etil péristyle U ayant de trois côlés seulement des portiques soutenus par des colonnes et aux angles par des piliers en équerre. .Sous lo portiipie, à gauche du labulantiiii, est un cabinet de repos 11 prés du(|uel se trouve l’entrée d’un corridor long et étroit 12 conduisant 11 cinq petites pièces 1.3, 14, l.'v, 10 et 17, éclairées sur une me par d'étroites fenêtres, et qui durent être destinés^ h servir de cuisine, d’oftices et de logements d'esclaves. .Sous le portique, au del.i de l’entrée du Corridor, se trouve un imsticiim ou sortie dércjbée, 18 percé entre deux boutiques 19 et 20 qui n’avaient aucune communicalion avec l’intérieur de l'habitation. Au fond du péristyle étaient l’o'cu.v ou exédre 21, et plusieui*s pièces 22, " 23 et 24, dont il .serait
MAI Su N OA 11 eu S.
impossible aiijcmnrhui de préciser In destination. On arrivait I» la dernière par une sorte d’nrrière-cour “25 longue cl étroite conimunuiuanl avec le péristyle B par deux corridors ou fnum '2() et 27.
Une seule porte ouverte à droite sous le porli<)ue du péri.style prés de la pièce 28 donnait accès h In partie la plus vaste et la plus riche de l’habitnlion, réserx'éc e.xclusivement au maître cl à ses amis. Au delà de cette porte on trouvait un grand xystc ou jardin C, entouré de trois côtés d’un élégant portique soutenu par vingt colonnes composites et six piliers au pied dcsriHcIs régnait un cheiieau, et conU'iianl un pulral et une petite table de marbre *. Au fond est un vaste Iricliiiiidn 29 décoré de belles peintures qui sont conservées en partie sur la muraille de droite ; c’est là que sti trouve lu composition à la(|uelle la maison a emiirunté son nom, Mercure (levant Aryux el lo Le Dieu nu et debout , reconnaissable seulement aux ailes qu’il porte, à scs talons, .semble offrir lu syrinx à Argus en l’invitant à en jouer à son tour; il s’appuie sur un béton formé de deux baguettes tordues ensemble, réminiscence lointaine du caducée. Il ne porte aucune autre arme, mais des pierres .sont à ses pieds el |)arais.sent indicpicr que le peintre avait adopté la version de certains mythologues suivant lc.s- (|uels Mercure tua Argus avec un caillou, el non celle d'Ovide qui nous peint le Dieu abattant d’un coup d’éj)éc recourbée la tète inclinée du gardien de la fille d’inaebus :
Sec mora : falcalo nufantem vulnerat ente,
Quà collo confine caput; saxoque cruenlum Dejicit, et macuUit prœruptam sanyuine caulrm.
OviRK. C. I. iS.
Argus est assis sur un rocher: il est jeune, ricbeinent drapé, et reconnaissable seulement à sa houlette, son pedmii. lo, nonchalainment éleudue, est repré.sentée sous les traits d'une jeune fille pleine de grâce ; deux petites cornes .sortant de .son front rappellent seules d’une manièro aussi ingénieuse, ((ue poétique la cruelle métamorphose que lui avait infligée la jalousie de .lunon. Cette |)einture est placée entre deux lr(iph(-ex il'armes et deux Victoire.? uilees; lo tout se détache sur fond noir nu milieu d’archi-
' V. Pi.A.«;iiE IX.
»•( h.Mi*. Il.pl. »S.
IIKKCU1.,VNU.N4.
lectures peintes en rouge. Sur le .soubassement sont imités dos panneaux de marbre avec encadrements.
Iæ tricliiiium e.sl accom|)agné de plu.sieurs |>ièce.s élégamment décorées. J,a salle SO fut sans doute une sorte d'office; scs peinUires .sont aujourd'hui pres(|ue détruites; on ne voit plus de traces de sujets, mais sur le soubas.sement on reconnaît encore des fleiin et des plantes. Celte pièce communiquait au Irirliniuiii par un corridor .'M (|ui condui.sait également ft un réduit (|ui, n’étant éclairé que fort imparfaitement par la porte, ne put avoir d'autre destination que celle de servir de res.s(;rre ou de gardemanger.
De l'autre côté du triclinium sont deux chambres à coucher 33 et 'Al\ ouvrant sur une antichambre ou procœtnn 35, qui avait une sortie dérobée ;W) et communiquait en outre avec le portique du xysie par un long corridor 37 il la suite duipiel se trouvent trois pièces trè.s-étroites 38, 39 et 40, indéqiendantes les unes des autres, et une .sorte de petite ala 41 où .sans doute était un banc sur lequel venait s’asseoir le maître pour prendre le frais et jouir de la vue de si's parterres.
.Sur la partie \B de la mai.son régnait un étage qui fut trouvé assez intact pour que le chevalier Finati ‘ et le chevalier Bechi - aient pu en donner une description complète accompagnée de coupes et de plans; malheureusement les charpentes étaient tellement carbon i.sées, les murailles tellement ébranlées par les secous.ses qui accompagnèrent l’éruption, qu’on a été forcé de diunolir cet étage pour conserver le rez-de-chaussée. Nous devons d’autant plus regretter ce |)énible sacrifice, que l’ompéi et Ilerculaniim ne nous ont oITert aucun autre e.xemple complet de cette partie supérieure d’une habitation.
Celle de la mai.son d’.Vrgus ne comptait pas moins de vingt et une petites chambres il coucher dont (|uelque.s-unes en enfilade, disposition trè.s-rare dans les habitations antiques; chacune était éclairée par une petite fenêtre, et plusieurs ouvraient sur une terrasse ou solarium [lavée en mosaù|ue, qui s’étendait .sur les pièces ‘29 à ,30 en tète du xyste.
On trouva h cet étage une a.ssez grande quantité de comestibles, tels que des noix, des noisettes, des noyaux de prunes, des amandes, des figues sèches, des aulx, des pavots, un morceau de fromage, du froment,
* Mamu’l jM>ur Httrnilanum, roni|»M cl Staliio. Nnples, iftU. l>r»vh. iii-R®.
* .}/nseo liorlfOfHco, T. V III.
AUBERGH. 3H
du riz, des lentilles, des fèves, de l’huile dans une fiole fermée par un t)mielion de liège, du miel dans un vase de verre rlos par un tampon de feuilles, une tass».; e<nitenanl de la cire, etc. Parmi les objets d’autre genre, on remanpiait plusieurs boucles d'oreilles en or, dont une ornée d'une grosse [x?rle, un bracelet de bronze doré à ilonble tète de seiix^nt, divers ustensiles de bronze, de fer, de verre et de terre cuite, un torchon plié, etc.
I.a maison d’Argus couvrait une superficie de sur .Al'",.'iO.
Aiibkrck. a la suite de la maison d’Argus se trouvent de grands bâtiments Irès-ruimhs dans lesquels on croit reconnaître une auberge. On eidre d’abord dans un petit ntn ion toscan pavé en npus siijnimnn ; aw centre est un compluvium carré, en tète duquel sont les restes d’un pulcal. A gauche de Valrium est un passage h l'entrée duquel se trouve une citerne ; il conduit à plusieurs chambres dont les fenêtres sont encore garnies de grilles de fer. Comme la rue descendait rapidement vers la mer, les constructions présentaient de ce côté trois étages les uns sur les aidrcs. L’étage supérieur, celui où se trouvent les pièces dont nous venons de parler, était de niveau avec le sol des maisons précédemment décrites. Au-dessous sont plusieurs salles; l’une d’elles, qui n’a que "2"', 85 de long sur 1"',00 de large, et (|ui ne recevait de lumière que d’une sorte de piilcal percé au milieu de la voûte, parait avoir été un petit xacellum consacré à Vénus, dont le simulacre en terre cuite a été trouvé sur un piédestal qui n’est pas placé exactement au milieu de la ])aroi du fond. En avant et an centre est un petit autel carré construit en stuc et en briques.
Enfin, l’étage inférieur se compose d’un grand nombre de salles voûtées ouvrant sur la mer * et ayant dû servir de magasins et sans doute aussi de taverne pour les matelots. On y voit une cuisine avec son fourneau, et dans une pièce voisine, un autre fourneau beaucoup plus grand contenant une chaudière de bronze; à côté de celui-ci est un bassin formé d’une grande jatte de terre enfermée dans un massif de maçonnerie. Enfin, dans une salle dont la voûte est écroulée se trouvent un puits avec une auge de pierre et un massif carré (pu put servir de table.
* mor a éu5 w foulêé par les laves & prV*s île 300 mAtres de son anoien rivair»*.
* Noqü avons indiqué des magasins de ee goure à Pom|>éi à la |iorte do la Marine, cl à ganche de la rue Domilionno.
IIHRf.ül.ANUM.
Ul
Les autres coiistruclions, eu petit nombre, mises à découvert par les nouvelles fouilles, n’oiïrant aucun intérêt, nous allons, après avoir remonté le Vïfo ili Mare, entrer par une porte que nous signale l'inscription,
REAI.I SCAVI DI ERCODANO
cl visiter le plus imposant édifice de la ville antique, le
Tiibatrr. Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons dit de la découverte du théâtre, qui amena celle de la ville même •. Par un large escalier de plus de cent marches, creusé dans les couches de cendrc^l de lave, on descend dans ce vaste édifice, dont l’orchestre se trouve il 26'“,60 au-dessous
rl»i» Hn Théitf».
du niveau de la moderne Résina La nécessité de conserver partout des massifs de cendres durcies, ou de construire des piliers de briques pour soutenir le poids énorme des matières amoncelées à une si grande hauteur, n’a pas permis de déblayer entièrement ce vaste édifice, et si l’on peut aujourd'hui en parcourir les corridors, les escaliers, quel(|iies gradins, la scène et ses dépendances* nulle part, dans cet inextricable labyrinthe, on n’embrasse l’ensemble de fédifice, et ce n’est qu'à l’aide du plan et d’une parfaite connaissance des théâtres antiques qu’il est possible de s’en fonner une idée complète.
Le chanoine .lorio a donné dans son excellent ouvrage, qui p’a d’autre défaut que d’avoir été publié en 1827, et avant les nouvelles fouilles, un
* V. Introduction btstorique, page 21.
* 1/orrb ’Stre r«t élevé de 9*, 50 an-nlessus dn niveau de la mer; le théétre avait 19",S0 de banti^ur, H an-dp^!>ns se trouvent encore 7», 10 de matières vnjeanique?.
T lift A T R K. 143
pian aussi cxart qn'iiiKi^niciix , qno nous nous sommes permis do lui emprunter *.
Sur 00 plan, les deux puits qui montent seuls fi la surface du sol sont restt's en blanc; une teinte gris-cliiir indique les parties souterraines praticables ; les massifs r^servi's sont d’un gris plus fonci^ ; enfin le noir est employé pour nian|uer les murailles de r«Vlifice.
\u bas de l'escalier, on se trouve dans le grand corridor voûté qui régnait au sommet des gradins. Ce corridor était pavé et revêtu de marbre blanc, et recevait le jour de quatre grandes arcades et cinq fenêtres plus petites. Du corridor, un vomiloire faisant face fi la scène conduit à l'escalier et aux gradins mis h découvert par le grand puits dont nous avons donné le dessin -. l n autre puits plus étroit se trouve derrière la .scène, et quelques auteurs croient que ce fut celui-là qui fut cau.se de la découverte du théâtre ; nous repous-sons cette opinion que détruit le fait attesté par tous les contemporains que, dans celte première fouille, on rencontra des stattn«. l’eut-on suppo,ser que ces statues aient été placées derrière le mur de la scène?
Le théâtre avait dix-neuf rangs de gradins de tuf, larges de 0",8K et hauts de 0”,22. Les cinq gradins inférieurs n'ont qu’un peu plus de 0"',H de hauteur, étant destinés à porter des sièges’, et en effet on y trouva un bisellium en bronze orné de têtes de chevaux et de satyres.
Les gradins étaient divisés en six .sections, cunri , par .sept c.sca tiers, iùuera ou .veo/o’ (|ui tous ont été rendus praticables. L(-s siuzc gradins inférieurs n’étaient interrompus par aucune prévinrtion ; les trois autres gradins étaient entièrement isolés, et on y arrivait par des escaliers particuliers; ils étaient surmontés d’un portique à entablement de marbre que décorait le beau quadrige de bronze dont un cheval seul nous a été con.scrvé *.
L’évaluation de la capacité du théâtre par les différents auteurs varie de trente mille cinq cents spectateurs, chiffre donné par Winckelmann, à
* Pour faciliter rint4?Ui^nce du plan, Jorio a sapprim*' nnc foule de paieries étroites et bajiseî? crcus4«s m <|uelqne sorte an hasard, □« n)n^»rvant quo colles qui, tracées n-guliércmcnt, sufftsent pour parcourir touU’.5 les ptartiçs importaute.'t dn th^tre.
* V. Introduction hisloritine, pape 21 .
* Nous avons signalé la même particiihu-ité au thêAlrt' et à l’ampliithêAIre i|o pniiqM’i,
* V. rintri>du(’tion bistiinque, p. il et 22.
IIKRCÜLANUM.
dix-lluit mille, seize mille, et même huit mille. Il e.st probable que ce dernier nombre, déjà bien considérable, est celui qui s’éloigne le moins de la vérité.
L’orchestre était pavé de dalles très-éiMiisses de jaune antique, dont on voit encore quelques restes; on y arrivait, ainsi qu’au.\ gradiiLs privilégiés, par deux grands vomitoires placés, comme à l’ompéi, aux extrémités de l’hémicycle. Deux inscriptions, gravées au-dessus de ces entré(«, nous ont appris le nom de l’architecte Numisius, fils de Publius, et celui du magistrat qui fit construire le théâtre à ses frais, Lucius Annius Mammius Rufus, fils de Lucius, duumvir pour la ciiu]uiéme fois.
La scène, dont les fouilles furent commencées en 1762, et dont on peut reconnaître encore toutes les parties constitutives, avait près de 24” de largeur *. Elle présentait au fond les trois portes ordinaires, et était ornée de niches dans lesquelles les .statues n'ont point été retrouvées; elle était entièrement revêtue de marbres.
A ses extrémités, à l’entrée de ce que nous appellerions les coulisses, sont deux piédestaux dont la surface n’a pas plus de 1”,08 en tous sens. Il suflirait de cette mesure pour démentir l’assertion des écrivains, qui, de même que l’aflirrae encore le ckerone du théâtre, ont prétendu que ces piédestaux portaient les statues équestres des Balbus; il est évident qu’ils n’ont jamais pu recevoir que des statues debout, et d’ailleurs les inscriptions qu’ils portent encore nous apprennent qu’une seule de ces statues appartenait à l’un des Balbus. En effet, si sur le piédestal à droite de la .scène 2 on lit :
M. NONIO M. r. IIALUO PB. P RO. cos HERCVLANENSES
« A M. Nonios fils de Marcus, pnitcar et proconsul, les Hcrculaniens. a
rinscription du piédestal de Rauche est ainsi conçue :
AP. C L A V f) I O. C. F. P V L C H R O CO S. IM P.
HERCVLANENSES POST MORT.
¥ A Appins Claudias Pulchur, fils de Caius, consul et général, les Uetculauiens après sa mort *. »
En sortant de la scène par la porte du milieu, l’.lula regia, placée selon
* I/ouvprture de la scène de SauCarlo de Naples n’a que lC*,8ü; la Srala de Milan a l«".îO de moins.
> V. la vignette en tète du chapitre.
• l.,e consulat d'Appius Claudias Piilcher date de l’an de Rome 716, avant J.-C. 38.