MINIST. PRIM. FORT VN AE. AVG. IVSS
M. STAT. RVFI. CN. MELISSAE. I. D. D, V. I. D 2 P. SILIO. L. VOLVSIO. SATVRN. GOS.
« Agathemerus, esclave de Vettius; Sua vis, esclave de Cœsia Prima; Potlms, esclave de Numitor ; Anteros, esclave de Lacutulantus, premiers ministres 3 de la Fortune Auguste, ont élevé ce monument par ordre de M. Statius Rufus et de Gneius Melissa, duumvirs chargés de rendre la justice, sons le consulat de Publius Silius et Lucius Volusius. »
1 Le titre de Quincmevir répondait, dans les municipes et les colonies, à celui de Censeur à Rome.
2 11 y a évidemment erreur du graveur dans la répétition des sigles I. D. avant et après D. V.
3 On sait que les ministres des temples Camilli, Flaminii, JEdilui, Popw, Victimarii, etc., corn-
Sur une autre base, découverte . près du temple de la Fortune, est gravée une troisième inscription :
TAVRO STATILIO TI. PLAT IL 10. AELIAN. G OS.
L. STATIVS. FAVSTVS. PR0 SIGN0 QVOD E LEGE F0RTVNAE AVGVSTAE MINISTORVM P0NERE DEBEBAT REFERENTE Q. P0MPEI0 AMETHYSTO QVAESTORE BASIS DVAS M ARMORIAS DECREVERVNT PR0 SIGN0 P0NIRET K
« Taurus Statilius et Titus Platilius JElianus étant consuls, Lucius Statius Faustus, qui devait ériger une statue par l'ordre des ministres de la Fortune Auguste, a été, par décision rendue sur le rapport du questeur 2 Q. Ponipeius Amethystus, autorisé à placer au lieu de la statue deux bases de marbre. »
Ces inscriptions, rédigées d'ailleurs fort singulièrement, et, la dernière surtout, contre toutes les règles de la syntaxe, présentent une particularité difficile à expliquer. Nulle part dans les fastes consulaires on ne trouve réunis à la même année les noms de P. Silius et Lucius Volusius Saturninus, non plus que ceux de Statilius Taurus et de T. Platilius yElknus; il est donc impossible de fixer, d'après ces inscriptions, l'époque précise des monuments qui les portent.
Revenons au temple lui-même : il est un des plus ruinés, mais aussi un des plus pittoresques de Pompéi ; il occupe une surface de 2/r,30 de long sur 9m,30 de large; il n'avait point cVarea ni d'enceinte sacrée, et sa façade se présentait sur la rue comme celle du temple de Jupiter sur le Forum. On trouve d'abord un perron de quatre degrés ee, interrompu au milieu par un pulpitum portant un autel rectangulaire f, autrefois entouré d'une grille dont il reste encore des traces; puis, après un repos,
posaient une classe inférieure à l'ordre des prêtres, et que souvent même leurs fonctions étaient dévolues à des esclaves; il en était ainsi au temple de la Fortune à Pompéi. D'ailleurs dans les inscriptions quand le nom est, comme ici, suivi d'un génitif sans les lettres F ou h, initiales des mots filius ou libertus , le mot sous-entendu était presque toujours servus, et c'était par une sorte d'euphémisme qu'on se dispensait de l'indiquer même par une initiale.
1 Les fautes ministorum, basis, marmorias et poniret doivent être attribuées à l'ignorance du graveur.
2 II n'est pas question ici du magistrat nommé questeur, mais d'une espèce de rapporteur ou de trésorier delà fabrique, comme nous dirions aujourd'hui.
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neuf autres degrés conduisant au pronaos g, soutenu jadis par quatre colonnes corinthiennes de marbre blanc à la façade , et une colonne et un pilastre en retour à chaque aile. Plusieurs chapiteaux ont été retrouvés.
Temple de la Fortune.
Les murs de la cella h, ornés extérieurement de pilastres, s'élèvent encore jusqu'à la hauteur de lxm, 50 et forment une enceinte de 7'", 10 de largeur, sur 10'", 85 de profondeur. Ils étaient revêtus de plaques de marbre , sur l'une desquelles on trouva ce fragment d'inscription :
....AVGVSÏO CAESARI PAKENTI PATRIAE
Le fond du sanctuaire s'arrondit en forme de niche et présente au milieu le piédestal de la déesse entre deux pilastres corinthiens.
A l'intérieur lés murs de la cella, jadis revêtus de marbre, présentent quatre autres niches qui contenaient sans doute les statues de divers membres de la famille Tullia ; on n'en a trouvé que deux : l'une représentant une matrone portant le long vêtement appelé tunica talaris, et l'autre un magistrat couvert d'une toge, que l'on a cru être Cicéron luimême. Les cheveux, la face et les yeux de celle-ci avaient été peints, et la toge était de couleur de pourpre. La tête de la statue de femme avait été évidemment changée, sans doute afin d'approprier économiquement une figure déjà existante à une nouvelle destination. La tunique avait une bordure rouge et or 1.
1 Au pied de ce temple , sur la rue de la Fortune , est un trottoir formé de galets ou cailloux roulés; il est presque le seul de ce genre qui ait été trouvé à Pompéi.
Autels. Outre les édifices sacrés que nous venons de décrire, on rencontre souvent dans les rues de Pompéi des autels dédiés, soit aux Lares compîtales ou viales , divinités qui présidaient aux carrefours et aux rues, soit à des divinités d'un ordre supérieur. Tel est l'autel situé dans la rue des Augustals, derrière les prisons (Pl. 10), et qu'un aigle sculpté dans le tympan indique avoir 'été consacré au maître des Dieux 4.
Cet autel est à présent à moitié enfoui sous les décombres, mais on peut en voir plusieurs autres entièrement dégagés. Indiquons seulement celui qui existe dans le Vicolo délia Regina (Pl. 110), en face de la maison d'Adonis ; celui qui est adossé à la citerne publique ( Pl. 27 ) , au carrefour formé par les rues Domitienne et de Narcisse; enfin un quatrième ( Pl. 72 ) , qui existe derrière la fontaine du Quadrioio délia Fortuna.
Les anciens avaient coutume de conserver dans leurs demeures les images des Lares ou Pénales, de ces divinités qu'ils avaient choisies comme protectrices de leurs familles et de leurs foyers. Ces figures, proportionnées par leur dimension à l'exiguïté des habitations particulières, par leur matière à la richesse de leurs propriétaires, étaient des statuettes quelquefois d'or et d'argent, mais le plus souvent de pierre et surtout de bronze.. Quelques personnes les déposaient dans leurs chambres à coucher ou dans des armoires placées dans V Atrium, le Tablinum ou le Tabularium2. Dans certaines maisons plus opulentes, une sorte de chapelle, Sacranum ou Sacellum, était consacrée aux Pénates, comme nous le verrons dans la maison d'Ariane 3 ; mais le plus souvent le Laraire n'était qu'une petite niche plus ou moins ornée située ordinairement au fond du Péristyle ou du Xyste11 et que nous trouverons dans presque toutes les habitations de Pompéi. On voit enfin dans beaucoup de cuisines un autel consacré à Fornaœ, et surmonté de peintures représentant ordinairement un sacrifice à la divinité tutélaire des fourneaux 3.
Souvent aussi les murailles extérieures offrent des peintures religieuses et symboliques; ces peintures sont parfois de quelque importance, et nous
1 Voy. la vignette à la fin du chapitre.
2 V. chap. vin.
a Id. ibid.
4 V. planche vin. Maison du poète.
5 V. la lettre en tète du chapitre.
en verrons une qui retrace les douze principaux dieux de l'Olympe; mais le plus ordinairement elles ne représentent qu'un ou deux serpents à côté d'un autel; ces animaux étaient les emblèmes des Lares compitales ou violes.. Au coin de la rue des Tombeaux et de la rue voisine du mausolée de Mamia, on voyait une de ces peintures au-dessous de laquelle était une brique en saillie qui ne pouvait avoir eu d'autre destination que celle de recevoir une lampe ou des offrandes. Cette peinture, aujourd'hui détruite, a été publiée par Mazois. Une très-belle peinture de ce genre (Pl. 76) , a été récemment découverte à l'angle d'une ruelle donnant sur la rue du Quadrivio délia Fortuna. Un autel se trouve au-dessous et dut avoir le même emploi que la brique dont nous venons de parler.
Chez les Romains cette représentation, placée sur le mur d'un édifice, avait la même signification que la croix peinte aujourd'hui dans les rues d'Italie ; c'était une prohibition de souiller cet endroit. Cet usage est attesté par ce vers de Perse :
Pinge duos angues ; pueri, sacer locus est ; extra Mejite. Perse, sat. I.
« Peignez deux serpents; enfants, ce lieu est sacré; allez plus loin. »
Autel de Jupiter.
Hémicycle de Mauiia.