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et dans la posture plutôt d'un homme qui repose, que d'un homme qui est mort. Pendant ce temps, ma mère et moi nous étions à Misène. Mais cela ne regarde plus votre histoire ; vous ne voulez être informé que de la mort de mon
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oncle. Je finis donc, et je n'ajoute plus qu'un mot : C'est que je ne vous ai rien dit, que je n'aie ou vu ou appris, dans ces moments où la vérité de l'action qui vient de se passer, n'a pu être altérée. C'est à vous de choisir ce qui vous paraîtra plus important. Il y a hien de la différence entre écrire une lettre, ou une histoire; entre écrire pour un ami ou pour la postérité. Adieu. »
La seconde lettre est moins importante, n'ayant trait qu'à ce qui se passait à Misène, où se trouvait l'auteur; aussi nous contenterons -nous d'en extraire quelques passages.
«Après que mon oncle fut parti, dit Pline le jeune1, je continuai l'étude qui m'avait empêché de le suivre. Je pris le bain, je soupai, je me couchai et dormis peu, et d'un sommeil fort interrompu. Pendant plusieurs jours, un tremblement de terre s'était fait sentir, et nous avait d'autant moins étonnés, que les bourgades et même les villes de la Campanie y sont fort sujettes. Il redoubla pendant cette nuit avec tant de violence , qu'on eût dit que tout était
non pas agité, mais renversé! Il* était déjà sept heures du matin, et il ne
paraissait encore qu'une lumière faible, comme une espèce de crépuscule. Alors
1 L. VI. Lettre 20. Traduction par Sacy.
les bâtiments furent ébranlés par de si fortes secousses qu'il n'y eut plus de sûreté à demeurer dans un lieu à la vérité découvert, mais fort étroit. Nous prenons le parti de quitter la ville; le peuple épouvanté nous suit en foule, nous presse, nous pousse; et, ce qui dans sa frayeur tient lieu de prudence, chacun ne croit rien de plus sûr que ce qu'il voit faire aux autres. Après que nous fûmes sortis de la ville, nous nous arrêtâmes; et là, nouveaux prodiges, nouvelles frayeurs. Les voitures que nous avions emmenées avec nous étaient à tout moment si agitées, quoique en pleine campagne, qu'on ne pouvait, même en les appuyant avec de grosses pierres, les arrêter en place. La mer semblait se renverser sur elle-même , et être comme chassée du rivage par l'ébranlement de la terre. Le rivage en effet était devenu plus spacieux et se trouvait rempli de différents poissons demeurés à sec sur le sable. A l'opposite, une nue noire et horrible, crevée par des feux qui s'élançaient en serpentant, s'ouvrait et laissait échapper de longues fusées semblables à des éclairs, mais qui étaient
beaucoup plus grandes La cendre commençait à tomber sur nous quoique
en petite quantité. Je tourne la tête , et j'aperçois derrière nous une épaisse fumée qui nous suivait, en se répandant sur la terre comme un torrent. Pendant que nous y voyons encore, quittons le grand chemin, dis-je à ma mère, de peur qu'en le suivant la foule de ceux qui marchent sur nos pas ne nous étouffe dans les ténèbres. A peine étions-nous écartés qu'elles augmentèrent de telle sorte qu'on eût cru être, non pas dans une de ces nuits noires et sans
lune , mais dans une chambre où toutes les lumières auraient été éteintes Il
parut une lueur qui nous annonçait non le retour du jour, mais l'approche du feu qui nous menaçait; il s'arrêta pourtant loin de nous. L'obscurité revient, et la pluie de cendres recommence et plus forte et plus épaisse. Nous étions réduits à nous lever de temps en temps pour secouer nos habits , et sans cela
elle nous eût accablés et engloutis Enfin , cette épaisse et noire vapeur se
dissipa peu à peu et se perdit tout à fait comme une fumée ou comme un nuage. Bientôt après parut le jour, et le soleil même, jaunâtre pourtant, et tel qu'il a coutume de luire dans une éclipse. Tout se montrait changé à nos yeux encore troublés; et nous ne trouvions rien qui ne fût caché sous des monceaux de cendre, comme sous la neige. »
« Les vents s'assoupissaient, dit Bulwer, l'écume expirait sur l'azur de cette mer délicieuse. Dans l'orient, de légères vapeurs réfléchissaient par degrés les teintes de rose qui annonçaient le matin; la lumière allait reprendre son empire. Cependant, immobiles et sombres se montraient encore dans le lointain les fragments compactes de la nuée destructive, au sein de laquelle des bandes rouges, mais d'un éclat de plus en plus faible, trahissaient les feux encore brûlants de la montagne des Champs-Brûlés. Les murs blancs et les brillantes colonnes qui ornaient cet admirable rivage n'étaient plus. Morne et triste était la contrée naguère couronnée par les villes d'Herculanum et de Pompéi. Ces