A V G. T. VI. C. EXACTA IN CAPITO
« Sous le huitième consulat de Vespasien empereur Auguste, et sous le sixième de Titus, empereur Auguste, vérifié au capitole. »
1 On doit remarquer que souvent les poids et mesures empruntaient la forme des ohjets qu'on
Deux degrés de marbre conduisaient à une arrière-cour où étaient des écuries, et qui avait une porte cochère sur la rue de Narcisse. On y trouva quelques boucles de harnais, les restes d'un char à deux roues, et deux squelettes de chevaux ayant chacun au cou trois clochettes de bronze.
* Fabrique de savon. (Pl. 25. ) On y a trouvé des débris de savon et on y voit sept bassins qui avaient servi à sa fabrication. A côté est la
* Taverne de Phoebus (Pl. 26.), dans laquelle on découvrit une caisse percée au couvercle pour servir de tirelire, les squelettes d'un homme et de deux animaux. Parmi plusieurs inscriptions peintes sur le mur extérieur, on peut déchiffrer celle-ci :
M. HOLCONIVM PRISCVM C. G A V L V M RVFVM II V I R. PHOEBVS CVM EMPTORIBVS SVIS ROGAT.
« Phoebus et ses pratiques invoquent M. Holconius Prisais, et C. Gaulus RufusDuumvirs. »
On trouve ensuite une
Citerne publique (Pl. 27), destinée à suppléer les fontaines lorsque l'eau venait à leur manquer dans les temps de sécheresse. C'est un
Citerne publique.
édicule voûté, ouvert d'un côté, et auprès duquel se trouve un petit autel consacré aux Lares compitales. En avant de cet autel est une fontaine
vendait dans les boutiques où ils étaient employés ; c'est ainsi qu'au musée de Naples, on en voit un ayant la forme d'un porc, qui dut appartenir à un charcutier, un osselet gigantesque qui servit dans une boucherie, etc.
devant laquelle nous tournons à gauche dans la rue de Narcisse, où nous trouvons, après plusieurs habitations insignifiantes, la
Maison des Amazones. (Pl. 28.) Le plan de cette petite habitation est assez singulier ; en effet, elle présente d'abord une petite cour carrée sans compluvium, dont les murs offrent dans le bas un combat de coqs, et au-dessus de jolies figures de danseuses sur fond amarante. A sa place ordinaire est un très-petit tablinum où se voit encore , dans une espèce de niche, un bel Apollon tenant son carquois. Au fond est une sorte d'atrium toscan ayant à ses côtés deux pièces élégamment décorées. Dans la première, on voit encore Bacchus assis sur un tonneau, et en pendant Silène près de son âne ; dans la seconde se trouvent deux charmantes Amazones à cheval, et au milieu une composition fort endommagée, Vénus, F Amour et les Grâces.
A côté de cette habitation on voit le posticum ou porte dérobée de la Maison des Danseuses, dont nous trouverons l'entrée principale sur la rue de Modeste, puis la
* Maison de Narcisse. (Pl. 29.) Découverte en 1811, cette maison doit son nom à une gracieuse peinture qui y fut trouvée l. Son plan est très-simple; le vestibule ou prothyrum est flanqué de deux chambres ouvrant sur un atrium toscan, au milieu duquel étaient une table ronde en marbre portée par un pied cannelé, et un compluvium également en marbre. Au fond de celui-ci est le tablùium entre deux corridors ou fauces, donnant accès à un portique en équerre soutenu par trois colonnes, et formant péristyle de deux côtés seulement. Ce portique enferme un petit xyste à droite duquel est un laraire, simple niche de briques. Sous le portique à gauche sont plusieurs chambres; enfin au fond est le salon, Yœcus, à côté duquel est un posticum ou porte dérobée. On trouva dans cette maison une cassette contenant des instruments de chirurgie, des onguents et même de la charpie, et un vase cylindrique de plomb orné de bas-reliefs, du genre de ceux dont nous avons parlé (2).
Un mur sépare cette habitation de la
* Maison d'Isis (Pl. 30) qui , découverte en 1813, n'offre plus rien de remarquable.
1 Herc. et Pomp., II, pl. 38.
2 V. page 197.
Tournant à droite, au bout de la rue de Narcisse et au pied des murailles, on rencontre la rue de Modeste , à l'entrée de laquelle se présente à gauche la
Maison de Neptune. (Pl. 31). Cette maison fouillée en iSlili est petite et irrégulière, mais elle renferme quelques peintures intéressantes. Au milieu de son atrium toscan, est un beau compluvium en marbre entouré d'une caisse à fleurs en maçonnerie revêtue de stuc peint en rouge; en tête du compluvium sont une table et un puleal de marbre ; au milieu était un piédestal, portant un petit Silène également de marbre. Deux ou trois âmours en bronze furent trouvés autour du compluvium. Les murailles de Y atrium conservent encore des peintures dont la principale, qui adonné son nom à la maison, est un Neptune armé du trident, debout sur le bord d'un bassin. Sur d'autres panneaux on voit des cygnes, des paons et un char attelé d'un chevalet d'un mulet conduits par un lézard.
Dans une petite chambre, à droite du prothyrum, des peintures assez médiocres offrent Ariane donnant à Thésée le peloton qui doit le guider dans le labyrinthe, Apollon et Diane, des Amours et des danseuses. Un petit laraire est creusé dans la muraille. Dans la pièce de l'autre côté du prothyrum, d' autres peintures fort endommagées représentent Diane, Cérès et Vénus. Dans le tablinum, il ne reste que quelques jolis médaillons malheureusement presque effacés, renfermant chacun deux têtes. Les Pompéiens faisaient sans doute grand cas de ces dernières peintures, car on s'occupait de les détacher pour les transporter ailleurs; l'un des médaillons avait déjà été enlevé, et autour d'un autre on avait commencé à entailler la muraille pour l'enlever également.
Plus loin, à droite de la rue de Modeste, se trouve la
* Maison des danseuses. (Pl. 32), découverte en 1809. V atrium ne présente qu'un compluvium de pierre ; il n'a point de chambres sur ses côtés; les peintures qui décoraient ses murailles ont entièrement disparu; parmi elles étaient quatre charmantes danseuses desquelles la maison a emprunté son nom. La disposition de cette habitation est exceptionnelle; le tablinum étant reporté vers la gauche, le corridor, fauces, fait face au prothyrum, et à sa droite se trouvent deux chambres adossées ouvrant l'une sur X atrium, l'autre sur le péristyle. Dans le tablinum dont le centre est pavé en mosaïque, on voit une peinture médiocre représentant Méléagre et Alalante. Derrière le tablinum est un assez beau péristyle dont
le portique entourait de trois côtés un petit jardin au fond duquel est un joli laraire surmonté d'un fronton soutenu par deux colonnes ; à droite, un grand triclinium n'a conservé de ses peintures qu'un Persée montrant à Andromède la tête de Méduse réfléchie dans Veau1. A côté du triclinium se trouvent une élégante chambre à coucher et un posticum ouvrant sur la rue de Narcisse. On a découvert dans cette maison un beau vase de bronze et un grand candélabre composé de deux tubes carrés rentrant l'un dans l'autre, ce qui permettait de hausser et baisser la lumière à volonté. La base, formée de trois griffes, se pliait de la manière la plus ingénieuse et se remontait au moyen d'une clavette suspendue à une chaînette de bronze, qui conserve encore une étonnante flexibilité2.
* Maison des vases de verre. (Pl. 33). De l'autre côté de la rue de Modeste, presque en face de la Maison des danseuses, est une maison découverte en 1841 et 1842, remarquable par son beau péristyle au milieu duquel s'élevait une treille, pergula, portée par quatre colonnes peintes à l'imitation d'écaillés de couleurs variées. Au fond du péristyle est un joli monopodium 3 de marbre blanc, et à gauche sous le portique se voit un massif qui porta un coffre-fort. A côté de l'exèdre est un triclinium où se trouvent encore plusieurs peintures représentant des poissons et des sèches. On a trouvé dans cette maison quatorze ou quinze vases de verre de diverses grandeurs.
Un peu plus loin, du même côté de la rue, se présente la Maison des fleurs. (Pl. 34), dans laquelle on entre par le posticum, la porte principale ouvrant sur la rue de la Fullonica. Cette habitation, fouillée en 1809, doit son nom aux gracieuses peintures qui la décoraient, parmi lesquelles étaient des femmes portant des fleurs dans les plis de leurs draperies. On y trouva une mosaïque représentant un sanglier poursuivi par un chasseur et par un chien qui le tient déjà par les oreilles; au-dessus on lisait cette inscription : FESTVS GVM TORQVATO ; quelques antiquaires croient y voir les noms des auteurs de la mosaïque; ne doit-on pas plutôt y reconnaître ceux du chasseur Festus et de son chien Torquatus? Cette hypothèse me semble d'autant plus admissible , que le
1 Herc. et Pomp., III, pl. 97.
2 Ibïd. VII, pi. 25.
3 Table à un seul pied.
nom de Torquatus, porte-collier, est très-convenable pour un chien. Audessous de la chasse était représenté un combat de coqs1.
* Maison de Modeste. (Pl. 35). Cette petite habitation, découverte en 1808, fait le coin de la ruelle de Mercure et de la rue à laquelle j'ai donné son nom ; elle dut appartenir à un négociant dont le nom eût été parfaitement approprié à sa demeure s'il se fût réellement nommé Modeste; malheureusement rien n'est moins certain, car ce nom a été emprunté à une inscription en lettres rouges, MODESTVM, qui se lit, non pas sur la maison même, mais en face, de l'autre côté de la rue et sur la muraille de la maison de Salluste. On suppose que ce Pompéien était marchand de liqueurs; telle est du moins l'opinion de ceux qui crurent voir une enseigne dans une peinture extérieure d'un mérite médiocre représentant Ulysse repoussant le breuvage fatal que lui offre Circé. Cette peinture est aujourd'hui détruite, mais Mazois nous l'a conservée par la gravure. Dans l'atrium est un compluvium entouré d'une caisse à fleurs en maçonnerie; on y voit aussi les premières marches d'un escalier. Au fond du lablinum, pavé en mosaïque, une peinture presque effacée représentait Phryxus et Relié.
Suivant la ruelle de Mercure, on trouve au coin de la rue de la Fullonica la
Maison d'Hercule. (Pl. 36). Sa façade bizarre offre un grand mur couvert de losanges rouges, blancs et jaunes ; on y lit à droite cette inscription :
M. OLCONIVM R V F V M A ED. SERINVS.
« Scrinus vous prie de faire Edile M. Olconius Ruî'us » 2.
En entrant dans la maison, on voit à droite au fond de Y atrium un grand œcus richement décoré de peintures dont les principales sont des musiciennes, Jupiter, Junonet Vénus, composition qui a beaucoup souffert, enfin Hercule assis appuyé sur sa massue, et Iole debout posant la main sur
1 Cette mosaïque avait été donnée par Ferdinaud IV à son fils le prince de Salerne. A la mort de celui-ci, elle a été portée au musée où elle n'est qu'en dépôt, mais où sans doute elle restera.
'2 On rencontre souvent dans les inscriptions de Pompéi les trois sigles 0. V. F. séparés ou réunis comme ici en un seul signe On a cru longtemps devoir les traduire par orat ut faveat. Selon le P. Garrucci (Questioni Pompeiane, p. 35 \ c'est une formule de vote en faveur d'un candidat, et on
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son épaule1. Au fond duxyste est un laraire en forme de niche dans lequel sont peints le serpent symbolique et deux ministres tenant les vases d'eau lustrale.
Par la rue de la FùUonîca, on arrive à la
Maison du poète. (Pl. 37.) L'habitation désignée sous ce nom et quelquefois aussi sous celui de Maison d'Homère à cause des peintures tirées de l'Iliade qui la décoraient, est située sur la rue des Thermes, en face de cet établissement et à l'angle de la rue de la Fultonica, qui la sépare de l'habitation de Pansa ; elle fut déblayée de 1824 à 1826. Il est probable que, malgré sa dénomination moderne, elle ne fut autre chose que la demeure d'un riche joaillier; en effet, les deux boutiques 1 et 2 qui se
Plan Je la Maison du Puëte,
trouvent à la façade communiquent avec le prothyrum au lieu d'être indépendantes, et dans ces boutiques on a trouvé un grand nombre de bijoux; entre autre deux colliers d'or, une corde d'or tressée sans soie, quatre bracelets imitant des serpents, dont l'un ne pesait pas moins de deux cent
doit lire orat vos faciatis ou orat ut faciatis, vous prie de faire... A l'appui de son opinion il cite cette inscription :