Lettres sur les découvertes d'Herculanum, IV partie
INTRODUCTION IlISTORIQUn:.
Hcurousonicnl (oui \o. bronze no fut pas employé à celle desliiialion cl, (les débris qui leslaienl, on esl parvenu depuis, »'» force de palience el de talent, à composer un maj,nHn(iue clieval, qui est anjourd'liiii un des inorceaux les plus précieux du musée de Naples, où Ton conserve aussi quelquesunes des figures de demi-relief (jui ornaient le chai- lui-même.
Cheval (h^ hronxe du lliéAtre d'IIerculanuin.
Cependant les excavations prolongées à une profondeur de vingtquatre mètres, dans un massif très-dur, et sous les villes de Porticl et de Résina, étaient fort difficiles et entraînaient des frais considérables; aussi les travaux marchaient-ils très-lentement. En 17/i8, un laboureur creusant un sillon sur le sol de Cività, près du Sarno, heurta une statue de bronze du soc de sa charrue; on se rappela alors que déjà, en 1689, des paysans avaient trouvé en ce lieu quelques débris antiques, un trépied et un petit Priape de bronze; le terrain fut acquis par le gouvernement et des fouilles furent commencées. Pompéi était découverte ! Bientôt on reconnut qu'à peu de frais on pourrait la dépouiller tout entière de son linceul de cendres, et de ce moment Herculanum fut presque entièrement abandonnée.
Sous la direction de don Rocco Alcubierre, gentilhomme au service du roi Charles III, les travaux commencèrent en avril 17/^8, du côté de la Torre Annunziata avec douze ouvriers seulement, et dès le 6 on découvrait une belle peinture représentant des guirlandes de fleurs et de fruits, une tête
24 rOMPI'IA. ^
(riioinrnc cl des oisciiix, pciiihiic (|u'()m enleva avec la niurailh^ h' 18 on trouva le |)i('niii'r cadavre.
^ Dans le piincipe on piil Ponipi'i ponr Slabies, puis on crul n'avoir
(l(''con\erl (iiiiin groupe de maisons isolées, et ce n'es! qnc; le 27 novenihi'e 175() ([ne, dans le journal des rouilles, on voit appai'aîli'e poui" la preinièi-e lois le nom de Poni])rinn(i ([u'avail cependant conservé un des eliam[)s qui recouvraient la ville anti(iu(; '. Quand Teri-eui' lut reconnue; on lit aussi quelques tentatives sur Stables; mais la cherté des teriains et le peu d'importance des objets (jue l'on dc'couvrit dans celte petite ville y liient renoncer, et tonte l'attention du gouvernement se concentra sur Pompéi. On se contenta d'abord de déblayer les édifices pour en retirer tout ce (ju'ils pouvaient contenir-; puis on les recouvrait avec le produit des Touilles
^ des constructions voisines. Lorsque, le 7 avril 17G0, l'empereur Joseph il visita Pompéi en compagnie du roi de Naples Ferdinand l*^^', il exprima un très-vif regret de l'adoption d'une marche semblable ; le directeur des fouilles, D. Pietro La Vega, lui répondit « qu'on avait procédé ainsi quand on ne croyait pas avoir rencontré une ville, mais que depuis six ans environ, une inscription ayant fait reconnaître Pompéi, on avait commencé à laisser les édifices découverts, tandis qu'auparavant on ne s'occupait que de former un musée. »
Dans cette même visite l'empereur, ayant appris que trente ouvriers seulement étaient employés aux fouilles, avait insisté très-fortement auprès du roi , son beau-frère, pour que ces travaux fussent poussés avec plus d'activité, disant (( qu'on devrait y mettre trois mille hommes, que rien de semblable n'existait dans les quatre parties du monde, et que de telles recherches seraient la gloire d'un règne. » Il ne paraît pas que ces généreuses paroles aient eu une grande influence sur l'esprit de Ferdinand P^ car nous trouvons .dans le joui'nal des fouilles que les dépenses totales affectées à Pompéi furent, en 178/t, d'environ 8,9/i5 francs; en 1788, de 9,285 francs, et en 1789, de 10,312 francs.
A l'approche de l'armée française les travaux furent entièrement suspendus et tous les ouvriers congédiés dès le 5 janvier 1799, et le 23 du même mois Championnet entrait dans Naples, où il organisait cette république parthénopéenne qui devait avoir si peu de durée. Pendant son court séjour, et malgré ses nombreuses préoccupations, le général français n'oublia pas Pompéi, et par ses ordres furent découvertes les deux maisons qui ont conservé son nom. Les travaux furent suspendus de nouveau pendant la réaction sanglante qui suivit la chute de la république parthénopéenne, arrivée le
1- Pf)MPEiANAr.uM ANTiQiiiTATUM HiSTORiA , CLiraiite J. Fior.ELLi cdita. INEAPOt.r 18GU. 2. Tout était porté au palais de Portici.
^ I.NTUO DICTION II ISTO lUQL K. i:>
17 juin (le hi inrmo amn'c, v[ ils ne lnrciil pas r('[)iis pciidaiil hi [)roiniùe leslauralion do Fonlinaïul K', de ISOO à 180G.
Nommé roi de Napl(îs par décrol impérial, Josopli Napoléon lil, le 11 mai 180G, son enlrc'o solennelle dans celle ville (pi'il devait quiller le 23 mai 1808 pour monter sur le trône d'i'^spagne. Pendant ce rèj^ne do deux années, les travaux recommencèrent à Pompéi le 5 octobre 1807, et avec quelque énergie, grAce à l'intérêt que portait à ces reclicrclies le toutpuissant minisire de la police, Clirislophe Saliceti; 6,000 ducats (25,000 francs) y lurent affectés, et les surveillants et ouvriers atleignirenl !<• nombre de 156; mais il faut ajouter que parmi eux on comptait quantité d'enfants et que ce chiffre ne fut pas toujours maintenu. Enfin en 1808 commença pour Pompéi "^ la plus heureuse des périodes. Murât fut appelé au Irône de Naples et la nouvelle reine, Caroline, si difféi'enle de celle qui l'avait précédée, prit en ([uelque sorte sous sa direction ces travaux qu'elle venait visiter presque toutes les semaines ; 2,000 ducats (8,500 francs) y furent consacrés par mois et le nombre des travailleurs, tant ouvriers civils (juc sapeurs du génie, dépassa parfois six cents, surtout en 1812 et 1813.
Après la seconde rentrée de Ferdinand P' , en juin 1815, les travaux continuèrent quelque temps avec une certaine activité; mais dès 1819 nous voyons le nombre des ouvriers réduit à quinze ou vingt; en 1821 il n'est plus que de trois ou quatre, et trop souvent même faute de fonds les fouilles sont complètement suspendues. Elles marchèrent lentement, mais enfin elles marchèrent sous les règnes de François P' et de Ferdinand II. Rien ne marqua le passage de François II sur le trône de Naples : les travaux furent entièrement suspendus du 1^' janvier au 19 décembre 1860. Enfin sous le^^ règne de Victor-Emmanuel II et depuis qu'en 1860, la direction des fouilles a été confiée au savant commandeur Fiorelli, une nouvelle ère de prospérité s'est ouverte pour Pompéi et nous trouvons dans les premiers mois de 1861 jusqu'à 500 ouvriers employés aux fouilles. Malheureusement celte ardeur ne s'est pas soutenue ; mais si on peut regretter que des fonds plus considérables ne soient pas consacrés à ces recherches, l'intelligence, la régularité avec laquelle elles sont conduites, la propreté et l'entretien des parties découvertes, l'organisation toute militaire des gardiens qui en a fait un corps honorable, enfin la création de l'école d'archéologie étahlie à Pompéi même mériteront au gouvernement italien la reconnaissance et les éloges de tous ceux qui s'intéressent à la science archéologique.
Les différentes couches qui recouvrent la ville des Morts, coinme l'appelait-Walter Scott, forment une hauteur totale de 5"',50 environ composée de cendres, de lapillo et d'un peu de terre végétale, dont l'épaisseur varie de 0'",22, à 0'",60. Le travail est donc très-facile, le lapillo se remuant à la pelle et presque sans le secours de la pioche. Aussi notre impatiente curiosité
s'(''l()iiii('-l-('ll(' (le ne [)as voir pousser les travaux avec plus d'aclivilé; il nous larde d'aNoir le mol (l<' lanl d'c-niji^nies (jue les di'couverles (jui reslent à l'aire doiveiil plus lard e\i)li(iuer ; mais peuL-èlre aussi esl-il heureux de voir procéder avec soin au (h'veloppeuicnl des handelellcs (jui recouvrent encore celle citi'-Dioinic. Celle lenteur même est une j^aranlie pour la conservation lanl des monumeuls mêmes (|ue des objets si précieux, qui s'y renconli-ent à cha(iue pas. D'ailleurs si, tout eu déplorant le sort des infortunés Pompéiens, nous ne pouvons nous d(*lendi-e d'une sorte de jouissance secrète en retrouvant, après dix-huit cents ans, une ville que le Vésuve nous a conservée pendant tant de siècles, il y aurait peut-être un égoïsmc coupable envers les générations futures à regretter ne ne pas contcnq)ler aujourd'hui la totalité de la ville. En effet, à moins d'une nouvelle catastrophe, ce que nous voyons maintenant, ne pouvant plus échapper au sort comnmn, doit bientôt disparaître pour toujours ; mais si les excavations continuent à être faites avec la même lenteur, il est réservé à nos descendants d'hériter de ce que nous n'aurons pu leur ravir. Les générations à venir auront même sur nous cet avantage, qu'en jouissant du spectacle de leurs nouvelles découvertes, elles pourront rétablir à l'aide de nos travaux ce qui aura disparu et composer ainsi un ensemble complet dont nous sommes privés.
Peinture de la maison de Castor et PoUux.
E. BKf , r
Fontaine «les Propylées, ou entrée du Forum trianjju'aire.