Suétone. Caligula, XXVI
TllEATUKS.
en trouvons la preuve clans le trait de cruauté de Galigula que nous venons de rappeler d'après Suétone. Le rclariuni devait encore s'étendre au moyen de poulies et de cordages, [)uisque , selon Lampridius, une compagnie de matelots, habitués à la manœuvre des navires , était attachée à son service. La plupart des théâtres et des amphithéâtres présentent, ainsi que je l'ai dit, dans leur partie supérieure, des modillons en pierre pour les poutres du velariiun. D'après ce qui subsiste, le Cotisée; dont le diamètre est de 191"\327, dut avoir deux cent quarante modillons et un nombre égal de poutres. C'est d'après ces indices que M. Borgnis, dans son Traité de Mécanique appliquée aux arts, a proposé son procédé d'établissement du velariuni. Au centre du Colisée serait un ovale de 32'", 483; il serait formé de trois rangs de madriers superposés, pleins sur joints et liés par des boulons au nombre de cent vingt , portant à leur partie supérieure des anneaux , qui recevraient chacun deux cordes, répondant aux poulies fixées au sommet de deux cent quarante poutres placées au faîte du monument.
Poutres du Velarium.
On conçoit qu'en tirant ces câbles, l'ovale devait s'élever, et qu'il était facile de disposer sur ces cordes les toiles du velarium. Chaque voile ayant la forme d'un trapèze eût porté en dessous un certain nombre de tringles parallèles, ayant des anneaux que les grandes cordes eussent enfilées. De cette manière, une autre corde, s'enroulant d'un bout sur une poulie et attachée de l'autre à la partie inférieure du trapèze , eût fait remonter, lorsqu'on voulait le fermer, le velarium j, qui, pour s'ouvrir, retombait de son propre poids. J'ai cru qu'on me saurait quelque gré d'avoir fait connaître ce procédé ingénieux, qui, avec quelques légères modifications, peut s'appliquer également aux théâtres; il paraît
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fort pralic.ihli', mais, fauto (l(;s dociininnls nécessaires, nous ne pouvons alliiMUcr d'umî manière posili\(' cpTil soit celui (jui était employé par l(\s anciiMis. L()i-s(iiril s'élevail un grand vent, il était souvent impossihleih^ tiMu'r le rcldriinii IcMidu; aussi IMartial dit-il dans une de ses épii2;rannnes :
In l'otnpeidno Icclus speclabo Ihcai.vo , Nam populo venins velu necjdie solel.
« J'assisterai (-(mvi-rt au thràlrc (Id Poiiiix'c, rar h; vent refuse presque toujours au peuple Tahri du VcUirinni. »
Revenons aux théâtres, dont je me suis écarté un instant. Dans cette mémo partie supérieure d'où s'étendait le vclarium , on suspendait, pour rendre la voix des acteurs plus sonore, des espèces de cloches d'airain ou de terre cuite, nommées echea, dont l'ouverture était tournée vers le bas , du côté de la scène. Les echea étaient de proportions différentes, de manière à former des accords de musique. La voix, en frappant leur cavité, produisait ainsi un son plus clair, plus nourri et plus harmonieux \
Les étages de gradins étaient eux-mêmes divisés, par des escaliers rayonnant autour du centre, en portions ciue leur forme avait fait appeler y.ep/.u^s; , navettes, cunei, coins. Quand un citoyen, n'ayant pas trouvé de place dans les cunei^ était obligé de se retirer ou de rester debout dans les escaliers, on disait qu'il était excimeatiis. On reconnaît à des marques très-visibles que, dans le grand théâtre de Pompéi, la place réservée à chaque spectateur était large de 0'",35. Une sorte d'huissier nommé designator était chargé d'indiquer à chacun la place qu'il devait occuper-.
Les escaliers étaient ordinairement au nombre de sept dans les grands théâtres. Quand l'édifice était adossé à une montagne, les escaliers en descendaient ordinairement jusqu'à l'orchestre, et c'était de cet orchestre, dans lequel on pénétrait par deux grandes entrées latérales ou vomitoires, vomitoria^ que l'on montait aux gradins les plus élevés.
\. ViTr.uvE. L. V, c. 5.
2. (( Que le désignateur ne passe pas devant les spectateurs. »
Neu desirjnaior prœler os obambuict.
Plaute. Pœnulus. Prolog.
Le P. Garrucci croit reconnaître un designator dans une figure tenant une baguette, gravée cà la pointe sur une colonne. (Inscriptions gravées sur les murs de Pompéi.)
THl'^ATRnS. :209
Telle était la disposition des théâtres de Cysthèiie , de Telmessus, etc. Les deux grands vomitoircs de l'orchestre étaient parfois, comme à Pompéi , surmontés de tribimcs réservées, appelées podimit. Dans d'autres théâtres, les escaliers s'arrêtaient au gradin ({ui était le plus voisin de l'orchestre, et en étaient sépares pai* un mur d'appui et dans ce cas, les portes, ou vomitoircs, étaient ouvertes dans le portique, à la partie de l'édifice la plus élevée sur la montagne, à laquelle on arrivait par des chemins tracés à cet elTet. Il en était ainsi à Tindaris, à Syracuse, à Gatane, à Taormina, etc. Quelquefois ces deux modes d'entrées se trouvaient réunis , comme aux théâtres de Ségeste et d'Orange. A Lillebonne, on parvenait au haut des gradins par un escalier pratiqué derrière le théâtre. Quant aux théâtres entièrement isolés, on y entrait, comme dans les amphithéâtres, par des escaliers qui, ménagés dans l'intérieur de la construction qui soutenait les gradins, venaient aboutir aux divers étages de précinctions.
Les cinq ou six premiers rangs de l'amphithéâtre se trouvaient, comme le parterre des modernes, à un niveau inférieur à celui de la scène, dont ils étaient séparés par l'orchestre, qui était la partie semicirculaire comprise entre le x.oT)^ov, ou cavea et la ligne du proscenium ou avant-scène. Selon Barthélémy, ^ il n'était permis à personne de rester dans cet orchestre qui répondait à notre parterre , l'expérience ayant appris que, s'il n'était pas absolument vide, les voix se faisaient moins entendre. Ceci est évidemment une erreur qui a échappé à l'illustre antiquaire; l'étymologie même du mot dément son assertion. Le mot 6p7;/;GTpa vient du verbe 6p/£oaai, danser; il est donc positif que, dans certains cas, des danses étaient exécutées dans l'orchestre. Nous savons d'ailleurs que souvent le chœur des chants se plaçait dans l'orchestre. Au milieu était la thijmèle^ petit autel sur lequel on sacrifiait à Bacchus au commencement du spectacle; c'était le point central autour duquel était tracé le demi-cercle du y.oî>ov. Cet autel avait des degrés sur lesquels se plaçait quelquefois le chœur; alors le coryphée montait sur la partie supérieure de 'la thymèle , qui était de niveau avec le pulpitiun , dont je parlerai bientôt. Millin pense que la thymèle pouvait servir aussi de tribune aux magistrats et aux généraux qui