‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 119 sur 293 · ViTuuvE. L. V, c. G · texte numérisé non relu

ViTuuvE. L. V, c. G

3. « La hauteur du pulpitum ne doit pas être de plus de cinq ])ieds, afin que ceux qui sont

assis dans l'orchestre puissent voir tout ce que font les acteurs. »

Ibid.

TIlf-lATRES. 'i\\

Ce serait chez nous l'espace compris entre le rideau et la rampe; c'était là que se tenaient les acteurs.

Lln/poscenium était le dessous du théâtre.

i.a scène proprement dite correspondait à notre toile de fond, avec cette dilTérence que c'était une construction solide, embellie des plus riches ornements de l'architecture. Sa largeur était double de celle de Torchestre; elle présentait trois portes; celle du milieu, ordinairement à plein cintre, s'appelait aida regia^ la porte royale; elle conduisait au palais du pi'incipal personnage chez lequel le drame se passait. Les deux autres portes , plus petites et rectangulaires , portaient le nom tVhospitales y parce qu'elles servaient aux hôtes ou étrangers. Le mur de la scène d'Orange présente une sorte d'alcôve ou de renfoncement au milieu duquel s'ouvre la porte royale, et qui probablement avait pour but de renvoyer vers la cavca la voix des acteurs. Cette construction de la scène faisait retour sur les côtés pour circonscrire l'espace réservé à l'action, et sur ces ailes, appelées versurœ^ étaient ouvertes deux autres portes, dont l'une était supposée conduire au port, et l'autre à la campagne.

Dans le principe, la scène n'avait d'autre ornement que ces colonnes j ces bas-reliefs, ces statues, qui étaient établis à demeure. Un artiste, nommé Agatharcus, conçut l'idée des décorations au temps d'Eschyle, et dans un savant commentaire il développa les principes qui avaient dirigé son travail. Ces premiers essais furent ensuite perfectionnés, soit par les efforts des successeurs d'Eschyle, soit par les ouvrages qu'Anaxagore et Démocrite publièrent sur les règles de la perspective. Les anciens avaient aussi poussé assez loin l'art du machiniste, mais la description de leurs machines théâtrales m'entraînerait dans une digression que les bornes de cet ouvrage me prescrivent d'éviter.

Le postscenium , ou Trapac/.r'via, était le derrière et les côtés extérieurs de la scène; c'était le lieu où les acteurs s'habillaient, et où se préparait tout ce qui était nécessaire aux représentations. Derrière le postscenium étaient ordinairement des portiques, des jardins, ou une place publique. Le rideau, siparium ou aulœum^, paraît n'avoir été

1. On désignait par le mot siparium le rideau de la comédie, et par aulœnm celui de la

•il-) POiMPElA.

usilc ([lie chez les llom;iiiKs. I.orsciue le spectacle commençait, au lieu (le lever la t(jile, comme chez les mo(Jerncs, on la descendait en la faisant entrer ou glisser par une coulisse dans V/njposcenium. Ces rideaux peints repr(jsentaicnt en g(3n6ral des scènes historiciues. Ovide , dans le tV livre des Mélatnorp/ioses , dit :

Sic, ubi lolluntur festis aulœa thealris, Surgere siyna soient, primunuiue ostendere vultus , Cœtera paulalim; placidoque cducla tenore Tota patent, imoque pedes in marfjine ponunt.

Ainsi, lorsqu'au théâtre un ridciau se d('roulc, Des figures qu'il peint aux regards de la foule Le visage, les bras, et le buste, et les pieds S'élèvent par degrés, tour à tour déployés.

Les premières pièces de théâtre furent représentées à Rome l'an 391 de sa fondation (363 avant J.-G.) , à la suite d'un vœu fait aux dieux pendant la peste qui avait ravagé Rome deux ans auparavant et coiité la vie à Camille, le vainqueur de Brennus*.

Longtemps les théâtres , comme je l'ai dit , furent en bois et temporaires; les spectateurs étaient debout. Marcus Emilius Lépidus fut le premier qui fit bâtir un théâtre avec des sièges. Les plus magnifiques de ces constructions précaires furent les théâtres que Scaurus et Curion élevèrent vers la fin de la république. Scaurus, gendre de Sylla, y dépensa des sommes énormes ; Curion , désespérant de le surpasser en magnificence, voulut se distinguer au moins par la singularité : il érigea

tragédie. 1\ paraît que le premier était un double rideau qui s'ouvrait en se tirant comme ceux de nos fenêtres; Vaulœum seul rentrait dans l'hyposcenium. Quelquefois aussi les deux sortes de rideaux étaient réunies, témoin ce passage d'Apulée : Aulœo subducto et complicitis sipariis scena disponetur. Métam. L. X.

1. " Ce fut durant cette peste qu'on introduisit à Rome les jeux scéniques, autre peste plus funeste encore, non pour les corps, mais pour les âmes. »

In hdc pestilenlid scenicos ludos aliam novam pestem, non co>poribus Romanorum, scd quod est mullà perni-

ciosius, moribus intulerunt.

Saint Augustin. De civitate Dei. L. III. c. 17.

Tertullien ne se déchaîne pas avec moins de violence contre l'introduction des jeux de la scène et de l'arène :

« Nous renonçons sans peine à vos spectacles ; pleins de mépris pour tout ce qui s'y passe, nous ne les réprouvons pas moins que les superstitions d'où ils tirent leur origine. Nous n'avons rien de commun avec les folies du Cirque, avec les impuretés du théâtre, avec les cruautés de l'arène, avec les vains exercices des athlètes. ISihil est nobis cum insanid circi, cum impudicitid theatri, cum alrocitate arenœ, ciun xysti vanitale.

Apolo'jet. XXXVIII.

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deux théâtres adossés l'un à l'autre, qui, lorsque les représentations de la scène furent terminées, tournèrent sur pivot avec tous les spectateurs qu'ils contenaient, et, se réunissant, formèrent un amphithéâtre où furent livrés des combats de gladiateurs.

Déjà, en l'an de Rome 599 (155 avant J.-C.) , le censeur Cassius avait entrepris d'élever un théâtre à demeure entre le Lupercal et le mont Palatin; mais l'austérité des mœurs romaines et la fermeté du consul Scipion Xasica s'étaient opposées à la construction de cet édifice \ C'était au grand Pompée qu'il était réservé de doter Rome de son premier théâtre de pierre, qui fut dédié l'an de Rome 699 (55 avant J.-C.) '. Il imita, dit Plutarque, le théâtre de Mitylène, mais sur une bien plus grande échelle, puisque le sien pouvait contenir quarante mille spectateurs.

Bientôt les théâtres se multiplièrent dans la métropole; la passion des jeux scéniques gagna les provinces, et il n'y eut plus une petite ville qui ne possédât un théâtre plus ou moins vaste selon sa population. Pompéi en eut deux que Ton désigne sous les noms de l'Odéon et du Grand Théâtre ou Théâtre tragique.

Odéo.x (Pl. U). Placé, suivant la prescription de Mtruve, dans le voisinage et à gauche du Grand Théâtre % TOdéon était un édifice couvert destiné aux représentations musicales \. aux répétitions dramatiques, aux concours poétiques et probablement aussi aux spectacles d"hiver "' ; celui de Pompéi % reconnu pour la première fois le 23 mars 1769", ne fut déblayé que de 1793 à 1796; il pouvait contenir quinze cents spectateurs. Sur le mur qui le séparait du Grand Théâtre, on découvrit le 13 mai 1769 ^ une inscription qui a été remplacée par une

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