L. IV, Carm. I
« Sois heureuse, et que des images triomphales accompagnent tes funérailles. »
Esta beata, fxinus atque imagines
Ducant triumphales tuum.
HOKACE, Epod, Carm. VIII.
« Qu'elle soit belle, décente, riche, féconde ; qu'elle étale sous ses portiques d'antiques images
de ses aïeux »
Sit forynosa, decens, dives, fccunda, vetustos
Porticibus disponat avos
JUVÉNAL, Sat. VI.
« Que sert, ô Ponticus! d'être issu des plus antiques races, et de montrer les portraits peints
de ses ancêtres? »
Quid prodest, Pontice, longo
Sanguine censeri pictosqne ostendcre vultus ?
Id., Sat. VIII.
« C'est en vain qu'un vestibule m'offre de toutes parts d'anciennes effigies; la vraie noblesse,
c'est la vertu. Sois Paulus, Drusus ou Cossus par tes mœurs; préfère-les aux images de tes
ancêtres. »
Tota licet veteres exornent undique cerce
Atria, nobililas sola est atque iinica virtus.
Paulus, i-el Cossus, vel Dntsus moribus cslo ;
tlos antè efpgies rnajorumpone tuorum.
Ibid.
«( Plus ces images, dit Plutarque [Proh. IG), étaient dégradées par le temps, plus elles inspiraient d'orgueil et de respect. »
iMAISOiNS KT HOUTIOUES. 2.j7
rappellent encore aujourd'hui les salles entourées de divans des habitations de l'Orient. Le pavé de ces salles est orné de grecques ^ et de losanges formés de petits cubes de marbre blanc incrustés dans de Vopus si(/ninu))i.
Montant deux degrés au fond du tabliinuii, on entre dans la partie privée où le vulgaire n'était point admis. « Les conversations de Valriinn n'arrivent pas jusqu'au péristyle », a dit Térence.
D'abord se présente en effet le péristyle, I I I I, cour entourée d'un portique soutenu par seize colonnes , présentant beaucoup d'analogie avec Vatrium^ mais toujours plus étendue et plus richement décorée. Celui-ci a 20'%15 sur 13'",10. Les colonnes, hautes de 4'", 70, étaient primitivement d'ordre ionique, et, quoiqu'elles fussent de simple pierre volcanique, elles étaient cannelées; on les recouvrit plus tard d'une couche de stuc et on ajouta des feuilles au chapiteau, qui devint ionique composite. Le tiers inférieur du fût est peint en jaune ; le reste est recouvert de stuc blanc. Entre les deux premières colonnes
Puteal.
de chaque côté étaient deux margelles ou puteal dont une seule est encore en place et qui permettaient de puiser l'eau dans la citerne qui régnait sous le péristyle-. Dans beaucoup de maisons, en avant de
1. Cet ornement ainsi appelé par les modernes portait chez les Romains le nom de Lacunar, et chez les Grecs celui de <I>aT/tô[jLa, de i^iv^r,, alvéole.
2. Ces citernes, que nous rencontrons dans presque tous les édifices publics ou privés de Ponipéi, étaient généralement formées d'une sorte de béton auquel Vitruve donne le même nom qu'au pavage dont nous avons parlé, celui d'opus signinum: seulement, la recette que Vitruve nous a transmise pour le béton des citernes diffère de celle donnée par Pline pour le pavage : « Il faut, dit-il, avoir de bon sable, le plus net et le plus âpre que Ton pourra trouver, des cailloux cassés qui ne pèsent pas plus d'une livre chacun; et, avec la plus forte chaux que Ton pourra faire, on composera un mortier qui aura deux i>arties de cette chaux avec cinq parties de sable. A ce mortier l'on mêlera les cailloux ; on jettera tout cela dans une tranchée qui sera de la profondeur que deit avoir la citerne, on le battra arec de gros leviers ferrés par le bout, et Ton fera ainsi les quatre murailles. Ensuite on videra la terre qui est au milieu jusqu'au bas des murailles, et, le fond étant bien aplani, on le recouvrira du même mortier, que l'on battra bien, pour en faire le pavé auquel on donnera une épaisseur convenable. » L. VIII, c. G.
clia((ii(^ coloiiiio, s'rlovait un pirdestal porlaiit une statue; souvent aussi rcnlre-colonni^nicnl du péi-isU le clail rempli [);ir un petit mur à liauteur (l'appui appclt' />////('//.v, sur le([uel on posait d(\s vases de fleurs, ou qui parfois riait iui-uKMïie évidt'i pour recevoir de la I(m-i"(^ et des arbustes.
Au centre du i)éristyle est un bassin, piscina, de 2'", 05 de largeur sur r)"',f|() de longueur et environ '2 mètres de profondeur, dont les parois olïraient des peintures représentant des roseaux et des poissons. Dans quelques habitations, le bassin du péristyle était remplacé par une corbeille de verdure accompagnée ordinairement d'une fontaine. On donnait à ce jardin en miniature le nom de .n/slCj comme à celui un peu plus étendu dont nous parlerons bientôt. K et iM étaient deux chambres à coucher, cubicula ou ccllœ famiiiaricœ, richement décorées de peintures. La chambre M était précédée d'une espèce d'antichambre ou procœton * L, pavée en mosaïque, et avait une fenêtre sur la cour 2.
Dans l'angle S.-E. du péristyle se présente un corridor 23 conduisant à la rue de la Fullonica où l'on descendait par quatre degrés ; cette porte dérobée , Posticum, ^rsor^Jôupov, qui se rencontre fréquemment dans les habitations romaines, servait à échapper à l'importunité des clients qui encombraient la partie publique de ^'habitation ; c'était ce qu'on appelait postico fallere clientem -.
En face da posticum est à l'angle S.-O. du péristyle une Ala,, P , ouverte à l'est et abritée des vents du nord et de l'ouest.
Au fond du péristyle est la pièce principale (7'", 40 sur 10'", 35), Vœcus, ou exèdre N % qui répondait à notre salon et qui en même temps servait parfois de salle à manger. Il y avait des œcus de plusieurs sortes; les corinthiens étaient environnés de colonnes et voûtés; quelques-uns, partagés par des colonnes, avaient la forme et la magnifi-
1. On donnait également le nom de proc jeton aux vestibules qui se trouvaient au pied des escaliers.
2. u... Et, toute affaire cessante, trompe par la porte dérobée l'attente du client qui fait sentinelle dans ton atrium, »
et yebus omissis
Atria seroantcm postico faite clientem.
Horace, L. I, ep. 5.
3. Le mot OEcus (oix.o;, maison) signifie la partie par excellence de l'habitation. Exèdre veut dire siège pour plusieurs personnes, et par extension la pièce où se trouvaient les sièges de cette espèce. On donnait aussi quelquefois Is nom d'œcus à l'appartement où les femmes se tenaient habituellement pour travailler, et celui d'exèdre à une grande galerie garnie de sièges où on recevait les philosophes, les rhéteurs, les grammairiens et les poètes.
cencc d'une l)asiliquc; \cs œcus lctms(t/lrs on ôf/jjj)(iens ^vaieni deux ordres et un balcon; enfin les cysiccncs avaient ordinairement des fenêtres et des portes ouvertes au nord sur un jardin , laissant pénétrer la fraîcheur et permettant de jouir du coup d'œil des fleurs et de la verdure. Vœcns de la maison de Pansa a en eiïet au nord une large baie donnant sur le jardin et élevée de 0'",70 au-dessus du sol.
Malgré l'éloigncment de la cuisine U qui forçait de traverser pour le service tout le portique nord du péristyle, nous devons reconnaître le (n'cliniiirn ou salle à manger dans la pièce 0, longue de 9'", 20 et large de 4'", 86 qu'accompagnait un cabinet Q, espèce d'office qui dut servir à renfermer les vases et autres objets nécessaires aux repas. Le triclinium fermait par une porte à quatre ventaux ; on voit aux deux côtés de la baie les trous des crapaudines qui recevaient ses pivots. Nous avons déjà dit que le triclinium devait son nom au triple lit qui se trouvait dans cette salle, le quatrième côté restant libre pour le service, et la table étant placée au milieu. Il y avait aussi quelquefois dans les maisons moins riches des salles à manger ne contenant que deux lits et nommées biclinia. Dans les grandes habitations il y avait plusieurs triclinia dans des expositions différentes, afin d'avoir la fraîcheur pendant l'été et la chaleur pendant l'hiver. Quelquefois le triclinium d'été était placé sous une treille dans le jardin.
Les lits sur lesquels on s'étendait pour manger se nommaient lecti ou lecluli tricllniares, pour les distinguer de ceux qui se trouvaient dans les chambres à coucher et qu'on appelait lecti cubiculares. Les Romains, dans les premiers temps, s'asseyaient à table, et l'usage de manger couché ne fut importé de Garthage à Rome qu'à l'époque des guerres puniques ; les femmes ne l'adoptèrent que longtemps après les hommes. On mangeait appuyé sur le coude ; aussi poser le coude chez quelquun était-il devenu synonyme de dîner en ville \ Les hts, d'abord
1. « Voici, dit Ménélas en indiquant Trimalcion , celui cliez lequel vous dînez aujourd'hui {chez lequel vous posez le coude). »
Hic est, inquit Menelaus, apud qnem cubitum pondis.
PÉTRONE, Satyricon, XXVII.
Lorsqu'on était rassasié, on s'étendait sur le lit ; mais un mets piquant ou recherché paraissait-il sur la table, le convive se relevait sur le coude :
Languidus in cubitum juin se conviia répond.
Horace, L. II, Sat: 4.
POMPK lA,
foi'l simples et souvent formés de massifs en maçonnerie comme ceux (lu (ricliitiuni funèbre (page 95) et queUiues autres ({u'un a trouvés à Pouipi'i, devinrent d'une ina^nilicence telle sous les empereurs, qu'il y en eut en or massif et (ju^on les revêtit de couvert m'es babyloniennes (jui coûtaient des sonnnes exorbitantes; il y en eut qui fui-ent payées par Néron jusqu'à quatre millions de scst(M"ces' ( (S/|(), ()()() fr.).
J/usagc voulait que l'on fut à table en nombre égal à celui des Grâces ou des Muscs; les places sur les lits n'étaient pas indifférentes, et chacune d'elles était plus ou moins honorable. Voici dans quel ordre les convives étaient placés :
1 , le maître de la maison; 2, sa femme; 3, un convive ; !x, place consulaire ou d'honneur; les autres places 5, 6, 7, 8, 9, étaient occupées par des personnes d'un rang moins élevé ou par ces convives nommés ombres qui étaient amenés par les invités.
A gauche de Vœcus de la maison de Pansa est la cuisine R, jointe à une office T et à une salle S destinée aux esclaves , ayant sur la rue de Fortunata une seconde sortie dérobée ou posticum. Quelquefois cette sortie se trouvait placée dans l'axe de V atrium et du péristyle, et dans la partie opposée à l'entrée ou prothyrum ; elle portait alors le nom de pseudothyrum, La cuisine renfermait un grand nombre d'ustensiles en poterie et en bronze; les fourneaux, élevés au-dessus du sol, contenaient encore de la cendre. Sur les murs, au-dessous de deux personnages sacrifiant, sont peints deux serpents énormes protégeant l'autel