‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 166 sur 293 · S2 rOIMPI'IA · texte numérisé non relu

S2 rOIMPI'IA

roriné la |).'irli(^ inférieure d'iiiKî de ces cuirasses, lonc(v\ qui étaient composées de bandes de cuir ju.\ta|)osées. (!et lioniuie est couclié sur le dos ; ses hi'as et ses jambes étendus nalurellement semblent indicjuer (((fil a succombé sans convulsions. Toul le colé droit du coi'ps est mal rcmi , mais le mouIa^L;(^ a ii,én(;ralement \)\o\\ rej)ro(l(u'l le côté gauche; la main porlani un amuMU de ïnv est parfaitement modelée, le 11(^7 et le menton sont bien rcMidus, et la bouche, quoique contractée, laisse apercevoir quehjues dents. Les pommettes saillantes et osseuses, les joues creuses semblent indi(|uer un homme d'une cinquantaine d'années. La jambe gauche semble maigre auprès de la droite grossie par l'empreinte d'une étoiïe épaisse; les pieds portent de fortes chaussures à semelles garnies de clous.

Dans les coins de la salle où ces moulages si curieux sont exposés, on voit debout deux squelettes de Pompéiens montés comme dans les cabinets d'anatomie.

La maison suivante est désignée sur le plan de Fiorelli sous le nom de

*iMaison de la danselse (Pl. 110). Le piédroit à gauche de la porte conserve son chapiteau où l'on voit une bacchante tenant un tambour de basque et un Faune avec une syrinx. Cette habitation n'occupant point un terrain exactement parallèle à la rue , on avait remédié à cette irrégularité en donnant une profondeur inégale (0'",80 à gauche et 0'",5/i à droite), à la seconde des trois marches précédant le prothyrum. De celui-ci plus large que profond, deux autres degrés conduisent à un grand atrium toscan avec un compluvium et une citerne en mauvais état, et un pavé de fine mosaïque noire ornée de cubes blancs beaucoup plus gros régulièrement espacés. Le côté gauche de Vatrium présente trois chambres et une ala; ces trois petites chambres ont conservé leur seuil de pierre calcaire avec indication de leur fermeture ; dans la première pièce on remarque , comme dans beaucoup des maisons de Pompéi, une entaille dans la muraille qui donnait la longueur nécessaire à un lit. x\u côté droit de Vatrium étaient pour la symétrie des renfoncements simulant des portes avec leur seuil ; la première seule était réelle ; nous dirons quelle était sa destination. Le fond de la maison

1. Lorica, de lorum, courroie, lanière. Notre mot cuirasse n'est que la traduction de lorica.

n'cxislc pins, mais on peut reconnaître que le uthlinion n'était pas à sa place, car le l'ond de WttriiHN est fermé par un mur (jui conserve encore une hauteur de plus d'un mètre.

Revenant à la porte dont nous avons parlé, on trouve un escalier descendant à une maison voisine et amie, ou plut(M à une seconde partie de la maison servant de connnuns, rescarpement du sol n'ayant pas permis de donner à la maison de maître le plan ordinaire; en efl'et, dans Valn'inn de cette seconde maison on ne trouve qu'un compluvium des plus grossiers avec deux citernes en regard, à droite des pièces sans ornements, et sur la rue une porte qui devait être destinée aux gens de service et aux fournisseurs.

Immédiatement après la maison de la Danseuse, on rencontre à gauche plusieurs grands souterrains voûtés, fouillés en J778. tournés vers la mer, ayant dCi servir de magasins, et où l'on trouva une grande quantité de blé carbonisé. C'est sur ces souterrains que s'élevait une vaste habitation désignée sous le nom de la

* xMaisox a trois étages. Casa a tre piani (Pl. 117), nom qui convient aussi bien à toutes les maisons formant ce côté de la rue; cependant il est à remarquer qu'ici un seul étage (celui des magasins) était au-dessous du niveau de la voie publique, et que l'on voit les restes d'un escalier conduisant à ce que les modernes appellent le premier étage. Cette maison a aussi été nommée par quelques auteurs Maison du musicien h cause de trophées d'instruments de musique, sistres, trompettes, doubles flûtes, etc., qui décoraient ses murailles. Le pilastre à droite de l'entrée est surmonté d'un chapiteau corinthien en stuc assez bien conservé. Le prothynun est presque entièrement occupé par cinq degrés faisant suite à un sixième en saillie sur le trottoir. La maison entièrement ruinée n'olTre plus rien d'intéressant.

Il en est de même de l'habitation voisine dont le seuil était raccordé avec l'alignement de la rue par la première de ses quatre marches beaucoup plus large à gauche qu'à droite. Vient ensuite un thermopole fouillé en novembre J770, et conservant son comptoir revêtu de marbre. Entre cet établissement et la boutique conliguë appartenant à la même maison s'élève un pilier portant , sculptée en terre cuite , une image phallique qui a donné lieu à bien des hypothèses. Cette figure ayant été retrouvée depuis sur un grand nombre de maisons de Pompéi,

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il nous paraît coiiaiii (|ii'()n ne doit y voir aiiln^ oliosc qu'im préservatif contiv li\s sorts, l(^ inau\ais o'il '. 1(^ fdsriiHun , lu jcKdIurd ({iii fait (MU'oro troinbliM' les Na|)()lilains modernes , (jui ont i'(^cours [)oiii' s'en dércndi-c à un procédr aual()i:,ue.

Avant d'an'iver à la porte dMIorculjuiuiu, on <'i à gauche 1' *Ai r.i'iun-: n'Ai.iuMs (Pi.. .19). (letle maison, découverle en 1770, était non-seulemoni ime aul)erge, mais i)rol)al)lement aussi une de ces stations de poste, iiinnsionrs , établies j^ar Aug'uste sur les voies consulaires'-. La distribution de cette maison, les objets qu'on y a trouvés, tout concourt à rendre celte supj)osition presque certaine. Près de l'entrée était une de ces pierres qui aidaient à monter à cheval. Le nom du propriétaire de l'auberge, Albinus, était écrit sur la muraille en lettres noires. La porte, beaucoup plus large qu'à l'ordinaire, ayant de niveau avec la rue un pavé de lave interrompant le trottoir afin de permettre l'entrée aux chars , conduisait à une vaste cour qu'entouraient une cuisine munie de son fourneau et plusieurs chambres pour les voyageurs. Deux thermopoles, l'un dans la maison même, l'autre dans la maison voisine communiquant avec elle, étaient destinés au débit des boissons chaudes ; dans l'écurie étaient encore les ossements des chevaux à côté des anneaux auxquels ils avaient été attachés ; ailleurs on a trouvé des essieux et autres débris de charrettes; enfin, sous la

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