Annales, XIV
12 l'OMPKIA.
consulc'rahlo do la Caiiipanio, (iifavoisinciil, d'iiii cOlé le cap de Sorrcnte et Slahics, cl de l'antre U\ livaj^'e (rilercidamiin, eiili'e lescjnels la mer s'est (•r(Mis(' un ^ollc liaiil, lut ahîinc'e par un Ireinhlenienl de Icnc dont sonl- (Viicnl Ions les alcnlonrs, et cela en IiInci', saison priviléj^iée contre ces sortes de p(''iils, au dire liahihnd de nos prrcs. Celle catastrophe ent lieu le jour des noues de IV'vricr, sous le consulal de IW'^ulus et de Vii-ginins. J.a Campanic, (|ui n'a\ait jamais (''l(' sans alaiinc, bien (pi'elle fïit restée sans allcinle, cl ii'cùt pa\('' au ll(''au d'autiiï tribut (jiic celui de la i)enr, se vit celte l'ois cruellemeni d(''\asl(''c. Outre Pompc'i, llci'culanum i'nl en partie détruite, et ce (jui en reste n'esl i)as bien assuré. La colonie de Nuceria, i)lus respectée, n'est pas sans avoir à se plaindre. A Naples, beaucoup de maisons particulières ontp(M"i, mais les édifices publics ont résisté; l'épouvantable désastre n'a l'ait ([uc reffleurer. Des villas furent ébranlées sans éprouver d'autres dommages. On ajoute qu'un troupeau de six cents moutons perdit la vie, (|ue des statues se fendirent, et qu'on vil errer dans la campagne des malheureux auxquels la frayeur avait fait perdre la raison. »
L'année suivante, un aulre tremblement de terre survint pendant que Néron chantait au théâtre de Naples ; cet édifice s'écroula au moment même où Tempereur et le peuple venaient d'en sortir, et il n'y eut personne de blessé. Tacite, qui nous a transmis le récit de cet événement ^ dit que Néron le regarda comme une faveur du ciel; il en remercia les dieux par des hymnes dont il composa la musique.
Pompéi n'avait pas encore entièrement réparé les désastres causés par ces tremblements de terre, quand arriva la catastrophe de 79, si fatale à la ville, mais si heureuse pour la science et l'art. ^
Ainsi que je l'ai dit, Pompéi était bâtie sur une élévation formée par la lave, et quelques auteurs ont même regardé cette élévation comme une ancienne bouche de volcan, semblable à plusieurs autres que l'on voit au pied du Vésuve. Ce pays en effet avait déjà été bouleversé par les l'eux souterrains, mais antérieurement à toutes les époques connues, car aucun monument historique ne nous en a conservé une notion positive. Homère n'en a point parlé, quoiqu'il semble avoir connu la nature volcanique de cette contrée ; il jette sur toute la côte une sorte d'horreur religieuse, et il la représente comme la dernière limite du stérile Océan et du monde habitable. Selon Diodore de Sicile, cette partie de la Campanie avait reçu le nom de Champs Phlègréens, des feux que le Vésuve lançait autrefois comme l'Etna, et dont il reste encore, dit-il, des traces par tout le pays. Cet auteur est d'accord avec Vitruve pour dire que les feux souterrains de cette partie de la Campanie s'étaient autrefois amassés sous le Vésuve jusqu'à ce que leur