‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 40 sur 293 · L. STATIVS FAVSTVS PRO · texte numérisé non relu

L. STATIVS FAVSTVS PRO

SIC NO QVOD E LEGE FORTVNAE

AVGVSTAE MINISTORVM PONERE

DEBEBAT REFERENTE Q. POMPEIO AMETHYSTO

QVAESTORE BASIS DVAS MARMORIAS DECREVERVNT

PRO SIGNO P0NIRET2.

« Taurus Statilius et Titus Platilius /Elianus étant consuls, Lucius Statius Faustus, qui devait ériger une statue par l'ordre des ministres de la Fortune Auguste, a été, par décision rendue sur le rapport du Questeur ^ Q. Pompeius Amethystus, autorisé à placer au lieu de la statue deux bases de marbre. »

i. On sait que les ministres des temples Camilli, Flamines, /Editui, Popœ, Victimarii, etc., composaient une classe inférieure à l'ordre des prêtres, et que souvent même leurs fonctions étaient dévolues à des esclaves; il en était ainsi au temple de la Fortune à Pompéi. D'ailleurs quand, dans les inscriptions le nom est, comme ici, suivi d'un génitif sans les lettres F ou L, initiales des mots filius ou libertus , le mot sous-entendu était presque toujours servus , et c'était par une sorte d'euphémisme qu'on se dispensait de l'indiquer même par une initiale.

2. Les fautes ministorum, basis, marmorias et poniret, doivent être attribuées à l'ignorance du graveur.

3. Il n'est pas question ici du magistrat nommé questeur, mais d'une espèce de receveur ou de trésorier de la fabrique, comme nous dirions aujourd'hui.

ro.MiM:iA.

Ces inscriptions, rédigoes d'ailleui's fort sinj^ulièrement et , la dernière surtout, contre toutes les règles de la syntaxe, présentent une particularité dilTicile à expliquer. Nulle part dans les fastes consulaires on ne trouve réunis à la même ann(!;e les noms de P. Silius et Lucius Volusius Saturninus, non plus que ceux de Slatilius Taurus et de T. Platilius .'Klianus; il est donc impossible de fixer, d'après ces inscriptions, répo(|ue précise des monumenis (|ui les portent.

Teraplo do la Fortune.

Revenons au temple lui-même, qui, dépouillé des marbres dont il était revêtu, est un des plus ruinés, mais aussi un des plus pittoresques de Pompéi ; il occupe une surface de 21'", 30 de long sur 9'", 30 de large; il n'avait point (Tarea ni d'enceinte sacrée, et sa façade se présentait sur la rue comme celle du temple de Jupiter sur le Forum. On trouve d'abord deux petits escaliers e e , séparés par un large pulpitum portant un autel rectangulaire fei entouré d'une grille de fer formée de barreaux ronds dont on voit encore en place quelques restes ; puis, après un repos, neuf autres degrés de toute largeur, fort ruinés, mais dont on a restauré l'extrémité de gauche. Ces degrés conduisent au pronaos g, soutenu jadis par quatre colonnes corinthiennes de marbre blanc à la façade, et une colonne et un pilier en retour à chaque aile. Trois des chapiteaux ont été retrouvés et sont déposés sur le sol avec d'autres fragments d'architecture également en marbre blanc.

Les murs de la cella h, ornés extérieurement de pilastres, s'élèvent encore jusqu'à la hauteur de 4'", 50 et forment une enceinte de 7™, 10 de largeur sur 10'", 85 de profondeur. Ils étaient revêtus de pla-

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qiies de marbre, sur Wine desquelles on trouva ce fragment d'inscription :

....AVGVSTO CAESARI PAHIATI PATRIAF-:

Le fond du sanctuaire s'arrondit en forme de niche et renferme au milieu le piédestal de la déesse entre deux pilastres corinthiens.

A l'intérieur les murs de la cella, jadis revêtus de marbre, présentent quatre autres niclies qui contenaient sans doute les statues de divers membres de la famille Tullia; on n'en a trouvé que deux : l'une représentant une matrone portant le long vêtement appelé lunica talarîs, et l'autre un magistrat couvert d'une toge, que l'on a cru être Gicéron lui-même. Lés cheveux, la face et les yeux de celle-ci avaient été peints, et la toge était couleur de pourpre. La tête de la statue de femme avait été évidemment changée, sans doute afin d'approprier économiquement une figure déjà existante à une nouvelle destination. La tunique avait une bordure rouge et or'. Dans le soubassement du temple est un souterrain qui n'a été fouillé qu'en janvier 1859, et où été trouvés quatre fragments de carapace de tortue-.

Autels. Outre les édifices sacrés que nous venons de décrire, on rencontre souvent dans les rues de Pompéi des autels dédiés, soit aux Lares compitales ou viales % divinités qui présidaient aux carrefours ^

1. Au pied de ce temple, sur la rue de la Fortuuc, est un trottoir formé de galets ou cailloux roulés; il est du petit nombre de ceux de ce genre qui ont été trouvés à Pompéi.

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