L. SEPVMVS L. F. SAXDILIANVS
M. HEREXNIVS. A. F. EPIDIANVS
DVOVIR. L D. SCHOL. ET HOROL.
u L. Sepunius Saudilianus, fils de Lucius, et M. Herennius Epidianus, fils d"Aulus, duumvirs chargés de rendre la justice, ont fait faire à leurs frais la schola et l'horloge i. »
Pompéi apportaient à recueillir ces eaux semble au premier coup d'oeil être en contradiction avec le grand nombre de fontaines que l'on y rencontre et les ruines d'un aqueduc que j'y ai retrouvées; mais un examen prolongé m'a fait conjecturer avec quelque vraisemblance que l'arrivée des eaux courantes à Pompéi au moyen d'un aqueduc est postérieure à Tasservissemeut de cette ville aux Romains; en effet, presque toutes les fontaines sont d'un travail qui ne rappelle point les types de l'art grec. Elles sont de plus placées après coup contre les monuments, au milieu des dispositions qui les avoisinent sans se lier avec elles par aucun arrangement. L'aqueduc lui-même, dont il ne reste que peu de chose, a toute l'apparence d'un ouvrage romain et ressemble aux constructions les moins anciennes découvertes dans les fouilles ; enfin l'état politique de la ville avant sa conquête ne lui permettait pas sans doute d'aller chercher à grands frais les eaux dont elle avait besoin sur le territoire indépendant de Stabia, avec laquelle elle n'avait aucune communauté d'existence municipale. Ces considérations me portent à penser que l'usage des citernes fut antérieur à l'établissement des fontaines, et qu'il ne dut se perpétuer que par la force des habitudes traditionnelles. »
Peut-être aussi, lorsque les fontaines tai-issaient dans l'été, les citernes étaient-elles destinées à les remplacer. Nous trouverons même à Pompéi quelques exemples de citernes publiques.
1. Cette inscription a été découverte le 11 mai 1705. Pomp. Ant. Hist., I, 169.
Nous avons déjà cité, page 03, une autre inscription, trouvée au temple de Vénus, où les
i:;2 p()MPi:i.\.
\)v (•(; haiic on a iiiio vue admii'ahlc (nnbrassaiil les nionls Ladarii, (^astcllamarc, \ ico, Sorreiito. le j)r()iii()i)l()ii'(! de Minerve, l'île de Capri el Ion! le golfe de Nai)les.
TiiiiU'NAL (Pi-. I{). Sin- la rue du («'inphî d'Lsis, n" 1, et à la suile d(\^ |)i-()|)\ li'es du lù)runi lrianji,ulaire on li'oiive une porhî (|in', (Taprès l(>s li-aces ((ui subsisleni encore, semble avoir élé surnionlée d'un pclil loi! |)oiié sans doiile par deux roloinics ; elle donne accès à un édifice (pie Ton connncnça à reconnaître en 17()(S, mais (pii ne fui déblayé cpTen J7Î)7; d'après son style, il doit être un peu postérieur à Vlléca- (onslj/lon, i^e^ colonnes étant de même ordre, mais de j)roportions plus svellcs '.
Plan du Tribunal.
Sa destination a donné lieu à bien des conjectures ; on y a vu un marché, une école, un lieu d'initiation, un tribunal. Décrivons d'abord ses diverses parties; nous examinerons ensuite comment elles peuvent convenir plus ou moins à cliacune des diverses hypothèses. Le monument présente une enceinte rectangulaire, longue de !23'",60 sur 17'", 10 de largeur; au centre est une partie découverte ou area; autour règne de trois côtés un porticjue c d e f, large de 3"', 80, et soutenu par dixneuf colonnes de pépérin d'ordre doriciue sans base, hautes de 3'", 36, et dans Icscjuelles sont encore implantés des clous nombreux. Le petit côté sans porticiue d f s'appuie au mur de la grande salle, située derrière le sanctuaire du temple d'Isis; le porticjue du côté opposé c e se trouve en avant de plusieurs chambres g que surmontait un étage, ainsi que l'indique un reste d'escalier existant dans la première de ces pièces, c{ui était une sorte d'a/a ^ Dans ces chambres on trouva des
deux mêmes magistrats sont mentionnés à l'occasion d'un autre cadran solaire construit également à leurs frais.
1. Les colonnes de Pompéi sont en général foit élancées; celles du tribunal, entre autres, ont huit diamètres et demi de hauteur, tandis que celles du Parthénon n'en ont que cinq et demi.
2. On appelait ala une salle ouverte dans toute sa largeur. Nous reviendrons sur ce sujet lorsque nous décrirons les maisons.
THIRTNAK.
mains d'ivoire et de \cv\v faisanl de l'index el du i)elil doii;! un p;oMr (uie les aneiiMis rei^ardaienl eomnic ini i)r<'s(Mvalir ronti-e les mauvais sorts. C'est à la suite de ees chambres (pTcsl une soi'le do vcstil)ul(; // où existent deux enti'écs donnant, l'une sur \c ^rand lliràtns l'autre sur le |)orti(|ue / /.• du Forum Irian^'ulairc. Toutes les colonnes sont en place, la plupart entières, (juckincs-unes avec leurs chapiteaux; mais, ce (lui est assez étonnant, on n'a retrouvé aucun vestige de l'entablement. Peut-être pourrait-on en conclure que, renversé par le tremblement de terre de Go, cet édifice était en reconstruction à l'époque de la catastroplic de 79. Une colonne voisine de la principale porte servait
Tiibunal.
de fontaine et versait l'eau dans le caniveau qui règne tout autour de Varecf. Dans cette partie découverte, en face de la porte, entre la troisième et la quatrième colonne du côté méridional, existent deux massifs carrés, deux sortes de piédestaux de hauteur et de diamètre inégaux, enrichis d'élégantes moulures. Le premier / n'est élevé que de i'",20; il n'a de corniche que sur sa face antérieure et sa surface paraît usée par un frottement fréquent; le second m^ qui se trouve entre celui-ci el le portique, est plus large et haut de l'",15 ; il est surmonté d'une corniche et présente à sa surface un creux carré de 0'",l/i de profondeur sur O'",5o de largeur et 0'",60 de longueur. On montait sur cette plateforme par un escalier très-étroit n'ayant que 0"',38 de largeur, placé sous le portique même, et dont les six marches, fatiguées par l'usage.
ont 0"'/2S (le li;uil(Mir. (^ol escalier est composé de trois blocs dont chacun forme deux (le?;i'cs.
(IfMix (jui viMiloiit voir dans cet ('difice un marclio pensent ({ue le grand jiit'dcsial dut poricr inic slalue de Mercure; (pie sur l'escalier se lui h^nii I(^ crieur ou praro chargé de vendre à l'encan les marchandises exposées sur le massif \(\ moins élevé; il faut avouer que ce! arrangement eut élé bien peu connnode pour le crieur, cpii, placé sur une marche très-étroite, n'eùl pu voir la marchandise qu'il vendait, étant séparé d'elle par la statue du dieu. ï.a seule raison un peu spécieuse en faveur de cette opinion est lirée de l'état de dégradation des dalles qui entourent la fontaine qui, dans la supposition d'un marché, eût élé d'un usage continuel.
La construction très-soignée du monument serait peut-être encore un indice d'une destination plus relevée. Etait-ce donc plutôt une école, et le grand piédestal servait-il de chaire au professeur? jMais alors quelle eiit été la destination du petit? Etait-ce, comme d'autres le prétendent, une curie isiaque, un lieu où les prêtres d'Isis auraient instruit les initiés? Encore moins, à notre avis. D'abord, il n'existe aucune communication entre l'édifice qui nous occupe et le temple d'Isis ; puis, est-il bien supposable que, pour de mystérieuses initiations % on eût choisi une cour découverte, entourée de portiques peu élevés, dominée de plusieurs côtés, et séparée par de simples portes d'une des rues les plus bruyantes de la ville, et du portique le plus fréquenté, adossée enfin k un théâtre? Reste donc l'hypothèse qu'ici fut un tribunal, et celle-ci nous semble la véritable. Le grand piédestal aurait porté le siège du juge, et la cavité ménagée à sa surface aurait empêché de tomber ce siège qui s'y serait emboîté; le petit autel en avant aurait reçu les olTrandes et les libations d'usage en l'honneur de Thémis et de Dicé. et le serment que le magistrat devait prêter au commencement de chaque audience; les chambres auraient servi de dépôt pour les archives et les pièces de procédure, de logement au gardien, de bureaux aux scribes,
1. (( Sans doute, lecteur studieux, votre curiosité va s'enquérir de ce qui se dit, de ce qui se fait dans ces initiations. Je le dirais s'il était permis de le dire; vous l'apprendriez s'il était permis de l'apprendre. Mais il y aurait crime égal pour les oreilles et la langue complices de cette curiosité téméraire; sed parem noxam contraherent aures et linguœ illœ temerariœ curiositatis. )• • Apulée, Metam. 1. XI.
QUARTIHU I>i:S SOLDATS. 155
<(ch(((rii\ i\[{i\ch()S au tribunal; il n'est jias jusqu'aux clous implantc's dans les colonnes qui n'eussent été employés à susj)endre les lal^lcttes portant les jugements, les annonces et autres documents dont le public devait avoir connaissance; enfin, la fontaine eut servi à désaltérer les plaideurs et les curieux qui se pressaient dans l'enceinte du tribunal. On voit que toutes les parties de l'édifice sont expliquées d'une manière satisfaisante i)ar riiypothèse (jue nous adoptons, et nous espérons (|u il ne restera aucun doute quand nous aurons ajouté qu'une inscription, découverte dans le grand théâtre contigu. nous apprend que les deux Uolconius firent bâtir à leurs frais une crypte, un théâtre et un IrihunaL Nous trouvons bien le théâtre et la crypte, devons-nous cliercher le tribunal ailleurs que dans l'édifice adossé aux deux autres?
Quartier des soldats (Pl. S). Non loin du tribunal, et sur le coté oriental du Forum triangulaire, s'élève un édifice généralement désigné sous le nom de Quartier des Soldats. Découvert en 17G6, fouillé en 1767, il n'a été toutefois complètement déblayé qu'en 179i ; il lut le premier monument dont les fouilles aient été exécutées avec soin et dans une pensée de conservation ; on a môme rétabli une partie du coté méridional d'après les indications et autant que possible avec les matériaux fournis par les ruines mêmes.
La destination de ce monument a donné lieu à de nombreuses controverses, et les savants ne sont pas encore tous d'accord sur ce sujet. Sa position à coté des deux théâtres avait d'abord fait penser que ce pouvait être le portique où les spectateurs se rétugiaient en cas de pluie ^ ; et en elTet il a pu servir à cet usage, tout en ayant une autre destination qui seule peut expliquer la multiplicité des chambres qui accompagnent les portiques. Une supposition plus moderne, mais non plus vraisemblable selon nous, est que ce lieu fut un marché qui, suivant l'usage assez fréciuent chez les Romains, se serait tenu tous les neuf jours -; en conséquence, quelques auteurs lui donnent le nom de Forum
\. « Il doit y avoir des porti^im^s derrière ia scène, afin que quand il surviendra inopinément -des pluies au milieu des jeux, le peuple s'y puisse abriter en sortant du théâtre. »
^ ixr.LVE. L. V. c. 9.
2. M C'est un vrai cuisinier de foire ; il ne fait la cuisine qu'un jour sur neuf. »
Cocus ille nundinuh'it, !n nonxtm dievi
Sjlet ire coctum
Tlautf. Aiilularia. Act. II, se. 4.
156 l»OMPi:iA.
,\u))(finan'in)). Los j)ai-lisnns do ooltc liypotliôsc, cnlraînos par l'aspccl rt'cl (lo rédilicc, ont hieii voulu pourtant coiivonlr cjuo poul-olrc dos soldais pouvaionl y olro i:t;U)lis, mais soulcincnl pour uKiiutcnir l'oi'dro {\d\\^ lo uiai"cli(''.
.lo ii(^ sais on vorili' pourcpioi ou a oliorolio h substituer cette déiioiiiiuation à oollo do Onmiivr des soldats (jui lui lui assignée dos l'origine \ Il est ovideni, qu'une ville do riniporlanco do I\)mpoi, une ville forlilioe , dut avoii" une garnison et, poiu" loger cette garnison, une caserne. l\)urqu()i donc chercher celle caserne ailleurs que dans un monument dont lo plan est si conforme à cette destination? Les portes étroites et peu nombreuses eussent été très-incommodes et même dangereuses pour un marché où une foule nombreuse se serait pressée en désordre, tandis qu'elles pouvaient parfaitement suffire pour des soldats marchant régulièrement et deux par deux. Un harnais de cheval do selle % des armes, des casques % des cnémides ou bottines de bronze, ont été trouvés ici; mais ce sont, il est vrai, des armes de gladiateurs et non de soldats \ Que doit-on en conclure? Que des gladiateurs de passage à Pompéi logeaient à la caserne, ce qui est plus naturel (jue de loger au marché. Dans les chambres on n'a pas trouvé de traces de lit; mais les soldats couchaient assez ordinairement sur la paille. J.e seul grand appartement qui existe dut être destiné au chef de la garnison.
Une seule cuisine eût été insuffisante si la nourriture de tous n'eut pas été préparée en commun, et nous verrons que celle du Quartier des soldats était évidemment destinée à la préparation des aliments d'une grande quantité de personnes. Enfin quelle eut été dans un marché la destination d'une prison aussi sévère que celle qui a été reconnue ici? Ajoutons qu'en aucun lieu de la ville on n'a trouvé une aussi grande