‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 97 sur 293 · FELICITER · texte numérisé non relu

FELICITER

THERMARVM MVNERIS CN. ALLEI. NIGIDI. MAI. VENATIO ATHLETAE SPARSIOXES VELA ERVNT

« Pour la dédicace des thermes, aux frais de Cncius Alleius >!igidius Maius, il y aura chasse, athlètes, parfums et velarium i. Bonheur à Maius, prince de la colonie! »

Le même côté du portique était garni de bancs appelés scholœ % interrompus par une salle h dans laquelle on doit reconnaître celle qui, répondant à nos salons modernes, était désignée chez les anciens par le nom (ïœcus ou exèdre. On y trouva une épée à poignée d'ivoire et fourreau de cuir, aujourd'hui au musée, et quelques quadrants^ circonstance qui a fait croire à plusieurs auteurs qu'en ce lieu se tenait le préposé chargé de la perception et de la police des bains ; mais nous savons que l'exèdre, où les baigneurs pouvaient se reposer avant et après le bain, était partie essentielle et intégrante des thermes antiques , et d'ailleurs il n'est pas probable que, dans un espace aussi restreint que

1. Toutes ces expressions seront expliquées dans le chapitre vi consacré aux théâtres et à l'amphithéâtre.

2. Du mot grec Ix°^^< fl^^i signifiait à la fois lieu de repos et lieu d'étude, et par extension les bancs où, dans les gymnases grecs, les philosophes s'asseyaient pour instruire leurs disciples.

Quelquefois les poètes y récitaient leurs vers :

« Il y en a beaucoup qui débitent leurs poésies en plein Forum , et jusque dans les bains. »

In medio qui

Scripta foro recitent sunt mxilli , quique latanles.

Horace. L, 1. 5a/. 4.

\:0 POMPI'IA.

celui (|u occiipaioiil los l)ain.'=^ do Poinpéi , on nul sacrifié h un simple bureau de riM-cKe une |)ièce di.' /r',7r)sui- 5'", 90'.

Au-dessus ('Mail un second /'(ajj.c où Ton peut observer encore (|ueI(|U(\s \esli<i;es paraissant avoir appartenu à uik^ clKîininée.

De Wilriinii , un coiridoi' /, dont le plafond était peint en bleu avec des étoiles d'oi', conduisait les baigneurs à la salle où ils se déshabillaient". Ou IrouNa dans ce corridor prés de cincj cents [)elites lampes de terre cuite; le nombre de celles découvertes dans les thermes monte à treize cent (luaranle-huit. Toutes étaient semblables et à une mèche, à l'exception d'une seule (|ui était à sept becs. Ces lampes étaient sans doute en dépôt au moment de l'éruption , car elles n'ont jamais pu servir à l'éclairage des bains, où nous verrons que la lumière n'était pas prodiguée; il ne serait pas impossible toutefois qu'elles eussent été destinées à les illuminer dans quelque circonstance extraordinaii'e. On détruisit, dit-on, la plupart de ces lampes après avoir choisi les meilleures, afin de ne pas en embarrasser le musée de Naples. Parmi celles qui, malgré une exécution médiocre, ont été jugées dignes d'être conservées, plusieurs portent les figures d'Harpocrate et des Grâces.

Le spolialorium^ spoliarium ou apoihjteriuin ^ j, dont le nom indique suffisamment la destination, est une salle voûtée de forme rectangulaire, longue de 11'", 50 sur 6'", 80 de largeur. Gau, remarquant combien cette pièce avec ses six portes était exposée aux courants d'air, croit qu'elle ne dut être qu'une salle d'attente, une sorte d'antichambre, et que les baigneurs devaient se déshabiller dans les niches du frigidarium; mais il oublie que l'inconvénient qu'il signale n'en eût pas moins existé, puisque, après avoir déposé leurs vêtements, les baigneurs eussent eu à traverser nus cette môme salle pour entrer dans le tepidarium et le caldarium; nous croyons donc qu'on doit s'en tenir à l'opinion la plus généralement reçue. Dans cette salle se tenaient les capsarii j, qui, munis d'une cassette, capsa, gardaient les effets précieux des baigneurs

1. Cette salle est fermc'e aujourd'hui et sert de magasin, ainsi que Vatrium, qui est dans le plus triste état de délabrement.

2. Dans ce corridor, également interdit au public, sont de grandes corbeilles remplies des ossements des nombreux squelettes provenant des fouilles.

3. 'ATTOûyTYipiov , du verbe 'A7:oûûo{xai, se dépouiller. Voy. Planche V.

ANCIENS BAINS. Hl\

moyennant une modicjue j'élributiun cl Miliaienl à la sûreté des vêtements qu'on suspendait aux portemanteaux dont on* voit encore les traces au-dessus des larges sièges à marchepied (jui garnissent trois (les cotés de la muraille*. La décoration de ïajxHhjlen'uni est peu soignée; les murs sont simplement peints en jaune; la corniche est lourde et a (|uelque chose du style égyptien ; la Irise est ornée de chimères, de lyres et de vases en relief se détachant en blanc sur un lurid rouge'. Le pavé est en mosaïque blanche d'un travail grossier et entounî d'une bordure noire.

Dans le pignon sud, entre des bas-reliefs en stuc fort endommagés et qui représentaient la destruction des Titans par Jupiter, dont la tête colossale paraissait dans le centre, se trouve une fenêtre qui empiète sur la voûte et qui n'a pas moins de 1 mètre de largeur sur 0"',70 de hauteur; elle dut être fermée par quatre glaces coulées et non soufllées, ayant 0'",009 d'épaisseur, mastiquées dans le mur même et soutenues sans doute par un croisillon de bronze semblable à celui dont nous parlerons bientôt.

Au-dessous de la fenêtre existe un trou carré qui fut également vitré et dont les parois sont noircies par la fumée de la lampe qui y brûlait pour éclairer la salle. Il est probable qu'une fenêtre semblable à la première existait à l'extrémité septentrionale maintenant détruite et protégée par un toit moderne.

Trois portes se trouvent dans cette dernière partie de la salle ; l'une est celle d'un corridor b donnant sur la rue des Thermes; la seconde, aujourd'hui murée, ouvrait sur un petit cabinet k converti en corps de garde et que je pense avoir été un uncUian'um^ lieu où Ton déposait les savons et les parfums; la troisième, enfin, est l'entrée d'un passage long et étroit conduisant à l'hypocauste.

A l'extrémité méridionale de Vapodyleriiim se trouve le frigidarium Ij, salle destinée aux bains froids ^ et dont aujourd'hui encore la conservation est parfaite. C'est une rotonde de 5°'^70 de diamètre, for-

1. Ces marchepieds, quoique en lave, sout usés de telle sorte que leur hauteur primitive de 0"',20 est parfois réduite à rieu sur le devant et souvent à 3 ou 4 centimètres. C'est une des observations qui nous portent à croire que la dédicace dont nous avons parlé venait d'avoir lieu plutôt à l'occasion de leur restauration qu'après leur construction.

Page 1