‹ PompeiaChapitre 127 sur 267 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

A nécessité de défendre leurs demeures

contre les attaques incessantes des peuples voisins dut se faire sentir dès que les hommes se réunirent dans des villes.

Les murailles, les remparts, furent donc les premières constructions monumentales qu'ils érigèrent, et leur destination même exigea une solidité qui, à moins

de causes particulières de destruction,

BAR ARS RSS leur a permis de traverser les siècles dans un état de conservation qu’on demanderait en vain à des édifices élevés à des époques bien moins reculées ; c’est ainsi que les murailles de Mycènes, de Tirynthe et d’Orchomène sont restées les plus anciens mo-

numents de la civilisation grecque, et qu’en Italie les antiques enceintes d’Arpinum, de Préneste, de Signia, de Norba, de Ferentinum, de Falerie et tant d’autres ont survécu au dernier édifice des villes qu’elles protégeaient. On ne doit donc pas s'étonner que les murailles de Pompéi, malgré toutes les causes de destruction qui semblent s’être réunies contre elles, soient parvenues jusqu’à nous en grande partie, et qu'aux côtés du nord et de l’est on puisse encore parcourir leurs terrasses comme le faisaient les contemporains de Salluste, de Pansa et de Diomède.

Murs de Tirynthe.

Leur construction première remonte au temps des Osques, ainsi que l’attestent leur appareil et les inscriptions qu’on y lit tracées dans les plus anciens caractères grecs. À l’époque de la guerre sociale?, on augmenta ces fortifications; mais la ville, forcée trois ans plus tard de se soumettre à Sylla, fut démantelée par ses ordres, et reçut une colonie romaine. Quand vers l’an 50 avant Jésus-Christ éclata la guerre civile occasionnée par la rivalité de César et de Pompée, l’enceinte de Pompéi

fut remise à la hâte en état de défense; enfin, la longue paix dont jouit l'empire à partir du règne d’Auguste ayant rendu les remparts inutiles, toute la partie qui regardait la mer fut démolie et remplacée par des habitations; le reste ne fut plus entretenu, et le tremblement de terre de 63 avait ajouté encore à son délabrement,

quand le tout disparut dans la catastrophe de 79.

1. Les murs de Tirynthe remontent à plus de 1700 ans av. J.-C. 2. 91 ans av. J.-C.

La première découverte des murailles de Poimpéi date de novembre 1786, mais cette enceinte entièrement reconnue et en grande partie déblayée sous le règne de Murat, de 1812 à 181/4, n’a été achevée de découvrir que par le gouvernement napolitain en 1851; elle forme un ovale s'étendant de l’est à l’ouest sur un diamètre de 936 mètres; le petit diamètre du nord au sud est de 591 mètres, et la circonférence totale est d'environ 2,600 mètres. Suivant les principes indiqués par Vitruve, le rempart est en grande partie curviligne, et ne présente aucun angle saillant‘. Il se compose d’un terre-plein terrassé, compris entre deux murs , et formant avec ceux-ci une épaisseur de 4",55. Le mur extérieur, dont la hauteur varie de 8 à 10 mètres, selon les inégalités du sol, repose sur une base formée de quatre ou cinq assises placées légèrement en retraite les unes sur les autres, de manière à former talus *. Ces assises inférieures sont formées de gros blocs de pépérin*, d’un à deux mètres de longueur sur 0",55 d'épaisseur, placés à joints verticaux, assemblés sans mortier et s’emboîtant souvent les uns dans les

autres. La' haute antiquité de ces constructions est encore attestée par les

Page 1