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lettres osques que portent un grand nombre de pierres et qui durent servir d'indication aux ouvriers. Ces leltres avaient été gravées avant que les pierres fussent mises en place; aussi les trouve-t-on tracées en tous sens, debout, de côté, et même quelquefois à l'envers.
La partie supérieure de la muraille est également inclinée en arrière ; l’analogie frappante de son appareil avec celui de l’Agger de Servius Tullius à Rome semble indiquer qu’il date de la même époque, c'est-à-dire du milieu du vi‘ siècle avant J.-C.
En haut du talus extérieur règne une plate-bande, au-dessous de
1. «La figure d’une place ne doit être ni carrée, ni composée d’angles trop avancés; mais elle doit faire simplement une enceinte, afin que l’on puisse voir l'ennemi de plusieurs endroits; les angles avancés ne sont pas propres à la défense et sont plus favorables aux assiégeants qu'aux assiégés. » Mur El © 9:
2. Une des parties les mieux conservées de ces murailles est attenante à la porte d’Herculanum. Voy. la vignette en tête du chapitre.
3. Pierre grossière de nature volcanique et de couleur grise.
laquelle s’avancent de nombreuses gargouilles, et que surmonte une rangée de créneaux, pinnæ. Ces créneaux, par une disposition toute particulière, présentent à l’intérieur un appendice faisant retour en équerre et protégeant le côté gauche des combattants.
Créneaux,
Le mur intérieur, suivant un usage qui se conserva longtemps eñ Orient où il fut retrouvé par les croisés, surpassait le premier d'une hauteur d'environ 2",60. Dans les parties regardant le nord et l’ouest, il était renforcé du côté de la ville par de nombreux contre-forts. Cette portion de la muraille, qui est surtout bien conservée entre la tour qui fait face à la rue de Mercure et la tour suivante en allant vers la porte du Vésuve‘, paraît, ainsi que les créneaux, appartenir à une époque plus récente et où l’art de la construction était plus avancé, probablement au temps de la guerre sociale; en effet, elle offre cet appareil appelé /sodomum, usité dans les derniers temps de la République romaine et formé de parallélipipèdes d’assez grande dimension régulièrement superposés à sec, pleins sur joints. Cette seconde rangée de créneaux, placée sur la muraille intérieure, semblerait n'avoir été qu'un ornement sans utilité; mais il paraît prouvé, par le témoignage des auteurs anciens, qu’en temps de siége on établissait derrière elle des plates-formes en charpente qui recevaient aussi des combattants. On montait sur les remparts par de larges escaliers à degrés très-hauts et très-étroits; le mieux conservé est celui qui existe près de la porte d’Herculanum (PL. 20).
Démantelées, ainsi que je l’ai dit, au temps de Sylla, les murailles furent réparées à l’époque de César et de Pompée ; on reconnait facilement la précipitation qu’on mit à ces travaux ; les brèches furent simple-
ment fermées à l’aide de cette maçonnerie grossière que les Romains
4. À partir de ce point la muraille disparait, et l'enceinte n’est plus marquée que par un fossé moderne ; on la retrouve en approchant de la porte de Nola,
appelaient Opus incertum, mélange de pierres et de briques informes noyées dans un bain de mortier‘. À la même époque furent élevées les
Escalier des Murailles.
neuf tours qui partagent encore l'enceinte en courlines dont la longueur varie de 80 à 480 pas, selon sans doute que le terrain offrait plus ou moins de difficultés à l'approche des machines de guerre*?. La plus complète de ces tours est voisine de la porte d’Herculanum; sa muraille, d'environ À mètre d'épaisseur, est formée d’un noyau d’opus incertum , revêtu d’un parement formé de petits cubes de tuf et quelquefois de briques , que recouvre un enduit de stuc. Sur celui-ci, mais seulement sur les côtés, on a tracé des refends imitant l’appareil des murailles ; la face qui regarde la campagne est restée lisse.
Les tours sont quadrangulaires, contrairement aux prescriptions de Vitruve *; elles ont 8 mètres de large sur 9",75 de profondeur, et forment une saillie de 2",25 en avant de la muraille. Elles renferment trois étages superposés; au rez-de-chaussée, une poterne ouvrait sur la campagne; le premier étage était percé de meurtrières pour la défense;