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Herc. et Pomp., V. mosaïques, pl

revêtu de stuc. À gauche est un grand ériclinium qui avait une issue sur le péristyle. Le tablinum placé entre deux fauces est entièrement ouvert devant et derrière. Le péristyle fort petit, n'ayant de portique que du côté adossé au tablinuin, était soutenu à l'angle par un pilier de briques. Dans les /fauces ou corridor de droite est l'entrée de la cuisine; ce corridor conduit en outre directement à l’œcus qui conserve encore quelques peintures, Didon apprenant le départ d’Énée, et une scène religieuse presque effacée ; sur le pavé de cette salle étaient épars des fragments de flûte et d’un cadran solaire. Au fond du péristyle on voit un petit autel découvert le 24 mars 1810, surmonté du symbole ordinaire des deux serpents et du prêtre faisant la libation; cette peinture est presque effacée; à côté un pos{icum ouvre sur la rue de Fortunata. On trouva dans cette habitation plusieurs ustensiles très-élégants de bronze et de verre, un très-beau candélabre, un vase d’albâtre d’une forme gracieuse, une petite table de porphyre et la statuette d’un jeune homme appuyé sur un cippe.

BouLanGErIE (PL. 17). Nous avons déjà trouvé une boulangerie

Plan de la Boulangerie.

dans la maison de Pansa ; en voici une plus considérable découverte en 1809, qui occupe à elle seule un bâtiment spécial d'une assez grande étendue. Un mur mitoyen la sépare de l’Académie de musique, et son entrée À est également sur la rue Domitienne. À droite et à gauche de cette entrée sont deux boutiques 2 avec leurs dépendances 3, et des escaliers ayant conduit à un logement qui existait au-dessus. Ces boutiques n’ont point dù servir au débit du pain, qui se confectionnait dans la boulangerie avec laquelle elle n’ont aucune communication. Une peinture trouvée à Pompéi nous a appris que souvent le pain se débitait sur des tables dans les places publiques; souvent aussi les

particuliers, ainsi que cela se pratique encore à Naples, apportaient leurs grains à la boulangerie pour y être convertis en pain. On ne doit

donc pas être étonné de ne rencontrer ici aucune boutique destinée à Ja vente des produits de l’usine.

Après avoir franchi le prothyrum, on trouve un atrium tétrastyle A présentant quatre piliers carrés, échancrés seulement dans l’angle regardant l’'impluvium , et ayant porté, au lieu de toit, une terrasse à laquelle on montait par l'escalier placé immédiatement à droite de l’entrée et dont les deux premières marches seules étaient en pierre.

Au pied de l’un des piliers est une petite citerne près de laquelle est déposée la pierre ronde qui servait à la boucher. Au centre de l’atrium est le compluvium et autour sont les quatre chambres 4, 9, 6 et 7. Dans la dernière on voit encore les restes des jambages de maçonnerie qui portaient une table, sans doute de bois, car elle a disparu.

Intérieur de Pistrinum.

Au fond de l’atrium et à sa place ordinaire est le petit fablinum 8 qui donnait accès, non à un péristyle, mais au pistrinum 9, salle de 10,70 de profondeur sur 7",80 de largeur, ayant une sortie, un poslicum, sur la rue de Fortunata, et contenant quatre moulins plus ou moins complets, semblables à ceux que nous avons vus dans la boulangerie de la maison de Pansa. Le fragment de bas-relief que nous reproduisons ici, et que nous empruntons à un grand sarcophage du

musée du Vatican, fait connaître la disposition de l’armature en bois qui

servait à mettre ces moulins en mouvement‘. Autour des moulins régnait une chaussée pavée comme la rue pour résister aux pieds des bêtes de trait qui les faisaient tourner, tandis que le sol du reste du pistrinum était en opus signinum, disposition nécessaire qui se reproduit dans toutes les boulangeries de Pompéi.

Moulin, bas-relief du Vatican.

En entrant dans le pistrinum, on trouve à droite entre deux massifs carrés qui portaient les jarres de terre pour recevoir l’eau, l'embouchure d’une citerne jadis protégée contre les impuretés par une petite voûte qui la recouvrait. Au-dessus, sur la muraille, était une peinture offrant dans sa partie inférieure deux serpents, emblèmes des génies domestiques, rampant vers un autel chargé de fruits, et au-dessus le sacrifice à la divinité protectrice des fourneaux; elle à entièrement disparu.

Entre la citerne et le four, dont la voûte est de la plus parfaite construction, est l'entrée d’une assez grande pièce sans fenêtres 11, pavée en mosaïque, communiquant également avec le tablinum.

Sous le four 10 qui avait un ventilateur large de 0",57, dans le genre de celui que nous avons signalé à la maison de Pansa, est ménagé un réduit pour la braise ; en avant une cavité recouverte d’une dalle recevait les cendres ; enfin à gauche était un vase dans lequel on mettait la farine dont on saupoudre la pelle pour que le pain ne s’y attache

pas. Une grande table adossée à la muraille était séparée du four par

1. L’âne ou le cheval y étaient attelés avec des liens de sparterie, ftæniæ sparteæ totus Linnivus, et, par leur marche circulaire et continue, faisaient tourner les meules, multivii cir- | cuitus intorquebant molas; la machine n’arrêtait ni jour, ni nuit, nec die tanium, verum perpeti | eliam nocte prorsus instabili machinarum vertigine lucubrabant pervigilem farinam. | APULÉE, Metam., L. IX.

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l'entrée d’une pièce 12 où étaient les pieds en pierre d’une autre grande table sur laquelle on déposait sans doute les pains avant ou après la cuisson, et une petite auge de pierre. Le vase à la farine et les pieds des deux tables, que nous avions encore vus en place en 1854, n'existent plus aujourd’hui.

Dans l’angle du pistrinum est une autre pièce 13 où l’on trouve encore deux bassins de maçonnerie, qui durent servir à la manipulation # de la pâte, et un escalier conduisant à des chambres d’esclâves qui | existaient au-dessus de l’écurie 44. Celle-ci, dont la principale entrée | est sur la rue de Fortunata, avait une petite porte donnant sur le pnstrinum, afin qu’on pût y amener les ânes ou plutôt les chevaux qui tournaient les moulins ‘; il est en effet probable qu'ici on dut employer

4. Souvent c’étaient des esclaves qui remplissaient ces pénibles fonctions, et il est assez digne de remarque que tel fut l'emploi des deux grands comiques latins, Plaute et Térence, pendant leurs années de captivité. Plaute n’avait garde de l'oublier; aussi fait-il souvent allusion à l'usage d'envoyer les esclaves au moulin lorsqu'on voulait les punir de quelques méfaits. C’est ainsi que dans la comédie d'Epidicus , Stratippoclès dit à son esclave : « Procure-toi comme tu pourras les 40 mines que je te demande; mais si tu ne reviens pas avec la somme avant le coucher du soleil, n’entre pas à la maison, va droit au moulin. »

Undè lubet : nam ni antè solem obcasum elo, Meam domum ne imbelas ; tu te in pistrinum.

PNG I EE Dans Pseudolus :

« Je savais qu'il y avait pour moi dans le monde un moulin, si je parlais. »

Pistrinum in mundo scibam, si id faxem, mihi. Et plus loin:

« Si tu ne fais pas ce que tu promets, n’aurais-je pas raison de l'envoyer au moulin ? » Sed si non faxis, numquid causa est, inlico Quin le in pistrinum condam ?

AGt I SC NS.

Dans le Persan du même auteur, nous trouvons ce plaisant dialogue entre deux esclaves :

ToxILE : « En vérité, je te croyais mort depuis le temps que je ne t'ai vu. » SAGARISTION : « Oh! j'étais surchargé..... »

Cox. : « De fers, sans doute ?

SAG. : «Je les ai portés plus d’un an au moulin. » Nas Plusculum annum Fui prœferratus ad molas.

ACTA SC ul;

Cette coutume n’est pas moins souvent rappelée dans Térence :

« Prends garde, Dave, je te ferai d'abord étriller d'importance et je t'enverrai ensuite au moulin pour le reste de ta vie, avec un bon serment que si jamais je t'en fais sortir, j'irai tourner la meule à ta place.» Verberibus cœsum te in pistrinum, Dave, dedam usque ad necem EG lege atque omine, ut, si te indè exemerim, ego pro te molam. Andria, Act. I, sc. 3.

Apulée trace un tableau effrayant de l’état des malheureux esclaves condamnés à ces pénibles y

à ce service des chevaux et non des ânes, à en juger par la hauteur de . la mangeoire en maçonnerie qui règne le long de la muraille, à une élévation de 0",90. L’abreuvoir était placé dans l’épaisseur de la cloison séparant l'écurie de la salle 18, ce qui permettait de le remplir sans entrer dans l'écurie.

On a trouvé dans cette boulangerie de grandes amphores pleines

de grains et de farine, et plusieurs pains. Sur l’un de ceux-ci, d'environ

0",20 de diamètre, on avait écrit à l’aide de caractères mobiles les

mots siligo granit, farine de froment, et sur les autres, e cicera, farine de pois chiches. Ces marques étaient ordonnées par la police, afin que les acheteurs ne pussent être trompés sur la qualité de la farine employée.

Écoce D’ARCHÉOLOGIE (PL. Z). Une maison voisine de celle de Polybe et faisant face à la ruelle de Mercure et à la boulangerie a été restaurée et rendue habitable ; c’est là qu'est le siége d’une institution nouvelle qui fait le plus grand honneur au gouvernement italien et au surintendant des fouilles, le commandeur Fiorelli. Ce fut sur la proposition de ce savant qu'un décret royal du 13 juin 1866 établit à Pompéi une école d'archéologie pour l’étude et la description de ses monuments. Les élèves entretenus et logés dans la ville même prennent l’engagement d'y passer au moins deux années, et les places étant données au concours , les jeunes gens qui ont été admis sont, comme en France ceux de l’École d'Athènes, tout naturellement désignés pour les chaires d'archéologie, de mythologie, de littérature grecque et latine, d'histoire

| et de géographie, vacantes dans les diverses universités du royaume.

Après un premier concours resté sans résultat, un second fut ouvert le 2 janvier 1868 et décida l’admission de MM. Eduardo Brizio, de Turin, et Fr. Salvatore Dino, de Naples, qui sont aujourd’hui les premiers élèves de la nouvelle école ouverte le 15 mars de la même année.

| Une bibliothèque spéciale contenant tous les classiques grecs et latins,

la plupart des ouvrages modernes se rapportant aux études archéolo-

travaux. Après avoir peint leur hideuse maigreur, leurs corps meurtris par la fouet et à peine couverts de sales haillons : « Tous, dit-il, étaient marqués d’une lettre au front, avaient les cheveux rasés d’un côté et portaient au pied un anneau. »

Frontem lilterati, et capillum semirasi, et pedes annulali. Mélam., L: 1. X.

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giques, enfin tous ceux qui traitent d'Herculanum et de Pompéi, est à leur disposition et à celle des savants qui viennent étudier les ruines”. La pensée féconde qui a présidé à la fondation de l’école a déjà porté # ses fruits. Avec la collaboration de leurs maitres, les élèves ont commencé sous le titre de Giornale degli scavi di Pompei, nuova serie, la 4 publication d’un recueil mensuel qui ne contient pas seulement la simple continuation du journal des fouilles, mais encore d'excellents articles 4 sur les monuments découverts, sur des points d'archéologie et sur les nouveaux ouvrages se rattachant à l'étude de l'antiquité.

Quelques essais de moulage sur l'empreinte laissée par des portes et autres objets dans la cendre et le lapillo agglomérés et durcis par les torrents d’eau qui accompagnèrent l'éruption avaient été tentés depuis longtemps, quand en 1863 une pensée bien plus ingénieuse vint à l'esprit du commandeur Fiorelli. Les cadavres enveloppés par les cendres y avaient laissé après la destruction des chairs une cavité, un véritable moule ne contenant plus que le squelette desséché ; M. Fiorelli, faisant remplir de plâtre ce moule, a obtenu déjà par ce procédé la reproduction de cinq cadavres dans la pose où la mort les avait saisis. Nous

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