‹ PompeiaChapitre 145 sur 267 · Peine, L. LXXXY, c · texte numérisé non relu

Peine, L. LXXXY, c

2. Une inscription découverte à Pompéi en 1755 offre à louer dans les propriétés de Julia Félix des bains, des boutiques, des appartements et un venereum.

de ce péristyle étaient décorées d’élégantes peintures sur fond noir avec des architectures’, des oiseaux, des Faunes, etc. Sur la muraille qui forme le quatrième côté est la peinture qui a fait donner à cette habitalion le nom de maison d'Actéon. Cette composition, très-bien conservée et l’une des plus grandes trouvées à Pompéi (4* sur 8"), offre, à la manière des peintres du moyen âge, une double scène dans un seul tableau. À gauche on voit Actéon surprenant Diane au bain, et à droite l’infortuné chasseur déchiré par ses chiens *?. Il semble que ce sujet ait été choisi comme un avertissement à l’indiscret qui chercherait à pénétrer les secrets de la mystérieuse enceinte. Sur les murailles sont encore quatre grandes figures, un Faune et trois bacchantes, l'Enlèvement d'Europe, et Phryxus et Hellé traversant l'Hellespont. Ces deux dernières peintures se voient au-dessus des fenêtres éclairant deux cabinets 39 et 34 placés aux côtés de la peinture d’Actéon et ouvrant sous le portique. Dans le dernier de ces cabinets, qui est pavé en marbre, une charmante peinture offre Mars et Vénus et des Amours jouant avec les armes du dieu: on y voit aussi un laraire, petite niche de marbre surmontée d’un frontispice, et dans laquelle on trouva une petite idole de bronze, un vase d’or du poids de quatre-vingt-quinze grammes, et quelques monnaies de Vespasien.

Dans l’autre cabinet, qui est pavé en mosaïque, étaient deux peintures aujourd'hui au musée et huit petites colonnes de bronze qui paraissent avoir fait partie d’un lit et auxquelles adhéraient encore quelques fragments de bois doré.

Dans un des angles du péristyle est une petite pièce O contenant un fourneau pour tenir les plats chauds, un escalier conduisant à la terrasse qui régnait sur le portique et sur le triclinium, et enfin dans un réduit, sous l’escalier, l’inévitable cabinet d’aisances.

À l’angle opposé du péristyle est le triclinium P, entièrement ouvert du côté du portique. La place de la table est indiquée par un carré en marbre, le reste de la salle étant pavé en mosaïque ; en avant était un espace assez large réservé aux mimes et aux danseuses qui venaient égaver le festin. Un renfoncement qui se trouve dans la muraille à

1. Ces architectures fantastiques se nommaient Expolitiones. VirruvE, L. VII, c. ©. 9, Roux, Vue des ruines de Pompéi, pl. 39.

droite contenait le buffet chargé de coupes, de vases et de flacons.

Tout porte à croire que cette habitation si riche, si élégamment décorée, avait été fouillée par les anciens eux-mêmes; car on n'y à découvert qu'un très-petit nombre d'objets, parmi lesquels une trèscurieuse lampe de bronze à douze becs en forme de barque et quelques Pénates.

Dans la ruelle voisine on a trouvé le squelette d'une femme que l’on suppose avoir été la maîtresse de la maison, ceux de trois hommes, probablement ses esclaves, un petit miroir d'argent, trois anneaux d'or, des boucles d’oreilles, un collier composé de chaînes d’or, cinq bracelets de même métal, trente-deux pièces de monnaie et un sceau portant le nom EVTICHIA.

MAISON DES CADAVRES MOULÉS (PL. 115). Du côté opposé à la maison de Salluste est une habitation dont la façade s'étend depuis l'école d'archéologie jusqu’à la fontaine du carrefour formé par la voie Domitienne et la rue de Narcisse. À gauche de cette façade s'ouvre le prothyrum très-large et peu profond conservant sur la rue un seuil de h",35 de long auquel on montait du trottoir par un degré qui n'existe plus. On trouve en entrant un très-vaste atrium qui n'a point de chambres sur les côtés; à gauche est la muraille moderne de l’école d'archéologie ; à droite, la muraille antique est ornée de niches carrées à tablettes de marbre, larges de 1,34, et profondes seulement de 0",21. Au delà de l'entrée du tablinum, tout est écroulé, mais d'énormes ruines indiquent que cette maison, comme toutes celles de la même ligne, avait en contre-bas deux autres étages où l’on descendait par un passage voûlé partant de la rue et communiquant aussi par une porte avec l’atrium. « Le premier de ces étages, dit Dyer ‘, contient des bains, un triclinium, un grand salon et d’autres pièces utiles aux usages privés de la famille. Devant ces chambres est une terrasse qui ouvre sur une grande cour entourée de portiques et ayant une piscine au centre. Les colonnes du côté de la maison étaient un peu plus hautes que celles des trois autres côtés, afin de donner à la terrasse une plus grande élévation. Au-dessous de ce second étage il y en a encore un troisième en partie sous terre, qui contient d’autres bains et diverses pièces destinées au

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