Pour. ANT. Hisr
Cette partie des bâtiments était séparée du reste de lhabitation par une cour longue et étroite a qui portait le nom de #esaula, entrecour, et dont selon toute apparence la destination était d'empêcher la communication des incendies qui pouvaient s’allumer facilement dans les bâtiments consacrés à la boulangerie et à la cuisine. Les communs avaient une entrée b sur la rue des Tombeaux avec une sorte de vestibule triangulaire et une loge c pour un portier‘. Un corridor d, ayant à sa droite une resserre, conduit à une sorte d’atrium f autour duquel se trouvaient une assez grande salle g qui fut peut-être la cuisine, une petite pièce À qui put servir d'office, trois chambres 1, 7, &, un portique { soutenu par cinq colonnes, et enfin un cabinet m. Toutes ces constructions étaient tellement ruinées qu’il à été presque impossible de déterminer positivement leur destination ; aujourd’hui c’est bien pire encore, le tout ayant été converti en logement pour les gardiens. On y à trouvé un grand nombre de morceaux de verre à vitre très-épais, des vases de terre, une bouteille suspendue à un clou, quatre bêches et un râteau de fer, une amphore pleine de millet, une lampe, quelques ustensiles de cuisine et le squelette d’un homme auprès de celui d’une brebis portant encore une clochette au cou.
Nous avons dit que la partie élevée de l'habitation communiquait avec la partie inférieure par un escalier 25 réservé sans doute aux maitres, et par un corridor en plan incliné 7 destiné au service, le long duquel l’on trouve à gauche plusieurs cabinets qui durent servir de resserres. Nous arriverons sous un des portiques n, 0, p, q qui entourent le jardin. Le portique n, 0, ainsi que les pièces voûtées qui s’y trouvent, s'étend sous l’œcus cyzicène et sous les deux terrasses qui l’accompagnent. Il serait impossible de préciser la destination de ces diverses chambres r jadis élégamment décorées; l’une d’elles cependant rr parait avoir été un triclinium d'été, accompagné de son office. Parmi les peintures dont il était orné, on remarquait Uranie, Melpomène, Minerve et plusieurs danseuses. On trouva dans ces pièces du rez-de-chaussée deux squelettes dont l’un tenait 23 monnaies de bronze de Galba, l’autre une monnaie d’or de Néron, A3 deniers d'argent, quatre pen-
1. Dans ces communs on a trouvé une assez grande quantité de chaux et de moellons de tuf destinés à des réparations, Powp. ANT. Hisr., I, 265.
298 POMPETA.
dants d'oreilles en forme de quartiers d'orange, enfin une cornaline sur laquelle était gravé un char traîné par deux cerfs conduits par un génie ailé ; tous ces objets étaient réunis dans un panier d’osier.
Entre deux de ces pièces était une fontaine 3 adossée à un réservoir qui était sans doute alimenté par l’eau de la citerne. Mazois dit avoir reconnu sur la terrasse 34, qui est au-dessus de la fontaine, les traces d’un puits qui permettait de puiser dans son réservoir, traces qui ont
disparu depuis dans une restauration du sol de la terrasse.
Jardin de la Maison de Diomède.
Les portiques n, 0, p, 4, surmontés de terrasses et soutenus par des piliers carrés reposant sur un stylobate, environnent le jardin de quatre côtés. Celui-ci a 33 mètres en carré; au centre est une piscine B du milieu de laquelle s’élançait un jet d’eau; les bords de ce bassin présentent une succession de renfoncements carrés et semi-circulaires que quelques auteurs croient avoir eu pour destination de favoriser le frai du poisson. À côté s'élevait sur deux degrés une treille C que soutenaient six colonnes dont les fûts existent encore. Le portique p q offre une petite pièce à chacune de ses extrémités ; l’une d'elles y paraît avoir été un cabinet de repos, et l’autre z un laraire , un oratoire dont la niche avait dû contenir une statuette. L'entrée de celui-ci est maintenant condamnée. Dans le premier on découvrit un squelette portant encore un bracelet de bronze et une bague d’argent.
Les deux portiques de l’est et du midi sont dans un parfait état de
conservation. Le premier n 0, consolidé par des contre-forts modernes,
est de niveau avec le jardin, tandis que les trois autres sont élevés de quatre degrés pour donner de la hauteur et de la lumière aux caves dont nous parlerons tout à l’heure. À ses extrémités se trouvent deux jolis cabinets n et o richement décorés. Non loin du dernier, et sous le portique même, se trouve un passage w conduisant à un escalier v qui descend à un long corridor voûté, un crypto-portique, ou cella vinaria, large de 2",60 et haut de 2,75 qui s'étend sous toute la longueur des
trois portiques À p, p q et q o. Cette galerie souterraine était éclairée à
Cave de la Maison de Diomède.
fleur de terre par des soupiraux en forme de barbacanes. C’est dans ce lieu qui servait de cave, à en juger par la quantité d’amphores à moitié ensablées qui v furent trouvées contenant encore du vin desséché, et au pied d’un petit escalier æ, que s’accomplit le drame le plus déchirant que nous aient révélé les fouilles de Pompéi.
Au moment de l’éruption, dix-huit personnes adultes avec un jeune garcon et un enfant en bas âge avaient cru trouver un refuge assuré sous ces voûtes impénétrables ; des provisions qu’ils y avaient portées leurs assuraient l’existence pour quelques jours; mais bientôt les cendres fines et brülantes y pénétrèrent par les soupiraux, une vapeur ardente remplit la galerie ; les malheureux se précipitèrent vers la porte... il était trop tard ! Tous périrent étouffés et à moitié ensevelis. C’est là qu’on les a retrouvés au bout de dix-sept siècles le 11 décembre 1772, la tête encore enveloppée des vêtements dont ils s'étaient voilé
le visage, soit pour se préserver des cendres ardentes , soit par un acte
suprême de décence et de résignation*. On recueillit près d'eux divers bijoux, des monnaies, un superbe candélabre, des clefs, les restes d’une cassette, un peigne double en bois, etc. Les murs présentaient encore la silhouette des cadavres, et la cendre durcie avait gardé les empreintes des seins, des bras et des épaules d’une jeune fille d’une admirable beauté ?. Cette intéressante victime dut être la fille du propriétaire de l'habitation, à en juger par les vêtements précieux qui la couvraient, et on voit encore sur la cendre quelques traces d'une de ces étoffes légères que Pétrone appelait du vent tissé, ventus teæthilis *. Elle portait un superbe collier composé d’une chaîne d’or en filigrane décorée au milieu | d’une petite plaque à laquelle sont attachées deux chaïnettes terminées par des feuilles de pampre, un joli bracelet formé de deux cornes d’abondance réunies par une tête de lion, enfin deux pendants d'oreilles *.
Abandonnant sa famille, et ne songeant qu'à sauver sa vie et ses
4. Sur la proposition du docteur Stefano delle Chiaje, savant naturaliste et conservateur du cabinet d'anatomie pathologique de l’université de Naples, on a réuni dans ce musée une collection d’ossements pompéiens qui n’intéresse pas moins l’archéologue que le savant. Ces ossements ont fourni au docteur delle Chiaje la matière d’une importante dissertation, publiée dans le Journal des sciences médicales de Naples, le Füiliatre Sebezio, ann. XXIV. vol. XLVIII, p. 3 et suiv. On nous saura gré, sans doute, de reproduire ici quelques-unes des observations qu’il y a consignées.
L’inspection des ossements découverts à Pompéi démontre que la stature des hommes et des animaux n’a pas varié d’une manière sensible de l’an 79 jusqu’à nos jours.
Les crânes affectent trois formes distinctes : globulaire, ovoide et oblongue , variété qui s’explique facilement par la présence à Pompéi d’esclaves étrangers et de races diverses. La proportion de ceux-ci paraît avoir été de 3 sur 10 habitants.
Les ossements sont en général réduits à l’intérieur à un état pâteux, et seulement recouverts d’une écorce mince et fragile. Sur un assez grand nombre on remarque des taches d'oxyde de fer et de cuivre provenant de métaux avec lesquels ils se sont trouvés en contact. Quelques-uns sont dans un tel état de conservation qu’il semblerait que, depuis peu d’années seulement, ils ont été dépouillés de leurs parties molles; à cette catégorie appartiennent surtout les ossements de bœufs et de chevaux. D’autres, en petit nombre, ont été calcinés par le feu; il sont pesants, compactes, sonores, mais fragiles comme le verre.
L'examen de ces tristes débris confirme l’opinion, sur laquelle nous reviendrons plus tard, que les matières qui ont recouvert Pompéi y ont été apportées, les unes par le vent et incandescentes, les autres noyées dans des torrents d’eau, comme à Herculanum.
2. Ces empreintes sont conservées au musée de Naples. 3. SATYRICON, 55.
4. Des scènes semblables durent avoir lieu dans maint autre endroit de la matheureuse ville. Le 25 novembre 1775, douze autres squelettes furent trouvés dans la cave d’une maison voisine de la porte d'Herculanum, et nous avons eu ou nous aurons occasion de citer bien d’autres découvertes du même genre.
richesses, le père, au lieu de chercher un asile dans le crypto-portique, avait essayé de s'échapper par la porte D ouvrant sur les champs et vers la mer au milieu du portique occidental ; mais là aussi la mort l’attendait ‘. On a trouvé son squelette tenant encore à la main les deux clefs de sa demeure, dont une incrustée d'argent, et portant au doigt un anneau formé par un serpent à deux têtes, un amphisbène ; auprès de lui avait succombé un esclave qu'il avait chargé de quelques vases d'argent, d'un assez grand nombre de monnaies impériales ou consulaires réunies dans un morceau de toile, et d’une grande et belle lanterne de bronze aujourd’hui au musée *. Enfin, à quelque distance de la maison, dans la direction de la mer, on découvrit encore neuf autres squelettes qui appartenaient peut-être à la même famille. Plus loin étaient une aire pour battre le blé, et un champ labouré dont les sillons étaient encore apparents.
Les objets trouvés dans la maison de Diomède sont innombrables ; les plus précieux sont un grand cratère de verre coloré à deux anses et un magnifique candélabre dont la base porte un génie bachique monté sur une panthère *.
En sortant de cette maison, on trouve à droite :
LE TRICLINIUM FUNÈBRE (PL 25, p. 95);
Le TomBEAU DE Noœvocera TycnË (PL. 26, p. 97) ;
LE TOMBEAU DE LA FAMILLE NisrAcIprA (PL. 27, p. 104);
LE TOMBEAU DE CALVENTIUS QuiEerus (PL. 28, p. 103) :
* L'espace vie (PL. 29, p. 104) ;
LE TOMBEAU ROND (PL. 30, p. 104) ;
LE TOMBEAU DE ScauRus (PL. 31, p. 105) ;
LE TOMBEAU DE LA SECONDE TYCHÈ (Pr. 22 p: 440):
LE TOMBEAU DE SERVILIA (PL. 33, p. 111) ;
Et on arrive à la