Pomp. ANT. Hisr
2. Une lanterne presque semblable fut trouvée à Herculanum en 1760. V. HEerc. ET Pop. VII, pl. 62.
Ces lanternes avaient, comme chez les modernes, des vitres de corne :
« Où vas-tu, dit Mercure, toi qui portes Vulcain (du feu) enfermé dans de la corne?»
Quô ambulas tu qui Volcanun in cornu conclusum geris ?
P£auTE, Amplhitr., Act. 1, se. I. 3. Herc. et Pomre., VII, pl. 5.
302 POMPETIA.
* Maison pe Cicéron (PL. 37). Cette habitation, découverte l’une des premières, est désignée par quelques antiquaires sous le nom de Villa de Frugi, parce que, au-dessus d’une niche ornée d’un frontispice et de deux colonnes, on trouva cette inscription que nous avons déjà citée au chapitre des Thermes :
THERMAËE M. CRASSI FRVGI AQVA MARINA ET BAL.
AQVA. DVLCI. IANVARIVS L.
« Thermes d’eau de mer et bain d’eau douce de M. Crassus Frugi; Januarius,affranchi, directeur. »
Nous avons préféré conserver le nom de Maison de Cicéron, bien qu’il ne soit pas prouvé que cette demeure soit réellement celle dont l’illustre orateur parle souvent sous le nom de Pomperianum *, de laquelle il data plusieurs de ses lettres *, et où 1l composa une grande partie de ses traités de Officiis, de Divinatione et de Senectule. De là il écrivait à Atticus : « Je suis ici dans un endroit très-agréable , mais surtout fort retiré; un homme qui compose est à l’abri des importuns *. » Dans le second livre des Académiques, intitulé Lucullus, on lit au chap. 111 : « Nous étions arrivés à la villa d’Hortensius, près de Bauli, ayant décidé que si le vent le permettait nous nous rendrions par mer, Lucullus à sa campagne de Naples, et moi à mon Pompeianum. » Et plus loin, chap. xxv : « Pour que notre vue ne nous trompe pas, jusqu'où peut-elle s'étendre? Je vois d’ici la campagne de Catulus près de Cumes ; je ne vois pas celle que j'ai à Pompéi ; il n'y à pourtant pas d’obstacle qui nous en cache la vue, mais mon regard ne peut porter aussi loin, sed intendi longius acies non potest. »
Cette dernière circonstance s’applique assez bien à la maison qui
nous occupe et qui est du petit nombre de celles de Pompéi que rien
1. «J'aime beaucoup mes maisons de Tusculum et de Pompéi. » T'usculanum et Pomypeianum valdè me delectant.
Ep. 28. Ad Atlicum. Edit. Nisard.
« Vers les calendes, je serai soit à ma maison de Formies, soit à celles de Pompéi. »
Nos cireiler kal. aut in Formiano erimus aut Pompeiano.
Ep. 30. Ad Atlticum.
2. Epist. 190, 709, 710, 711, 712, 737, 138, 139, 740, 767, même édit.
3. Hœc loca venusta sunt, abdita certè, et, si quid scribere velis, ab arbitris libera. Ep. 738.
ne sépare de Bauli. Du reste son étendue, la richesse de ses peintures, parmi lesquelles figuraient les huit danseuses , les quatre groupes de Centaures et les douze petits Faunes dansant sur la corde tant de fois reproduits par la gravure, la beauté de ses mosaïques, dont faisait partie la précieuse scène théâtrale signée par Dioscoride de Samos*, enfin le magnificence de ses marbres , la rendaient digne de l’opulent orateur. Découverte à différentes reprisés de 1749 à 1778, cette maison occupait un large espace dont la plus grande partie f a été remblayée plus tard, et nous ne voyons aujourd'hui qu'une cour a formant un quadrilatère irrégulier * où se trouvent quelques bassins en maçonnerie, et qui ouvrait par une porte aujourd'hui murée sur un xyste b entouré de portiques avec des terrasses comme à la villa de Diomède, portiques encore praticables en grande partie, quoiqu'ils ne soient. pas dégagés à l'extérieur.
Sur la rue des Tombeaux se présentent ensuite une rangée de boutiques ce et une citerne d. Devant les boutiques régnait un portique ; dans celle qui est la plus voisine de la citerne aujourd’hui recouverte, est un comptoir en maçonnerie qui la fait reconnaître pour un éhermopole. En avant de celui-ci s’élevait une treille ombrageant des bancs pour les buveurs ; des trous avaient été pratiqués dans le trottoir pour recevoir les poteaux qui la soutenaient. Près de cette boutique est une porte de la maison e, fort large, avec une chaussée pavée rejoignant celle de la rue. « À l'entrée de cette porte, dit Mazois, sont deux cônes tronqués engagés dans le mur; quelques personnes croient qu’ils renfermaient chacun un pied de vigne ; mais ne serait-ce pas plutôt deux de ces simulacres coniques nommés agyei que l’on plaçait aux portes des maisons, et qui étaient ordinairement consacrés à Bacchus et au Soleil, divinités qui, indépendamment de leurs autres attributions, présidaient encore aux rues? »
La porte de la maison de Cicéron n’est séparée du tombeau et de l’hémicycle de Mamia que par une petite rue. C’est sur le mur qui existait à droite à l'entrée de cette rue, qu'étaient peints les deux serpents
dont j'ai parlé page 81.