Panofka croit y voir Phocus et Antiope, fille de Nycteus
jolie mosaïque formant des carreaux hexagones blancs encadrés de noir. Le soubassement des murailles présente, sur fond noir, plusieurs divinités marines couchées sur des monstres; de jeunes Télamons posés sur un genou semblent soutenir la plinthe ; au-dessus sur fond bleu, sont plusieurs figures isolées, un hermaphrodite, des bacchantes et des Néréides sur des hippocampes. Le sujet principal, Marsyas et Olympe, qui ornait le fond de la pièce, est presque entièrement détruit.
L'œcus était surmonté d’un étage assez reconnaissable à l’époque de sa découverte en 1830 ; on crut y voir alors un logement d'esclaves; il nous semble que c'était plutôt le gynécée; sa position paraît lindiquer.
À gauche de l’exèdre est un vaste triclinium K qui, étant entièrement ouvert, dut être un ériclinium d'été; il n’a pas moins de 40",80 sur 5",20. Le soubassement offre sur fond noir de charmantes figures assises au milieu d’iris. Au fond de la salle, une peinture assez médiocre représentant le Jugement de Pâris est placée au-dessus d’une grande Chimère qui semble jouer avec un cor de chasse. Dans une autre composition on voit Péris s’armant en présence d'Hélène.
À droite du triclinium est une porte 30 donnant issue par le poshicum, et à gauche une chambre à coucher 31, peu large et assez profonde, précédée d’une sorte de procæton 32 ouvert de toute sa largeur sur le péristyle. Les murs de la chambre sont rouges au-dessus d’un socle noir; de gracieuses arabesques les décorent, et dans le fond est un joli tableau représentant une femme assise avec un Amour debout appuyé contre ses genoux !.
Dans cette habitation on a trouvé quatorze vases d'argent, dont plusieurs d'un poids considérable; quatre de ces vases , en forme de calices à deux anses, enrichis de bas-reliefs et de dorures, paraissent avoir eu une destination religieuse ; les autres sont des coupes, de petits vases cannelés, une passoire, un petit seau à anse, etc.
La maison contiguë est nommée la
MAISON DU GENTAURE, n° 14 (PL. 51). L’habitation désignée sous ce nom fut découverte en 1829-1830; elle se compose de deux maisons
distinctes, mais réunies entre elles. Après avoir franchi le prothyrum de
1. Herc. er Powpr., I], pl. 63. On veut y voir Pluryné et l'Amour.
la plus petite, on trouve un atrium toscan, dans le mur duquel étaient à droite deux portes, dont une communiquait avec la seconde habitation, en descendant 3 degrés, et dont l’autre, murée dès l'antiquité, ne paraît avoir été indiquée que pour la symétrie. À droite du prothyrum est une chambre à coucher ornée de deux corniches en stuc, séparées par des refends peints à limitation de marbre ; le pavé est en opus signinum, incrusté de petits cubes de marbre blanc régulièrement disposés. L’alcôve, pavée de la même manière, est exhaussée de 0",20. À côté est un petit cabinet voûté qui fut sans doute une garde-robe. On trouva dans la chambre un coffre-fort, arca', de bois garni de métal qui avait dû primitivement être posé, suivant l'usage, dans l’atrium sur un massif de pierre qui existe encore contre le trumeau séparant les deux premières chambres de gauche. Probablement aux premières menaces du volcan, les habitants l'avaient transporté dans cette pièce qu’ils pouvaient fermer et où ils comptaient le reprendre à leur retour. Il contenait treize cuillers d'argent, six petites et sept plus grandes, dont plusieurs avaient pour manche un pied-de-chèvre. De l’autre côté du prothyrum est une grande chambre également ornée de stucs, qui présente sur ses panneaux alternativement rouges et jaunes, des animaux fantastiques, des cygnes, un char tratné par des lionnes et une femme nue debout sur un prédestal; ces deux chambres avaient de petites fenêtres sur la rue. Le côté gauche de l’atrium est occupé par de petites chambres, dans l’une desquelles est l’estrade pour le lit. Au fond, à la gauche du tablinum, est une grande pièce très-simplement décorée, qu'un renfoncement carré qui dut servir d’armoire désigne comme un archivium, et à droite est le corridor qui, ainsi que le tablinum, communiquait au péristyle. Celui-ci avait un portique très-étroit soutenu par huit colonnes, réunies par un pluteus ou mur d'appui creusé pour recevoir des fleurs. Un de ses angles avait été fortifié par un pilier de briques construit probablement à la suite du tremblement de terre de 63. À gauche est une petite chambre à coucher, puis dans une espèce d’ala un escalier et l’entrée des communs qui avaient une sortie sur la rue du Faune. Au fond du
péristyle est l’œcus, où des restes de peinture représentent une femme