‹ PompeiaChapitre 187 sur 267 · THIN DURE · texte numérisé non relu

THIN DURE

. Id., V, pl. 38 et 39. Nous avons reproduit un de ces jolis groupes page 26

Ot à © HO —

deux avaient leur entrée sur la ruelle de Mercure, bien peu digne de cette splendide habitation. On entre dans la partie principale de la maison par un prothyrum 4 aux côtés duquel sont à droite une loge de portier 2, à gauche une petite chambre 3. L'atrium est tétrastyle et d’ordre corinthien. Au fond du compluvium est une table de marbre derrière laquelle est une citerne. La première pièce à droite À n’avait qu'une décoration très-simple; son pavage en opus signinum et l'embouchure d’un évier qui s’y trouve sembleraient indiquer une

buanderie qui eût été ici placée assez singulièrement. A la suite vient une

Plan de la Maison du Labyrinthe.

petite chambre à coucher 5 avec son estrade surélevée. En avant de cette chambre et sous le péristyle était encore naguère un coffre-fort G rempli de lapillo, mais dont le bois et le fer étaient assez bien conservés, il ne reste plus aujourd’hui que le massif de pierre tout incrusté de fer oxydé. Vient ensuite une ala 7 qui est répétée en face 8. En avant de cette seconde ala est la porte d’une grande pièce 9 ouverte dans toute sa largeur et à hauteur d'appui sur le péristyle. Un corridor 10 communique avec le second atrium ; il en est de même de la chambre 11 qui, quoique servant de passage, fut une chambre à coucher, ainsi que l’indique l’entaille qui existe dans la muraille pour le dossier du lit; dans cette chambre est une peinture médiocre, Pdris, Hélène et l'Amour. La chambre 42 n'offre rien de remarquable. Au fond de l’atrium est le

tablinum 13 ouvert par une large baie sur le péristyle et décoré de

refends en stuc; il est pavé en mosaïque blanche avec une large grecque de couleur au seuil, et un carré du même genre au centre. A la droite du tablinum est le corridor 1h dont la partie supérieure présente une petite fenêtre fermée par une plaque de terre cuite percée de six petites arcades ouvrant sur le péristyle et ressemblant absolument à l'entrée

d'un colombier.

[ARR nn)

ATAUR D00

Lucarne en terre cuite.

On a trouvé à Pompéi une assez grande quantité de lucarnes de ce genre. À droite du corridor est une chambre 15, qui put être une bibliothèque.

Le péristyle a b c d, large de 23",20, long de 26",60, était entouré d'un portique de 4 mètres de largeur soutenu par trente colonnes doriques de briques revêtues de stuc‘. Ses murailles latérales a b et c d sont ornées de pilastres fort simples entre lesquels il ne reste plus aucune trace de peinture. Au fond du péristyle, on trouve à droite une belle chambre à coucher 16 avec son alcôve décorée de petites têtes de femmes et d'Amours, et de nains monstrueux peints dans de petits panneaux carrés imitant alternativement le jaune et le vert antiques et l’albâtre fleuri; le pavé est une mosaïque à damier. À côté est un œcus corinthien 17 pavé en mosaïque avec grecque de couleur et entouré de dix colonnes cannelées ; sa profondeur est de 6",70, et sa largeur de 6”,80. Il reste peu de choses des peintures qui le décoraient; on y distingue cependant encore un temple monoptère au centre duquel est suspendu un lustre de bronze porté par un cygne, puis quelques vases et des perdrix et des pigeons pendus par les pieds. Au fond de l’œcus on trouve l’entrée de deux cabinets 18 et 19 dont la décoration n'offre rien de remarquable. C’est dans le pavé du joli cabinet d'étude 20, au centre d'un labyrinthe, que se trouve une mosaïque très-fine de 0",40 en carré, découverte en septembre 1845, représentant Thésée combattant le Minotaure en présence des jeunes filles. Viennent ensuite deux très-grandes

1. Dans la partie découverte, l’area, on trouva le squelette d’une femme avec ses bijoux.

358 POMPEÏIA.

pièces 21 et 22 dont l’une dut servir de triclinium; il est probable que ce fut la première, dont le pavé en mosaïque de couleur est beaucoup plus riche; derrière est une petite chambre d’esclave 23 qui ouvrait par une petite fenêtre sur la pièce 22. Enfin, au côté 6 c du péristyle on voit un puteal 2h et dans l'angle b la pièce 25 ouverte de tous côtés, et dont il serait difficile de préciser la destination.

Revenons maintenant à la partie la plus simple de l'habitation : on entre par un prothyrum 26 dans un atrium toscan à droite duquel est une pièce 27 dans laquelle est un escalier, et où l’on a trouvé un assez grand nombre d’amphores de formes variées qui ont été laissées en place. À côté de la porte de cette salle, sous le portique, est un massif de pierre 28 qui porta un coffre-fort dont il reste encore quelques parties adhérentes à la muraille. À la gauche de l’atrium, un procæton 29 précède une grande chambre à coucher 30. La chambre 31 conservait encore en partie les jolies peintures dont elle était décorée ; l’une représente l’'Enlèvement d'Europe, et l’autre Ariane abandonnée ; il ne reste presque plus rien ni de l’une ni de l’autre. Suit une ala 32 pavée en mosaïque blanche et noire. La pièce 33 a pu servir de logement à un esclave dont le dessous d'escalier formait l’alcôve. Par la porte 34, à la gauche de laquelle se trouve cet escalier, on entre dans une sorte de vestibule 35 sur lequel ouvrent trois pièces 36, 37, 38 ayant servi à la cuisine et à ses dépendances, une petite chambre 39, et un grand corridor 40 conduisant à la boulangerie et aux bains. La boulangerie 41 contient trois moulins, quatre cuves de terre cuite, une pierre d’évier au-dessus de de laquelle sont représentés un fleuve, le serpent symbolique et quatre divinités parmi lesquelles on reconnaît Vénus Céleste. Enfin le four, derrière lequel sont plusieurs pièces 42, 43, kh ayant dû servir de magasins de bois et de farine, offre à sa gauche une salle 45 contenant un puits et une table sans doute pour la manutention du pain. L’avant-four, le prœfurnium, a son ventilateur et en outre est ouvert par le haut. Dans l'angle de la boulangerie est l'entrée d’un petit bain complet. Une petite pièce A6 accompagnée d’un cabinet et ayant servi d’apodyterium est suivie de deux pièces 47 et 48 qui recevaient la vapeur chaude amenée par des conduits de terre cuite. La première, qui conserve encore de jolies décorations en stuc, était le tepidarium ; la seconde enfin était le caldarium, qui, ainsi que nous l’avons vu aux bains publics, se termine

par une niche dont le cul-de-four en coquille est percé d’un œil de bœuf qui se fermait par une soupape. Au côté opposé est un renfoncement carré qui dut contenir l’alveus, le bassin pour les bains chauds.

Revenant au carrefour formé par la rue et la ruelle de Mercure, on trouve à l’angle de gauche, en face de la fontaine, le

Lupanar, n° 9 (PL. 54), fouillé en décembre 1827 et janvier 1828, moins caractérisé que celui découvert depuis dans la rue à laquelle il a donné son nom. D'abord se présente une taverne avec son comptoir en maçonnerie revêtu de marbres précieux de diverses espèces parmi lesquels on remarque sur le devant une belle plaque de porphyre vert brisée en deux. Dans ce comptoir sont encastrées trois urnes de terre cuite, et non pas de plomb, comme l'ont répété toutes les descriptions de Pompéi; à son extrémité gauche est un petit gradin de marbre qui servait à exposer les comestibles, et sans doute aussi les vases de verre et les tasses. Dans l’angle à droite est le fourneau où l’on préparait les aliments et les boissons. La peinture ordinaire des deux serpents ornait la paroi, mais elle n’existe plus. Au fond de la boutique sont deux portes : l’une à droite conduit dans un premier cabinet, une espèce d’antichambre sur les murailles de laquelle sont peints deux chars à quatre roues chargés de vin ; l’un est traîné par une paire de bœufs, en tête desquels se tient le bouvier armé de son aiguillon ; on est occupé à décharger l’autre. Au-dessus était représentée une fenêtre presque entièrement effacée aujourd’hui, et de laquelle sort un panier suspendu au bout d'un bâton‘. Ces peintures, fort curieuses pour les détails des chars et des harnachements, et qui placées l’une au-dessus de l’autre étaient simplement tracées en rouge sur fond blanc, sont aujourd’hui presque effacées. Dans cette antichambre se trouvaient deux portes, l’une ouvrant sur la maison voisine, dite des Cinq-Squelettes, l’autre donnant accès à une petite salle réservée aux buveurs. La présence de cette communication existant entre un lieu semblable et une maison qui paraît avoir appartenu à un personnage aisé ne peut s’expliquer que par la supposition que ce propriétaire peu scrupuleux faisait vendre ses denrées dans la taverne, et, afin d’en tirer un plus grand profit, fermait les yeux sur Îles

41. C’est encore aujourd’hui le procédé employé par les ménagères de Naples pour recevoir les provisions sans descendre les escaliers.

360 POMPEITA.

honteux moyens employés pour y aitirer les chalands ; peut-être aussi était-il lui-même le Leno, le chef de l'établissement. Le petit salon dont nous avons parlé est orné de peintures médiocres représentant des Amours et deux sujets, Polyphème et Galatée et Vénus péchant à la higne. Au-dessous de ces compositions sont deux frises représentant d’un côté une chasse, de l’autre un ours attaché à un poteau et cherchant à s’élancer sur un cerf qu’un chien semble vouloir défendre.

La porte à gauche de la taverne donne accès à une pièce de 4",80 sur 2°,30 déblayée le 19 décembre 1827, ayant une porte dérobée sur la ruelle de Mercure. Les peintures grossières qui décoraient ce lieu indiquent évidemment qu’il était destiné aux plus honteuses débauches; elles étaient au nombre de treize, ayant chacune 0",40 en carré ; les plus obscènes ayant été effacées, il n’en reste que six, représentant des hommes remplissant des amphores à une grande outre placée sur un char dont on vient de dételer les mulets ‘, un valet versant à boire à un

soldat, au-dessus duquel est gravée à la pointe cette inscription :

DA FRIDAM? PVSILLVM

« Donne un peu d’eau froide. »

des joueurs de dés, des buveurs, et enfin deux hommes attablés avec deux femmes coiffées du capuchon, du cucullus*, dont se servaient les débauchés dans leurs expéditions nocturnes*. Au-dessus de leurs têtes, à un grand roseau suspendu au plancher, sont attachés divers comestibles, parmi lesquels on reconnaît des saucissons et divers fruits. Ainsi que je l’ai dit, le lupanar paraît avoir dépendu de la maison voisine avec laquelle il communique ; celle-ci est désignée sous le nom de “Maison DES CINQ-SQUELETTES, n° 8 (PL. 55). Dans cette petite habitation, découverte en novembre 1827, on trouva en effet les restes de cinq malheureux, avec des bracelets, des anneaux d’or et des monnaies

de divers métaux qu'ils.avaient cherché à emporter dans leur fuite. Au

Page 1