Beau marbre rose
donnée, Dédale et Pasiphaé, et une composition dans laquelle on croit reconnaître l’Apothéose d’ Homère.
Au delà de cette maison,-et du même côté de la ruelle, est la
* MAISON DE L'IMPÉRATRICE DE Russie (PL. 71). Cette habitation fut
découverte le 20 mars 1846, en présence de la princesse dont elle porte le nom; on y trouva une grande quantité de statues, d’ustensiles, de monnaies et d’objets précieux ; aujourd’hui elle est très-ruinée et elle n'offre rien de remarquable.
Revenant à la rue de la Fortune, on y trouve, à l'angle du Vico storlo', opposé à celui qu'occupe la maison de la Chasse, la
Maison DE Gars Memmius, n° 17 et 18 (Pr. 120). Cette habitation, fouillée en 1867 et 1868, est composée de deux établissements de commerce communiquant entre eux. On y remarque sur un pilier de l’atrium une peinture assez bien conservée représentant une prétresse tenant de la main gauche une corne d'abondance et de la droite faisant une libation sur un de ces autels de bronze pliants et portatifs dont le musée de Naples offre plusieurs exemples ; elle est placée entre deux pocillatores dont la tête est entourée d’une auréole et qui tiennent chacun un rhyton et un plat. C’est au-dessous de cette peinture que, sur un fond rouge, est gravée à la pointe l'inscription où l’on croit trouver le nom du propriétaire :
CAIO MEMMIO REQVIE (sic);
« Paix à Caius Memmius. »
Au pilier est attachée par un collier de fer une sorte de bénitier en pierre grossièrement taillé ; il serait curieux qu'il eût servi à contenir l'eau lustrale.
* Continuant de parcourir la rue de la Fortune on trouve au n° 21 une petite maison dans laquelle on entre par la boutique; elle contient un assez joli laraire en forme de niche, orné de deux colonnes, qui malheureusement à perdu sa partie supérieure.
“Au n° 23 est une maison qui présente une particularité d’un ordre
peu relevé, mais qui n’en a pas moins quelque intérêt de curiosité. Au
1. A l'entrée de cette ruelle, à gauche, et sur le mur même de la maison de Memmius, est cette inscription en lettres rouges :
IVDICIS AVG. FELICIS.
fond de son petit péristyle sont des latrines dont la fosse est parfaitement reconnaissable. À côté de ce cabinet est une grande pièce où sont peints des oiseaux et des poissons. Dans le péristyle même, on voit un petit laraire avec une peinture analogue à celle que nous ayons vue dans la maison de C. Memmius ; seulement celle-ci est accompagnée de deux serpents.
C'est aussi par une boutique que l’on entre dans la
Maison D'HERCULE ENFANT, n° 26 (PL. 121), fouillée également en 1867 et 1868. Dans une pièce à gauche du péristyle étaient deux peintures ; l’une, représentant les Trois Grâces, a été portée au musée ; l’autre, restée en place, offre au fond Amphitryon sur un trône, à gauche Alcmène tenant dans ses bras son fils Iphiclès qu’elle vient d’arracher au danger, et à droite Minerve aux pieds de laquelle Hercule enfant étouffe les serpents envoyés par Junon; dans le haut, on voit Jupiter entre Junon et la Victoire jetant dans une urne les sorts destinés au jeune héros". Au fond du xyste est un laraire intact avec deux petites colonnes portant un entablement et un fronton et devant lequel s'élève un petit autel carré. A côté est déposé un élégant pied de table formé de deux sphinx adossés. Une charmante statuette de Vénus en marbre blanc trouvée dans cette maison est déposée au temple de Mercure.
L’habitation suivante est designée sous le nom de
* MAISON DU LARAIRE DOUBLE, n° 27 (PL. 83). On n'a achevé de la
déblayer que dans ces dernières années. Dans son œcus est une peinture un peu effacée représentant Méléagre et Alalante; mais ce que cette maison offre de plus remarquable est un joli laraire au fond duquel en est un plus petit avec ses colonnes et son fronton. Sur la paroi de droite du plus grand est un serpent en relief roulé sur lui-même au milieu d’une couronne de chêne.
Cette maison occupe l’un des angles du carrefour formé par la rencontre des rues de la Fortune, de Nola et de Stabia, et connu sous le nom de Quadrivio della Fortuna. Sur ce carrefour, déblayé en août 1834,
on voit une fontaine où est représenté Silène appuyé sur son outre, et
1. Une composition analogue, moins la partie supérieure, avait déjà été trouvée à Pompéi. (Herc. ET Pome., Il, pl. 9.)
Nous savons que ce même sujet avait été traité par Zeuxis. (Scerrer, de Torquibus.)
derrière un autel des Lares compitales' (PL. 72), surmonté d’une peinture grossière représentant un sacrifice et au-dessous un serpent. Auprès de cet autel, ainsi qu’en plusieurs autres points de la rue de Stabia, s'élève un très-haut pilier carré dans lequel sont creusées deux rainures d'environ 0",20 en carré. Cette bizarre construction
Carrefour de la Fortune.
semble inexplicable au premier coup d'œil, mais en remarquant que c’est toujours dans le voisinage d’une fontaine qu elle s'élève, on est mis sur la trace de sa destination. Beaucoup de fontaines de Pompéi paraissent avoir été alimentées par une source qui existait sur le flanc du Vésuve et que les éruptions ont anéantie ; ces eaux, amenées par un conduit souterrain, étaient, par un effet de siphon, élevées au sommet de ces piliers dans un tuyau de plomb, et, redescendant de l’autre côté, acquéraient ainsi une plus grande force d’impulsion *.
Le P. Garrucci a proposé une autre explication; selon lui, les eaux se précipitant avec rapidité entraînaient une certaine masse d’air qui
comprimée eût put faire crever les tuyaux, si de loin en loin on n'eût