Ibid., v
chevet, un pulvinar. Sur la muraille sont gravés à la pointe des noms etl es inscriptions licencieuses en caractères grecs et romains, dont plusieurs ont pu être déchiffrées et publiées par Fiorelli ‘. On a reconnu aussi quelques empreintes de monnaies de Galba, Vespasien et Titus, qu’on s'était amusé à imprimer sur l’enduit encore frais. À gauche les cellules ne sont qu’au nombre de deux; elles sont moins régulières à cause de la configuration du terrain ; elles ont de petites fenêtres sur la rue, percées très-haut et garnies de grilles bien conservées, tandis que les autres loges ne recevaient un peu d’air et de lumière que par une imposte ménagée au-dessus de leur porte. A la place qu'eut occupée la troisième cellule à gauche est une porte donnant sur la Via del balcone; derrière un panneau que l’on voit à gauche au fond de notre dessin , sont des latrines ménagées sous un escalier.
Du Vico del balcone, on arrivait à un escalier par une porte dérobée, voisine de la première et munie d’une sonnette qui fut trouvée à terre. C'est par cette porte que se glissaient les débauchés qui se rendaient aux chambres de l'étage, plus larges et mieux décorées, et qu'occupaient sans doute des courtisanes d’un genre un peu plus relevé. Cet étage, qu'agrandissait un balcon fermé, un mænianum, régnant sur les deux faces de la maison, est conservé en partie, et on peut voir que chacune de ses chambres occupait l’espace de deux des cellules du rez-de-chaussée. Les murailles, peintes en jaune, ne présentent point de traces de peintures obscènes.
Il paraît certain que le lupanar avait déjà été fouillé dans l’antiquité, car on n'y a trouvé qu'un très-petit nombre d'objets, parmi lesquels un très-beau candélabre de bronze parfaitement intact, un grand chaudron de cuivre, cacabus, encore plein des oignons et des haricots qui, le 23 novembre de l’an 79, devaient composer le maigre repas des malheureuses qui habitaient ces lieux ?.
La maison dont dépendait la blanchisserie de Narcisse sépare seule le lupanar de la |
Mason DU CamiLLe (PL. 138), qui porte le n° 4 sur le Vico del balcone, où elle a une seconde sortie, au n° 5, près la porte de la mai-
1. Fioreurr, Giornale degli scavi, 1862, p. 48. 2, @Ibid.;p. 09:
Es
son d'Hélène et Pâris. Cette habitation, fouillée en 1862, se fait remarquer par la bizarrerie de son plan et par plusieurs objets d’art qu’elle renferme encore. Dans l’espèce de fablinum qui fait face à la porte principale sont sur les côtés deux médaillons avec des têtes assez bien conservées, et dans le fond une peinture dont la partie supérieure est détruite. Dans le bas on voit une jeune fille dénouant le soulier blanc et lacé d’un personnage assis, qu’une lyre posée près de lui semble indiquer être Apollon; l’autre soulier, déjà retiré, est absolument semblable aux nôtres et porte un nœud de rubans ‘.
À gauche du tablinum sont trois degrés de marbre conduisant à une espèce d’atrium surélevé, dont le compluvium présente au centre un fut de colonne cannelé ayant porté une table ou une vasque. Dans le mur de cette cour sont pratiquées trois petites niches, trois laraires intérieurement peints en bleu et encadrés d’un filet rouge ; celui du milieu est seul cintré, les deux autres sont carrés. À gauche de la première de ces niches est debout la jolie statuette en marbre d’un adolescent coiffé du bonnet phrygien, les mains jointes naturellement dans l’attitude du repos, et tenant un simpulum, instrument sacré que nous avons déjà vu représenté sur l’autel du temple de Mercure. Nous croyons pouvoir avec certitude reconnaître dans cette figure un de ces jeunes ministres qui assistaient le grand prêtre dans les sacrifices, et qui portaient le nom de Camilles ?. A droite sont un buste d’enfant porté par un cippe de cipollino et un petit moulin.
Dans la pièce voisine sont trois peintures, dont une presque effacée laisse deviner un jeune homme endormi, peut-être ÆEndymion; la seconde représente Mercure, Argus et lo; la troisième, la plus belle et la mieux conservée, offre Apollon assis sur un trône, avec ses attributs ordinaires , la lyre et le carquois; de la main droite, il soulève le voile qui couvrait une jeune femme debout, le coude droit appuyé sur un cippe et ne paraissant guère se défendre; ses yeux, pleins d’expression, regardent du côté opposé et indiquent seulement la crainte d’une surprise. D’après l’ensemble de cette composition, nous pensons qu'on à
1. Une peinture tout à fait analogue, mais avec deux figures de femmes en plus, l’une debout, l’autre assise, avait déjà été trouvée et, par une singulière coïncidence, avait également sa partie supérieure détruite. Herc. ET Pome., Il, pl. 11.