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Macros., Saturn., IT, 8. — Varro, De ling. lat., VIT

438 POMPEÏTA.

eu tort d'y voir Apollon et Daphné; nous y reconnaissons plutôt Ja fille du roi d'Orchomènes Phlégyas, Coronis, qui fut mère d'Esculape et dont l'amour pour Apollon fut si mal récompensé *.

Contiguë à la maison du Camille, et faisant face au Vico della Maschera, est la

Maison D'HÉLÈNE ET Paris, n° 7 (PL. 139). Son plan est très-

irrégulier, et l’atrium est une espèce de demi-péristyle. Les peintures

de la pièce située à droite du prothyrum sont fort effacées ; on y reconnaît cependant encore Apollon et Daphné, une Néréide sur un hippocampe , deux têtes d'homme, et une femme assez élégamment vêtue.

Dans le péristyle, près de l’œcus, sont peints les serpents avec le sacrifice à Fornax, que l’on trouve plus ordinairement dans les cuisines. L'œcus est pavé en partie de beaux marbres, cipollino, jaune et gris antiques ; quatre disques de brèche rose sont entourés de marbre violet, de pavonazzetto. Cette salle a conservé, dans plusieurs médaillons, les têtes de Ganymède, de Pan, de Bacchus, de Pandore, etc., et en outre au centre de ses murailles trois compositions importantes. La peinture du fond représente Ariane abandonnée, motif bien souvent reproduit, mais remarquable ici par les détails du vaisseau très-complets et nettement dessinés. A droite est un autre sujet également commun à Pompéi, Léda montrant à Tyndare Castor, Pollux et Hélène dans un nid. La peinture de gauche est la plus belle, et c’est à elle que nous avons cru devoir emprunter la désignation de cette demeure jusqu'ici innommée. Hélène est assise, coiffée d’un diadème dont chaque fleuron est une perle; Päris, debout devant elle, l’engage à fuir avec lui, et un charmant Amour, appuyé sur les genoux de la femme de Ménélas, semble l’encourager ; trois jolies suivantes assistent à cette scène de séduction.

En faisant quelques pas dans le Vico della maschera, on trouve vis-à-vis l’une de l’autre, aux n° 6 et 11 , deux blanchisseries analogues à celle que nous avons vue dans la Via del Lupanare.

MAïsON DU BALCON, Casa del balcone pensile (PL. 440). Cette habilation, qui fait suite à celle d'Hélène et Pâris, a été fouillée comme elle

en 1862, et porte le n° 9 de la rue à laquelle elle a donné le nom qu'elle

1. Ovinr, Métam., L. 11. Nous verrons que le sujet d’Apollon et Coronis avait déjà été trouvé à Pompéi dans une maison qui lui a dû son nom.

nets

doit elle-même à un détail de sa construction, dont on connaissait déjà quelques exemples, mais nulle part aussi bien caractérisés, si ce n’est dans les peintures antiques. A la façade, cette maison avait en saillie, non pas un balcon proprement dit, puisqu’un balcon est ordinairement découvert, mais plutôt un étage porté par des poutres et s’avançant de plus d’un mètre sur la rue. Les poutres étaient en grande partie carbonisées, mais leur forme était suffisamment conservée pour que M. Fiorelli ait pu les faire copier et rétablir le mænianum *, tel qu'il était à la dernière heure de Pompéi.

Maison du Balcon.

La partie antérieure de cette habitation paraît avoir été occupée par divers locataires, inquilini, et la demeure du propriétaire s'en trouvait séparée par une porte placée au fond du prothyrum. À droite de celui-ci est une grande pièce aux murailles brutes et sans revêtement, éclairée par la lucarne fermée d’une grille bien conservée, que l’on voit à droite de notre dessin; nous pensons que ce dut être une écurie, à

moins qu’elle n’ait été un magasin de matières grossières, aussi bien

4. «Les Mœniana sont ainsi appelés du censeur Mænius, qui le premier fit avancer des poutres sur le Forum au delà des colonnes pour agrandir la place réservée au-dessus d'elles aux spectateurs. »

Mœniana apellata sunt à Mæœnio censore, qui primus in foro ullrà columnas ligna projecit, quo ampliarentur superiora speclacula. P. Fesrus. Vo Hæniana,

que d’autres pièces dans le même état qui sont à gauche du prothyrum, à la suite de l’escalier. Celui-ci à été rétabli en bois, comme étaient du reste la plupart de ceux de Pompéi, dont très-souvent les premiers degrés étaient seuls en pierre. Quatorze marches conduisent au mœænianum, qui était éclairé par quatre fenêtres faisant face à l’escalier et aux portes de trois chambres indépendantes, ouvrant sur le corridor emprunté à la rue. Ces chambres, pavées en opus signinum, paraissent avoir été décorées trés-simplement, à en juger par celle qui seule a conservé ses peintures. Dans l’une d'elles fut trouvé le casque d’un gladiateur qui sans doute était venu l’habiter après avoir obtenu son congé, rude donatus ‘.

En sortant du prothyrum, on entre dans un atrium assez irréguliè-

Fontaine de la Maison du Balcon.

rement distribué. C’est à droite, dans l'angle, que se trouve le com-

pluvium, entouré d’un pluteus peint en rouge. En tête est une jolie

fontaine composée d’un piédestal portant une charmante statuette de

1. On remettait au gladiateur, comme signe de son congé, une baguette nommée rudis. De là l'expression proverbiale rude donari qui signifiait être retiré des affaires.

«Tu veux, Mœæcènes, que moi, vieil athlète ayant reçu mon congé, je me hasarde encore dans la lice. »

donatum jam rude quæris, Mœcenas, iterum antiquo me includere ludo.

HOR., Ep. TI, 1, v,12

l'Amour, la main droite posée sur sa tête’, et tenant de la gauche une coquille ayant au centre un tuyau, qui jetait l’eau dans une jolie coupe carrée portée par un piédouche cannelé. Dans l'angle gauche du piédestal, on voit aussi une embouchure avec une petite tête de Jupiter en bronze; enfin, du sommet des deux piliers, qui portaient peut-être quelque animal et qui sont placés aux côtés de la fontaine, sortent deux tuyaux qui semblent indiquer deux petits jets d’eau venant se croiser devant la statue.

Derrière la fontaine est une table de marbre dont les deux pieds, terminés en griffe de lion, sont ornés de petites têtes réunies par des festons. Un troisième pied carré et sans sculpture est adossé à la fontaine. De ce côté on voit monter et entrer dans la plinthe du piédestal et dans le bras de la statue deux tuyaux dérivant d’un grand appareil de distribution qui existe sous la table, dans une sorte de coffre. On y compte trois robinets de bronze prenant l’eau sur un conduit principal que ferme un quatrième robinet beaucoup plus fort. Ges robinets sont revêtus de ce bel oxyde couleur lapis-lazuli, qui rend si reconnaissables les bronzes de Pompéi. On voit aussi un grand tuyau de plomb qui, partant de là, traversait la rue sous le pavé, reparaissait sur le trottoir opposé et conduisait l’eau dans d’autres maisons.

À droite de l’atrium sont trois chambres, et sur une muraille une peinture avec un ours et un sanglier. Dans une espèce d’exèdre ouverte au fond, on voit les restes d’une autre peinture représentant un Poële lisant devant une assez nombreuse assemblée ; une matrone drapée et une jeune fille demi-nue paraissent l’écouter avec attention.

Dans la cuisine, située à gauche de l’atrium, sont des latrines qui ont été restaurées. La cave enfin à une voûte ogivale dans laquelle sont percés des soupiraux ; au fond est une sorte d’auge qui contenait de la chaux.

Avant de quitter le Vico del balcone, signalons encore, au n° 11, une petite blanchisserie dont le fourneau porte une grande chaudière de plomb très-bien conservée et en forme de capsule, et, au n° A4, une loge de courtisane, une cella meretricia, ouverte directement sur la rue,

1. Cette figure n’est que dégrossie par derrière et, bien qu’elle soit isolée, elle semblerait avoir été destinée à une niche; nous aurons à faire la même remarque à une fontaine analogue que nous trouverons dans le péristyle de la maison d’Holconius.

sans aucunes dépendances, et absolument semblable à celles que nous avons vues dans le nouveau lupanar.

Au Vico del balcone fait suite, de l’autre côté de la ruelle d’Euma- -chia, une impasse à l'entrée de laquelle s’élève un de ces piliers pour les eaux dont j'ai déjà parlé et qui longe la muraille méridionale du Panthéon. Au fond, en face d’une porte latérale de ce monument, est à gauche l'entrée de la

* Mason pe Vénus ET Mars (PL. 92), fouillée en 1820, et qui doit son nom à une peinture très-bien conservée trouvée dans son éablinum le 2h juin ‘, et représentant Vénus et Mars assis avec deux Amours, dont l’un tient l'épée et l’autre le casque du dieu de la guerre. L'atrium est très-vaste. Dans le xyste, entre deux viviers de forme oblongue, était une table de marbre dont le pied était orné d’une figure de génie. Dans une boutique à droite du prothyrum est un puits de 35",95 de profondeur dont l’eau n’a tari qu’en 1849.

Revenant à la ruelle d'Eumachia et tournant à droite, on y trouve à

gauche la nouvelle

MAISON DE LA GHASsE (PL. 1/41) ?. Les peintures des murailles de l’atrium ont presque toutes disparu, mais sur le soubassement on voit encore des vases, une perdriæ rouge, des lions poursuivant des taureaux, des chiens chassant un sanglier et un chien gardant des brebis. Plusieurs chambres entourant l’atrium sont assez bien décorées. Le compluvium est sans ornements et seulement encadré d’une bande de mosaïque qui contournait aussi un petit puteal situé dans l'angle à droite en entrant.

Dans les fauces , qui sont à droite du tablinum, est un corridor aboutissant à une cuisine où l’on voit encore en place un grand seau de fer fixé à la muraille et le tuyau qui servait à le remplir. A droite est peinte une femme tenant une baguette.

Le tablinum , situé selon l’usage au fond de l’atrium, est entièrement ouvert devant et derrière, et pavé en mosaïque. Les peintures de la muraille de droite sont bien conservées; on y voit sur des

panneaux rouges deux femmes tenant des masques, et au milieu, sur

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