Voy. la vignette à la fin du chapitre
Aux côtés de la porte sont deux petites chambres ef dont la première, pavée en mosaique, fut destinée à un hôte, et l’autre, plus simple, à un esclave. À gauche de l’atrium une grande pièce g, également pavée en mosaïque, paraît avoir été un ériclinium commu niquant avec une exèdre h. Vient ensuite une ala à au fond de laquelle se trouvent deux petites pièces 4 { dont les murailles présentent encore les traces des tablettes qui les garnissaient. Ces cabinets durent servir à serrer, l’un, des vases d’un usage domestique, l’autre, des vases et ustensiles sacrés, et peut-être les Lares eux-mêmes.
Un corridor #»# communique à la fois avec un long passage n débouchant sur la rue de la Basilique et avec un escalier qui descendait à la cuisine et aux salles souterraines, et montait à l'étage supérieur. Le {ablinum o et le corridor ou fauces p occupent leur place ordinaire entre l’atrium et le péristyle r; celui-ci est carré au lieu
d’être oblong, et formé de 12 colonnes doriques; il repose sur un
crypto-portique ; de même que son aire, il est porté par la voûte des
quatre pièces souterraines. On appelait les jardins de cette espèce horti pensiles.
A la gauche du tablinum et ouvrant sur le péristyle est une belle chambre à coucher s placée également au-dessus d’une pièce souterraine ; ses panneaux peints en bleu de ciel et enrichis d’élégantes arabesques présentaient dans des médaillons un Faune et une Nymphe et des génies ailés groupés avec divers animaux; ces peintures sont presque entièrement effacées.
Au fond du péristyle était un œcus t, deux passages w montant par quelques degrés à une terrasse v qui donnait sur le port et la mer, un laraire æ et une petite pièce z adossée à celui-ci et qui dut être un cabinet de repos. De ces diverses constructions il ne reste presque plus de traces, les voûtes des salles souterraines sur lesquelles elles reposaient s’étant écroulées en grande partie.
Revenant à l’atrium et redescendant par l'escalier ouvert sur le corridor m, nous trouvons à mi-étage, sous la chambre s, une petite pièce élégamment ornée de stuc qui dut servir de refuge aux maîtres de la maison pendant les chaleurs de l'été ; elle ne reçoit de lumière que par un soupirail au-dessous duquel est une petite fenêtre ouverte sur le cryplo-portique.
Continuant à descendre l'escalier, on se trouve dans la partie souterraine de l'habitation qui est éclairée par des espèces de cheminées ouvertes dans l’area du péristyle. Ces salles ne furent entièrement déblayées qu’en 1827, mais il paraît que leur existence était connue depuis longtemps et qu’élles avaient servi de retraite à des brigands, car on y trouva un stylet moderne. Le cryplo-portique, qui s'étend sous le portique du péristyle, entoure les quatre pièces voûtées situées sous l’area, pièces dénuées de tout ornement, et dont l’une, qui servit de cuisine, conserve encore son fourneau. Plusieurs petits caveaux ouvrent aussi sur le crypto-portique, qui sans doute communiqua également avec l’appartement d'été situé sous la terrasse et sous l’œcus. Des salles qui le composaient, une seule est visible; elle a 8”,80 sur h",90 ; son pavé est composé de charmants dessins en mosaïque blanche et noire; sur les panneaux noirs de la muraille étaient peints des masques et des animaux fantastiques et au-dessus régnait une élégante corniche de stuc où prenait naissance une voûte peinte, presque entièrement détruite.
On a trouvé dans cette habitation plusieurs squelettes de femmes portant des bagues, des bracelets et des colliers d’or qui furent envoyés au musée de Paris.
Quittant les maisons de Championnet, et traversant la basilique, nous nous retrouvons dans la rue de la Marine, où nous avons encore à examiner quelques maisons devant lesquelles nous n’avons fait que passer en arrivant, parce que pour les comprendre il fallait avoir étudié les habitations plus complètes que Pompéi nous réservait.
Ces maisons, fouillées en 1846 et 1847, occupent le côté droit de la rue en descendant vers la porte de la Marine. Au coin d’une ruelle non déblayée se présente d’abord une grande habitation (Pr. 461) qui n’est fouillée que jusqu'au fond du tablinum, à la droite duquel était le triclinium, où l’on entrait par deux degrés de marbre bien conservés. Dans les pièces qui entourent l’atrium sont encore quelques jolies arabesques ; contre l’ala de droite est la pierre qui porta un coffre-fort en fer qui a laissé des traces d'oxyde sur la muraille jusqu'à la hauteur de 0",88. Une boutique dépendant de cette maison à un comptoir renfermant deux jarres de terre cuite.
Les maisons qui font suite à celle-ci de l’autre côté de la ruelle
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ouvrent sur une terrasse que couvrait un portique et qui dominait le sol descendant de la rue. La première boutique est un autre magasin d'huile avec un comptoir du même genre; sur son pilier de gauche est une enseigne renfermée dans un encadrement de briques et consistant en un bouclier de marbre blanc , long de 0",45, de la forme de ceux qu'on nommait Pelta et que portaient les Amazones ; il présente en relief deux flambeaux qui en suivent la courbe et au milieu deux masques scéniques adossés.
L'une des maisons voisines à en tête du compluvium un puteal de lave, carré à l’extérieur et rond à l’intérieur, où sont visibles les traces de la corde qui servait à tirer l’eau de la citerne ; nous avons trouvé dans Pompéi peu d’exemples de cette forme exceptionnelle de
puleal. Cette modeste habitation n’est dégagée que dans sa partie
antérieure et se termine au fablinum, à la droite duquel est le triclinium. À gauche près de la cave est un escalier conduisant à l’étage où l’on n’est pas peu étonné de trouver un péristyle soutenu par vingt colonnes octogones non cannelées et accompagné de plusieurs petites pièces dont l’une conserve son pavé en opus signinum entouré d’une bande de mosaïque.
Après ce rapide coup d'œil jeté à ces dernières habitations, on se trouve revenu au point de départ de cette longue excursion et on sort de Pompéi le corps brisé, la tête en feu, mais riche de ces souvenirs qui restent à jamais gravés dans l'imagination, et qu'on ne peut avoir payés trop cher au prix de fatigues que quelques jours font oublier.
Atrium de la Maison de Championnet.