Nous avons trouvé la même disposition à Pompéi, p
2. La mer a été refoulée par les laves à près de 300 mètres de son ancien rivage,
3. Nous avons indiqué des magasins de ce genre à Pompéi à la porte de la Marine, et à gauche de la rue Domitienne.
découverte du théâtre, qui amena celle de la ville même’. Par un large escalier de plus de cent marches, creusé dans les couches de cendre et de lave, on descend dans ce vaste édifice, dont l'orchestre se trouve à 26",60 au-dessous du niveau de la moderne Résina *. La nécessité de conserver partout des massifs de cendres durcies, ou de construire des piliers de briques pour soutenir le poids énorme des matières amoncelées x une si grande hauteur, n’a pas permis de déblayer entièrement ce vaste édifice, et si l’on peut aujourd’hui en parcourir les corridors, les escaliers, quelques gradins, la scène et ses dépendances, nulle part, dans cet inextricable labyrinthe, on n’embrasse l’ensemble de l'édifice, et ce n’est qu’à l’aide du plan et d’une parfaite connaissance des théâtres antiques qu’il est possible de s’en former une idée complete.
Plan du Théâtre.
Le chanoine Jorio a donné dans son excellent ouvrage, qui n’a d'autre défaut que d’avoir été publié en 1827, et avant Îles nouvelles fouilles, un plan aussi exact qu’ingénieux, que nous nous sommes permis de lui emprunter *.
Sur ce plan, les deux puits qui montent seuls à la surface du sol sont restés en blanc; une teinte gris clair indique les parties souter-
2. L’orchestre est élevé de 9,50 au-dessus du niveau de la mer; le théâtre avait 19,50 de hauteur, et au-dessus se trouvent encore 7,10 de matières volcaniques.
3. Pour faciliter l'intelligence du plan, Jorio a supprimé une foule de galeries étroites et basses creusées en quelque sorte au hasard, ne conservant que celles qui, tracées régulièrement, suffisent pour parcourir toutes les parties importantes du théâtre.
raines praticables ; les massifs réservés sont d’un gris foncé; enfin le noir est employé pour marquer les murailles de l'édifice.
Au bas de l'escalier, on se trouve dans le grand corridor voûté qui régnait au sommet des gradins. Ce corridor était pavé et revêtu de marbre blanc, et recevait le jour de quatre grandes arcades et cinq fenêtres plus petites. Du corridor, un vomitoire faisant face à la scène conduit à l'escalier et aux gradins mis à découvert par le grand puits dont nous avons donné le dessin‘. Un autre puits plus étroit se trouve derrière la scène, et quelques auteurs croient que ce fut celui-là qui fut cause de la découverte du théâtre; nous repoussons cette opinion que détruit le fait attesté par tous les contemporains que, dans cette première fouille, on rencontra des statues. Peut-on supposer que ces statues aïent été placées derrière le mur de la scène?
Le théâtre avait dix-neuf rangs de gradins de tuf, larges de 0",88 et hauts de 0,22. Les cinq gradins inférieurs n’ont qu’un peu plus de 0,11 de hauteur, étant destinés à porter des siéges?, et en effet on \ trouva un bisellium en bronze orné de têtes de chevaux et de Satyres.
Les gradins étaient divisés en six sections, cunei, par sept escaliers, ilinera ou scalæ qui tous ont été rendus praticables. Les seize gradins inférieurs n'étaient interrompus par aucune précinction; les trois autres gradins étaient entièrement isolés et on y arrivait par des escaliers particuliers ; ils étaient surmontés d’un portique à entablement de mar-
bre que décorait le beau quadrige de bronze dont un cheval seul nous a
été conservé *.
L'évaluation de la capacité du théâtre par les différents auteurs varie de trente mille cinq cents spectateurs, chiffre donné par Winckelmann , à dix-huit mille, seize mille et même huit mille. Il est probable que ce dernier nombre, déjà bien considérable, est celui qui s'éloigne le moins de la vérité.
L’orchestre était pavé de dalles très-épaisses de jaune antique, dont on voit encore quelques restes; on y arrivait, ainsi qu'aux gradins privilégiés, par deux grands vomitoires placés, comme à Pompéi, aux extrémités de l’hémicycle. Deux inscriptions, gravées au-dessus de ces
2. Nous avons signalé la même particularité au théâtre et à l’amphithéätre de Pompéi. 3. Voy. l’Introduction historique, pages 22 et 23.
entrées, nous ont appris le nom de l'architecte Numisius, fils de Publius, et celui du magistrat qui fit construire le théâtre à ses frais, Lucius Annius Mammius Rufus, fils de Lucius, duumvir pour la cinquième fois.
La scène dont les fouilles furent commencées en 1762, et dont on peut reconnaître encore toutes les parties constitutives, avait près de 9h mètres de largeur *. Elle présentait au fond les trois portes ordinaires, et était ornée de niches dans lesquelles les statues n’ont point été retrouvées; elle était entièrement revêtue de marbres.
À ses extrémités, à l’entrée de ce que nous appellerions les coulisses, sont deux piédestaux dont la surface n’a pas plus de 1°,08 en tous sens. Il suffirait de cette mesure pour démentir l’assertion des écrivains, qui, de même que l’affirme encore le cicerone du théâtre, ont prétendu que ces piédestaux portaient les statues équestres des Balbus ; il est évident qu'ils n’ont jamais pu recevoir que des statues debout, et d’ailleurs les inscriptions qu’ils portent encore nous apprennent qu'une seule de ces statues appartenait à l'un des Balbus. En effet, si sur le piédesta à droite de la scène” on lit :
M. NONIO M. F. BALBO.