Pomp. ANT. Hisr., IV
au forum p g au moyen d’un élargissement de la muraille de ce côté b d, tout en conservant à la colonnade intérieure sa forme régulière. Peutêtre aussi ce mur a-t-il été refait ainsi lors de la construction du Forum que l’on croit postérieure à celle du temple. L’angle S.-0. du mur du péribole est construit en partie de tronçons de colonnes provenant d’édifices plus anciens ; quelques-uns, et ceci est surtout apparent à l’intérieur, conservent encore des traces de leur revêtement de stuc.
Mur du Temple de Vénus.
Cette construction nous a rappelé, sur une bien plus petite échelle, une partie des murs de l’Acropole d'Athènes, reconstruite à la hâte pendant l'ambassade de Thémistocle à Sparte‘; seulement à Athènes les tronçons de colonnes sont placés debout*; à Pompéi, ils sont couchés.
Le la ll ME
po a F
do IRAN ou
Mur de l’Acropole d'Athènes.
Une autre particularité assez remarquable est que le portique a b c d se compose, sur chacun des petits côtés, de neuf colonnes, de sorte que, dans l’axe du sanctuaire, se trouve une colonne au lieu d’un entrecolonnement. De cette bizarre disposition il résulte que la porte e don-
1. Prurarque, Thémistocle, PoLxex., Stratag. 1, 30. 2. KRRNEST BRETON, Athènes, p. 19, 2° édit. Paris 1868.
nant sur la rue n'est point au milieu de l'édifice, mais fait face au quatrième entre-colonnement à partir du mur occidental.
À chacun des grands côtés, le nombre des colonnes du portique est de dix-sept, ce qui donne pour toute l'enceinte un total de quarantehuit colonnes. IT paraît que le temple avait beaucoup souffert du tremblement de terre de 63; la disjonction presque entière des marches du perron, l'absence de toutes les colonnes du sanctuaire et la position hors d'aplomb de l'autel témoignent qu'on ne s’était pas encore occupé de leur reconstruction, les réparations ayant commencé par le portique. Les colonnes, dont les cannelures sont pleines jusqu’au premier tiers, étaient primitivement d'ordre dorique ; mais à l’époque des restaurations, on convertit leurs chapiteaux en une espèce de corinthien de fantaisie et des bases furent ajoutées; la frise dorique fut recouverte de stuc, mais celui-ci, tombé presque partout des fragments qui ont été retrouvés et déposés sur le sol entre les colonnes, a laissé à découvert les triglyphes, marques distinctives de l’ordre‘. Il résulta de cet arrangement un com-
lercpsmememel
Triglyphe.
posé lourd et disgracieux qui n’a ni l'élégance du corinthien, ni la noblesse du dorique, le chapiteau surtout étant trop écrasé pour l’ordre corinthien. Aux deux angles intérieurs à À du portique étaient de petits bassins pour l’eau lustrale, posés sur un pied et appelés monopodia. Derrière celui de gauche, entre la première et la deuxième colonne, est un piédestal où deux cercles juxtaposés, légèrement creusés dans le marbre et conservant des trous de scellement, semblent indiquer la
1. Ces fragments avaient été piqués à coups de marteau pour faire adhérer le stuc, Les triglyphes, tpiyaugor, de tpeîc, trois et y}Ügw , graver, ainsi nommés parce qu'ils offrent trois canaux parallèles gravés en creux, représentent l’extrémité des solives qui faisaient saillie au-dessous du toit dans la cabane, type primitif du temple grec.
62 POMPEITA.
place d’un petit groupe de deux figures de bronze qui probablement versaient dans le bassin l’eau amenée par un tuyau renfermé dans un autre trou carré que l’on voit encore. En avant du même monopodium est, dans l’area, un petit autel À.
A l’intérieur, les murs du portique étaient recouverts de peintures aux vives couleurs, représentant généralement des paysages, des fabriques ‘ et des intérieurs avec des figures auxquelles le caprice du peintre a donné des têtes d'homme et des corps d’enfant, ce qui, à l’époque de sa découverte, valut à l’édifice le nom de Waison des Nains, qu'il conserva jusqu'au moment où les fouilles continuées firent reconnaître que c'était un temple. Ces grotesques sont représentés jouant ensemble, combattant des crocodiles, ou occupés à des travaux domestiques; une des compositions offre Achille trainant Hector attaché à son char; deux autres, Achille et Agamemnon et Priam implorant Achille. Celles de ces peintures qui n’onj point été portées au Musée sont aujourd'hui presque entièrement détruites; on en trouve cependant encore quelques traces sur le mur oriental.
Autour du portique régnait, sur le bord du toit, un élégant chéneau en terre cuite, décoré alternativement de têtes de lion et de palmettes.
La partie découverte ou area fgh1a hh",40 de longueur sur
29" .90 de largeur. On y descend par deux degrés suivis d’une sorte de
trottoir le long duquel règne un caniveau pour les eaux ayant à chaque angle un petit bassin carré où se déposaient les immondices qu'elles charriaient. Au côté droit, en avant de la cinquième colonne, est un petit piédestal # portant une statue de marbre blanc terminée en gaîne, trouvée le 26 février 1817 ; c’est une figure jeune, d’un aspect mélancolique et dont il serait difficile de déterminer le sexe; toutefois elle paraîtrait plutôt féminine; elle a les épaules entourées d’un manteau qui lui remonte sur la tête. Plusieurs autres termes ont été trouvés dans ce temple ; leurs piédestaux existent, mais celui-ci seul était encore à sa place.
Au fond de l’area, et entièrement isolé comme celui d'Isis, le
temple proprement dit / s’élève sur un vaste soubassement ou podium