V. la vignette en tête de l’Introduction historique
de 20 mètres de longueur sur 11",85 de largeur et 2",30 de hauteur, auquel on montait par treize degrés en pierre calcaire séparés par un repos; les sept dernières marches étaient entièrement bouleversées, mais elles viennent d'être réparées. A la gauche de l'escalier sont déposés les fragments d’une colonne de cipollino' dont le chapiteau ionique de marbre blanc est surmonté d’un cadran solaire, solarium?. Cette
colonne, trouvée dans le temple, le 14 mars 4817, porte sur un cartel en relief cette inscription :
ES SEPNINVIS PNR EE) SANDILIANVS M. HERENNIVS A. F.
EPIDIANVS DIVORCE 0 D:
DSP C:
« L. Sepunius Sandilianus, fils de Lucius, et M. Herennius Epidianus , fils d’Aulus, duumvirs chargés de rendre la justice, ont fait placer cette colonne et ce cadran à leurs frais 3,»
Le temple était périptère, c’est-à-dire entouré d’une colonnade ; il était hexastyle , présentant six colonnes à là façade ; il y en avait dix à chacune des ailes. Ces colonnes ont entièrement disparu ; elles enfermaient, au devant de la cella, une large plate-forme pavée en mosaïque grossière et qui devait être très-favorable au développement des pompes sacrées. Les murs de la cella ne s'élèvent plus guère qu’à 2 mètres au-dessus de cette plate-forme ; ils étaient décorés de compartiments ou refends formés par des filets et des oves; ils présentent à
1. Marbre blanchâtre veiné de vert et de gris; les anciens , qui en ont fait un fréquent usage, le nommaient lapis phrygius.
2. De sol, soleil, et hora, heure (Varno, de ling. lat., 1. VI, 4); en grec cxalñpa, de oxia, ombre, et Ërpäw, chercher.
3. Nous verrons que ces mêmes magistrats avaient placé un autre cadran solaire dans le forum triangulaire.
Le premier cadran solaire offert au public par un magistrat fut celui que L. Papirius Cursor plaça à Rome près du temple de Quirinus, l’an de Rome 461 (292 av. J.-C.) Pur, L. VII, c. 60.
Plaute, qui écrivait au commencement du vi siècle de Rome, nous a laissé une plaisante déclamation d’un parasite contre l'introduction des cadrans solaires. Ces vers sont tout ce qui reste d’une comédie perdue, qui était intitulée Bis compressa seu Beotia :
« Que les dieux exterminent le premier qui inventa les heures, le premier qui plaça un cadran solaire dans cette ville! le traître qui m'a coupé le jour par morceaux pour mon malheur! Dans mon enfance, il n’y avait pas d'autre horloge que l’estomac, et celle-là est la meilleure, la plus exacte pour avertir à propos, à moins qu’il n’y aitrien à manger. Maintenant, quoique le buffet soit plein, on ne sert que lorsqu'il plaît au soleil. Aussi
depuis que la ville est remplie de cadrans solaires, on voit presque tout le monde se traîner amaigri et affamé. »
6% POMPETA.
chacun des angles un pilastre cannelé, et à la façade une large ouverture fermée autrefois par une porte à quatre vantaux, large de 3",30. On reconnaît encore dans le seuil les cavités qui en recevaient les pivots et les verrous. A l’intérieur, les murs de la cella n’ont que des refends de stuc blanc sans aucun ornement. Le pavé est un assemblage de marbre entouré d’une grecque en mosaïque et formé de losanges verts, blancs et noirs, présentant à l’œil l'aspect d’une réunion de cubes posés sur l’un de leurs angles. Au fond du sanctuaire est un piédestal de tuf qui n’a conservé de son revêtement de marbre qu’une moulure inférieure ; il portait sans doute la statue de la déesse.
Au pied du perron est un assez grand autel m, à peu près semblable à celui que nous avons vu au temple de Jupiter et Junon. La
corniche est en marbre blanc, le dé en pierre calcaire et le soubas-
sement en tuf. Sur ses deux faces il porte l'inscription suivante :
M. PORCIVS M. F. L. SEXTILIVS L. F. CN. CORNELIVS CN. F. A CORNELIVS AUF. III VIR D.-P.,8. F.:LOCAR,
« Marcus Porcius, fils de Marcus, Lucins Sextilius, fils de Lucius, Cneius Cornelius, fils de Cneius, Aulus Cornelius, fils d’Aulus, quatuorvirs, ont fait placer cet autel fait à leurs dépens. »
Cet autel ne ressemble pas, par sa ‘partie supérieure, à ceux qui étaient consacrés à l’immolation et à la combustion des victimes ; il n’était probablement destiné qu’aux lectisternes ou à recevoir des offrandes non sanglantes comme celles qu’on présentait ordinairement à Vénus *. Un autre autel plus petit et plus simple n s’élevait à la droite du perron et au pied du podium.
Derrière le temple et sous le portique se trouvent plusieurs salles o ornées autrefois de brillantes peintures et qui servaient de logement aux prêtres ; elles avaient remplacé un portique dont les colonnes polygonales et d’un ordre dorique très-simple se voient encore enclavées dans la muraille. C’est dans la première de ces salles, qui seule communique avec le temple, que se trouve encore en place la peinture de Bacchus et Silène dont nous avons parlé. On a pensé que cette composition avait
été détachée d’une autre muraille en la sciant comme font les modernes