‹ PompeiaChapitre 56 sur 267 · Ou de la tribu Menenia · texte numérisé non relu

Ou de la tribu Menenia

2. Cette somme, qui ne présente qu'environ 400 fr. de notre monnaie, est bien minime, mais elle put suffire pour la dépense du bûcher et de la cérémonie funèbre. Les frais du combat de gladiateurs et de la chasse furent sans doute supportés par la famille.

3. Cette inscription a été trouvée dans les environs et placée sur ce tombeau, auquel elle n’a peut-être jamais appartenu.

. PomP. ANT. Hisr., INT, 149.

Ibid. IIT, 180. >. Mazots, Les Ruines de Pompei.

. Mini, Description des tombeaux qui ont été découverts à Pompéi dans l'annee 1812. In-8, Naples, 1813.

« Les deux premiers combattants à gauche du spectateur sont des cavaliers, equites; ils portent comme tous les autres des casques à visière et sont armés de la lance, hasta, et du bouclier rond nommé parma. »

« [ls sont désignés par leurs noms grossièrement tracés en noir, accompagnés d'un chiffre qui annonce le nombre de victoires que chacun d'eux a remportées". Le nom du premier, Bebrix, indique évidemment qu'il sortait d’un des pays que les Romains appelaient barbares, la Bébrycie, contrée célèbre dans l’antique histoire de l'Asie ?; quinze fois déjà il à été vainqueur; son adversaire, Vobilior, ne compte que onze victoires. Deux gladiateurs émérites, dont l’un triompha quinze fois, et dont l’autre à déjà remporté trente victoires, regardent leur combat appuyés sur un scutum, grand bouclier qui au besoin couvrait entièrement le corps du combattant accroupi. »

« Les deux gladiateurs suivants sont représentés à la fin du combat; l’un d'eux presque nu, portant autour des reins une sorte de tablier, subhgaculum, et protégé seulement par un casque à visière et une ocrea où bottine de bronze, est un vélite ou soldat armé à la légère. Quoique victorieux dans seize combats, il vient cette fois d’être blessé à la poitrine; il a laissé échapper son long bouclier, son scutum, et sa lance sur laquelle son adversaire pose le pied; il s’avoue vaincu, et, se tournant vers le peuple , il lève le doigt pour demander grâce; l’Hoplomaque , Soldat pesamment armé, qui vient de remporter sur lui sa cinquième victoire, attend pour l’achever la réponse des spectateurs, qui

fut une condamnation”, car au-dessus de la tête du vaincu on voit la

1. Ces chiffres sont précédés de trois lettres que Millin lit IVL, et qui, selon lui, indiqueraient la patrie du combattant, Forum Julii, ou toute autre ville décorée du nom de César; nous ne pouvons partager cette opinion ; les trois lettres sont TVL, abréviation de tulit, il remporta, sousentendu victorias. On connaît des inscriptions antiques complètes qui ne laissent aucun doute sur cette formule.

2. Amycus, qui périt sous le ceste de Pollux qu’il avait osé défier, était roi des Bébryciens.

APoLLON. Ruop., Argonault., II, 3. VaLEr. Fraccus, Arg., IV., 261, 290. 3. Cette réponse était donnée par le peuple en renversant le pouce de la main droite. « Pour se rendre la foule favorable, aussitôt qu'elle a renversé le pouce, ils font tuer le malheureux qu’elle a condamné. »

ROLE verso pollice vulyi

Quemlibel occidunt populariter.…..

JuvÉNAL, Sat. III.

Et la vierge modeste, en renversant le pouce, ordonne de percer la poitrine du gladiateur terrassé. » PRE pectusque jacentis Virgo modesta jubet, converso pollice, rumpi. PruDENT., De Vestal.

lettre fatale @ ‘ annonçant qu’il fut mis à mort. Les noms de ces deux combattants étaient illisibles. »

« Les quatre personnages suivants offrent une scène encore plus cruelle. On y voit deux secutores et deux rehiarû *. Nitimus, rétiaire cinq fois victorieux, a combattu contre un secutor dont le nom est effacé, mais qui n’était point indigne de lutter avec lui, puisqu'il à triomphé six fois dans différents combats. Son courage à été moins heureux dans cette rencontre ; Nitimus l’a frappé à la jambe, à la cuisse, au bras gauche et au flanc droit; son sang coule en abondance; en vain a-t-il imploré la pitié des spectateurs; il est condamné, mais comme le trident n’est pas une arme sûre et prompte, c’est le secutor Hippolitus qui rend à son camarade ce cruel et dernier service. Le malheureux gladiateur fléchit le genou et présente la gorge au fer mortel sur lequel semble le pousser Nitimus, son vainqueur. Sur le second plan on aperçoit le rétiaire qui doit combattre Hippolitus. »

« Enfin, un des gladiateurs du sixième groupe a laissé tomber son

bouclier, action infamante dans tous les genres de combats *; il semble

4. Initiale du mot Odvaxoc, mort. On retrouve les mêmes indications dans la fameuse mosaïque de la villa Borghèse, dont la composition offre la plus grande analogie avec celle du bas-relief que nous décrivons, ainsi que dans une mosaique de la villa Albani, représentant un combat de rétiaires et de mirmillons. Winckelmann, qui a publié celle-ci dans ses Monumenti antichi inediti, IV® partie, chap. x, pl. 197, n’a pas compris le sens du © et l’a pris pour un simple signe de ponctuation.

Le © servait également aux juges pour indiquer la condamnation à mort.

« Tu peux marquer le crime du noir thêta. »

Et potis es nigrum vilio prϾfigere theta.

PErs., Sat. IV.

2. Les retiarii, ainsi que leur nom l'indique, étaient porteurs d’un filet avec lequel ils s’efforçaient d’envelopper leurs adversaires qu'ils tuaient ensuite avec leur trident. On leur opposait ordinairement les secutores, ainsi nommés parce que, quand le rétiaire avait jeté son filet sans succès, ils le poursuivaient dans l’arène. Les armes des secutores étaient un casque fort simple, un bouclier, clypeus, et une épée.

Juvénal nous peint ainsi cette scène à l’occasion d’un personnage noble, d’un Gracchus , qui ne rougissait pas de descendre dans l’arène à visage découvert et de remplir le rôle infâme de rétiaire :

« D'une main il balance le trident, de l’autre il lance le filet. A-t-il manqué son coup, il prend la fuite pour

se remettre en mesure, et, la tête haute, se fait reconnaître de tous les spectateurs. »

movet ecce tridentem; Postquam vibrala pendentia retia dextrà Mecquiequam effudit, nudum ad spectacula vultum Erigit et totà fugit agnoscendus arend.

Sat. VIII.

« Abandonnant honteusement mon bouclier. »

Relictä non bene parmula. HorarT., Od. 11, vu, 10.

fuir devant son adversaire qui le poursuit et s’apprête à remporter sur lui sa sixième victoire. »

« Au-dessus de ces derniers bas-reliefs était une inscription presque effacée, où l’on à pu cependant déchiffrer le nom d’Ampliatus, dans lequel Millin croit reconnaitre celui du personnage auquel fut consacré le tombeau; cette opinion pourrait être admissible, car nous savons par une inscription du temple d’Isis qu'il existait à Pompéi une famille de ce nom”; mais, d’un autre côté, nous avons appris, par une inscription trouvée dans la basilique, que ce nom était aussi celui du maître d’une famille ou troupe de gladiateurs *. »

La suite du bas-relief se trouve, ainsi que je l’ai dit, au-dessus de la porte du monument, et s’est conservée en partie. |

Le premier groupe est formé de trois personnages; un Samnite * a

Bas-relief du Tombeau de Scaurus.

été vaincu par un Mirmillon“, qui s'apprête à l’immoler sans attendre la réponse du peuple auquel le vaincu à recours; mais le lanista ou maître des gladiateurs arrête son bras. Enfin la dernière paire offre un combat semblable dans lequel le Mirmillon tombe frappé à mort par son adversaire grièvement blessé lui-même.

La seconde rangée de bas-reliefs, ainsi que ceux qui décorent les

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