‹ PompeiaChapitre 83 sur 267 · Oratio, XXIV. Pro. P. Sylla., S · texte numérisé non relu

Oratio, XXIV. Pro. P. Sylla., S

2. Je crois utile de consigner ici une judicieuse remarque de Mazois au sujet de ces citernes qui se rencontrent fréquemment dans les édifices de Pompéi: « Le soin, dit-il, que les habitants de

trouvent en face de l’entrée centrale des propylées, avait au tiers de sa hauteur un mufle de lion qui jetait de l’eau dans une vasque ou mon0podium. Devant cette fontaine est un piédestal o, que l'inscription nous apprend avoir porté la statue de Marcus Claudius Marcellus, patron ou

protecteur de la ville :

M. CLAVDIO M. F. MARCELLO PATRONO.

De ce piédestal, à une distance de 7 mètres du portique oriental , et en ligne parallèle, s'étend une muraille basse p q, une sorte de banquette revêtue d’un stuc noir très-dur, ne présentant dans toute sa lonœueur que deux interruptions servant de passage. On peut supposer que ce petit mur servait en même temps à ménager un espace libre, une sorte de stade r s pour les exercices gymnastiques de la jeunesse et un siége pour les spectateurs. Une autre banquette semblable { u, découverte en mai 4765, faisant face à la mer, s’étendait vers le sud à partir du banc semi-circulaire ou schola v placé à l’angle occidental du temple grec qui s'élevait dans l’area. Ce banc était surmonté d’un cadran solaire, et on lisait sur le marbre les noms de ceux qui avaient construit l'un et

l’autre: ; L. SEPVNIVS L. F. SANDILIANVS M. HERENNIVS. A. F. EPIDIANVS DVOYVIR L' D SCHOOL. ET HOROL.

« L. Sepunius Sandilianus, fils de Lucius, et M. Herennius Epidianus, fils d’Aulus, duumvirs chargés de rendre la justice, ont fait faire à leurs frais la schola et l'horloge 1, »

Pompéi apportaient à recueillir ces eaux semble au premier coup d’œil être en contradiction avec le grand nombre de fontaines que l’on y rencontre et les ruines d’un aqueduc que j'y ai retrouvées; mais un examen prolongé m'a fait conjecturer avec quelque vraisemblance que l’arrivée des caux courantes à Pompéi au moyen d’un aqueduc est postérieure à l’asservissement de cette ville aux Romains; en effet, presque toutes les fontaines sont d’un travail qui ne rappelle point les types de l’art grec. Elles sont de plus placées après coup contre les monuments, au milieu des dispositions qui les avoisinent sans se lier avec elles par aucun arrangement. L’aqueduc lui-même, dont il ne reste que peu de chose, a toute l’apparence d’un ouvrage romain et ressemble aux constructions les moins anciennes découvertes dans les fouilles; enfin l’état politique de la ville avant sa conquête ne lui permettait pas sans doute d'aller chercher à grands frais les eaux dont elle avait besoin sur le territoire indépendant de Stabia, avec laquelle elle n’avait aucune commu nauté d'existence municipale. Ces considérations me portent à penser que l’usage des citernes fut antérieur à l'établissement des fontaines, et qu’il ne dut se perpttuer que par la force des habitudes traditionnelles, »

Peut-être aussi, lorsque les fontaines tarissaient dans l'été, les citernes étaient-elles destinées à ies remplacer. Nous trouverons même à Pompéi quelques exemples de citernes publiques.

1. Cette inscription a été découverte le 411 mai 1765. Pomp. ANT. HisT., I, 169.

Nous avons déjà cité, page 63, une autre inscription, trouvée au temple de Vénus, où les

De ce banc on a une vue admirable embrassant les monts Laclarii, Castellamare, Vico, Sorrente, le promontoire de Minerve, l'ile de Capri et tout le golfe de Naples.

TriBunaL (PL. R). Sur la rue du temple d'Isis, n° À, et à la suite des propylées du Forum triangulaire on trouve une porte qui, d’après les traces qui subsistent encore, semble avoir été surmontée d’un petit toit porté sans doute par deux colonnes ; elle donne accès à un édifice que l’on commença à reconnaitre en 1768, mais qui ne fut déblayé qu’en 1797 ; d’après son style, il doit être un peu postérieur à l’Hécalonstylon, ses colonnes étant de même ordre, mais de proportions plus

sveltes ‘.

Plan du Tribunal.

Sa destination a donné lieu à bien des conjectures ; on y à vu un marché, une école, un lieu d'initiation, un tribunal. Décrivons d’abord ses diverses parties; nous examinerons ensuite comment elles peuvent convenir plus ou moins à chacune des diverses hypothèses. Le monument présente une enceinte rectangulaire, longue de 23",60 sur 47",40 de largeur; au centre est une partie découverte ou area; autour règne de trois côtés un portique € d e f, large de 3",80, et soutenu par dixneuf colonnes de pépérin d'ordre dorique sans base, hautes de 3",36, et dans lesquelles sont encore implantés des clous nombreux. Le petit côté sans portique d f s'appuie au mur de la grande salle, située derrière le sanctuaire du temple d'Isis; le portique du côté opposé ce se trouve en avant de plusieurs chambres g que surmontait un étage, ainsi que l'indique un reste d'escalier existant dans la première de ces pièces, qui était une sorte d’ala*. Dans ces chambres on trouva des

deux mêmes magistrats sont mentionnés à l’occasion d’un autre cadran solaire construit ézalcment à leurs frais.

1. Les colonnes de Pompéi sont en général fort élancées; celles du tribunal, entre autres, ont huit diamètres et demi de hauteur, tandis que celles du Parthénon n'en ont que cinq et demi. 2, On appelait ala une salle ouverte dans toute sa largeur. Nous reviendrons sur ce sujet lorsque nous décrirons les maisons.

Page 1