SCÈNE V
et mon épée, comment te semble-t-il que je la porte? (ïl pirouette.)
(.APERÇUE, riant plus fort.
Eli ! eh ! eli ! dame... monsieur le baron...
LE IIARON.
Tu as le rire stupide... à merveille ! tu te tonds de plus en plus avec le paysage. Ecoute, j'ai résolu de conquérir, par tous les moyens possibles , les bonnes grâces de madame de Pompadour. Mon plan est fait. Pour commencer, voici, contre le roi de Prusse, un quatrain sur lequel je ne serais pas taché d'avoir l'avis d'un homme des champs. Sais-tu ce que c'est qu'un quatrain? (UruPpaïuse.) Non? raison déplus, tu seras impartial. [Le retenant.) Vois-tu, maroufle, ceci est ma fortune !... ça félonne... si tu n'étais un simple meunier, tu saurais que le roi de Prusse, le grand Frédéric, est l'ennemi déclaré de madame de Pompadour... tu saurais qu'il a poussé l'impertinence jusqu'à l'appeler Cotillon II.
Air de Préville et Taconnet.
D'un pareil mot saisis-tu l'insolence?
Mais la réponse est forte... tu vas voir.
{Lisant.) « Grand Frédéric, qui prétends de la France » Juger les mœurs du tond de ton manoir, » Apprends enfin... » Ceci va t'émouvoir.
{Il s'arrête.)
LAPKRCHE.
Achevez donc.
LA BARON
Attends... lève la tête...
Approche ici... plus près... Encore un pas ! (.4 part.) C'est désolant !...
LAPERCHE
Que qu' vous dit' donc tout bas ?
LK BARON
Ecout', rustaut, je te crois par trop bête...
C'est trop joli, tu ne comprendrais pas.
(Au public)
Ce front... cet œil... non... il a l'air trop bête...
(Ma titrant Laper c h e .)
Décidément, il ne comprendrait pas,
Ju POMPONNETTE ET POMPADOUR.
laperche, riant.
lié! hèl lié ! comment! monsieur lo Baron compte, pour faire fortune, sur ce brimborion de papier?