I II ~ CALCUL DE LA CHARGE
lui-ci sert de support aux sujvaoIs {Siabiliié des voûtes ^ Tome I) page 209). En exécutant par exemple '3 rouleaux, on
peut admettre que la charge du cintre est réduite des -. Pour
les voûtes de très grande ouverture, dont Tépaisseur doit ôtre considérable et le poids très élevé, ce procédé de l'exécution par rouleaux est en quelque sorte obligé, pour éviter l'emploi des cintres exceptionnellement robustes et coûteux qu'exige* rait 4a construction en une seule fois de la voûte avec son épaisseur entière.
Les conséquences de cette disposition» au point de vue des conditions de stabilité, ont été étudiées dans la première par^ tie de ce traité.
Les mortiers aneiennement employés étant 1res peu hydrauliques, quelques constructeurs, pour étendre la limite jusqu'à laquelle les voussoirs pouvaient être posés, sans cin* tre, ont a|^liqué le moyen suivant.
Au lieu de faire tailler les joints suivant des plans normaux à l'intrados, ils les disposaient comme le montre la figure ci-
Pj4IJiStfllIIIIJ^ contre, où AD représente le. joint normal
et AD' le joint tel qu'on l'exécutait, faisant avec AD un angle (a qu'on poussait parfois jusqu'à 20o.
Ce n'était plus seulement jusqu'au point où l'on avait ^c:90«^f', mais bien jusqu'à la limite dt=s=90*— ç'— o) que l'on pouvait continuer la pose sans craindre de voir glisser le dernier voussoir mis en place, dans le sens du joint infé*rieur.
Pour le Pont-Rouge, par exemple, en Perse (Tome I, fig, 150 et 165), c'est de cette façon que l'on a dû procéder ; la valeur maxima de l'angle (i> y est de 16^ et la voûte a pu être montée sans cintre jusqu'à la limite a ==50^. Afin d'éviter le danger du porte à faux, les constructeurs ont donné à la voûte, vers ses naissances, une épaisseur excessive, de telle sorte que l'intrados forme comme un parement courbe de la culée et que la maçonnerie en encorbellement n'est plus qu'une fraction insignifiante de celle de la culée elle-même. Au*delà de la
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limite correspondant à a =50'', on a dû nécessairement recou* rir à l'emploi d'un cintre, mais afin d'en réduire le plus pos* sible les dimensions, on a commencé par disposer un premier rouleau n'ayant que l'épaisseur d'une brique posée à plat, comme nous Favons déjà expliqué (page 77), puis la voûte a été continuée par rouleaux successifs jusqu'à son épaisseur complète.
Tout en ayant sa valeur propre, surtout pour les pays comme la Perse où Tâbsence à peu près complète de bois de charpente en rendrait l'adoption presque nécessaire, ce procédé n'est pas à recommander. Les rouleaux de très faible épaisseur, notamment, peuvent compromettre la solidarité des diverses parties de la voûte, si le mortier employé n'est pas de qualité assez parfaite pour transformer la masse entière en une sorte de monolithe ; enfin cette façon de faire n'est praticable qu'avec l'emploi exclusif de la brique.
En outre, l'obliquité des jointe par rapport à l'intrados choque le regard et donne presque toujours aux ouvrages un aspect défectueux.
Les constructeurs Byzantins semblent avoir poussé plus loin encore que les constructeurs Persans l'art de construire les voûtes sans cintrage ; mais seulement, il est vrai, pour les voûtes d'assez faible ouverture.
Les renseignements qui suivent sont empruntés à une très intéressante note publiée par M. l'ingénieur en chef Choîsy, à la suite d'une mission en Orient. '
Le procédé semble avoir été d'abord appliqué à la construction de voûtes en berceau, appuyées à leurs extrémités contre des murs plans. Pour commencer la voûte on appliquait à plat, sur le mur de tète, un premier rang de briques que l'adhérence du mortier suffisait pour maintenir en place ; on composait ainsi une tranche verticale complète de la voûte, ayant pour épaisseur celle des briques, dans laquelle celles-ci figuraient posées de champ à la façon de voussoirs.
i . Note sur la constructioa des voûtes sans cintrage pendant la période Byzantine, par M. Choisy, ingénieur des Ponts et Chaussées. Annales de 1876; 2e semestre, p. 439.
§ n - CALCUL DE LA CHARGE 563
On comprend qu'après prise du mortier ce premier anneau verlica], constituant une voâte complèle, eût la solidité nécessaire pour servir & son tour de support à un second anneau exécuté de la même manière, et ainsi de suile. Cette disposition est représentée sur le croquis oî-contre, étant entendu que DC et CF correspondent à l'épaisseur des P-.^ ^ briques et CB à leur plus grand côté. En fait, les briques employées étaient d'ordinaire assez minces et relativement fort grandes ; les plus petites, telles qu'on les voit encore dans les ruines de nombreux monuments, avaient rarement moins de 0" 30 de c6té, tandis que leur épaisseur ne dépassait guère 0" 01. Avec ces dimensions et l'emploi du mortier de cbaux et ciment de tuileaux dont on faisait usage, on ~u \ devait aisément, en les plaquant contre une surface plane, faire tenir en place de semblables briques, déjà soutenue en dessous par les briques précédemment posées. On voit donc très bien comment les tranches successives et par suite la voûte entière, pouvaient être exécutées sans qu'aucun cintre fût nécessaire. Ce n'est qu'à défaut d'un mur plan pour y appuyer le premier anneau, qu'il fallait recourir à une charpente quelconque pour y suppléer, mais elle pouvait être extrêmement légère , tl - et n'occasionner qu'une dépense in-
Q ', p signifiante.
■** Théoriquement, pour être assuré
du succès de ce mode de conslruci tion,il faut, d'après ce qui a été dit
plus haut, que l'on ait ç'^90*, condition qui suppose l'emploi de ciment à prise rapide et de qualité parfaite.
C'est sans doute pour tourner cette difficulté ijue les mêmes constructeurs ont parfois disposé leurs an- G H L neaux, non plus suivant des plans
vcrlicau!E, mais suivant des plans inclinés, La figure ci-dessus représente cette disposition avec
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laquelle il suffit, pour en assurer lo euccèa, de donner à l'angle u une valeur au moins égale à 90° — ç', étant bien entendu que la construction de la première tranche exigera toujours, pour son exécution, l'cmploî d'un cinlre ou d'une charpente équivalente, ou bien la présence d'un mur de tète avec parement incliné suivant AG, le tout de force Buffisante pourrésister à la pression devant résulter du porte à faux de la maçonnerie de la voûte par rapport ç p à la verticale élevés par le point G.
Certains monuments montrent qu'on ovait eu recours encore à une autre disposîtioD, consistant à subs* tituer au parement incliné FEL, de la figure précédente, une surface ayant pour axe (figure ci-contre} l'axe horizontal GHLS de la voûte en berceau, et dont l'arête d'intersection avec le plan de clef fait un certain angle avec la verticale. En donnant à cet angle ta la valeur 90" — «', le premier anneau peut se maintenir sans l'aide d'un mur de tète et servir de support aux anneaux suivants, qu'il suffira de commencer par le bas pour qu'ils aient également la stabi- D lité nécessairejusqu'auclavage.
On pourrait enfin, au lieu d'un cène droit, adopter un cène oblique dontl'axe serait par exemple dirigé suivant LT ; ce serait un procédé intermédiaire entre celui du parement incliné plan et du parement en cène droit,et les conditions de sécurité seraient plus satisfaisantes que dans le cas précédent.
.^ Il va sans dire qu'il feudrait, en cas d'adoption de l'un de ces procédés d'exécution des voûtes sans cintrage, supprimer