PÉRIODE ROMAINE
Premiers édifices voûtés constmits à Rome. — La Cloaea-Muxima. — Le poul Salaro. — Aqueduc de l'eau Marcia. — Pont du Palatin ou pont Sénatorial, ou Ponte-Rolto. — Les ponts antiques de Rome tels qu'ils existaient au XVI* siècle d'après Palladio. — Pont U^lius. — Pont Fabricius, ou pontdei Quatro- Gapi. — Pont Gœstius. — Pont Sublicius. — Pdnt Triomphal. — Pont Janiculensis. — Pont Milvius. — Pont de Rimini. — Pont Saint-Ànge; détails relatifs à ses fondations et à son ornementation. >- Pont de Norni sur la Néra. — Pont de Viconce sur le Bachiglione. — Pont de Saintes. — Divers ponts construits dans la Gaule par les Romains. — Ponts construits en Espagne; pont de Sala manque. Pont d'Alcantara sur le Tage.— Pont du Danube. — Aqueducs de Rome. — Aqueduc Claudia. — Ch&teau d'eau de la porte Majeure. — Aqueduc de Metz. — Aqueducs de Ségovie, de Tarragone, de Mérida. — Pont daGard. — La construction des ponts dans l'empire d'Orient. — Aqueducs de Bourgas. — Pont de .îustinien sur le Sangarius. — Résumé.
C'est de TÉtrurie que paraissent être venus à Rome les premiers architectes connaissant la construction des voûtes, et par eux que les premiers égoûtset aqueducs voûtés et les premiers ponts en maçonnerie ont été édifiés.
On suppose que le plus ancien de ces ouvrages est Tégoût désigné sous le nom de Gloaca-Maxima, exécuté sous le règne de Tarquin l'ancien, 600 ans environ avant J.-C.
Selon quelques auteurs, Tarquin était d'origine étrusque; il avait, dans tous les cas, employé plusieurs années à soumettre TÉtrurie à la domination romaine, et il est permis de supposer qu'au retour de cette conquête il ramena avec lui, pour les charger des grands travaux qu'il nîéditait, les architectes et les ouvriers dont Rome était dépourvue.
La Cloaca-Maxima, eu égard à la date à laquelle remonte sa construction, était un ouvrage de grande importance et afaît donné lieu à Texécution, sur une assez grande longueur, d'une voûte en berceau, en plein cintre, de 6" de diamètre.
§ II — ÉPOQUE IIOMALNE 27
n se terminait, en outre, à sa jonction avec le Tibre, par une tète également voûtée et composée de trois rouleaux concentriques apparents formant archivolte.
Vers la même époque, d'après Gauthey, Tarquin Tancien aurait également fait construire, sur le Tévérone, affluent du Tibre, le pont Salaro qui serait ainsi le plus ancien de tous ceux attribués aux Romains. A ce titre, il eût été extrêmement intéressant d'en connaître les dispositions ; mais il a été détruit à diverse.) époques puis reconstruit, sans qu'on ait la certitude que ses dispositions aient été exactement respectées et ce n*est sans doute que par à peu près que Gauthey*, et M. Croizetle- Desnoyers' après lui, en ont donné un dessin représentant un pont d'environ 100" dô longueur, composé de trois arches en plein cintre, l'une de 21" au milieu, les deux autres de 16",90 d'ouverture.
De quelque façon que fût disposé le pont primitif, c'était assurément un ouvrage d'art très important, donnant la preuve que la construction des grandes voûtes étaitdéfinitivement entrée dans la pratique des travaux.
Il est à présumer, toutefois, que ce n'était pas par des arches d'une telle ouverture que les constructeurs romains avaient débuté et qu'ils s'en étaient d'abord tenus à des dimensions plus restreintes.
On en trouve la preuve dans ce fait que pour les aqueducs les plus anciens, ceux qui datent à peu près de la même époque que la Cloaca-Maxima, et sur le parcours desquels des ponts avaient dû être construits à la rencontre des cours d'eau, les arches n'ont pas plus de 6 à 8 mètres d'ouverture.
C'est surtout à l'occasion de rétablissement des grands aqueducs que l'exécution des voûtes est devenue, en quelque sorte, un travail courant et ces ouvrages offrent, sous ce rapport, un intérêt tout particulier.
Le premier en date est celui qui amenait à Rome l'eau Mar-
i. Gauthey, Traité de la construction des Ponts, Firmin Didot, Paris, 1832.
2. Croirette-Desnoyers, Cours de construction des Ponts, V^« Charies Dunod, Paris, 1885.
Gauthey piace le pont Salaro sur le Tévérone, tandis que M. Croizette, qui cite cependant Gauthey, désigne ce même pont comme construit sur rAnio.
cia. Il avait son origine dans TApennin à uno dislanco d'environ 92 kiiomëires de Rome et à une altitude de MT^y etaboutissait au Palatin à une hauteur de 263"' en contrebas de son point de départ. '
A la rencontre des ravins situés sur les flancs de l'Apennin
et plus loin dans la traversée de la plaine ; le canal qui contenait les eaux dérivées avait dû être soutenu par des ponts et des arcades, et celles-ci, dont les restes encore debout comptent parmi les plus magnifiques ruines
Aqueduc Marcia(I4o ans , , r» • /v • .
av. J.-C). de la campagne Romame, oitraient
ensemble un développement de plus de 10 kilomètres.
Les dispositions en étaient d'ailleurs des plus isimples, comme le modeste croquis que nous en donnons suffit pour le montrer. Les voûtes en plein cintre avaient 8" d'ouverture et reposaient sur des piliers rectangulaires de 4"* d'épaisseur, de hauteur variable suivant les inégalités du terrain. L'aqueduc lui-même était recouvert, près des sources, par une voûte de 1",70 de diamètre sur 2",30.de hauteur à la clef.
Le tout était exécuté on pierre de taille appareillée avec le plus grand soin.
Les ponts, notamment ceux qui existent encore et qu'on désigne actuellement sous les noms de Pont Saint-Pierre et de Pont Saint-Antoine, présentaient à peu près les mêmes dispositions que les arcades ; ils ne s'en distinguaientque par des contreforts, entre lesquels leurs voûtes étaient encadrées.
Indépendamment de ces ponts, les aqueducs à leur arrivée à Rome aboutissaient soit à des portes monumentales, soit à des châteaux d'eau dans la construction desquels les voûtes occupaient toujours la plus grande place.
Ces indications suffisent pour donner la preuve que, dès ce moment, les architectes qui avaient entrepris et mené abonne fin de pareilles œuvres étaient certainement à même de faire
1. Belgrand : Les travaux sotderrains de Paris /Première partie, Introduction : Les aqueducs Howains, Paris, Dunod, 1875.