I II — ÉPOQUE ROMAINE
exécuter tous les travaux auxquels la construction des ponts on maçonnerie devait donner lieu.
On n'est pas d'accord, il est vrai, sur la date précise à la* quelle remonte le premier établissement de Taqueduc Marcia; tandis que Pline Tattribue à Ancus Marcius prédécesseur de Tarquin T Ancien, Strabon et surtout Frontin qui, après avoir été trois fois consul .vers la fin du P"" siècle de notre ère a écrit un livre sur les aqueducs de Rome, * supposent que le nom d'eau Marcia venait de ce que, vers Tan 145 avant J.-C, Marcius Rex, alors préteur, aurait fait restaurer d'anciens aqueducs dont la construction primitive ne remonterait pas au-delà de l'an 272.
Sans nous arrêter à ces questions d'intérêt purement archéologique, nous nous bornons à constater que c'est trois siècles environ avant notre ère que les Romains ont dû commencer à abandonner les ponts en charpente, trop souvent emportés par les eaux et exigeant des réparations trop fréquentes,pour leur substituer des ponts en maçonnerie.
Leurs progrès dans cette nouvelle sorte de travaux furent d'ailleurs extrêmement rapides, si Ton en juge par les ponts les plus anciens dont la construction leur est attribuée.
Le premier en date de ces ouvrages est le pont du Palatin ou pont Sénatorial, ainsi désigné parce qu'il était voisin du Palatin et du Sénat, et dont on fait remonter la construction primitive à l'an 181 avant J.-C.
H existait encore à peu près complet en 1575, époque à laquelle Grégoire XIII le fit entièrement restaurer ; mais quelques années plus tard, en 1598, une crue extraordinaire du Tibre le détruisit en partie, d'où lui est venu le nom de Ponte- Rotto ou pont rompu qu'il a conservé depuis.
Le dessin suivant suffira pour donner une idée assez exacte de ses dispositions générales.
Il était composé d'arches de 24'", 40 d'ouverture, en plein cintre avec larges archivoltes à saillie fortement accusée, reposant sur des piles d'environ 8"* d'épaisseur munies d'avant-becs
1. Sextus Julius Frontious, De aqueducUbus urhis Romx, Padoue, 1722.
et d'arrière-becs angulaires, au-dessus desquels étaient disposées des niches comprises entre deux colonnes avec chapiteaux s*élevant jusqu'au couronnement des tympans, et encadrant
Pont du Palatin ou Ponle-Rolto (181 aus av. J.-C).
ces derniers de la façon la plus heureuse. Les parapets étaient pleins avec dés saillants de distance en distance. La largeur entre les têtes atteignait 13 mètres.
Nous aurons à revenir dans un autre chapitre sur cet ensemble de décoration du pont du Palatin pour l'étudier en détail, ce qui nous permet de ne pas nous y arrêter plus longuement à cette place ; mais il est bon toutefois de constater dès maintenant ce fait que, près de deux cents ans avant notre ère, rhabilité des architectes Etrusques ou Romains appelésà construire les ponts de Tancienne Rome atteignait assurément, sous le rapport de Tharmonie des formes extérieures, de l'élégance et du goût, celle des meilleurs constructeurs de Tépoquo moderne.
La seule critique que comporte ce remarquable ouvrage concerne l'exagération de l'épaisseur des piles ; celles-ci, en effet, sont de véritables culées, suffisantes pour que les arches se maintiennent isolément sans le concours de la poussée des arches voisines et elles devaient opposer une gêne grave au libre écoulement des eaux. Il est à présumer que cette disposition était due, soit à la préoccupation constante des constructeurs romains d'éviter la dépense de cintres multiples et compliqués, soit à rinsuffisance des procédés de fondation pratiqués à cette époque.
Nous verrons cette disposition défectueuse se reproduire, non-seulement pendant toute la durée de la domination ro-