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I II — ÉPOQUE ROMAINE

maine, mais encore au moyen-âge, alors queTogive se substitue à Tare de cercle et que les anciennes traditions de l'art romain sont remplacées par les procédés de l'art gothique, et même après la Renaissance, c'est-à-dire après que les architectes italiens et en particulier Palladio eurent remis en grand honneur les ponts de Tancienne Rome.

Ce n'est que vers la fin du X VU® siècle, et surtout au XVIIP siècle, lorsque les ingénieurs sont venus remplacer les architectes pour Tcxécution des grands travaux publics, qu'une plus large part a été faite à la théorie scientifique dans Tétude des ouvrages d'art et que les différentes parties de ces derniers ont été plus attentivement calculées, de façon à retrancher de leurs dimensions tout ce qui n'était pas nécessaire, sans diminuer d'ailleurs en rien les conditions générales de stabilité.

A regard des ponts de la Rome antique, voici en quels termes, dans son traité d'Architecture,' en parle Palladio, qui avait été à même de les voir tels qu'ils existaient avant les restaurations modernes dont la plupart d'entre eux ont été l'objet.

te Un grand nombre de ponts furent construits par les anciens en divers lieux. Mais en Italie, particulièrement sur le Tibre, ils en établirent plusieurs dont quelques-uns subsistent encore en entier, tandis qu'il ne reste que des vestiges des autres.

« Ceux qu'on peut voir encore intacts sur le Tibre sont :

« Le pont du château Saint- Ange, anciennement appelé le Pont Œlius, du nom de l'empereur Œlius Adrianus, qui le fit édifier pour conduire à son propre mausolée ;

« Le pont Fabricius, construit par Fabricius et appelé main* tenant le pont Quairo-Capi, à cause des quatre tètes de Janus on de Terminus placées k son entrée du côté de la rive gauche. Parle moyen de ce pont, l'île du Tibre est réunie à la cité ;

« Le pont Cestius maintenant appelé le pont San-BartolO' méo qui, de l'autre côté de l'île, aboutit au Transtevere ;

« Le pont Senatorius ou Palatimis exécuté en maçonnerie ordinaire et qu'on nomme actuellement pont Santa-Maria ;

1. Palladio, Traité d* Architecture , imprimé à Venise en 1570. Traduction anglaise publiée à Londres par Isaac Warc. Vol. II, pag. 69.

« Quant aux ponts dont on ne voit plus seulement que quelques vestiges dans le Tibre, ce sont les suivants :

« Le Sublicitis, construit d'abord en charpente et appelé plus tard Lepidus du nom d'Emilius Lepidus qui le fit reconstruire en pierres ;

« Le pont Triomphaly dont les piliers se voient sur la rive opposée à l'église du Saint-Esprit ;

« Le Janiculensis^ ainsi nommé à cause de son voisinage du Janicule et qui ayant été reconstruit par le pape Sixte IV est maintenant appelé \q ponte Sisto ;

€ Enfin le Milvius^ appelé maintenant le ponte Molle, situé sur la voie Flaminia^, à une distance d'un peu moins de deux milles de Rome. »

Le Milvius, était le second en date des ponts de Tancienne Rome, puisque la construction primitive en est attribuée au préteur Emilius Scaurus, 109 ans environ avant J.-C, et l'on voit, par la citation que nous venons de faire de Palladio, que vers le milieu du XVP siècle il n'en restait plus que les vestiges, c'est-à-dire sans doute quelques parties des fondations des culées et des piles.

Le pont actuel, tel qu'il est représenté par le dessin qu'en donne M. Croizette-Desnoyers, est donc un ouvrage moderne, d'ailleurs sans caractère et d'une extrême médiocrité, que nous n'avons à mentionner en quelque sorte que pour mémoire à propos des ponts de Tancienne Rome.

Les successeurs des architectes qui avaient construit le pont du Palatin n'auraient certainement pas adopté, pour le pont Milvius primitif, des dispositions aussi peu en rapport avec les progrès de l'art à leur époque.

On en a la preuve dans le pont Fabricius ou de Quatro-Capi, datant de Tan 62 avant J.-C. et dans lequel on retrouve, avec un peu moins d'élégance toutefois, une composition analogue à celle du pont du Palatin.

Il présente, comme ce dernier, des arches de 24"*,25et24",50 d'ouverture, séparées par une pile-culée dans le haut de laquelle est ménagée une arche complémentaire de 6°" de largeur.

Deux arches analogues, de 3", 50 seulement d'ouverture, existaient anciennement dans les culées ; mais elles ont dis*

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