I U - ÉPOQUE ROMAINE
sin suffit pour le montrer, qu'on a peine à comprendre quelle a bien pu être la pensée de l'architecte.
Aquciluc de Bourgns pràs Conslantinoplo lYI' siècle).
Au lieu des belles voùlesen arc de cercle et surtout en plein cinire caractérisant l'époque romaine, on y voit apparaître pour la première fois l'ogive ; mais, tandis que les grandes arches de 13 à 17' d'ouverture préstintent cette nouvelle forme, les piliers, d'une lourdeur démesurée, épais de 43°*, 12 dans la rangée inférieure et de près de 17" dans la rangée située audessus, sont évidés k l'aide de petites voûtes en plein cintre avec archivoltes, impostes et pilastres du plus pur caractère romain.
Peut-être le monument produit-il malgré tout quelque elTet par sa grande masse, mais il est assurément des plus étranges.
Dans un pont, au contraire, construit vers la même époque par les ordres de Justinïen sur le Sangarius et composé de 7 arches de 23" d'ouverture, on rclrouve les voûtes eu arc de cercle et les piles avec avant-becs angulaires et arriëre-becs arrondis comme dans les ponts romains; mais, sauf les archivoltes des voûtes, il n'y existe aucune moulure, les tympans ne sont surmontés d'aucun bandeau ou couronnement quelconque les distinguant des parapets, et les avant et arrière-becs, continués saus aucune modification de forme avec toute leur lourdeur jusqu'à la partie supérieure du pont, produisent le plus mauvais effet.
Si de tels ouvrages sont les meilleurs de ceux qu'on peut
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citer appartenant à TEmpire d'Orient, on comprend ce que doivent être les autres, et Ton admettra sans peine qu'il n'y a aucun motif de chercher k en connaître un plus grand nombre.
En résumé, la période romaine, en ce qui touche laconslruetion de3 ponts, prend réellement fin avec Tempire d'Occident et même dès le milieu du IV* siècle. Son origine remontait à 300 ans environ avant J. C, et à ses débuts les constructeurs avaient fait de si rapides progrès que dès le second siècle ils produisaient des œuvres à un tel point voisines de la perfection qu'on pourrait les imiter encore de nos jours, presque sans aucun changement ; cette supériorité s'est maintenue jusqu a la tin du second siècle de notre ère, puis elle a commencé à décroître, la décadence s*est produite s'accentuant de plus en plus et avant la fin du IV* siècle l'art romain avait en quelque sorte cessé d'exister,
L'Empire d'Orient, malgré les magnificences de sa capitale et les éléments de grandeur qu'il avait emportés de Rome, n'a jamais produit en fait de ponts que de pâles imitations des œuvres de la mère patrie et n'a créé, à ce point de vue tout spécial, rien qui lui soit propre. Il appartient d'ailleurs en réalité au moyen-àge et non à la période romaine ; ce n'est que lorsque le style ogival, originaire de la Perse, eût succédé au style romain que des monuments d'une réelle valeur s'élevèrent soit h Constantinople, soit sur divers points de l'Empire grec.
Ce n'est donc qu'à Rome même ou dans ses provinces que nous chercherons, parmi les œuvres datant des deux derniers siècles avant notre ère et des trois siècles suivants, celles qui caractérisent le mieux Tart romain et peuvent être considérées, même à l'époque actuelle, comme d'excellents modèles bons à imiter, et desquels se dégagent toujours les enseignements les plus utiles.
§ m — MOYEN-AGE 8l