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toule spéciale, à cause de la forme donnée pour la première fois aux arches dont ils se composent.
Ces ponts sont ceux de Vérone sur l'Adige, et do Florence surl'Arno.
Le premier, construit en 1354, faisait partie d'ouvrages fortifiés commandant l'une des enirées de la ville; il offre le premier exemple connu de voâte en anse de panier.
Celle voûlc, représentée sur le croquis suivant, a i8'°,70 d'ouverture avec montée de 16" environ.
C'est d'ailleurs à ce point de vue seulement que le ponl est remarquable, ses autres dispositions étant celles d'ua ouvrage de fortification plutôt que d'un pont proprement dit.
Au pont de l'Amo k Florence (Ponte Vecchio) nous retrouvons l'arc de cercle surbaissé dont une première application avait déjà été faite, au VI* siècle, au pont de Juslinien sur b: Siingarius ; mais ici,comme le montre le dessin ci-contre,la flèche est réduite à - à peine de l'ouverlure, ce qui donne aux arches, dont la largeur atteint près de 30™, exactement te même aspect qu'à celles des ponts en arc de cercle que l'on construit à l'époque actuelle.
Enfin un pont méritant une mention à part, bien qu'il n'en reste que quelques ruines mal conservées et de très peu d'étendue, est celui de Trczzo sur l'Adda.
M. ringénieuren chef de Dartein a relevé avec le plus grand soin ces ruines et a cherché à reconstituer le ponl lui-même tel qu'il a dû exister. Les données d'après lesquelles cette re-
n CHAPITRE PREMIER — HISTORIQUE
conBtilution a été effectuée soDt k tel point insufflsantei) que, tout en paraissant très vraisemblable, le dessiu de M. do Dartcin ne saurait faire foi, mais il n'en est — — * — •*"'''
l'ont do Treuo sur l'Ailda,
ressant à cause de l'ouverture tout k fait exceptiotmelle, dont il indique d'une façon certaine les dimensions et qui dépasse de beaucoup tout ce qui a été exécuté de semUable partout ailleurs.
Le croquis suivant indique seulement, d'après le dessin de M. de Dartcin, la forme en arc de cercle de cette voûte, ressemblant à celles qu'on appelle voûtes h culées perdues.
C'est par l'un des Visconti, seigneur de Milan, que ce pont fut construit, en même temps que des ouvragées de forlificaiion défendant les approches du ch&teau de Trezzo. Les éléments relevés sur les fragments d'arcbivoltes qui subsistent encore des deus côtés, aux naissances delà voûte, ont permis à M. de Darlein d'évaluer à 42" le rayon de l'intrados. Dans tous les cas, l'ouverture de l'arche était certainement de 72°',25, tandis que la plus grande arche construite dans les temps modernes, celle de l'aqueduc de Cabin John, aux Étals-Unis, n'a que
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Les exemples que nous venons de citer montrent qu'au moyen-âge ce n est pas en France seulement^ mais dans tous les pays, que le plein-cintre et Tare de cercle n'ont jamais cessé d'être employés pour la construction des ponts.
Quant à Togive, sauf Taqueduc de Bourgas dont nous avons déjà parlé (page 49), ouvrage qui date du VP siècle, nous n'en retrouvons nulle part ailleurs d'application certaine faite antérieurement au XIP siècle pour la construction des ponts, même dans son pays d'origine, c'est-à-dire en Perse ; bien que la construction des voûtes paraisse y avoir été pratiquée plus de cinq siècles avant notre ère, * les ponts les plus anciens avec voûtes ogivales datent seulement du XP siècle.
Nous ne citerons qu'un petit nombre de ces ouvrages pour ne pas répéter trop souvent les mêmes observations, relativement au caractère d'œuvres barbares qu'ils présentent prèsque tous.
En Sicile, le pont construit en 1113 près de Palerme, sur rOreto, et désigné sous le nom de pont de l'Amiral, passe pour l'un des plus dignes d'intérêt, à cause du soin avec lequel il a été exécuté. 0 se compose de cinq arches principales en ogive dont les ouvertures varient de 5",60 à 9", 30, séparées par de petites arches de 1"',25 à 2*^,20 ménagées dans les piles.
Le dessus du pont est disposé en dos d'âne avec de fortes déclivités et, sauf les archivoltes très saillantes ornant les têtes des voûtes, les tympans et les parapets sont absolument plats^ sans aucune ornementation.
Nous avouons ne pas bien saisir en quoi un semblable ouvrage a pu mériter de passer pour élégant, alors que l'inégalité de ses ouvertures, les déclivités de la chaussée que rien ne justifie et la rudesse générale de ses formes devraient, pensons* nous, justifier une appréciation toute différente.
1. M. Dieulafoy, dans un mémoire inséré blux Annales des Ponts et Ckaus-'
sées (1883, no 38), s'exprime ainsi : « sous le règne de Darius ou des
princes Achéménides, ses successeurs, les Iraniens, ;Vn rapporte les preuves y élevaient des coupoles sur pendentifs, ayant près de 15» de diamètre et 30» de hauteur, connaissaient la voûte en berceau et construisaient des édifices voûtés ayant la plus grande analogie avec les nefs gothiques du Xïle siècle. Ces édifices étaient barbares d'aspect, mais contenaient le principe de tous les tracés de voûtes utilisés par les constructeurs byzantins et musulmans. » Le commencement du règne de Darius remonte à Tan 521 avant J.-C.
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Un monument situé également en Sicile et susceptible de produire un meilleur effet est le pont deFicarazi, construit pour le passage d'un canal d'irrigation par dessus le torrent du même nom. Il est composé de petites arches inégales et de petites dimensions, dont 15 sont en ogive et 2 en plein cintre, avec ouvertures variant de 5 à 8" environ ; ces arches reposent sur des pilastres d'épaisseur modérée, terminés par des impostes recevant la retombée de voûtes ornées d'archivoltes. Un cordon règne à la partie supérieure ; enfin la hauteur au-dessus du fond de la vallée atteint près de 22°>. C*est à la fin du XIY* siècle que l'ouvrage parait avoir été construit.
En Espagne, à Orense sur le Migno, existe un pont de 7 arches en ogive dont Tune atteint une ouverture de 39", mais qui ne présente du reste absolument rien méritant d'être signalé.
En Perse, d'après le mémoire de M, Dieulafoy que nous avons déjà cité, les ponts avec arches en ogives sont naturellement plus nombreux qu'ailleurs ; mais sauf certains détails de construction tout particuliers qu'il y a intérêt à constater, on y retrouve, sous le rapport des dispositions générales et de l'ornementation^ presque la même infériorité que dans ceux des autres contrées.
Le dessin ci-contre représente une partie de Télévation, le plan et la coupe en travers du pont désigné sous le nom de Krast-Nemoust ou Pont-Rouge.
Personne ne saurait assurément songer à tirer parti des dispositions que ce dessin indique, pour les reproduira dans un projet de pont à construire à l'époque actuelle ; si nous le donnons, c'est uniquement pour rappeler le procédé tout spécial de construction qu'on y remarque.
La coupe de l'arche principale, qu'on trouve à la page 216 du tome I, permet de se bien rendre compte de ce procédé.
Nous avons déjà mentionné, d'après l'ouvrage de M. Ghoisy sur Tart de bâtir (^heas les Romains, la répugnance que ceux-ci éprouvaient à faire des dépenses considérables pour rétablissement des cintres, même dans les pays où les bois de grandes dimensions ne leur auraient pas manqué.
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