‹ Ponts en maçonnerieChapitre 23 sur 133 · III — MOYEN-AGE · texte numérisé non relu

III — MOYEN-AGE

En Perse, celte suppression presque complète des cintres a été encore beaucoup plus pratiquée par les constructeurs de voûtes; mais, là, elle était justifiée parTabsence à peu près complète du bois^ et elle devenait une nécessité.

Les briques étant généralement les seuls matériaux employés, on commençait par construire la partie inférieure des voûtes jusque vers la hauteur des joints de rupture en briques posées à plat, dont les assises se prolongeaient dans Fintérieur du massif de maçonnerie des culées ; puis, pour la partie où le cintre était indispensable, on avait recours à tous les moyens d'en diminuer la charge, et à cet effet on composait les premiers rouleaux de briques posées à plat et Ton employait d'habitude des enfants pour les maçonner. Ce n* est qu'après avoir constitué ainsi une certaine épaisseur de voûte, susceptible de supporter par elle-même la charge supérieure, qu'on maçonnait les derniers rouleaux en briques posées de champ, mais en faisant converger les joints vers des points autres que les centres des arcs formant l'ogive de l'intrados.

Enfin la maçonnerie au-dessus des voûtes était élégie à l'aide de voûtes longitudinales généralement en plein cintre.

Bien qu'ils ne soient l'objet à peu près d'aucun entretien, plusieurs ponts persans construits de cette façon depuis sept ou huit siècles se sont parfaitement maintenus jusqu'à nos jours; ils démontrent jusqu'à Tévidence que le système consistant à exécuter les voûtes par rouleaux, en vue de diminuer le cube du bois des cintres, est un très bon procédé de construction et que c'est à juste raison qu'il est de plus en plus mis en pratique, de notre temps, par la plupart des Ingénieurs ayant de grands ponts à construire.

Ce procédé était d'ailleurs habituel aux constructeurs romains, aussi bien qu'aux Persans ; ce qui est seulement particulier à ces derniers, c'est la disposition consistant à ne faire commencer l'appareil des voûtes qu'au-dessus du joint de rupture, en exécutant jusqu'à cette hauteur la maçonnerie avec des joints qui, sans être horizontaux, se poursuivaient dans tout le massif des culées ou des piles.

C'est là un point à retenir en ce qui touche les ponts persans, mais c'est le seul ; car, pour tout ce qui a rapport à Tar-

chiteclure, aucune de leurs dispositions ne serait tolérable pour des ponts modernes à construire ailleurs qu*en Orient.

M. Dieulafoy a donné cependant le dessin complet d'un pont dont les proportions, étudiées avec beaucoup de soin, offrent un caractère incontestable d'harmonie et donnent, paraît-il, à Touvrage un aspect des plus satisfaisants malgré la bizarrerie des détails. Ce pont est celui de la Jeune-Fille, représenté page 76.

« L'arche centrale, dit M. Dieulafoy, est ornée sur la tète M amont d'une inscription haute de O'^^SS, tracée en lettres (« d'or se détachant en relief sur des faïences de couleur bleu « fonoé< Cette brillante décoration s'harmonise merveilleuse* « ment avec la teinte des vieilles briques du pont, et donne h a tout l'ouvrage un caractère de grandeur que vient encore « rehausser le fond de montagnes sauvages sur lequel il se « détache. Go pont est à tous les points de vue une œuvre sua perbe. »

Nous admettons bien volontiers cette dernière appréciation do M. Dieulafoy, non pas que nous songions à proposer de copier à Tépoque actuelle, en Europe par exemple, les disposi* tions du pont de la Jeune-Fille ; mais parce que nous y trouvons la confirmation de ce principe fondamental de la décoration des ponts, dont nous nous occuperons plus tard, que c'est de rharmonie d'un monument avec le site qui l'entoure que iN&suUo l*un dos éléments de beauté queTœil saisit le plus aisé* nuMit^ et dont il est le plus favorablement impressionné*

Espagne* où Tarchitecture mauresque est représentée par do nombreux ot très beaux monuments^ un certain nombre d anciens ponts ont des voûtes eu ogive. L'un d eux, celui de MarlorelU sur la Noya, qu^on appelle aussi le pont du Diable, offro une arche très hardie do 38* d^ouverture à laquelle on allribuo une très grande ancienneté ; mais cela parait être d'ailleur» son soûl mérito.

IMu^iour» autres pi^nts. dans le même pays, seul également ir\>iu;!irquahlo$ par îour$ grande» dimensions. Ainsi, au pont Saiut-Martiu. construit siir le Tasi^à Tolède* eu tS03« farche cvntr^Uo, ou %^i\ o. à 40* .âS d^ourerture : des autres arches qui

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