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I 11 - TERRAINS AGŒSSIBLES A L'AIDE D'ÉPUISEMENTS

exemple sur un banc de rocher formant le lit d'une rivière peu profonde.

Âpres avoir soigneusement débarrassé le fond des galets, graviers, sable ou dépôts de vase qui pourraient s'y trouver, on entoure remplacement des fondations d'une digue en terre formant une enceinte fermée, puis à Faide de pompes on vide rîntérieur de cette enceinte de façon à en meltre le sol à découvert et à y travailler comme sur un terrain accessible à sec.

Si l'ouvrage en terre a été bien exécuté, l'eau extérieure ne devra plus pénétrer à Fintérieur qu'en. quantité insignifiante, et Ton s'en débarrassera sans aucune difficulté.

n faut, pour cela, que la terre ou argile employée soit bien homogène et soigneusement débarrassée des racines, pierres ou autres corps étrangers qu'elle pourrait contenir; après, ce nettoyage, on la pétrit en pâte ferme pour en former des boules ou grosses mottes qu'on immerge en les pressant, à mesure, 1res fortement les unes contre les autres, pour arriver à former le corps de la digue d'une masse bien compacte, sans fissure ni solution de continuité d'aucune sorte.

A défaut de terre de qualité satisfaisante, on peut très bien employer des mottes de gazon qui se prêtent d'ailleurs mieux au pilonnage; les sables vaseux, la vase mème,pourvu qu'elle ait naturellement une certaine consistance, donnent pour le même objet de très bons résultats. Nous avons eu, pour notre part, à faire faire des épuisements dans des enceintes formées par des sables verts dont l'étanchéité s'est trouvée parfaite.

De quelques matières qu'elles soient composées, ces sortes de digues se nomment des batardeaux ; si la hauteur d'eau ne dépasse pas 1"" à 1",50 au plus, on peut les établir sans avoir aucune précaution bien particulière à prendre, autre que celles que nous venons d'indiquer.

Toutefois lorsque le bâtard eau est établi dans une eau courante il faut, à l'aide d'enrochements, en protéger le talua extérieur contre les érosions qui pourraient s'y produire.

L'épaisseur à donner varie avec la hauteur de la digue, la qualité des matières employées, l'inclinaison sous laquelle les talus peuvent se maintenir, la force du courant auquel les parties transversales de l'enceinte sont exposées, etc.

m C1L\P1TRE U — FONDATIONS

II ne peut donc pas y avoir de règle fixe à cet égard, el le mieux est de pécher par excès plutôt que par insuffisance de solidité. Gomme minimum, nous admettrons que l'épaisseur moyenne ne doit pas être inférieure à la hauteur d*eau à supporter.

Au-delà de 1« à 1*",50, un batardeau construit exclusivement en terre serait difficilement praticable, et d^autres dispo* sitions sont à adopter.

Si le fond sur lequel on veut s*établir comporte le battage de pieux ou piquets avec une fiche suffisante pour leur donner la solidité nécessaire, on dispose» de deux en deux mètres par exemple, sur tout le pourtour de Tenceinte à.enclore, des piquets de 0,10 à 0,15 d*équarrissage sur lesquels on fixe des panneaux pleins, composés de planches entières réunies à l'aide de traverses ou dosses de même bois, clouées sur Tune des faces ; puis on construit la digue en terre, à l'intérieur de l'enceinte, en Tappuyant et la pressant fortement contre lea panneaux.

Si le battage des pieux n'était pas possible, ce qui arrive par exemple lorsque les fondations doivent reposer directement sur le rocher, il faudrait forer des trous dans le sol pour y sceller la partie inférieure soit de piquets de bois, comme dans le cas précédent, soit de fortes tiges de fer destinées à les remplacer.

On peut ainsi établir jusqu'à 2"' ou 2"*, 50 de hauteur des batardeaux susceptibles de se comporter de façon très satisfaisante.

La hauteur augmentant encore, une seule paroi en charpente ne serait plus suffisante, il faudrait en établir une seconde à l'",20 ou 1™,50 de la première et loger la terre entre les deux.

Les croquis suivants représentent des batardeaux disposés soit de l'une soit de l'autre façon.

Pour établir des batardeaux comme ces croquis Tindiquent^ il est indispensable que le fond sur lequel repose la terre pilonnée soit parfaitement imperméable ; dans le cas contraire, il faudrait effectuer un dragage jusqu'à la profondeur nécessaire pour n'avoir pas à craindre, au moment des épuisements, de voir l'eau arriver à travers la couche de terrain située audessous du batardeau*

I n — TERRAINS ACCESSIBLES A L'AIDE D'ÉPUISEMENTS 141

Lonqufl des ouvrages de ce genre sont conslruils dans une eau st&gnaDte ou dans une rivière k courant très faible, aucune précaution particulière n'est & prendre pour protéger la paroi

extérieure boisée ; dès qu'on se trouve, au contraire, en présence d'un courant plus ou moins rapide, surtout si le lit est affouiltable, il faut protéger les piquets et ia base du batardeau h l'aide d'enrocbements comme le montre le second croquis.

Avec des haateurs dépassant 3" ou des circonstances particulièrement difficiles, sous le rapport de la nature du sol, de la vitesse du courant, des crues & craindre, etc., les piquets destiné* a maintenir les panneaux en planches doivent être rentplacés par de véritables pieux plus ou moins rapprochés, et pkrfoifl même on va jusqu'à employer des pieux jointifs pour l'une et l'autre paroi.

U y a dans tout cela une très large part laissée à l'appréoiation penonnelle de l'ingénieur chargé des travaux. Dans tous

les cas, du moment où Ton dispose une double enceinte en charpente, les piquets ou pieux doivent être reliés transversalement par des moises fixées à leur partie supérieure, pour maintenir exactement Técartement d*une paroi à l'autre.

Lorsqu'ils sont ainsi compris entre deux parois boisées, il n'est pas nécessaire de donner aux batardeaux une grande épaisseur. A Lorient, par exemple, pour la fondation du viaduc de la rive droite du Scorf, Tenceinte en charpente a été composée de poteaux carrés de 0'",25 de cAté, espacés de mètre en mètre et reliés par un certain nombre de cours de moises ; les panneaux en planche étaient fixés sur ces poteaux et sur ces moises, ne laissant entr'eux d'une paroi à l'autre qu'un vide de vingt-cinq centimètres, et c'est dans ce vide qu'on a coulé et comprimé la matière destinée à former le bàtardeau.

Cette matière était simplement de la vase un peu compacte et malgré sa très faible épaisseur le résultat obtenu a été des plus satisfaisants, mais il est bon de dire que les panneaux avaient été soigneusement calfatés avant leur mise en place.

Généralement on adopte de plus fortes épaisseurs, mais il n y a utilité dans aucun cas à dépasser 1"',20 à i^^ySO, quelle que soit la hauteur. Ce qui motive d'ailleurs cette dernière dimension, c'est qu'en cas d'avaries à la charpente on peut faire descendre un ouvrier entre les deux enceintes pour exécuter les réparations devenues nécessaires.

Afin d'écarter le plus possible les éventualités d'accidents ou d'épuisements par trop dispendieux, il est indispensable, dans tous les cas, d'étayer tout le périmètre des batardeaux avec le soin le plus minutieux. A l'intérieur, les étais ou étrésillons soit inclinés, soit horizontaux, doivent être multipliés autant qu'on peut le faire sans s'exposer à gêner le travail des ouvriers ; à l'extérieur, des étais inclinés doivent également être placés sur les faces normales au courant^ tant à l'amont qu'à l'aval, et le pourtour entier de l'enceinte doit être protégé par des en* rochements.

Quant aux dimensions des bois, notamment pour les plan*» ches formant le revêtement des parois intérieures, il ne faut pas perdre de vue que la moindre fissure dans le bàtardeau suffit pour que la pression de leau extérieure se transmette

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