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VI - OUVRAGES DE PROTECTION DES FONDATIONS SU

dinaires n'auraient ea aucune durée. C'est pour cela, en même temps que pour faciliter l'immersion du béton du masif de fondation, qu'on a commencé par battre deux enceintes de pieux jointifs, laissant un intervalle de 3'^ rSO entre leurs parois parallèles, et qu'après un drag;age effectué sur tout le pourtour entre ces enceintes, on y a immergé de gros blocs de pierre cubant environ 2'"' 50 cbacun, et dégrossis sur leurs faces principales pour pouvoir former des assises à peu près régulières, à joints croisés autant que possible. Quatre assises semblables ont été disposées sur le fond de la fouille, puis tout le surplus a été comblé en gros moellons ; enfin des enrochements en matériaux de fort volume ont été immergés tout autour de l'enceinte extérieure en charpente.

Ce n'est pas seulement, du reste, pour compléter les fondations sur pilotis, avec emploi ou sans emploi de caissons foncés ou non foncés, qu'on a recours à des enrochements; mais encorepour les fondations detoute nature, même celles exécutées au moyen de l'air comprimé, dans certaines circonstances particulières dont la figure suivante montre un exemple.

84i CItAPITRË II — FONDATIONS

Ces fondations sont celles du pont de Szegedin, que nous avons décrites avec quelque détail ao § 4" de ce chapitre. Elles procèdent du système tubulaire et présentent celte particularité que, le sol parfaitement solide étant à une trop grande profondeur pour qu'on pût l'atteindre, on a pris le parti) après avoir descendu les colonnes à 12 mètres environ au-dessous de Tétiage, de battre, dans l'intérieur de chacune d^elles, 12 pieux avec fiche de 8" ou à peu près, sur la tète desquels a été commencé ensuite le remplissage en béton. La consistance insuffisante de la couche d'argile mélangée de sable fin, dans laquelle les colonnes sont engagées d'environ 9 mètres, donnant lieu de craindre des déversements ultérieurs, surtout en cas d^afFouiliemenls profonds autour de leur base, celle-ci a été entourée à une distance de 0^85 environ d'une enceinte continue de pieux, à l'intérieur de laquelle on a coulé du béton sur une hauteur de 3*" ; puis le pourtour, à Textérieur des pieux, a été entouré d'enrochements employés en grande quantité.

Dans les exemples précédents, c'est à l'aide d'une sorte d'ossature en charpente engagée dans les enrochements qu'on est parvenu à assurer plus de stabilité et de durée à ces derniers.

Une disposition entièrement différente, quelquefois essayée, parait-il, dans le midi de la France ', a consisté à envelopper les enrochements dans une sorte de résille élastique, appelée réelle Chatibardy du nom de son inventeur, composée de bouts de fer rond, articulés à leurs extrémités pour en former un véritable filet destiné à s'appliquer, en tous sens, sur les talus des enrochements préalablement bien dressés. On espérait prévenir ainsi toute déformation de ces talus.

Pour maintenir exactement la résille au contact des moellons, des poids de fonte étaient suspendus aux dernières mailles, dans le bas, tout autour de la fondation.

Le résultat ne semble pas avoir répondu à ce qu'on atten-

1. Cours de construction des ponts de M« Croizette-Desnoyers ; Tome I, p. 285.

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dait.Âu début, les fers employés avaient de 6 à 16 millimètres au plus de diamètre, et la résille était assez flexible pour se prêter au£ formes irrégulières de la surface des enrochements, mais les mailles ea étaient promptemenl usées et se rompaient pendant les fortes crues, cessant ainsi de protéger les fondations justement au moment le plus nécessaire.

Avec de plus gros fers on peut compter saos doute sur plus de résistance, mais le système devient dispendieux et la résille peu maniable, à cause de sa rigidité et de sa lourdenr.

Il ne faut pas perdre de vue, en outre, que sî des affouillements viennent à se produire sous la base des enrochements, ee n'est pas la résille qui pourra empêcher ces derniers de s'effondrer et de dispariUtre.

Ce qu'il importe de retenir, en somme, eu matière d'enrochements, c'est que ceux-ci sont en général d'un maintien difhcile et qu'une surveillance incessante est indispensable pour en vériBer la situation, surtout après chaque crue, et se tenir toujours prêt à y faire en temps opportuu et sans retard les réparations nécessaires.

Cette espèce d'instabilité des enrochements provient pour la plus grande partie, nous le répétons, de l'encombrement qu'ils produisent dans le lit de la rivière en venant accroilre, dans une trop forte mesure, les dimensions de l'obslacle que les fondations opposent déjà par elles-mêmes au libre passage des eaux.

On a considéré comme un très grand progrès de substituer aux lourdes piles des ponts de l'antiquité ou du moyen-àge des piles de bien moindre largeur, avec formes étudiées de façon à atténuer le plus possible les remous et les réductions du débouché dus à leur présence dans le lit d'une rivière ; mais on semble avoir oublié qu'une amélioration analogue était tout aussi nécessaire pour les parties des ouvrages situées en contre-bas de l'étiage. C'est là cependant, c'est-à-dire dans le voisinage du fond, qu'une multitude de causes tendent à donner lieu à des pertes de vitesse et que des obstacles tels que ceux formés par des massifs d'enrochements, à surfaces

en général mal réglées et couvertes d'aspérilés, sont doublement dangereux.

. Ainsi, par exemple, c'est aux enrochements qù*on doit le plus souvent, pour une très forte part, attribuer la formation d'affouillements profonds vers la partie amont des fondations, parce que c'est là que se fait tout d*abord sentir Faction des chocs et des remous violents résultant nécessairement, dans un courant animé d'une certaine vitesse, de la présence d'obs* tacles comme ceux dont il s'agit.

Sans insistera cet égard, on ne saurait contester qu'il y aurait un extrême intérêt à protéger les fondations sans en encombrer les abord», comme trop souvent on ne craint pas de le faire.

S'il s'agit de fondations sur pilotis, pourquoi u'aurait-on pas recours, par exemple, à une enceinte continue de pieux descendant aussi bas que ceux de la fondation elle-même, entourant complètement celle-ci et fortement reliés ensemble à l'aide soit de moises placées à diverses hauteurs, soit d une armature extérieure métallique, pour en former autour de chaque culée ou de chaque pile une sorte de douelle pleine, de force suffisante pour résister à tous les chocs extérieurs, rendant à peu près impossible tout affouillement en dedans des pieux, dont les mouvements pendant une crue ne com« promettraient pas l'ouvrage lui-même ? Cela suffirait comme moyen de défense, sans avoir rien à y ajouter, si ce n'est toutefois des estacades sur les rivières navigables, pour éviter les chocs de bateaux.

Si c'est au moyen d'un caisson sans fond avec béton immergé que la fondation a été établie, au lieu de donner à la charpente de ce caisson des dimensions un peu faibles^ nécessitant la présence d'enrochements pendant le coulage du béton pour éviter la déformation ou la rupture des parois, ne pourrait-on pas augmenter la solidité du caisson, de façon à le mettre en état non seulement de supporter la. charge du béton pâteux, mais encore de servir d'ouvrage de protection pour le massif immergé, sans addition d'enrochements?

Il serait bon, dans ce but, de compléter le caisson pat une

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