I. VOIES DE LARGEUR NORMALE
Art. 1®'.— L'adoption d'un train-type a pour objet d'uniformiser les conditions d'établissement des ponts métalliques et de mettre leur résistance en rapport avec les plus fortes charges qui soient aetuellement appelées à circuler sur les chemins de fer firançais. C'est ce train qui devra servir de base aux calculs. Toutefois, il y aura lieu de substituer aux machines et wagons-types les machines et wagons en service sur l^ réseau auquel ftppftriiendra Touvr^^ge à poqstn)irei, ûm^ les cas exceptionnels où il résultera de cette substitution une augmentation des effortssupportés par lesdifférentespiècesde l'ouvrage.
iVrt. 2. — Les coefficients du travail de la fonte sont fixés surtout en vue de la vérification des efforts supportés par les ouvrages existants ; pour les constructions neuves, l'emploi de ce métal, lorsqu'il sera exposé à travailler à l'extension, ne devra être admis que dans des cas tout à fait exceptionnels.
Les règles fixées pour le fer et l'acier ont été établies de façon à réduire d'une manière générale les limites du travail du métal en raison des variations du sens et de la grandeur des efforts qu'il est appelé à supporter ; mais elles ne tiennent pas compte des différences qui peuvent se produire, à ce point de vue. entre les divers points des plates-bandes d'une même poutre, et qui, eu égard aux règles habiluellement suivies pour les constructions métalliques, ne peuvent entraîner des inégalités de résistance inquiétantes.
11 appartiendra d'ailleurs aux ingénieurs, lorsqu'il le jugeront utile, de déterminer ces différences par une analyse détaillée et de faire varier en conséquence les limites du travail du métal. Pour fixer ces limites, ils pourront faire usage des formules suivantes, dont les résultats sont suffisamment d'accord avec les données de la pratique :
1** Lorsque les efforts correspondant pour la môme pièce aux différentes positions des surcharges seront toujours de même sens (extension ou compression) :
Pour le fer 6k + 3k -
Pour l'acier 8k-j-3ks
(A représentant le plus petit et B le plus grand des efforts auxquels la pièce est exposée).
%^ Lorsque le sens des efforts totaux, correspondant pour la même pièce aux différentes positions de la surcharge, variera selon ses positions (extension et compression alternatives) :
Pour le fer ^^^ ""'''' §
Pour l'acier 8k - 4k ^r
(B représentant le plus grand en valeur absolue des efforts supportés par la pièce, et C le plus grand des efforts en sens contraire).
Ces formules sont données à titre de simple indication et ne limitent en rien Tinitiative des ingénieurs qui pourront employer telle méthode qu'ils jugeront convenable.
Les coefficients fixés à Tarticle 2 ne sont applicables aux pièces comprimées directement que lorsque celles-ci sont assez courtes pour qu'il n'y ait pas lieu de les renforcer en vue d'éviter qu'elles puissent fléchir sous l'action de la charge. Dans le cas contraire, on devra tenir compte des prescriptions de l'article 6 et diminuer, en conséquence, le travail du métal.
Les ingénieurs ne perdront pas de vue les efforts supplémentaires qui pourraient résulter de la répartition dissymétrique des charges, notamment dans les ponts biais et dans ceux sur lesquels la voie est en courbe.
L'évaluation des sections nettes et, par suite, le calcul définitif des efforts supportés par les différentes pièces, doivent être faits seulement lorsque la position des joints des tôles aura été arrêtée et après la détermination du nombre, du diamètre et de la position des rivets.
Le soin de déterminer le rapport entre le diamètre des rivets et l'épaisseur des pièces à assembler est laissé aux ingénieurs, qui se guideront d'après les données de la pratique.
Art 3. — 11 n'a pas paru nécessaire de déterminer la qualité de la fonte à laquelle correspondent les coefficients fixés à l'article 2; cette détermination est, au contraire, indispensable pour l'acier dont les propriétés peuvent varier dans les limites très étendues, et môme pour le fer dont la résistance, et surtout la ductilité, sont parfois insuffisantes pour inspirer une sécurité complète. Les qualités définies par le règlement sont celles des métaux dont l'emploi peut être considéré
(Instructions).
KOTBS ANNEXES. 613
A 4 kilogrammes pour le fer et à 6 kilogrammes pour l'acier, pour les barres de treillis et autres pièces exposées à des etforts alternatifs d'extension et de compression ; ces dernières limites pourront néanmoins être rapprochées des précédentes pour les pièces qui seront soumises à de faibles variations de ces efforts.
Dans l'établissement des projets des ouvrages métalliques d'une ouverture supérieure à 30 mètres, les ingénieurs pourront appliquer au calcul des fermes principales des Hmilcs supérieures à celles qui ont été fixées plus liaut, sans jamais dépasser :
Pour le fer 8 k. 50,
Pour l'acier 1! k, BO
Ils devront justifier, dans chaque cas particulier, les diverses limites dont ils auront cru devoir faire usage.
Lorsque des fers laminés dans un seul sens seront soumis à des efforts de traction perpendiculaires au sens du laminage, les coefficients seront réduits d'un tiers dans les calculs relatifs à ces efforts.
Les coefficients concernant l'acier ne subiront pascette réduction. On appliquera aux efforts de cisaillement et de glissement longitudinal les mêmes limites qu'aux eflorts d'extension et de compression, mais en leur faisant subir une réduction d'un cinquième, étant entendu que les pièces auront les dimensions nécessaires pour résister BU voilement ; pour le fer laminédans un seul sens, on ferasubirà ces coefficients une réduction d'un tiers, lorsque l'effort tendra à séparer les fibres métalliques.
Le nombre et les dimensions des rivets seront calculés de telle sorte que le travail de cisaillement du métal ne dépasse pas les quatre cinquièmes de la limite qui aura été admise pour la plus faible des pièces à assembler, et que le travail d'arracliement des têtes, s'il s'en produit, ne dépasse pas3 kilogrammes par millimètre carré en sus de l'effort résultant du serrage.
111. Les calculs justificatifs de la rivure seront toujours fournis à l'appui des projets en même temps que lescalculs des dimensions des diverses pièces.
Il en sera de même des calculs des assemblages par boulons dans les ponts en fonte.
Art, 3 . — Qualités du fer et de l'acier auxquelles correspondent les timiles de travail du métal fixées par l'article S. — Les coefficients de travail du métal fixés ci-dessus pour le fer et l'acier correspondent aux qualités définies par les conditions suivantes :
614 P0MT8 MÉTALUQUES.
eomme normal dans la construction des ponts ; mais^ notamment en ce qui concerne l'acier, le choix qui en a été fait pour fixer les coefficients usuels n'est pas un obstacle à l'emploi d'un métal de qualité différente, dans les cas où il sera justifié. Dans l'état actuel de la métallurgie, il est possible d'élever jusqu'à 55 kilogrammes la résistance de l'acier, avec un allongement de 19 p. 100, sans qu'il cesse de remplir les conditions nécessaires pour la construction des ponts, et l'augmentation de la résistance permet d'élever proportionnellemeat la limite des efforts normaux par m. m. q. Mais à mesure que la dureté de l'acier augmente, des précautions plus minutieuses sont nécessaires dans la fabrication pour que son emploi soit exempt de tout danger, et la rédaction des projets est d'autant plus délicate qu'on adopte des coefficients de travail plus élevés; aussi T Administration se réserve-trcUe de n'autoriser de dérogations à la règle générale que dans les cas où elles seront justifiées par l'importance de l'ouvrage et lorsque les conditions dans lesquelles celui-ci devra être construit offriront des garanties suffisantes au point de vue de l'exécution.
Les cahiers des charges devront, dans tous les cas, renfermer Ténumération des conditions nécessaires pour assurer l'emploi de matériaux de bonne qualité et l'exécution des travaux selon les règles de Tart. Le but de l'article 3 est de définir les qualités du métal auxquelles correspondent les coefficients indiqués à l'article 2, et d'éviter les dangers que l'emploi de l'acier a quelquefois présentés ; ses prescriptions ne sauraient être considérées comme suffisantes pour empêcher les malfaçons, aussi bien dans la fobrication du métal que dans sa mise en œuvro*
Art. 4. — Les poids, les dimensions et le gro]gi|)ement des machineSjtenders et wagons définis à l'article 5 ont été choisis de manière à donner au train-type une composition qui se rapproche, autant que possible, de celle des trains les plus lourds foripés avec le matériel actuellement en service sur les principaux réseaux.
Les efforts que les ponts auront à supporter normalement ne dépasseront donc pas, en général, ceux qui correspondront au passage du train -type ; ils pourront leur être supérieurs si les machines et tenders sont groupés différemment^ ou 3'il existe d^s le train des
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Les cahiers des charges fixeront pour l'acier te mini mum et le maximum entre lesquels devra être compris le rapportde la limite pratique d'élasticité à la résistance à la rupture. Le minimum né devra pas être ioférieur à un demi, et le maximum ne devra pas dépasser deux tiers.
Des coefficients de travail plus élevés pourront être autorisés par l'Administration pour des métaux de qualités dilTérenles, bI des justifications suffisantes sont produites.
On ne tolérera dans aucun cas l'emploi d'aciers fragiles, et ons'assurera fréquemment, pendant la construction, de la qualité du métal à ce point de vue, au moyen d'essais de trempe et d'expériences faites en pliant des barres percées de trous au poinçon. Les cahiers des charges devront renfermer des prescriptions détaillées à cet égard, sans préjudice des autres conditions relatives aux qualités du métal.
Dans tous les cas, lorsqu'on emploiera l'acier, les trous des rivets seront forés ou alésés après le perçage sur une épaisseur d'au moins un millimètre, et les bords des pièces coupées à la cisaille seront affranchis sur la même épaisseur.
Art. 4. — Composition du train type. — Les aulfurt det projeti de Irivèes méialliques devront justifier par des calculs suffisamment détaillés qu'ils ont satisfait aux prescripliotis des articles 1,2, et 3 qui précédent.
En ce qui concerne les fermes longitudinales, Ht seront tenus d'examiner l'Agpoihêsedupassage, sur c/iagueToie, du train-ttfpe défini ci-dessous.
Ce train-tifpe se composera de deux machines à qnatre essieux, de leurs tendert et de wagons chargés. Les poids et dimensions des machines, tmderset KOgotu chargés sont donnés par le tableau et la figure ci -après:
(RéglemeiU)
wagons vides ; mais l'augmentation de travail du métal qui en résultera n'atteindra jamais un kilogramme par millimètre carré, et les coefficients fixés par Tartide 2 ont été établis de manière à permettra sans danger, dans cette limite, une augmentation exceptionnelle des efforts. On pourra donc se borner à faire les calculs au moyen du train-type, sous la réserve énoncée ci-dessus i propos de l'article premier.
L'Administration entend laisser aux ingénieurs une entière liberté en ce qui concerne le choix des méthodes employées pour faire les calculs ; la seule obligation qu'elle leur impose est de déterminer avec une exactitude suffisante la limite des efforts supportés par chacune des pièces qui composent rouvrage,dan8 les conditions définies par l'article 4. Ainsi on pourra, si on le juge utile, faire usage pour le calcul des moments fléchissants, ainsi que pour celui des efforts tranchants ^ de surcharges virtuelles uniformément réparties^ sauf à justifier que ces surcharges produisent des efforts supérieurs ou au moin^ égaux à ceux qui seraient déterminés en chaque point par le passage du traintype
Quelle que soit la méthode employée, les résultats des calculs devront être groupés dans les épures, de manière i faire ressortir la loi des variations des efforts dans les différentes pièces de l'ouvrage et à faciliter les vérifications.
Art. 5. — Les pressions maxima dues à Teffort du vent, qui sont fixées par l'article 5, sont celles qui sont généralement admises par les constructeurs ; elles sont suffisantes pour donner toute sécurité dans les conditions ordinaires. Il appartiendra aux ingénieurs de proposer l'adoption de pressions plus fortes pour les ouvrages qui seront à construire à une grande hauteur ou dans le voisinage de la mer ; ils pourront, au contraire, pour les ponts convenablement abrités, tenir compte de la diminution de l'intensité du vent qui résultera des circonstances locales. Ils auront également à déterminer, d'après le mode de construction des supports et le système d*attache des sommiers et (Instructions)
DÉSIGNATION