INTRODUCTION. XXXV
(laircs comporlanl deux ou plusieurs fermes distinctes placées bout a bout, et reliées les unes aux autres par des articulations.
Il peut arriver qu'une poulre de ce genre ne comporte qu'une ferme d'un seul tenant, sans articulation : on a alors une poutre continue, si le nombre des supports qui portent la ferme en question est supérieur à deux, et une Iravéc indépendante, si ce nombre est réduit à deux, placés aux extrémités de Touvrage et formant culées.
Nous avons trailé au chapitre III, tome I des Ponts ^nétalliques les poutres droites, c'est-à-dire do hauteur constante, à Iravées indépendanlcs. Le chapitre V du présent volume complète cetlc étude en ce qui touche les poulres à semelles courbes, c'est-à-dire de hauteur variable.
Les poutres à Iravées solidaires peuvent èlre des ouvrages de la première et de la seconde classe, suivant les déflnilions .données à la page XIX.
Les ouvrages de la première classe ont été désignés sous le nom de ponts-grues ordinaires ; ils possèdent toujours des articulations (sauf le cas de la travée indépendante), et peuvent être encastrés ou simplement appuyés sur leurs supports.
Les ouvrages de la seconde classe sont désignés sous le nom de ponts-grues mixtes s'ils comportent des articulations, et de poutres continues s'ils n'en ont pas ; ils peuvent être soit appuyés soit encastrés sur leurs supports.
Parmi les ouvrages existants, un très petit nom.bre est pourvu d'articulations et représente dos ponts-grues ordinaires ou mixtes. Les poutres à travées solidaires sont presque toutes .continues et simplement appuyées sur tous leurs supports. C'est pour ce motif que nous nous sommes particulièrement étendu sur l'étude de ce genre de construction, qui prend plus de la moitié du livre, et que nous avons traité sommairement les ponts-gnies ordinaires et mixtes, dont les principaux types sont ou complètement inusités ou représentés par un nombre très restreint d'applications.
Nous avons vu que la méthode de calcul à suivre pour l'élude d'un ouvrage de la première classe ditTère complètement de celle applicable à un ouvrage de la seconde. Il existe de
plus entre ces deux classes de poutres à travées solidaires une différence essentielle. Celles de la première classe sont insensibles à la dénivellation des appuis, c'est-à-dire qu'un support quelconque peut être soulevé ou abaissé sans modifier l'intensité et sans déplacer le point d'application de la réaction qu'il exerce sur l'ouvrage ; il n'en résulte par suite aucun changement pour les forces intérieures développées dans les différentes parties de la conslruclion. Il n'en est pas de même dos ouvrages de la seconde classe, dont les épures de stabilité sont influencées, dans une mesure qui peut être considérable, par les tassements ou les soulèvements des appuis. C'est là un caractère bien tranché qui sépare absolument les deux classes de poutres.
Le chapitre I est consacré à l'étude des poutres continues à section constante simplement appuyées sur tous leurs supports.
Nous avons suivi la marche indiquée par Clapeyronel Bresse y qui consiste à prendre pour inconnues auxiliaires les moments fléchissants développés dans les sections d'appui, et à s'appuyer, pour leur recherche, sur le théorème des trois moments, dû à Bertot. De cette façon, on résout simultanément les deux premières parties du problème posé à la page XVII, calcul des réactions des appuis et détermination des forces intérieures, représentées par les moments fléchissants et les efforts tranchants.
Mais en ce qui touche les effets produits par les surcharges incomplètes les plus défavorables, au lieu de considérer, comme l'a fait Bresse, en partant d'un principe indiqué par M. Maurice Lévy, des dispositions de surcharge couvrant certaines travées convenablement choisies sans empiéter sur les autres, nous nous sommes proposé d'étudier les effets des surcharges les plus défavorables dans le cas plus général où elles pourraient couvrir partiellement certaines travées. Il est toujours possible de tracer dans ces conditions les courbes-enveloppes des moments fléchissants produits par les surcharges partielles les plus défavorables. Mais cette opération, dont la marche a