‹ Port-RoyalChapitre 17 sur 40 · Manuscrits de la Bibliothèque de Troyes · texte numérisé non relu

Manuscrits de la Bibliothèque de Troyes

d'aumônes, ea laissant prendre leur bien aux religieuses de Paris qui avoient mangé le leur; que cela étoit indigne et tout à fait criant :

c Je sais bien, me répon dit-il *, qu'elles ne manquent de rien ; et si elles manquoient de quelque chose, je le leur donnerois,- car je ne veux pas qu'elles manquent de rien, et je leur donnerai quand elles en auront besoin. > — c Mais pourquoi, lui dis-je, ne manquent- elles de rien? parce que des personnes comme moi vendent leur cotillon plutôt que de les laisser manquer de quelque chose; car je vendrois certainement le mien plutôt que de les laisser (dans le besoin. > — « Vraiment, me dit-il en riant, je le sais bien que vous vendriez plutôt votre cotillon; mais, mon Dieu! vous vous ferez des affaires. » — « Il y a longtemps, lui répliquai-je, que je suis au-dessus des aflfciires : quand on a une coiffe, on ne s'en met pas beaucoup en peine, et je ne la changerois pas pour la pourpre. » — En mî disant cela, je lui fis une profonde révérence et je me retirai. »

Le post-scriptum que mademoiselle de Jonooux ajou- t tait au récit de cet entretien n'est pas à négliger : |

« J'ai reçu hier cinquante livres pour vous de la part de madame Geoffroi , veuve de Tapothicaire : elle souhaite avoir part aux prières de la Maison. »

Chaque veuve donnait son obole, de même que bien des prêtres offraient d'apporter la communion.

1. Mademoiselle de Joncoux racontait cet entretien dans une lettre à la mère Du Mesnil, prieure des Champs. (Voir V Appendice à la fin du volume.)

Impatience de Louis XIV. ^ Le cardinal de Noailles se justifie. — Instances à Rome. — Bulle d'extinction. ^ Lettres anonymes à M. de Noailles. — Procédure et décret de réunion. — Visite de madame de Château-Renaud à la maison des Champs. — Colloque avec la mère Prieure. — Retour par Saint-Cyr et flatterie. — Expédition de M. d'Argenson ; journée suprême. — Ordre et résignation. — Les douze carrosses. — Sagesse et fermeté de la mère Prieure. — Impression générale ; pitié et indignation. — Port-Royal démoli. — Exhumation des corps. — ^ Scènes de ' charnier. — Grandeur véritable de Port-Royad. — S'attacher à Tesprit.

Nous sommes équitables, et dès lors nous sommes favorables à Port-Royal; si nous blâmons les religieuses de leur obstination, de leur formalisme, de leur clause sans déroger introduite par un excès de scrupule , nous en respectons le principe et nous honorons leur motif; nous sentons combien le châtiment est disproportionné à la faute, et les moyens employés nous paraissent souverainement injustes; on a été trop heureux de trouver un prétexte contre elles, et on l'a saisi; ces pauvres filles paient pour d'autres, pour des amis redoutés que veulent écraser des ennemis puissants : eh bieni je ne sais, malgré tout, si nous ne sommes pas tentés de faire comme

Louis XIV et de nous impatienter que leur perte tarde \ tant à se consommer, qu'elles y mettent tant de résis- ' tance 9 et qu'on y mette tant de façons. Port -Royal, comme ce personnage d*une tragédie, est lent à mourir, i

Le Père de La Chaise, qui se sentait mourir luimême, était de cet avis. Louis XIV, qui enfin commençait à entrevoir le terme dé son règne , ne voulait pas avoir un démenti de ses ordres, à deux pas de Versailles. Il s'étonnait que l'archevêque, à qui l'affaire de l'extinction était renvoyée, n'en fût encore qu'aux préliminaires, et il le croyait au fond peu disposé à traiter avec rigueur un parti vers lequel il inclinait. Le duc de Noailles, ne-i veu du cardinal, se fit auprès de son oncle le canal et l'organe de ces plaintes qu'on formait contre lui à Ver- \ sailles. On a sa lettre et la réponse du prélat (jan- ^ vier 1708). Je ne tirerai de cette réponse que ce qui nous touche. Le cardinal prétend se laver sur tous les chefs; il soutient « qu'il n'est pas plus fauteur des Jansénistes que janséniste; qu'il n'a pente naturelle ni inclination secrète pour le parti; qu'il a été élevé dans un grand éloignement pour cette doctrine, de même qu'il est par humeur ami de la paix et ennemi de tonte cabale; » puis, après justification sur divers points, il en vient à celui qu'on avait alors le plus à cœur :

t A regard des religieuses de Port-Royal, qui estrarticle qui me touche le plus puisque le roi en est, dites- vous, plus .' frappé, c'est celui où je suis le plus fort, et rien ne marque davantage le déchaînement injuste que certaines gens ont contre moi que de m'atlaquer sur une chose oti j'ai constamment fait mon devoir ; mais venons au fait.

« Je vous dirai d'abord que j'avois compté que dans trois mois au plus après leur désobéissance leur monastère seroit supprimé et raflfaire entièrement consommée, et je le souhaitois autant que personne. Je ne doutois pas que le Pape, très-zélé contre le parti, ne donnât avec plaisir et diligence la Bulle qu'on lui demanda pour cela. Le roi en fit écrire

fortement à Rome, et j 6 fis de mon côté des instances trèsvives et très-pressantes : M. le cardinal de La Trémouille en peut rendre témoignage, comme d'autres à qui j'en ai écrit souvent et fortement.

I « Dieu a permis, par des raisons que je ne puis pénétrer, I que le Pape n'a point encore envoyé cette Bulle : est-ce ma faute? Ce retardement a dérangé mes mesures, mais ne m'a point empêché de punir les filles révoltées. Il est vrai que je n'ai pas donné d'abord le dernier coup, mais j'ai dû en user ainsi. Quiconque soutiendra le contraire sera aisément confondu. J'ose dire que je sais mon métier, et saint Paul nous apprend que nous pouvons nous louer, quand on pousse trop loin le blâme contre nous. Mais enfin, après avoir employé différentes punitions, j'ai fait tout ce que M. de Péréflxe, animé avec raison contre cette Communauté, et d'un I tempérament fort vif et fort prompt, fit de plus fort contre I elle ; et on veut trouver qu'il n'y en a pas assez, et le persuader au roi 1 Sa Majesté me fit Thonneur de me dire : « Mais il a mal fait; devez- vous faire comme lui? > Je sou- - tiens qu'il a très-bien fait, et moi aussi fort bien de l'imiter. ' Est-il juste de traiter ainsi la mémoire d'un prélat qui a témoigné tant de zèle contre le mauvais parti, et d'exiger de moi d'en faire plus que lui?

« Mais il faut que je sois janséniste pour de certaines gens, et quoi que je fasse, je le serai toujours. J'ai beau excommunier, et faire ce que celui de mes prédécesseurs qui a été le plus loin a fait contre ce monastère, j'aurai beau même le supprimer entièrement, ce que je ferai d'abord dès que j'aurai les mains libres, tout cela n'empêchera pas, tant que le roi paroltra disposé à écouter ce qu'on lui dira contre moi, qu'onn'assure toujours que je favorise ces filles.... Des mémoires et des lettres anonymes, ou signées par des gens prévenus ou mal instruits, doivent-ils l'emporter sur des faits aussi certains '? »

Ces lenteurs reprochées au cardinal tenaient en partie à la nature même de l'affaire : il ne s'agissait pas seule-

1 . Tome IV, page 274, de la Correspondance administrative sous le Règne de Louis J/F, 1855.

ment de détruire et de dissiper la Communauté de Port- Royal des Champs, ce qui était facile ; il fallait transférer son bien, avec quelque ombre de justice et en sauvant les formes de la légalité, à la maison de Paris, et pour cela revenir sur un ancien partage régulier, consacré par un enregistrement de Bulle au Parlement. On avait donc eu recours à Rome sitôt la résolution prise ; mais on voit que le Pape ne s'était pas pressé. Enfin, le 27 mars 1708, w ne pouvant se refuser, disait-il ^ aux sollicitations d'un aussi grand prince que le roi de | France, » il avait donné une Bulle pour la suppression et extinction de Port-Royal des Champs et la réunion de ses biens à Port-Royal de Paris; il y mettait toutefois cette condition, que sur ces biens et revenus les religieuses de Paris seraient tenues de servir 200 livres de pension à chacune des religieuses des Champs, tant de chœur que converses (alors au nombre de 26^, lesquelles resteraient dans leur monastère et en auraient Tentier et total usage , ainsi que de leur église , jusqu'à leur mort. Le nonce reçut la Bulle le 1 1 mai, et la porta au roi, qui, dès qu'il en entendit la traduction, n'en parut pas satisfait, disant « que s'il recevoit ce Bref, qui ordonnoit que toutes les religieuses jusqu'à la dernière converse mourroient dans le monastère , il n'auroit pas le plaisir de voir durant sa vie la destruction de Port- Royal. > Louis XIV a bien pu, en effet, tenir ce langage; car cette lutte avec Port-Royal avait fini par être comme un duel personnel dont il voulait avoir une bonne fois raison. Il fallut donc solliciter de Rome une nouvelle Bulle, dont on n'apprit en France la signature que vers le commencement d'octobre, et qui fut antidatée du ^ même jour que la précédente (27 mars). Dans cette Bulle adressée à l'archevêque de Paris, après la disposition qui supprimait le titre de l'Abbaye des Champs et qui appliquait ses biens à la maison de Paris, il était dit :

« Et afin que cette suppression et cette application aient plus promptement leur effet, et que le nid où Terreur a pris de si pernicieux accroissements soit entièrement ruiné et déraciné (ut nidus^ in quo error prava suscepit incrémental penitus evellatur et eradicetur) , les religieuses tant du chœur que converses, qui sont présentement au monastère de Port-Royal des Champs, peuvent et doivent être transférées ensemble, ou séparément, dans le temps, la manière et la forme que vous jugerez à propos, suivant votre discrétion et conscience, en d'autres maisons religieuses ou monastères que vous choisirez. »

Cette Bulle obtenue, et à lui personnellement adressée, déliait jusqu'à un certain point l'archevêque du côté de la Primatie de Lyon : le tribunal suprême ayant parlé, il semblait que Ton pût désormais ne pas tenir compte des appels qui se poursuivaient devant un tribunal d'un degré intermédiaire. Il y avait toujours à opposer que celte sentence suprême, qui coupait court à une instance pendante, n'avait pas été rendue selon les formes inséparables de toute justice, et qu'une des parties n'avait pas été appelée ni entendue. Les avocats de nos religieuses ne manquèrent pas, dans des Requêtes infructueuses, de faire valoir tous ces vices de forme ou de fond ; ils y dénoncèrent, selon leurs termes violents, jusqu'à dix-huit attentats. Mais, de fait, le cardinal était à présent armé ; il n'avait plus de prétexte à un retard ; une fois la Bulle munie de Lettres patentes * et enregistrée au Parlement (et elle le fut le 1 9 décembre, sur le réquisitoire du procureur-général Daguesseau), il pouvait procéder et comme archevêque en son propre

1 . Le chancelier de Pontchartrain, favorable à Port-Royal, ne scella ces Lettres patentes qu'à contre-cœur : on assure qu'il fit au roi quelques représentations. Un Mémoire avait été envoyé au chancelier par la marquise de Vieux-Bourg, une des dames les plus influentes et les plus spirituelles du parti.

nom, et à titre de commissaire du Saint-Siège; et c'est ce qu'il fit.

Je ne cacherai pas qu'il reçut vers ce temps des lettres anonymes qui avaient pour objet de l'intimider et d'arrêter son bras, de le refroidir dans ce nouveau zèle, qu'il allait montrer à se déjanséniser. Les lettres anonymes sont une mauvaise habitude que les Jansénistes ; ont eue en commun avec tous les partis. Dans une de ces lettres, on lui remettait charitablement sous les yeux la triste fin de ses deux prédécesseurs, la fin soudaine et terrible de l'un (M. de Harki) , la fin troublée, disaiton, et repentante de l'autre (M. de Péréfixe). On lui prédisait, s'il ne changeait, le sort inévitable aux timides, t dont le partage est d'être jetés dans V étang brûlant de feu et de soufre, qui est la seconde mort. » On le menaçait, au point de vue d'ici-bas, de révéler et de mettre ! au jour tous les ressorts de la cruelle tragédie où il était ^ acteur, de façon à le déshonorer, lui et les autres, annonçant que tout le secret en était soigneusement recueilli « dans des mémoires fidèles qui passeroient à la connoissance de tous les siècles avenir, » On énuméraitles divers signes d'alentour, où se voyait le doigt de Dieu, et l'on faisait parler la vengeance céleste : « Les malheurs dont la France est accablée, y disait-on, sont encore d'autres voix qui ne sont pas moins sensibles. Tout le monde à la Cour et à la ville est frappé de ce que, depuis qu'on a juré la perte de Port-Royal, il n'y a plusf que déconcertement dans nos conseils, que lâcheté dans! nos généraux, que foiblesse dans nos troupes, que défaites dans nos batailles. Il paroit que Dieu nous a rejetés, et qu'il ne marche plus à |la tête de nos armées, si redoutées autrefois, et toujours victorieuses jusqu'à la résolution prise pour la ruine de cette Maison. » — Ainsi Ramillies et bientôt Malplaquet, c'était la rançon divine et le châtiment dès persécutions contre Port-Royal.

Toujours l'univers vu par notre lucarne et mesuré à notre clocher? Mais, dans ce système, que ferait-on, deux ou trois ans plus tard, de la victoire de Denain?

Dans une de ces lettres anonymes, on insinuait avec beaucoup de délicatesse que Tarchevêque, par des considérations de famille, s'était relâché de la fermeté que peut-être il aurait eue sans cela plus grande, et on lui faisait envisager que la Providence l'en avait déjà puni en lui enlevant un frère « qui lui étoit si cher et dont Tâge n'étoit pas trop avancé. « Le maréchal de Noailles, frère du cardinal, mourait en effet le 2 octobre 1708. Une de ces lettres anonymes écrite bien peu de jours après, dans le courant même d'octobre, contenait ce passage : « Votre Éminence vient déjà de voir de ses yeux mourir son propre frère sans sacrements; mais ne se prépare-t-elle point à elle-même une fin bien aussi triste devant les hommes, et encore plus redoutable aux yeux de Dieu, etc.? » Ce sont nos auteurs qui rapportent le contenu de ces lettres, et l'esprit de parti les aveugle si bien qu'ils citent ces mêjnes endroits odieux comme la plus belle chose et la plus délicate du monde. L'ini justice pousse à l'indignation, l'indignation au fanatisme. Pauvres hommes 1 Demain les maîtres, ces victimes de la veille seront des persécuteurs, et ils l'ont été. C'est le cas de leur dire avec un témoin intègre : « Je vous aime comme persécutés, je vous déteste comme persécuteurs*. »

I 1. Ces lettres anonymes paraissent avoir été, la plupart, de M. Maj bille, le fervent docteur et le principal conseiller de Port-Royal dans ces dernières orises. Loi et M. Bertin, un de ses amis, les composaient, ainsi que plusieurs factums vigoureux qui coururent en ce temps-là. lis s'appliquaient aussi, du sein de leur retraite de Palaiseau, à recueillir toutes les pièces et les mémoires propres à entrer dans cette histoire future dont ils menaçaient M. de NoaiUes. I C'est avec ces pièces recueillies par eux que Guilbert a composé

Armédè tous les pouvoirs, M. de Noaillesvoulut encore > y mettre les dehors de la justice, et il ordonna qu'une visite serait faite pour informer sur les avantages ou les/ inconvénients de la réunion, De commodo vel incommodo. M. Vivant en fut chargé. Il commença par Port- Royal de Paris, et ne \dnt à Port-Royal des Champs que le 13 avril 1709. On y entendit des témoins, des curés des environs, un chirurgien à qui Ton demanda si Tair était bon ou malsain. On avait fait assigner même des fermiers ; l'un d'eux répondit qu'il ne savait ce que c*était que le commodo ou Yincommodo^ mais que les religieuses avaient une charité qui passait tout ce qu'on pouvait dire, qu'il Tavait éprouvée lui-même dans ses besoins : « Elles en font de même à tout le monde, et on n'en dit partout que du bien. » Ce fut le témoignage universel.

A son arrivée, à son départ, M, Vivant se trouva en face d'un huissier qui protestait au nom des religieuses, et lui signifiait appel sur appel qu'elles faisaient à la Primatie de Lyon. « Je pense, Monsieur, lui dit-il en riant, que vous me suivrez partout. » — « C'est vous. Monsieur, répondit l'huissier, qui me menez partout. Ce sont des peines que vous m'épargneriez bien, si vous vouliez. »

Cependant le cardinal eut l'idée, pour mêler l'exhor- / tation morale à cet appareil de procédure, de publier deux jours après (15 avril), avec Mandement, la Lettre (ou le projet de lettre) de Bossuet, autrefois adressée aux religieuses de Port-Royal, et par laquelle, encore simple abbé, il les avait invitées à la signature. Mais on refusa à cette Lettre du jeune abbé l'autorité due au grand évêque; on en contesta même l'authenticité, et

sJ5s Mémoires historiques sur Port-Royal des Champs , ouvrage si niai digéié, mais si curieux pour qui sait en profiter.

cette éloquence si sensée, et déjà si pastorale dans sa bouche, ne lit que blanchir.

Sur l'enquête de M. Vivant, le cardinal rendit donc, le 11 juillet, son Décret portant extinction du titre de TAbbaye de Port-Royal des Champs, et réunion de ses biens à celle de Paris :

«... Après que nous avons employé inutilement tous les moyens qui ont été en notre pouvoir pour porter lesdites religieuses de Port-Royal des Champs à la soumission qu'elles doivent à l'Église, lesdites religieuses persévérant en leur opiniâtreté, et tout considéré, le- Saint Nom de Dteu invoqué : Nous, archevêque dé Paris, tant de notre autorité ordinaire que du Saint-Siège apostolique, avons supprimé et éteint, supprimons et éteignons par ces présentes à perpétuité le titre de ladite Abbaye et monastère de Port- Royal des Champs, et en conséquence avons réuni et appliqué, réunissons et appliquons par ces mêmes présentes, à l'Abbaye et monastère de Port-Royal de Paris, tous les biens meubles et immeubles, droits et revenus généralement quelconques de ladite Abbaye et monastère de Port- Royal des Champs, etc. »

Quelques jours après, s'étant rendu à Port-Royal de Paris, et ayant annoncé à la Communauté assemblée que le Décret de réunion était conclu et qu'on allait cette , fois en finir, il essaya, dit-on, de leur persuader de se i retirer à cette maison des Champs, de vendre celle dé Paris, et d'en payer leurs dettes. Dans la pensée de • cette translation où elles entraient peu, il ne put s'empêcher de leur souhaiter autant de régularité et de vertu qu'en avaient les religieuses des Champs : « Ce sont, disait-il, de bonnes filles et bien régulières; à l'exception de leur désobéissance et de leur opiniâtreté, il n'y a rien chez elles que de louable. »

Un dernier instrument était nécessaire : un Arrêt du Parlement du 3 août donna gain de cause aux religieuses de Paris qui en avaient appelé comme d'abus, tant des

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premiers actes de TOfficial de Lyon que de l'ancienne Bulle de partage de 1671. Il ne manquait plus rien, au moins d'humainement spécieux.

J'omets ce qui n'a nulle importance et je passe outre, car il faut terminer. L'abbesse de Port-Royal de Paris , î qui y était depuis peu, et qu'on avait nommée en vue de cette réunion, madame de Château-Renaud, personne de qualité, assez peu austère, mais qui ne manquait pas d'ailleurs d'esprit et de mérite, se crut suffisamment en règle pour aller prendre possession de l'ancien monastère récupéré, et y faire acte d'abbesse. Après toutes choses concertées avec le cardinal, et le secret ayant été exactement gardé, elle y arrivait à l'improviste le \ mardi 1*' octobre sur les onze heures du matin, accompagnée de deux religieuses de sa maison, de sa sœur ! religieuse Bernardine, et de deux notaires.

Les deux notaires se présentèrent les premiers, et annoncèrent que c'était l'abbesse de Port-Royal. La mère Anastasie Du Mesnil, prieure, étant avertie, se rendit au parloir, mais elle n'ouvrit point d'abord le châssis de la grille. L'abbesse la pria d'ouvrir; la prieure répondit que la règle ne le permettait pas, et elle la pria de l'en dispenser. L'abbesse repartit que les règles n'étaient point pour l'abbesse de Port-Royal, et qu'entre religieuses d'ailleurs on en pouvait user autrement. Sur ce que la prieure fit observer qu'elle avait entendu des voix d'hommes, l'abbesse fit retirer aussitôt ceux qui étaient entrés ; après quoi la toile de la grille s'ouvrit, et la prieure leva son voile. Toutes deux, dans les'premiers mots qu'elles se dirent, avaient la voix assez tremblante, et l'abbesse elle-même, de son aveu, eut à faire quelque effort pour surmonter sa timidité.

L'abbesse dit qu'elle venait avec un ordre de M. l'archevêque de Paris, qu'elle lut ; que M. l'archevêque, eo conséquence de la Requête qu'elle lui avait présentée,

%l% PORT-ROYAL.

lui avait permis de sortir de soa monastère, et enjoignait aux religieuses des Champs de la recevoir comme abbesse. Elle demanda en même temps à la prieure si elle et la Communauté n'étaient pas dans la disposition d'obéir à leur supérieur commun.

La prieure répondit que la Communauté était appelante à Lyon de tout ce qui avait été ordonné à leur préjudice dans l'affaire présente ; qu'elles n'ignoraient pas robéissance qu'elles devaient à leurs supérieurs et en particulier à M.Tarchevêquey^et qu'elles ne s'en éclateraient jamais; mai» que, dans les affaires 'contentieuseSy les saints canons et les lois ont réglé les devoirs desin£érieursenv^sles supérieurs, et de quelle manière ils se doivent conduire 1^ uns envers les autres.

L'abbease dit alors qu'elle ne venait point seulement en vertu du Décret de M. l'archevêque, mais en vertu de l'Arrêt du Parlement du 3 août dernier, qui leur avait été signifié le 7 du même mois.»..

La prieure répliqua, en remarquant que l'Arrêt dont Tabbesse pariait n'avait été obtenu que par défaut, et que la Communauté y avait fait opposition.

« Gui, ma Mère, reprit l'abbess^ mais toutes vos procédures ne valent rien, et votre opposition n'est pas dana les formées; c'eat pourquoi nous ne laisserons pas de passer outre. »

La prieure rép(»idit ; « Nous croyons. Madame, nos procéduros fort bonn», et c'est sur quoi les juges décideront quand on voudra nous écouter» »

L'abbesse éludant la discussion et insistant pour qu'on assejublât la Communauté afin de s'assurer des dMpOflikicma des sœurs^, la prieure kii dit qu'elle connaissait la disposition de toutes le» religieuses, qu'eHe poavaifc répondre pour toutes, étairt toutes unies dans liura BcntimestSy et qu'elle s'opposait, en son nMa et en eekn de toute la Communale, à ce> cpie »a4ame

Tabbesse entreprendrait pour se faire reconnaître l comme telle.

En refusant ainsi d'assembler la Communauté , la prieure faisait comme ces commandaùts d'une place assiégée qui ont uïie garnison faible, exténuée et , pour^ tout dire, assez fragile, et qui évitent de la faii'e voir de près dans un pourparler avec Tennemi^

Elle ajouta néanmoins , par égard pour son iiîterlocutrice , qu'elle savait rendre ce qaï est âû à des personnes de sa qualité et de sa considéfafion*; qu'elle avait ouï parler de son mérite, et que si Ton pouvait séparer madame de Ghâtéau-Kenaud d'avec l'abbesse de Port-Royal, et mettre k part ses prétentions, elle se ferait un vrai plaisir et un honneur de la prier d'entrer dans la maison, et de l'y recevoir comme on a coutume de fecevoir les abbesses.

— « Ohî pour cela non, » reprît l'abbesse.

1. Cette raison est celle même qete 1» nr^re Bu MescÀïa do&née daAfi une lettre à mademoiselle âe Joncoux, écrite deux jours après (3 octobre 1709) : « Quand on voit une abbesse de qualité, rfisaitelle, dont l'extérieur parott respectable, qnîi dit qu'elle viétff icvéc (tes entrailïeis de mère, ^«"^le veut se conduire avec cowfiaKté, Parité et aimtié, ef qui aeoompetgne ^s discours d'un air obligeant et de manières nobles, tout cela peut plaire à certaines personnes, leur faire faire des réftexions et les tenter de se soumettre, non pais k signei», mais à sub^ le jotfg (fane ^ bonne datte. Une seule qui tomberoit pourroit en entraîner d'autres : on se lasse quelquefois de son état, et on voudroit un roi. » L'intérieur de Port-Royal était très-affaiMi au moral comme au physique ; On le vît bien lorsque, dès Fannée suivante, tOÉrtes», excité quatre ou craq, ewpenrt sigaé. Il y avait, depuis deu» ans, de gra&des (kvisions intestines entre les amis*, les uns, comme M. Mabille, ne cessant de donner des conseils énergiques ; d'autres penchant pour f avis mitigé que nods avons vu être cehii de M. Issali. La Mètre prieure avait eu fort à faire pour maintenir sa Communauté dans la ligne de la mère Angélique de Saint-Jean ; il y eut un moment où elle se trouva seule de son avis, et même quand elle y eut ra- ' mené ses sœurs, elle craignait toujours une défection.

2. Màeliakme de cynearU'Benaud était nièee d«i maréchal de Ghéteau-Renaud.

Aussitôt elle fit appeler les notaires qai étaient sortis d'abordy et, le prenant d'un ton plus haut, parla de son autorité et du pouvoir qu'elle avait de déposer la prieure, comme il lui plairait. Elle lui dit « qu'elle étoit surprise qu'une prieure, qu'elle pouyoit révoquer à volonté, répondît seule pour une Communauté , sans l'assembler pour prendre son avis; que ce gouvernement lui paroissoit bien despotique; que pour elle qui étoit abbesse titrée, et qui par conséquent avoit plus d'autorité et de pouvoir, elle ne voudroit pas, en des choses beaucoup moins importantes , agir sans prendre avis et conseil de ses sœurs ; — qu'elle voyoit avec douleur que, dans les choses les plus simples, on donnât des marques qu'on ne TOùloit reconnoître aucun supérieur ecclésiastique ni séculier ; — qu'il étoit bien triste que par le défaut de soumission on rendît inutiles tant d'actions de piété et de régularité, tant de saintes pratiques et d'austérités de vie.»

La prieure répondit simplement que tout le monde ne voyait pas les choses de la même manière et qu'il se pouvait faire que les personnes instruites jugeassent différemment. « C'est sous une abbesse élective, ajoutât-elle , que toute la Communauté a fait ses vœux , et elle n'en connolt point d'autre : si elle avoit été perpétuelle, moi-même je ne me serois pas faite religieuse. »

L'abbesse ne repartit rien de plus, craignant, avouet-elle d'assez bonne grâce, de s'embarquer dans une controverse et une discussion de droit ou de doctrine, d'où elle n'aurait pu se tirer à son avantage. Elle ne se sentait pas assez forte en théologie ou en droit canon pour ces joutes-là.

Les notaires alors commencèrent à dresser leur procèsverbaly et après l'avoir fini , lorsqu'ils en firent la lecture, et qu'ils eurent dit qu'ils s'étaient transportés au monastère de Port-Royai des Champs, l'abbesse les in-

terrompit pour dire qu'il n'y avait point deux Port-Royal différents, mais qu'il n'y en avait plus qu'un dont elle était abbesse; et elle voulut leur suggérer d'autres termes. Us lui représentèrent que cela ne pouvait se mettre autrement, et lui dirent ; « C'est cette différence même qui a donné lieu à la réunion, et qui nous assemble ici : c*est .pourquoi on ne peut se dispenser de le marquer. > Ils continuèrent de lire, et firent mention de rompre les portes pour faire entrer Tabbesse, sur le refus que faisait la prieure de la recevoir en la manière qu'elle le prétendait; mais Tabbesse se récria :

« Oh I non, ce n'est pas là le caractère de mon esprit : je viens avec des entrailles de charité. Dès Paris on m'avoit proposé d'en venir à cette extrémité , en cas de refus ; mais j'ai dit que, puisqu'il y avoit d'autres voies et aussi sûres, j'aimois mieux que l'on s'en servît. »

On demanda ensuite à la prieure , qui pendant tout le temps de cette lecture était restée dans un grand silence, si elle avait quelque chose à dire, et, dans ce cas, si elle serait disposée à signer sa réponse. Elle répondit qu'elle signerait sa réponse, pourvu qu'on la lui fît voir après qu'elle serait écrite. Les notaires y acquiesçant et ayant dit que cela était de droit, elle fit son opposition pour elle et pour sa Communauté, et les requit de lui en laisser copie; après quoi elle signa.

Une des religieuses qui accompagnaient l'abbesse, et qui avait déjà dit à la mère prieure, en la lui montrant : c En vérité, ma Mère, si vous connoissiez Madame, vous ne lui refuseriez pas ce qu'elle vous demande , » reprit encore la parole pour demander à la prieure si elle les laisserait aller sans leur donner là joie de voir leurs sœurs. La prieure ne put répondre qu'un mot pour s'en excuser, parce que dans ce moment/l'abbesse sortit, en disant qu'elle se retirait affligée de voir que ces religieuses voulussent se perdre.

Madame d$ Ghèteau-Eenaud alla de ce pas à l'église y preçdre ppssçasioii des principaux endroits qu'elle tpucha ^ejon l'usage, et en dermer lieu elle fit la cérémonie dd sonner la cloche. CommQ les gens de sa suite, pour lui faire honneur, continuèrent de 1^ sonner et à toutes volées , un dpn^estique de la maison les avertit qu'ils allaient la casser; ils s'en ipoqtlèrent et n'en tinrent compte. Q^ domestique mont^ alors au clocher et coupa la corde. Ce fut }a seule marque de vivacité qui parut dyr^pt cette visite; car du reste, et de l'aveu de Tabbesse , tout se passa avec dpuceur et une égale modération , et jusqi^'aux domestiques tout fut dans un grand silence.

Ces cérémonieç feites, l'abbesse «prtit, et monta à la ferme d»n &rft»ges pour ep prendre aussi possession; elle y dîna, Jlt lorsque les notaires eurent fait la copie de leur procès- verbal, ils revinrent l'apporter à la mère prieure vers les cinq heures du soir, GelJe-oi, à son tour, leur présenta un Acte signé de toutes les religieuses de la Communauté, portant qu'elles consentaient y opposition par lell^ Wte le matin en leur nom, La prij^ure requit les notaires de le recevoir et de l'ajputar à la fin de leur procès-verbaj; ijs lui répondirent que cela ne se pouvait plus faire, parce qu'il était conclu, Jj'abbesse partit des Granges ce même soir, et alla coucher à Saint-Gyr, oh le lendemain elle rendit comptée madame ' de Maintanon, qui en était fort curieuse, de ce qui s'était fait la veille h Port-Royal des Champs.

Ici, il faut l'entendre ejle-même; le tpn change, et quoique certainement, daus la visite à Port'Royal et dans lentrevue avec la prieure, tout se soit passé fort convenablement entre elles deux et comme il seyait entre personnes œmme il faut^ chacune tenant le langage de son rang et de sa position, on n'aurait pas l'idée de la juste nuance et du contraste si l'on n'entendait les pa-

rôles du lendemain , qui terminent la Relation de madame de Château-Renaud, paroles dites d'un accent tout autrement adouci et flatteur que celui auquel Port-Royal nous a accoutumés. Jamais changement de régime ne se fit mieux sentir.

« Elle (madame de Maintenon) me fit Thonneur de m'écouter avec beaucoup de patience, de houté et d'atten^ tien pendant plus d'une heure. Puis elle me demanda en souriant si favois senti dans Véglise de Port-'Royal des Champs cette onction qu'on disoity trouver? ie lui répondis que je n'étois pas assez bonne pour avoir de ces sortes de sentiments, et je l'assurai que je n'en avois senti aucun particulier ; qu'il étoit bien vrai que la situation de cette maison, placée au milieu d'un agréable désert, rappeloit une idée de la Thébaïde qui étoit propre à inspirer du recueillement, mais que je croyois que toute autre maison située également feroit le même effet; que je pouvois avoir l'honneur de lui dire et de l'assurer sans flatterie que j'avois trouvé dans Saint-Cjr véritablement cette onction, en voyant la modestie, le silence et le recueillement de tant de personnes, et de jeunes personnes, assemblées, et la manière édifiante avec laquelle Dieu y étoit servi; et je ne lui dis rien que de vrai en cela. Dans tout le reste que je vis en cette maison, je n'y trouvai rien qui ne méritât de l'admiration ; et par l'ordre merveilleux qui règne et se fait remarquer partout, OQ est entièrement persuadé que celle qui a conduit et formé un ouvrage aussi achevé que l'établissement de cette maison est un de ces génies qu'à peine un siècle peu produire. Je sortis d'auprès de cette illustre fondatrice, charmée et pénétrée de toutes les grandes qualités que j'admirai en elle, mais surtout de cette piété, cette bonté et cette humilité qu'elle sait joindre avec l'élévation du plus grand mérite, et qui fait sentir que l'esprit de Dieu conduit et gouverne absolument le sien. »

Ainsi humainement tout est dans Tordre. Le vaincu \ a tort; on le raille même d'un air agréable et léger: : toute la louange, tout le parfum de l'encens va aux victorieux et aux heureux. Gomprend-on maintenant, dans

I ce contraste , qui éclate ici , entre Port-Royal immolé I et Saint-Gyr florissant, ce qu'il devait y avoir eu de gé- ' missements et de larmes secrètes dans l'âme de Racine , \ obligé de fêter l'un pendant Toppression de l'autre?

L'Acte d'opposition que les notaires de madame de Château-Renaud avaient refusé de recevoir, en amena un autre que les religieuses des Champs firent signifier le lendemain, 2 octobre, à celles de Paris. De son côté l'abbesse présenta une Requête, où elle exposait le refus qu'on lui avait fait à Port-Royal de la recevoir pour abbesse, et où elle invoquait des ordres du roi pour faire cesser la division. Il en résulta un Arrêt du Conseil, rendu le Ô et signifié le 19, qui enjoignait et ordonnait à la prieure et aux religieuses de Poft-Royal des Champs de reconnaître pour abbesse et supérieure madame de Château-Renaud, et, en cette qualité, de lui ouvrir les portes, de lui remettre les clefs des Archives et du dépôt , et de lui obéir. Repoussées sur tous les points et n'entrevoyant plus une issue , nos religieuses n'eurent plus qu'à se tenir dans l'attente, immobiles, ne sachant sous quelle forme le coup de mort leur viendrait. Toutes les formalitt^s sont en effet accomplies et consommées, tous les préliminaires épuisés; nous en sommes à la catastrophe : voici venir, comme elles l'appellent, le jour du Seigneur.

Le mardi 29 octobre, au sortir de Matines, les lampes du dortoir s'étaient trouvées toutes deux éteintes, ce qui n'était jamais arrivé dans cette maison de régularité. Présage, selon elles ; selon nous, image I la lampe, à la fin, faute d'huile, expire ^

1. Ceux qui cherchent des rapprochements se rappelleront un passage d'une méditation de madame Swetchine : « La lampe de ma chapelle devant le Saint-Sacrenient s'est éteinte dans la nuit du samedi au dimanche des Rameaux.... » {Madame Swetchine, sa vie et ses enivres, tome I, page 388.) Mais cet incident d'une

Ce même jour, après l'office de Prîmes, les religieuses étant déjà assemblées au Chapitre, on demanda la mère prieure. Un homme accouru des bois venait la prévenir en toute hâte qu'il avait vu une file de carrosses se diriger vers la maison. Un moment après, paraissait M. d'Argenson en personne.

On a de ce qui suit plusieurs Relations diverses. En voici une que je choisis, parce qu'elle m'a paru rendre avec plus de naïveté que les autres l'impression vraie de ces scènes pour les témoins et les victimes. Je la donnerai sans interrompre , de peur d'y introduire de mon chef quelque ton moderne et discordant : les réflexions viendront après.

La Relation remonte à ce qui s'est passé les jours précédents :

« ... Comme la huitaine s'est écoulée sans qu'elles (les religieuses des Champs) aient fait aucune opposition (à l'Arrêt du Conseil du 8 octobre), le Père Le Tellier n'a pas laissé de dire dévotement au roi que madame de Château-Renaud n'osoit aller au Port-Royal des Champs, persuadée qu'elle y trouveroit encore des obstacles, et que ces filles entêtées, désobéissantes et rebelles se moqueroient de l'Arrêt du Con- j seil du roi comme elles avoient fait de celui du Parlement, et \ qu'à moins que Sa Majesté ne voulût bien accorder des ordres précis pour les disperser, on ne pourroit jamais en venir à bout. Le roi, pressé de la sorte, donna enfin les ordres selon les desseins du Père Le Tellier, et les fit adresser à M. d'Argenson, lieutenant de police, auquel il fut enjoint de les exécuter ponctuellement, M. de Pontchartrain * lui ayant marqué de ne rien négliger pour l'exécution des ordres de Sa Majesté, en gardant cependant toute la douceur et la charité dont il est capable. M. d'Argenson, ayant reçu les ordres du roi et la lettre du ministre, eut plusieurs longues conférences avec M. le cardinal de Noailles, archevêque de

chapelle domestique n'induit l'âme dévote qu*à des considérations tout individuelles.

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