UN ÉPISODE DE U VIE DU PERE QDESNEL
(Se rapporte à la page 180.)
Le Père Quesnel fit un voyage très -secret à Paris dans Tété de 1700. Nous en sommes informés dans un parfait détail par les lettres de M. Vuillart à M. de Préfontaine. Mais ce n'est qu'avec bien des détours et moyennant des mystères infinis qu'il en vient à lui annoncer la présence à Paris de ce maître spirituel, le premier dans leur amour et dans leur vénération depuis que M. Arnauld n'était plus. M. de Préfontaine s'appelait Louis de son nom de baptême, et à cette occasion M. Vuillart lui écrivait :
« Ce jour de Saint-Louis , 25 août 1709.
« Quand je n'aurois pas , Monsieur, à me donner Thonneur de répondre à votre lettre du 21 , la fête d'aujourd'hiji me seroit seule un engagement plus que suffisant à le faire. Je vous ai porté dans mon coeur à réglisOj où
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j'ai iervi la mtste d'un des plus grands serviteurs de Diêu^ i qui voas avez été d'autant plus ani en vertu de la Communion des Saints , que vous avez plus de respect et plus d'amour pour TÊpouse du Saint des Saints notre commune Mère. Et vous m'avez été surtout, Monsieur, très- vivement (présent) aux endroits de la Secrète et de la Post-Communion où cette sainte Mère demande pour ses enfants les mêmes vertus dont elle remercie Dieu d'avoir comblé votre saint Patron par ces belles paroles : Danobiê, Domine.,. y eamdem animi constantiam quam Beato Ludovico tribuistiy ut nec prosperis efferamur, née dejiciamur adversis. Elles sont de la Collecte. Et voici la Post-Communion : Deus qui Beato Ludovico,,,, inter fallaces temporalis regni delicias veram xtemi regni felicitatefn toto corde concupiseei'e tribuisti ; fac nos..,, ejusdetn felicitatis amatores, cujus in hoc sacramento pignus accepimus. Outre votre participation à la Communion des Saints , vous participez en particulier aux prières du cé^ librant , à qui Von vous a recommandé avec soin : et son nom vous sera dit ici , Monsieur, puisque vous faites espérer qu'on aura bientôt la consolation de vous voir. »
M. de Préfontaine ne fit pas le voyage de Paxis, et dans une lettre du 5 septembre suivant, tuut en lui exprimant ses regrets et après lui avoir donné quelques nouvelles ecclésiastiques du jour, M. Vuillart ajoutait :
•c Tibi soli quodsequitur. On auroit eu l'honneur de vous dire à l'oreille. Monsieur , que celui à qui l'on vous recommanda le jour de votre saint Patron, est l'incomparable faiseur de Réflexions * avec qui vous vous entretenez tous les jours dans votre chère solitude. Après avoir gardé étroitement la sienne plusieurs années, il est venu) faii'e tnco^tfo un petit séjour ici , pour y régler des affaires qui ne pouvoient se faire de loin. Tous les jours j'ai le bonheur de le voir , et très-souvent de manger avec lui. Il veut consacrer le reste de ses jours à ce qui regarde l'ami dont il a fermé les yeux '. Il s'en retournera bientôt ; et charmant au point qu'il l'est par sa simplicité , sa douceur , sa tranquillité , etc., je ne pourrois pas ne le point suivre et m'aller confiner avec lui , sans que lui-même me détermine à demeurer où je suis. Il est de notre aimable invieem *, et un pareil confrère sera autant à profit qu'à honneur pour cette confrérie. »
Nous apprenons son départ de Paris par une lettre du 16 septembre :
« Mon ami n'est plus ici. Mon cœur l'a suivi en partie , et en partie est auprès de vous. Mais les nécessités de fonctions par rapport à vous et à lui retiennent le corps ici. Cet ami ne va plus s'occuper que de ce qui peut