‹ Port-RoyalChapitre 32 sur 40 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Aussitôt après la mort de M. de Pontchàteau plusieurs personnes entreprirent d'écrire sa Vie, et le neveu de M. Lancelot qui étoit pour lors en Flandre y ayant travaillé, il en fit voir quelque chose en manuscrit au mois de septembre 1691. Mais comme ce qu'il avoit donné ne parut pas assez bien écrit, et qu'il pouvoit blesser la famille de M. de Pontchàteau , on jugea à propos d'en écrire à cet auteur pour Tempôcher de le faire imprimer en cas qu'il en eût le dessein, l'avertissant que M. Racine s'étoit offert obligeamment de faire lui-même cette Vie , qu'ainsi il étoit à propos qu'il lui envoyât ses mémoires, personne n'étant plus capable d'y réussir que cet illustre historien. On ne sait point cependant si M. Racine y a travaillé ; mais on convenoit alors que, s'il le faisoit, on ne devoit pas s'attendre qu'il la rendit si tôt publique, le temps ne permettant pas d*y exposer les circonstances les plus intéressantes; qu'ainsi il valoit mieux ne rien donner, que de supprimer ce qui étoit plus capable de la faire estimer; que cependant cela ne devoit pas empocher d'y travailler en attendant un temps plus favorable pour la rendre publique. Ce temps est, pour ainsi dire, arrivé , puisque la plupart de ceux qui pourroient y être intéressés sont morts, et qu'on a affecté de n'y rien mettre qui pût blesser ceux qu'on a nommés et qui vivent encore, et que l'on appréhende, si l'on différoit davantage à ramasser les mémoires qui regardent la vie de cet illustre pénitent, qu'on ne perdit plusieurs choses qui peuvent contribuer à en rappeler toute l'idée et nous le représenter tel qu'il a été aux yeux de Dieu, et qu'il a paru à ceux qui l'ont connu de plus près dans le monde. On s'est appliqué dans ce qu'on décrit ici à ne rien rapporter qui ne fût conforme aux mémoires qu'on a eus des personnes qui ont

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été âttacbées plus lamilièremeoi à sa pecsoBse, fui ântcdtenoieBt avec lui un comuieice de lettres le plus ordisaire, et Ton peat assurer le public que ce que l'on en rapporte n'ast, pour ainsi dire, qiie l'expression de ses propres lettces qu'on a en original, et de celles qui ont été écrites par ses amis.

On verra qu'on n'y a rien déguisé, mais qu'on y a rapporté avec toute la sincérité possible les légèretés de sa jeunesse, ses résistances persévérantes à l'attrait de Dieu qui l'appeloit , ses combats contre la Grâce qui l'attiroit, l'instabilité de son cœur^ enfin sa conversion et sa persévérance dernière qui l'ont rendu un prodige d'humilité et de pénitence.

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