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vôtre; mais, pour vous parler frauchement, si j'étois à votre ptace, je ne marchanderois pas tant pour me procurer quelque coin dans Port-Royal, supposé que Dieu ne m'appelât point manifestement dans une autre condition^ et ce qui me semble vous devoir porter davantage à faire ce choix de cette retraite, c'est que voas en connoissez Pesprit et la conduite et les effets par les exemples visi* blés, au lieu que, voulant entrer chez nous, vous ne sauriez pas connoitre notre manière de vivre tant intérieure qu'extérieure, si vous ne la pratiquez, et vous ne sauriez la pratiquer que vous n'y soyez engagé. Or, de vous y engager dans la crainte où vous êtes maintenant, je ne vous le conseille point du tout, et non pas même de vous en conseiller à d'autres qu'à notre Père que je salue trèsbumblement, et dont j'implore la continuation des prières. Je prie Dieu qu'il vous console et confirme dans votre bonne volonté de le servir jusqu'à la mort. Adieu.-»
Tous ces desseins et ces consultations furent terriblement interrompus par un coup de providence aussi peu attendu qu'il étoit extraordinaire; en effet, lorsqu'on s'y attendoit le moins, M. le Lieutenant civil vint signifier à Port-Royal un ordre de la Cour de faire sortir incessamment de la maison des Champs les pensionnaires du dehors , et tous les Messieurs qui s'y étoient retirés. Ainsi il fallut prier M. de Pontchàteau de s'abstenir d'y aller , et l'engager onême ainsi que les autres amis de quitter le faubourg Saint-Jacques , pour ne pas nuire aux religieuses du monastère de Port-Royal de Paris. M. de Pontchàteau quitta donc sa maison de la rue Saint-Dominique et alla se loger au faubourg Saint-Mar* ceau rue des Postes, où M. Arnauld , M. du Mont Akakia, confesseur de Port-Royal, et quelques autres ecclésiastiques de grande piété vinrent se retirer dans des appartements séparés. Peu de temps après , M. de Pontchàteau partit pour la Bretagne , afin de donner quelque ordre à ses abbayes et assister aux États de Bretagne. M. Singlin qui avoit eu soin de sa conduite lui donna M. Charles Le Mattre, docteur de 8orbonne, pour l'y accompagner. Il fut reçu dans cette- province avec la distinction que méritoit sa naissance et set agréments personnels ; il y goûta beaucoup l'accueil qu'on lui fit, et s'y seroit volontiers attaché , s'il eût cru son penchant: mais, pour en éviter les engagements, il alla passer quinze jours à Saint- Cyran, après lesquels il revint visiter ses abbayes. Ce fut en cette oécasion que M. Le Maître, jugeant que le séjour de Bretagne seroit plus long qu'il n'avoit pensé, se résolut de quitter M. l'abbé de Pontchàteau et de s'en retourner à Paria. L'absence de ce docteur ne contribua pas peu à refroidir le zèle et la piété de l'abbé de Pontchàteau, et c-est à cette occasion qu'il a dit depuis, en regrettant l'absence de ses amis de Port-Royal : Vas soin que c'étoit là le malheur d'être seul. En effet, ce fat pendant cette absence qu'il se répandit plus qu'il n'avoit fiait jus«>