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Au chapitre XXVII du Uvre IV du traité De Statu Natura

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où les Pélagiens et Jean-Jacques supposent l}ue Thomme se trouve actuellement ou essentiellement. Les théologiens scolastiques ont seuleoient soutenu que cette condition était possible, si Dieu l'avait voulu : Jaùsénius, au contraire, s'efforce de réfuter profondément la possibilité d'un tel éUX sans la. Chute> et aie montrer incompatible avec la bonté et la justice du Créateur, n s'attache à faire ressortir toutes les misères inhérentes à un tel homme, et l'incapacité où il serait d'atteindre à aucun bonheur véritable ; par conséquent il ne peut voir dans un pareil état, peu différent du nôtre, qu'une peine aussi et la suite du péché. Tout ce qu'on peut alléguer contre l'état de nature, tant préconisé depuis par Rousseau, se trouve avec surabondance dans cette portion de VAùgustinus, Mais, chose singulière ! Jansénius, qui nous semble en cet endroit avoir déjà Housseau (sous le nom de Pelage) pour adversaire, se rencontre tout d'un coup face à face en opposition formelle avec les mêmes pontifes Pie Y et Grégoire XIU, qui ont jugé condamnable chez Baîus l'assertion que voici : c Dieu n'auroit pas pu {conformément à sa bontés à sa justice) créer, dès le commencement, l'homme tel qu'il est aujourd'hui, » c'est-à-dire tellement dénué de bonheur et des moyens d'y atteindre. Ici Jansénius exprime de nouveau, et très-au long, son étonnement, son embarras de cette rencontre : HxreOj fateor... * : c Que si, en soutenant, dit-il, la doctrine de saitit Augustin formelle sur ce point, on doit tsraindre d'aller contre le Décret de deux Pontifes, on ne doit pas moins redouter, en la reniant, de blesser bien plus fort le Siège Apostolique dans la personne de sept Pontifes et

1. Au chapitre XXII du livre III De Statu pur m NatursB. Les ennemis ne manquèrent pas, on peut le croire, de tirer bon parti à Rome de tous ces Hœreo, fùteor; et les avocats jansénistes ne savaient qu'en faire.

plus (Innocent, Zozime y Bonifiu^y Sixte , Gélestin, Léon, Gélase, Hormîsdas, Jean U), qui tous ont dédaré caOïoIique cette doctrine*. » Enfin, après avoir bien exposé et comme étalé l'embarras', il ne trouve d'autre explication, conime tout à l'beure, que d'admettre que la censure de Baîus, sur ces points-là, a été une pure censure de précaution et de. prudence, ce qai aurait sa justesse; mais il ajoute malicieusement : c Que ceux à qui cette solution ne suffit pas en cherchent une autre, en se souvenant bien toutefois que Tautorité des plus récents Pontifes ne doit se couvrir et se défendre qu'à condition de ne pas blesser, ce qui seroit jûre, celle des Pontifes ^ciens et plus nombreux. » Il aime, on le sent, à retourner le glaive. On pourrait, au reste, appeler cela de l'emportement aussi bien que du calcul, et n'y voir pas moins de maladresse que de ruse Le dernier grand traité ou ton^e de YAy>gustimis rou]( sur la Grâce du Christ Soiy^veur; a,près la description de la maladie, c'est tout le détail du remède. Cette troisième partie, la plus grosse des trois qui composent l'ouvrage, contient elle-même dix livres; toutes les espèces de grâce y sont discuté^; les subtilités des Thomistes y sont réfutées ou réduites à;leur sens ; mais, pour cela Jansénius 4oit les aborder en détail, les épuiser jusqu'à satiété, y U:empçry J^ vrai, dirQ, par tous les pores. Nous nous garderons de le suivre d'un seul pas à travers ces dassificatioçe et ces analyses de la matière

1. Le Père Du Chesne, jésuite, dans son Histoire du Satanisme (liVre IV), ditde Jansénins à ce propos :^a II oppose le Saint-Siège au Saint-Siège, celui du cinquième ^et du siiièm^ siècle à celui du seizième, neuf souverains Pontifes,^.:Pie'Y et. à Qrègoire XIII; quoique ces neuf n'aient pas dit un mot sur cette propositionj ni rien avancé qui puisse lui être favorable, il ne laisse pas de faire parade de leurs noms; il y a bien de riosolence, pour ne rien dire de plus, dans cette réponse. » Ce qu'il y a de paît et d'autre, je laisse aux érudits en histoire ecclésiastique Thonneur de le régler.

médicale spirituelle, et dans cette véritable pharmacopée de la Grâce*.

C'en est bien assez pour prouver, non pas du tout que Jansénius eut raison, mais combien, avec ses duretés et ses pesanteurs, il était un grand et subtil esprit^ et perçant la profondeur des questions, se posant toute? les difficultés et les enserrant. Son livre est terminé on plutftt suivi par un parallèle qu'il dresse entre la doctrine des Semi-Pélagiens de Marseille et celle des théologiens modernes, Lessius, Molina, Yasquez. Cet appendice final fut comme la pointe de rédifice, qui, plus que tout, attira l'orage.

Avant cet appendice et après le traité même de la Grâce du Christ Sauveur ^ se trouve un Épilogue dans lequel il déclare soumettre son ouvrage à Rome. Les termes pourtant sont as3ez embrouillés : c Je suis homme et sujet à Terreur..., j'ai pu me tromper. Que si je me suis trompé en quelque endroit, je sais bien sûrement du moins que cela ne m'est pas arrivé en prétendant définir la vérité catholique, mais simplement en voulant produire Topinion de saint Augustin ; car je n'ai pas enseigné ce qui est vrai ou faux et ce qu'on doit tenir ou rejeter selon la doctrine de l'Église catholique, mais ee qu'Augustin a soutenu qu'on devoit croire. » C'est ainsi qu'il se range et s'efface tout entier, en finissant, ierrière saint Augustin ; mais, après ce qu'il a dit autre part de ce Docteur des Docteurs, de ce cinquième ou sixième Évangéliste avec saint Paul, on ne peut voir làdedans qu'un peu de subterfuge ; et j'avoue que ce finale équivoque me paraîtrait plus digne d'un Gassendi ou d'un Bayle, et de tout rusé qui élude, que de l'altier et croyant Jansénius.

On se figure sans peine, malgré cette précaution et

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